Photo d’un bulletin placé dans une urne.
Je crois que j’ai un problème de candidats à la présidentielle.

Aucun ne me convient parfaitement.

Ah. Je crois ne pas avoir été assez clair. Laissez-moi répéter en insistant sur le mot important : aucun ne me convient parfaitement.

Ça veut dire quoi ?

Il y a bien une dizaine de candidats, à droite, à gauche, au centre, en haut, en bas… bref de tous les bords.
Parallèlement, il y a également tout un tas d’enjeux et de sujets divers qu’ils traitent tous plus ou moins à longueur de journée : emploi, économie, impôts, écologie, énergie, santé, éducation, immigration, politique extérieure… vous les connaissez.

C’est quoi le problème ?

Le problème c’est que tous les candidats ont des bonnes idées. Tous les candidats ont aussi des mauvaises idées.
C’est ça mon problème : en votant pour quelqu’un, on ne peut pas garder juste le bon. On doit garder le mauvais aussi.

Dans ces conditions, choisir un candidat revient à choisir non pas le meilleur des candidats, mais sur le moins mauvais. Pas sur celui qui nous correspond, mais sur celui avec le moins de mauvaises idées.

Je pense qu’il y a un paquet de gens qui sont dans cette situation, qui vont soit voter « utile », soit pas voter, soit voter blanc, soit voter nul, soit voter en espérant une améliorant dans un des enjeux tout en sachant que ça plombera tous les autres, etc.

C’est le problème de cette méthode de représentation des citoyens appelé « élections présidentielles » : un vote pour un gus dont on sait pertinemment qu’il n’est pas parfait et qu’il fera de la merde sur certains trucs, en espérant qu’il fera des trucs un peu moins pourris sur d’autres, sans garanties.

Alors pourquoi on vote pour un gus ? Pourquoi on ne peut pas voter pour des idées ? Sur des enjeux en particulier ?

Perso ça me fait une belle jambe de savoir que tel ou telle personne dirige le pays parce qu’on l’aura élu. Je préférerais largement qu’ils fassent des référendums tous les 3 mois à la place, pour discuter d’un sujet, et pas d’une personne.

image de Element5 Digital

Photo d’un ail et d’un vieux téléphone : ail-phone.
Je suis passé sous iPhone.

En effet, un publicitaire m’a offert un iPhone 13 Pro Maxi-choco XL+ S V8 42 light+X GTR Bio sans gluten 8G AK47 double-cheese C++ RATP pour que j’en vante les mérites sur mon blog devant des millions milliers douze lecteurs quotidiens mensuels !

Les trolls vous arrêtez de lire ici.
Les autres aussi, si vous voulez.

Pour l’unique lecteur qui reste désormais, s’il arrêtait de ronfler au fond de la pièce, il pourrait voir ici pourquoi moi, un utilisateur plutôt « power-user » a décidé de passer d’un Android ouvert à un iOS fermé (ainsi qu’un avis sur l’iPhone).

Et non, je n’ai évidemment pas reçu cet iPhone de façon promotionnel, pas que je n’aurais pas pu le faire, et plusieurs fois par an, vu tout ce que les annonceurs me proposent et que je refuse pour vous tous toi.

Pourquoi changer de téléphone ?

Mon ancien téléphone avait 3 ans — déjà, mais aussi seulement — et même si je l’ai adoré, il commençait à avoir des problèmes logiciels (reboot intempestifs) et matériels (l’écran jouait du tactile tout seul et l’appareil photo prenait parfois des demi-photos).

Et quand on a déjà changé la batterie une fois, l’écran une fois (parce qu’on est manchot et qu’on casse l’écran en changeant la batterie), que le système n’est plus mis à jour parce que le constructeur a mis la clé sous la porte, qu’on me l’a fait tomber et que le dos a été pété aussi et ben si on veut continuer d’utiliser un smartphone à jour et fonctionnel sans se ruiner en réparations qui finiront par avoir été vaines, il faut en changer. L’obstination de tout réparer ça a ses limites aussi.

Pourquoi prendre un iPhone plutôt qu’autre chose ?

