Une batterie, c’est une façon comme une autre de stocker de l’énergie pour une utilisation ultérieure.
Le problème des batteries actuelle (au Lithium), c’est à la fois leur capacité (quantité d’énergie stockée) et leur temps de recharge (le temps nécessaire pour placer toute l’énergie à l’intérieur).

Dans les deux cas, on est d’accord qu’il y a largement la place pour de l’amélioration.
De là à dire qu’on peut recharger une voiture en quelques secondes, pardonnez-moi de vous remettre les pieds sur terre, mais non, ce n’est pas possible. Et ça ne le sera probablement pas avant très longtemps. Et voilà pourquoi.

Prenons l’exemple de la Tesla modèle S : il y a plusieurs configurations possibles, mais la plus petite batterie fait 75 kWh. Ce nombre correspond à la quantité d’énergie que la batterie peut stocker.
75 kWh d’énergie, c’est une façon de dire que la batterie peut délivrer une puissance continue de 75 kW émise durant 1 h. Ou bien 150 kW émise durant 30 minutes. Ou encore 300 kW émise durant 15 minutes.

Lors de la recharge (supposée sans pertes), c’est l’inverse : pour recharger une telle batterie en 1 h, il faut l’alimenter avec 75 kW de puissance. Pour la recharger en 15 minutes, il faut un chargeur de 300 kW.

L’article dit « quelques secondes ».
« Quelques » c’est assez vague, mais plaçons nous dans le cas où l’on parle de « 10 secondes ».

Pour recharger la batterie de 75 kWh en 10 secondes, il faut un chargeur capable de délivrer une puissance de… 27 000 kW. Soit vingt-sept mégawatt.

Pour vos donner une idée, le type d’installation la plus répandue en France est celle qui propose 6 kW à une maison toute entière (en réalité on parle de 6 kVA, mais pour simplifier un peu, on va dire que c’est la même chose, l’erreur n’est pas très importante et de toute façon pas énorme).

Afin de recharger en 10 secondes notre Tesla S, il faudrait donc une puissance électrique équivalente à 4 500 ménages, soit la puissance électrique délivrée par EDF à une ville de 10 000 habitants environ.

Le problème n’est pas la quantité d’électricité nécessaire, mais la vitesse à laquelle on l’injecte dans notre batterie : pour transporter 75 kWh d’énergie en 10 secondes de votre prise à la batterie, il faut non seulement une source d’énergie colossale, mais aussi une prise énorme ainsi que des câbles démesurément gros.

Si on reste sur du 230 V, le câble serait traversé par 117 000 ampères. N’importe quel câble fondrait instantanément avec une telle intensité. Avec la gaine du câble, la prise, le mur, le compteur, le transformateur électrique et même toute l’installation EDF jusqu’à la sortie de la centrale. C’est juste infaisable.

Pour vous donner une autre idée, même recharger un téléphone portable en 5 secondes n’est pas possible : il faudrait faire passer du 16 A sous 230 V dans votre téléphone. C’est à peu près le câble utilisé pour un chauffage électrique de 3 000 W : ces câbles sont gros et ce n’est pas pour rien : à cette puissance, le cordon d’alimentation risque de fondre si il était moins gros, tellement ça chauffe.

Tout ça pour dire qu’on ne verra sûrement jamais une voiture électrique recharger en « quelques secondes ». Au moins, quelques dizaines de minutes, au pire, une heure ou deux (et encore, pas avec n’importe quelle prise), mais jamais quelques secondes. En réalité, même un smartphone ne sera jamais rechargé en quelques secondes.

Et il n’est ici pas question du type de batterie : un super condensateur à nanotubes de carbone sera sûrement plus efficace pour stocker l’électricité ainsi qu’une plus grande quantité d’électricié, mais il ne se rechargera pas infiniment rapidement pour autant. Ce sont deux choses et deux problèmes bien différents.

Contrairement aux disques durs classiques, à plateaux rotatifs, les disques SSD et les autres formes de mémoire « flash » (clé USB, carte mémoire…) n’ont pas de partie mobile et ne subissent pas de contraintes mécaniques.

Si l’on comprend donc qu’un disque dur classique peut s’user avec le temps (vibrations, usure, etc.), l’on accepte moins le fait qu’un disque SSD est annoncé avec un nombre de cycles d’écriture limité (généralement à ~100 000 cycles).

