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Combien de fois faudra t-il le dire : les machines à énergie surnuméraire c’est du charlatanisme (et les charlatans qui les présentent le savent très bien).

Le truc inévitable dans les débats après ça, c’est qu’il vient toujours la question des pompes à chaleur. En effet, on présente les pompes à chaleur comme une machine avec un rendement de 4 ; 5 voire de 10.
Cela est bien-sûr totalement faux. En physique, le rendement n’est jamais supérieur à l’unité. Il l’est sur la carte-bleu peut-être, mais pas en physique.

La grandeur que vous regardez là et qui est plus grand que 1, c’est le coefficient de performance de la pompe à chaleur. Ce nombre correspond à la réduction de la facture d’électricité.

La pompe à chaleur utilise un système de pompes et de compresseurs pour faire circuler un fluide qui absorbe la chaleur de votre jardin dans votre salon. Pour qu’une pompe à chaleur fonctionne, il faut l’alimenter en électricité.

Le coefficient de performance, c’est le rapport entre l’énergie correspondant à la chaleur libérée dans votre maison et l’énergie électrique qu’il a fallu lui alimenter.

Si le coefficient de performance est plus grand que 1, ça signifie juste qu’il est plus rentable d’un point de vu économique d’utiliser une pompe à chaleur que d’utiliser un radiateur électrique. C’est tout.

Il n’est pas question de production énergie, mais de transport de chaleur. La pompe à chaleur va chercher des calories (de la chaleur) dans le sol (il y en a toujours, même en hiver) et les déplacer dans votre maison au moyen d’un fluide que l’on va forcer à capter et libérer cette chaleur quand on veut.
On ne produit pas d’énergie, on ne revend pas d’énergie à EDF, on ne gagne pas d’argent : on en dépense juste beaucoup moins car on prend la chaleur du sol (que personne n’utilise) pour l’utiliser dans la maison, et ce transport coûte moins cher qu’utiliser un chauffage électrique ou à gaz.

L’utilisation d’une pompe à chaleur ne vous permettra pas de vous passer d’une facture d’électricité (ou alors vous devez pédaler…). Elle réduit juste la dite facture.

Image de Paulina Clemente

4 commentaires

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PAC méfiant a dit :

Il est évident que les rendements >1 n'existent pas sauf à la bourse.
Il n'y a pas de débat sur ce point car cela se démontre facilement pour tout système qui consomme de l'énergie "d'un coté" et qui en produit de l'autre.
Par contre, je ne trouve pas une approche claire liant le COP au rendement énergétique et notamment à la différence de températures (absorbée vs libérée).

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Le Hollandais Volant a dit :

@PAC méfiant : vois mon article sur le COP d’une PAC : https://couleur-science.eu/?d=5630fc--comprendre-le-coefficient-de-performance-des-pompes-a-chaleur

Concernant le COP, il faut noter qu’une pompe à chaleur (capter la chaleur dehors et la libérer à l’intérieur) fonctionne mieux quand il y a beaucoup de chaleur dehors (captage plus efficace) et peu de chaleur à l’intérieur (délestage plus efficace). En gros, la PAC est le plus efficient quand on n’en a pas besoin (en été). Ceci étant dit, il reste assez bon au printemps et en automne, quand il ne fait pas encore trop froid dehors.

Tout est une question de facilité de transfert des calories. Les transferts thermiques se déplacement mieux d’un corps à l’autre si la différence de température entre ces corps est grande.
Le transfert sera plus simple entre un corps à 300°C et un autre à −200 °C, que si c’est entre un corps à 25 °C et un à 20 °C.
C’est comme un skieur qui glisse le long d’une pente : plus le dénivelé est important, plus sa descente est facile.

Un mois de novembre, pour que la chaleur de dehors où il fait 7 °C soit captée par un échangeur, il faut que le fluide dans l’échangeur soit inférieur à 7 °C.
Si il fait 15 °C dehors, il faut que le fluide soit seulement inférieur à 15 °C, ce qui est plus simple à obtenir (et consomme donc moins).

Si il fait −5 °C, le fluide doit être refroidit beaucoup plus et cela consomme beaucoup plus. Possiblement à un point où ça n’est plus rentable.

Idem à l’intérieur : le fluide est comprimé, il chauffe, et sa température excède la température de la maison. Si le fluide est à 50 °C et la maison est à 20 °C, le transfert se fait. Si la maison est à 60 °C, le transfert ne se fait pas, ou alors dans le mauvais sens et ce n’est pas du tout rentable !

Pour calculer les rendements de chaque échange, il faut analyser les caractéristiques des pompes, compresseurs, échangeurs, fluides caloporteurs… de l’installation.

Voir aussi : https://couleur-science.eu/?d=062181--comment-fonctionne-un-climatiseur

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