Comme d’hab, je suis assez méticuleux dans mes choix avec un cahier des charges long comme le bras. Cette fois j’étais bien embêté, parce que aucun téléphone ne me semblait convenable.

L’iPhone était hors concours jusqu’à ce que je me dise « et pourquoi pas ? ».

Comme ça :
Moi : « Et pourquoi pas ? »

Il y a 3 ans, un iPhone j’aurais dit non merci à cause de l’absence de Jack et de port SD. En plus c’est cher.

Aujourd’hui, j’ai changé mes usages.

J’écoute la musique autrement : le Jack Sparrow ne m’est pas utile.
La carte SD était principalement là pour étendre l’espace de stockage interne et pour sauver toutes les photos si le téléphone mourrait subitement. Un iPhone 13 de base, c’est 128 Go : le double de tout ce que j’ai besoin et les backup se font chez moi, en Wifi et tout seuls.

L’ouverture d’Android ? Bof. Elle est toute relative : où est mon accès à /etc, /sys, /usr, /bin d’un vrai système ouvert ? En plus, je n’en ai que peu eu besoin : je n’ai jamais installé de ROM custom, et mon dernier téléphone n’a même jamais été rooté non plus (AOSP de base avait tout le nécessaire).

Comme j’expliquais dans un autre article, je n’ai plus besoin d’une machine à bidouille. Maintenant, je veux un truc qui marche. Au besoin je saurais comment le dépanner, mais j’ai pas besoin de plus. Et puis, arrêter de bidouiller pour bidouiller, c’est aussi arrêter de rendre le système constamment instable, ce qui aide à ne plus avoir besoin de le réparer, en fait.

Pour ce qui est du passage d’Android à iOS, ça ne faisait pas partie de mes inquiétudes. Si je trouve les surcouches constructeurs Android bâclées et lourdes, iOS est propre et fluide. En plus, mes logiciels habituels sont disponibles indifféremment sur les deux OS. Pour mes achats sur Google Play, un petit mail au développeur suffit parfois pour avoir la version iOS sans avoir à repayer (coucou, et merci beaucoup, l’équipe d’OsmAnd).

Ensuite, l’omniprésence de Google dans Android y est de plus en plus malsaine. Je n’aime pas du tout. Idem pour celui des constructeurs. Je ne suis pas sûr que pour Apple ce soit réellement mieux, mais en tout cas, ce n’est pas pire. Android a donc fini par perdre cet argument là.

Un des deux gros points qui m’importaient c’est la taille du téléphone. Je constate que plus aucun constructeur de premier plan ne fait de téléphones haut de gamme (puissants et équipés, j’entends) qui ne soient pas des phablettes de 6, 7, ou 8 pouces destinées aux soit-disant « influenceurs ». Or je veux du 5", un truc à utiliser d’une main et qui tienne dans une poche, pas un pavé.

Enfin, l’autre gros point important pour moi concerne un point noir d’Android, à savoir le manque de sérieux global dans les mises à jour du système, y compris Android One et ses 3 petites années de mises à jour et qui tombe si le constructeur tombe aussi (coucou le regretté BQ, chez qui j’ai pris mes deux derniers téléphones).

Je suis donc emmerdé pour trouvé téléphone qui m’aille.

Mes critères, cette fois :

  • un téléphone puissant (je veux qu’il tourne encore dans 5 ans avec l’OS du moment)
  • des mises à jours et un support étendu dans le temps
  • 5 pouces max
  • à peu près futur proof (5G, OLED, vidéo fHD… Oui j’ai visé haut, tant qu’à faire)
  • une marque qui risque pas de tomber et pour lequel je pourrais avoir des pièces et de la réparation.
  • pas de surcouche dégueux

Avec ça, il ne reste pas grand monde. Quelques modèles anciens tout au plus, mais surtout, l’iPhone Mini. C’est donc le critère du prix qui a été mis de côté ici.

J’ai donc sorti mes liasses de billets reçus d’EDF et d’Orano pour vanter l’électronucléaire sur mon site ma carte bancaire et ma prime énergie mes chèques cadeau du boulot et j’ai pleuré fait le choix de l’iPhone 13 mini.