Le fonctionnement des SSD

J’avais déjà parlé sur mon autre blog du fonctionnement de la mémoire flash d’un lecteur SSD, je vais donc juste résumer ici.
Pour faire court, la fonction mémoire réalisée à l’aide de transistors est obtenue en piégeant des électrons sur un bout de métal isolé du reste du circuit (appelé grille flottante, ou floating gate). Les opérations de lecture utilisent le champ électrique émanant de ces électrons et l’écriture se fait en forçant les électrons à franchir l’isolant entre la grille flottant et le circuit — forçage obtenu par la phénomène quantique appelé « effet tunnel » ou celui appelé « électrons chauds » ; ceci permettant alors de charger ou décharger la grille de ses électrons, et donc d’écrire soit un 0, soit un 1 dans la mémoire.

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Schéma d’un transistor à grille flottante, capable de la fonction mémoire (plus d’infos sur cet article)

Dans un disque SSD, c’est la phase d’écriture qui use la fonction mémoire de votre SSD. Mais pourquoi ?

Une usure « électrique »

Modifier un bit dans la mémoire se fait en utilisant soit l’effet tunnel, soit des électrons « chauds ». Dans les deux cas, le résultat est identique : un électron franchit une barrière isolante pour se retrouver dans la cellule mémoire. Réussir à pousser un électron à travers un isolant, ça demande de l’énergie, ou ici, l’application d’un fort potentiel électrique.

Or, quand les composants sont miniaturisés au point de ne mesurer qu’une petite dizaines d’atomes d’épaisseur, un potentiel électrique élevé (ou tout autre contrainte électro-magnétique) risque de détruire le composant.

La méthode par effet tunnel (pour simplifier beaucoup) consiste à appliquer une tension électrique sur le transistor, réduisant virtuellement l’épaisseur de l’isolant et permettant à l’électron de se transporter quantiquement de l’autre côté, sur la grille flottante. L’ensemble de l’opération, à cause de l’application des tensions électriques, n’est pas sans conséquences sur la structure atomique de la matière (liaisons cristallines fragilisées, par exemple).

La technologie utilisant les électrons chauds consiste, quant à elle, ni plus ni moins à bombarder la cellule mémoire avec des électrons hautement énergétique accélérés (dits « chauds »), qui traversent donc l’isolant comme un couteau traverse du beurre. Après quelques dizaines de milliers de cycles, la couche d’isolant finit fatalement par être détruite et la cellule mémoire à cet endroit devient inopérante.

On voit donc que même si un disque SSD ne possède pas de plateaux rotatifs ni de parties mécaniques, il y a une usure quand même, purement électrique et au sein même de la matière.
Cette usure dépend de la technologie utilisée, qui reste très éprouvante pour les composants de base des disques SSD que sont les transistors (directement gravés dans la matière).

Doit-on craindre pour ses fichiers ?

Normalement les disques eux-mêmes et le système d’exploitation prévoient le cas où certaines cellules sont mortes. Le logiciel sait donc ne plus les utiliser, mais le disque dur finit donc petit à petit par perdre en capacité et surtout risque de corrompre des fichiers, voire de ne plus fonctionner du tout.
En pratique, ceci n’arrive qu’après plusieurs dizaines d’années d’utilisation normale, et généralement le disque en tant que « disque dur » dans votre ordinateur sera obsolète ou sera tombé en panne bien avant une usure propre aux SSD.
Il faut néanmoins savoir en tenir compte, savoir que le problème existe et qu’il sera plus prononcé si vous prévoyez d’utiliser un disque SSD sur un système destiné à écrire des données en grandes quantités et en permanence.

Aussi, sur un disque dur classique à plateaux, les données ne sont jamais détruites si le moteur électrique du disque tombe en panne. Il « suffit » de changer le moteur et on retrouve ses données.
Dans un disque SSD, si toutes les cellules sont mortes, les données n’existent plus du tout : tous les fichiers sont volatilisés et une tentative de récupération n’est plus possible (dans la pratique cependant, la mort d’une cellule, ou même d’une puce complète, ne gêne pas la lecture des autres cellules ou puces mémoire du disque, seule une partie des fichiers risque d’être perdues).