C’était ça ou le 12 Mini, le modèle précédent, mais le 13 avait des caractéristiques nettement plus attirantes, principalement au niveau de la batterie, pour un prix qui en valait selon moi le coup.

Ce téléphone compense tout les points listés plus haut :

  • il fait 5,4 pouces, pratiquement sans bords. Il est aussi grand que mon Samsung Galaxy Wifi 4" en 2011, le borderless en plus (donc un ration écran/face avant bien plus proche de 1)
  • Apple supporte actuellement jusqu’au iPhone SE sorti en 2016, donc 7-8 ans de support.
  • Le 13 Mini a la puissance du 13 normal, et il est ultra-fluide et rapide.
  • 5G, charge induction, OLED, Wifi AX, Glonass, BeiDou, four à pizza… tout y est.
  • Avant que Apple tombe ou arrête son département iPhone, je pense qu’on a de la marge. Par contre, on sait déjà que les formats « mini » c’est terminé. Ils se vendent mal car tout le monde le dernier influenceur à la con mode veut des phablettes.

Bref, tout ça c’était pour expliquer un peu ma problématique et finalement mon choix.

Ci dessous, une petites liste des trucs bien ou pas bien avec ce téléphone.

Les plus et les moins

Points négatifs

Le prix.
C’est le double du prix de mon téléphone précédent. Maintenant, s’il me dure le double de temps, ça revient au même. On verra. J’espère en tout cas.
J’ai pu en réduire le prix avec mes chèques cadeaux du boulot (dont je ne sais autrement jamais quoi faire, et je ne cache pas que sans ça, je n’aurais pas changé tout de suite), mais ça reste un objet cher.

iTunes
Ce logiciel est une merde, probablement encore plus sous Windows que sur Mac. Heureusement qu’EDF m’a gentiment offert un Mac. Mais c’est le seul moyen de transférer sa musique (50 Go) sur un iPhone, hormis tout racheter sur Apple Music depuis le téléphone.
Comme ça reste un truc à faire quelque fois par an seulement, pas tous les jours, ça ira.

Safari
Sur iOS, Apple interdit les autres navigateurs que Safari. Plus précisément, c’est le moteur de rendu qui est bloqué. On a donc bien des navigateurs comme Firefox ou Opera, mais ce ne sont que des Safari déguisés.
Or, le moteur de rendu de Safari (pas juste sur iOS) est en retard par rapport au reste et a ses particularités. Pour un webdév, Safari c’est un peu l’équivalent d’IE-6 à une époque sombre, très sombre : un mouton noir de couleur qui pose problème.
Safari n’a pas non plus de bloqueur de pub/popup aussi puissant que Vivaldi sur Android. Globalement faudra s’y faire et c’est pas la mort, mais c’est un point noir quand-même, pour moi.

Port Lightning.
J’ai toujours préféré le design du port Lightning au port USB-C. Le lightning est une broche plein et dure, alors que l’USB-C peut s’écraser et les broches sont fragiles. Même si je préfère lightning, j’ai quand-même dû refaire mon stock de câbles (le seul fourni est USB-C-Lightning).

AppStore
Pourquoi le champ de recherche de l’AppStore n’est pas mis en avant comme celui de Google Play ? Ici il est sur la dernière page, WTF ? Entre ça et le Google Play, ce dernier est mieux fait, je trouve.

L’encoche de l’appareil photo
Le fameux « notch » sur le haut de l’écran et totalement affreux, mais pas propre à ce téléphone. Le même sans appareil photo frontale m’irait tout aussi bien sinon mieux. Je ne prends que des photos de chats et ils n’ont encore jamais fait de selfies.

Des petits détails
Apple vante le multitouch, mais ne l’utilise lui-même pas partout. Par exemple, là où Android permet de pivoter une photo avec deux doigts qu’on fait pivoter, Apple Photo ne le permet pas. Il faut passer par un bouton « rotation », puis « tourner 90° ». C’est ubuesque.
Un autre exemple est le clavier : pas assez personnalisable. Et le fait d’appuyer longtemps sur une touche (E) pour afficher les diacritiques (ÉÈÊË) ne marche pas toujours (je suppute que je m’y prenne mal mais où…). Et la ligne des chiffres sur le clavier me manque également.
Un autre truc : dans le « drawer » des paramètres rapides (équivalent au menu du haut dans Android), les boutons Bluetooth et Wifi ne désactivent plus ces derniers. Ils nous déconnectent seulement, et ça se réactive après X temps. C’est totalement stupide. Pour les désactiver on peut et il faut aller dans les paramètres d’iOS. Mais le drawer ne sert plus à ça.