Dans tous les cas, et ceci est vrai tout le temps, pour tout le monde, SSD ou non, il est toujours recommandé de faire des sauvegardes de ses fichiers (photos, vidéos, documents, lettres, emails, paramètres, programmes…). Un disque dur peut toujours tomber en panne, perdre 10 ans de photos a un « coût émotionnel » probablement bien plus élevé que le coût de l’investissement dans un support de stockage de secours. Il est recommandé d’avoir au minimum toujours deux copies de ses fichiers.

Je suis en train de rédiger un article sur fonctionnement de l’imagerie médicale (IRM). Pour faire simple, l’IRM fonctionne en analysant la réponse des atomes d’hydrogène de notre corps à un intense champ magnétique. L’image obtenue rend compte de la distribution de cet hydrogène dans le corps et permet donc de repérer les organes et des tissus. Si l’image montre une région qui ne devrait pas être là, il peut s’agit d’une tumeur qu’il faut aller enlever.

Cette méthode a été mise au point pour analyser de la lumière traversant un nuage d’hydrogène excité par des champs magnétique. Ce besoin très spécifique a été rencontré dans un domaine bien précis : l’astronomie.
Les nuages d’hydrogène interstellaires sont parfois soumis à des champs magnétiques (stellaires par exemple) et la lumière, qui traverse ou qui est émise par ces nuages, nous parvient en présentant des distorsions bien particulières qu’il est possible d’interpréter.

Comme pour tant d’autres choses, donc, si vous êtes sauvés aujourd’hui grâce à la découverte d’une tumeur au moyen d’un appareil à IRM, vous pouvez remercier les investissements publics faits il y 50 ans dans l’astronomie, l’exploration spatiale et la recherche scientifique.

Parce que chercher à interpréter des raies spectrales de lumière émise par de l’hydrogène interstellaire situé à 500 années-lumières de nous permet aujourd’hui de sauver des vies en détectant des cancers.

Oui, ceci est un message qui rejoint ces deux autres articles :

Qui êtes vous pour dire que la recherche faite au CERN ou sur l’ITER (et sur tant d’autres projets, y compris sur Mars et dans l’espace) constitue de l’argent perdu et un investissement à supprimer ? Vous venez du futur ?

Parfois la connaissance d’un peu de physique de base permet de comprendre des choses.

Aujourd’hui par exemple : j’ai reçu deux pointeurs laser vert (532 nm). Voulant les essayer, je met deux piles dedans. Ça ne marche pas.

C’est étrange, mais j’essaye deux autres piles : même résultat.
Manifestement quelque chose ne va pas avec ce pointeur laser. J’essaye dans le second : idem. Peut être que ça vient des piles ? J’utilise depuis des années des piles rechargeables, et ces piles sont censées être chargées, toutes.

Je remarque cependant que le pointeur laser (qui doit émettre un faisceau vert) émet plutôt un très faible faisceau rouge. Ceci n’est pas une surprise : le fonctionnement de ces pointeurs est tel que c’est une diode rouge qui excite un semi-conducteur, qui va à son tour émettre un faisceau infra-rouge de 1064 nm ; faisceau qui va finalement passer à travers un filtre KTP qui va diviser la longueur d’onde par deux, et on retombe bien sur nos 532 nm de lumière verte.
Bref, ici donc, il n’y a pas de production de la dite lumière verte. Cette lumière rouge n’est visible par ailleurs que quand les piles sont vides, ce qui n’est pas bien logique : comme j’ai dis, elles sont chargées…

Il se trouve que j’ai également un pointeur laser bleu (405 nm).
Après tests, mes piles fonctionnement parfaitement dedans, elles sont donc bien chargées.

C’est là que je me suis souvenu : les piles rechargeables habituelles (Ni-MH) ont une tension de sortie de 1,2 V. Deux piles totalisent donc une tension de 2,4 V. Les piles non-rechargeables (alcalines) ont une tension nominale de 1,5 V, et donc deux piles fournissent 3,0 V.
En général, que ce soit dans un Game-Boy, une lampe torche, ou une manette de XBox, ceci n’a aucune importance.

Dans un laser, la différence a une grande importance.

Pour qu’un pointeur laser (ou toute source laser d’ailleurs) fonctionne, il faut que les électrons dans la source laser soient excités. Plus précisément, la population d’électrons excités doit être plus importante que la population d’électrons désexcités.
Ces électrons excités vont se désexciter et émettre un photon qui va lui-même engendrer d’autres photons en passant à côté des autres électrons : c’est ce qu’on appelle l’émission stimulée (le « S » dans « LASER »). Si les électrons se désexcitent avant que les autres soient excités, alors l’émission stimulée ne fonctionne pas. Et c’est ce qui se passe ici : la trop faible tension des piles rechargeables ne suffit pas à provoquer l’émission stimulée et donc à produire un faisceau laser : tout ce qu’on voit c’est une très faible lueur rouge…

La raison à cela est la nature d’une diode (lumineuse ou non) : les diodes ont une tension de seuil, en dessous de laquelle elles ne laissent pas passer le courant, ou alors très peu (voire trop peu) comme dans le cas présent. C’est la raison qui fait que la diode rouge ne produit pas assez de photons et qui empêche l’émission laser.

Pour parvenir à cette conclusion, j’ai légèrement réchauffé les piles rechargeables : ne les frottant dans les mains ou en les posant une minute ou deux contre un radiateur. Et là… miracle : le pointeur laser fonctionne ! Faiblement, certes, mais ça fonctionne. Le fait de réchauffer les piles a pour effet d’augmenter légèrement la tension de sortie, et cette augmentation a dû suffire pour dépasser la tension de seuil de la diode.

Je suis ensuite allé chercher des piles alcalines au coin de la rue : sans surprises, le pointeur laser fonctionne parfaitement avec des piles alcalines.
Ce qui est un peu normal au fond : le pointeur laser est prévu pour fonctionner sous 3 V de tension, et ici, une tension plus basse ne pardonne pas…

Au passage, si mes piles rechargeables à 1,2 V permettent à mon pointeur laser bleu de fonctionner, c’est simplement que le circuit électronique de ce pointeur utiliser une source laser différente, avec probablement une autre diode, dont la tension de seuil est plus basse, et donc atteinte même avec 2,4 V.

Bref, aujourd’hui la science a permis à deux piles rechargeables de ne pas finir à la benne :D

Ca ne marche qu'en Anglais, cette blague, mais je me devais de la faire. Here is Pluto :

pluto le chien
Plus sérieusement, après 9 ans 1/2 de voyage pour faire quelques 4 828 000 000 kilomètres (voyageant quand même à 14 km par secondes), la sonde New Horizons a permis de passer d'une image floue (prise par Hubble, le puissant télescope en orbite de la Terre) à quelque chose de net prise par la sonde New Horizons :


Les photos qui sont prises en grand nombre en ce moment vont être beaucoup plus nettes, d'une résolution de 100 mètres par pixels.

Après, il faudra néanmoins attendre un peu pour que toutes ces images soient envoyées jusqu'à la Terre : le débit de transfert se fait à 125 octets par seconde, ce qui est très faible, mais il est impossible de faire autrement vu l'éloignement de la sonde à la Terre et la taille de la sonde (équivalent à celle d'un piano à queue). Il faudra donc attendre environ 9 mois pour tout recevoir.

Durant ce temps, New Horizons continuera de s'éloigner de nous, du Soleil et même de Pluton, en direction d'autres astres, comme 1110113Y, qu'elle devrait survoler en 2019.

danger high tension logo
Combien de fois faudra t-il le dire : les machines à énergie surnuméraire c’est du charlatanisme (et les charlatans qui les présentent le savent très bien).

Le truc inévitable dans les débats après ça, c’est qu’il vient toujours la question des pompes à chaleur. En effet, on présente les pompes à chaleur comme une machine avec un rendement de 4 ; 5 voire de 10.
Cela est bien-sûr totalement faux. En physique, le rendement n’est jamais supérieur à l’unité. Il l’est sur la carte-bleu peut-être, mais pas en physique.

La grandeur que vous regardez là et qui est plus grand que 1, c’est le coefficient de performance de la pompe à chaleur. Ce nombre correspond à la réduction de la facture d’électricité.

La pompe à chaleur utilise un système mécanique de pompes et de compresseurs pour déplacer un fluide d’un endroit où se trouve de la chaleur (le sol de votre jardin) vers un endroit où on veut que cette chaleur soit (l’intérieur de votre salon). Pour qu’une pompe à chaleur fonctionne, il faut l’alimenter en électricité.
Le coefficient de performance, c’est le rapport entre la chaleur extraite du jardin et restituée à votre salon et de l’électricité que vous avez dû fournir pour effectuer cette extraction, autrement dit, ça informe sur la quantité d’électricité que vous avez économisé par rapport à chauffage électrique (la coefficient de performance d’un chauffage électrique est de 1).

Si le coefficient de performance est plus grand que 1, ça signifie juste qu’il est plus rentable d’un point de vu économique d’utiliser une pompe à chaleur que d’utiliser un radiateur électrique. C’est tout.

Il n’est pas question de production énergie, mais de transport de chaleur. La pompe à chaleur va chercher des calories (de la chaleur) dans le sol (il y en a toujours, même en hiver) et les déplacer dans votre maison au moyen d’un fluide que l’on va forcer à capter et libérer cette chaleur quand on veut. On ne produit pas d’énergie, on ne revend pas d’énergie à EDF, on ne gagne pas d’argent : on en dépense juste beaucoup moins car on prend la chaleur du sol (que personne n’utilise) pour l’utiliser dans la maison, et ce transport coûte moins cher qu’utiliser un chauffage électrique ou à gaz.

L’utilisation d’une pompe à chaleur ne vous permettra pas de vous passer d’une facture d’électricité (ou alors vous devez pédaler…). Elle réduit juste la dite facture.

Image de Paulina Clemente

Cosmos est une série TV culturelle débutée en 1980 par Carl Sagan. Ce fut durant longtemps une des émissions documentaires les plus vues sur Terre (par plus de 500 millions de personnes dans 60 pays différents).

À sa mort en 1996, sa veuve ainsi que Neil deGrasse Tyson décident de continuer la série. En 2014, le projet est diffusé à la TV sous le nom Cosmos : A Spacetime Odyssey.

J’aimerais partager cette série avec vous : ce sont 13 épisodes d’environ 45 minutes chacun qui parlent de l’univers, de l’espace-temps, de la vie, de l’évolution, de l’homme, de l’exploration spatiale, des trou noirs et des grandes découvertes scientifiques (pourtant pas les plus connues) : de G. Bruno et Copernic à Faraday, en passant par Newton, Herschel, Halley ou encore par le français Mouchot.

Outre l’incroyable travail de vulgarisation fait dans cette série, les images et les animations d’explications sont magnifiques et très prenantes.

Il existe une version disque aux USA (zoonée (!)) disponible en import plus ou moins simplement, sinon on trouve aussi l’émission ailleurs sur la toile — et les sous-titres (à défaut de pouvoir le trouver en France autrement à ce jour).

Si vous aimez les émissions scientifiques, les documentaires sur l’univers ou la place de la vie et de l’homme en son sein, je vous conseille d’y jeter un œil. Ça vaut vraiment le coup :

cosmos a spacetime odyssey
Un résumé des épisodes est disponible sur Wikipédia, si un épisode en particulier vous intéresse.

un panneau solaire
Les sites satyriques (du style du Gorafi.fr) sont de plus en plus nombreux mais ce n’est pas sans quelques petits problèmes.

Si parfois un canular est déguisé en véritable information (je tombe moi-même parfois dans le panneau), ces sites racontent des blagues simplement pour l’humour. Encore faut-il le comprendre et quand on ne sait pas et que personne ne sait… Ben… ça fait mal.

Le site National Report avait partagé une blague selon laquelle l’usage des panneaux solaires épuisaient le Soleil, et qu’il ne resterait que quelques siècles au Soleil avant que celui-ci soit complètement épuisé, mettant alors fin à toute existence de vie sur Terre.

L’article a été partagé en masse sur les réseau sociaux…

Ce genre de phénomène arrive très souvent, mais il faut avouer que celui-ci est quand même vraiment très gros.
Après, certains disent que plus c’est gros, mieux ça passe… Mais bon y’a des limites quand même.


Pour le côté scientifique : bien-sûr que non, l’usage des panneaux solaires n’a aucune incidence sur l’épuisement du Soleil !
Tout comme le fait de retirer une casserole du gaz (en laissant le gaz brûler) n’aura aucune incidence sur la consommation de gaz : casserole ou pas, ça brûlera autant jusqu’à ce que vous coupiez l’arrivée de gaz.

En fait, l’énergie solaire qui arrive sous forme de lumière et rayonnement électromagnétique sur les panneaux solaires arrive dans tous les cas sur Terre : les panneaux ne sont que des capteurs qui attrapent cette énergie pour la transformer en électricité au lieu de la laisser filer sur le sol.

(Via Nagumo)

Sinon voilà deux autres sites satyriques, en plus du Gorafi cité plus haut :

image de Chandra Marsono

Ça fait un petit moment que je n’ai pas répondu à une question que personne ne se pose. Alors voilà la question : d’où vient cette impression de voir une flaque d’eau au milieu de la route quand il fait chaud ?

Tout le monde a déjà vu ça, quand on regarde sur une longue route droite par un temps où il fait très chaud (plus de 30°C), on croit apercevoir une flaque d’eau :

mirage (source photo)

Ceci n’est pas une illusion inventée par le cerveau ni un de ces effets paranormaux, mais il s’agit d’un phénomène physique bien connu : un mirage.
Il s’agit même d’un mirage dit « inférieur », en référence à sa courbure par le bas et par opposition à un mirage dit « supérieur ».

Quand il fait très chaud, la route et le bitume chauffent (atteignant jusqu’à 70~80°C), et la couche d’air situé dans les premiers centimètres au-dessus est également chauffée à ces températures.
Mais si on monte au plus haut au-dessus du sol, la température chute rapidement aux températures ambiantes (30~40°C), on dit qu’il y a un fort gradient de température (variation importante sur une faible distance).

Ce gradient de température induit un gradient tout aussi brutal dans l’indice de réfraction optique de l’air.

Or, exactement comme il se produit dans une fibre optique (possédant également un gradient de l’indice de réfraction), la lumière est réfractée, non pas en formant un angle de réfraction comme avec un prisme (ci-dessous à gauche), mais avec une courbure lisse et continue (ci-dessous à droite) :

refraction de la lumiere

Pourquoi je vous explique ça ? Parce que c’est la base de ce phénomène ! La lumière change de direction, or c’est elle qui transporte l’image de ce que l’on voit.
Sur l’image ci-dessous, tout devient clair : en fait ce n’est pas de l’eau que l’on voit sur la route, mais une image déviée du ciel (ou des objets se trouvant sur la route comme une voiture) :

pourquoi on voit le ciel

Ce que l’on voit ce sont les rayons de lumière émis par les objets. Et les positions que l’on voit sont les endroits d’où semble provenir la lumière, pas d’où elle est émise.

À gauche, le rayon qui arrive vers l’œil provenant du sol a été émis par la route : on voit la route ! La lumière du ciel est absorbée par la route, et réémise (la température n’est pas suffisante pour affecter la courbure de la lumière).
À droite, le rayon provient du sol, mais il n’est pas émis par la route, il est émis par le ciel puis renvoyé en haut à cause de la chaleur : on voit le ciel !

Maintenant une question se pose : pourquoi voit-on le ciel (l’effet mouillé) au loin, et plus quand on s’en approche ?
En fait, il faut bien voir que sur mon dessin, la courbure est très importante. Dans la réalité, la courbure est présente, mais son rayon de courbure est très grand : il faut bien 100 mètres pour que la lumière arrivant à l’horizontale sur le sol parvienne de nouveau à hauteur d’homme pour qu’on la voie.
De plus, si l’angle est trop grand entre la route et le rayon venant vers vous, il ne peut pas être un rayon dévié, mais seulement émis par le sol (à cause de l’existence d’un angle limite de réflexion totale séparant les rayons réfléchis et absorbés)

Bon ben voilà :-)
Maintenant vous savez !

Au passage, une forte variation de température qui distord les rayons lumineux est visible dans 3 cas simples (on a tous vu ça, au moins les deux derniers) :

  • Les mirages supérieurs : le gradient de température se situe en haute altitude, et les rayons partant d’au-delà l’horizon sont renvoyés en bas vers nous : on voit donc un objet situé plus loin que l’horizon.
  • Quand on a une flamme : les gaz très chaud ont un indice de réfraction différent de l’air ambiant, et au-dessus de la flamme on observe des distorsions du paysage.
  • Quand on verse de l’eau froide (~0°C) dans notre thé chaud (100°C) : on voit très bien là aussi des sortes de « nuages ». Ce sont des mini-mirages également.