Points positifs

Logiciels désinstallables
De façon intéressante, la très grande majorité bloatwares Apple (notes, bourse, cartes, radio…) se désinstallent sans problème, là où sur Android elles sont seulement désactivées (et encore : on finit par les retrouver en tâches de fond !). On peut les remettre via l’AppStore si besoin.

Les logiciels de base
En dehors des apps qui ne me servent pas, celles que je garde (e-mail, photos, réveil…) sont globalement utilisables et neutres.
Sur Android, l’appli e-mail est GMail, orienté GMail. Sur iOS, c’est e-mail, orienté rien du tout et ça fonctionne partout. Je ne regrette donc pas K9-Mail, qui était déjà vraiment très bon sur Android.

Options désactivables
Apple Music, iCloud… tout ça est désactivable et et ça nous fout la paix. Wow.
Là où, dans Android, il y a toujours omni-présence du compte Google Play à chaque recoin dans les menus.

L’intégration
Toutes les app natives forment des greffons à un ensemble dont le cœur est iOS. Le système fonctionne très bien sans, mais les app ajoutent des fonctions accessibles depuis partout. L’appareil photo (qui intègre l’OCR en offline (!)) est activable dans n’importe quel champ de saisie.
Le partage de données d’une app à une autre est à un niveau que je ne connaissais pas sous Android. On peut même faire des drag-n-drop d’images, par exemple d’une page web à un e-mail ou vers le logiciel de prise de notes, puis joindre ça à un rendez-vous sur l’agenda et l’envoyer à un contact directement. Bref, c’est fluide et naturel. Me gusta.

Des petits détails
Beaucoup de petits détails sympa.

  • Un swipe tout en en bas de l’écran glisse tout l’écran vers le bas : pratique pour accéder au haut de l’écran en utilisant le téléphone d’une main.
  • Le double-tap au dos du téléphone pour réaliser des actions rapides (capture d’écran, verrouillage…). Probablement existant sur Android, mais jamais vu.
  • Comme tous les iPhones, ils y a un bouton physique pour mettre en silencieux. Autant dire que pour moi qui déteste téléphoner et a horreur des notifs, le bouton est toujours activé.

Points neutres

Carte SD
Comme expliqué plus haut, ce n’est plus un requis actuellement. Je fais régulièrement le ménage et des backup de mes photos et avec tous mes fichiers actuels, je suis à 50 % de l’usage des 128 Go du téléphone (iOS inclus).

iOS
Malgré une adaptation pour retrouver ses marques, je ne crains pas ce changement. J’ai connu iOS 3 et 4 il y a deux lustres (donc 10 ans), tout est encore au même endroit. Quant aux applications tierces, je les retrouve toutes.

Port jack
C’est dommage qu’il n’y soit pas, mais je m’en sers pas ; et de toute façon le téléphone est vendu avec des écouteurs lightning au cas où.

5G
J’ai la 5G dans la ville où je bosse. C’est cool, c’est très rapide (mes cartes OSMand sont téléchargées en quelques minutes) mais la 4G/4G+ m’aurait suffit sur un téléphone. À un certain niveau de vitesse de téléchargement, je me dis que ça ne sert à rien d’avoir plus. En tout cas sans les usages qui vont avec, et qui ne sont pas les miens. La 5G rend néanmoins le téléphone future-proof. Donc pourquoi pas.

Siri
Je ne me suis jamais servis de OK Google, je ne sais pas si je me servirais de Siri un jour. Heureusement, on peut le masquer pour que ça ne traine pas constamment dans les pattes comme un installateur de Edge sur Windows. Dis Siri, tu veux bien m’empêcher de troller Microsoft ?

Liens

Image d’en-tête : montage des photos de Da Sal et de Liz West.

Petite digression sur cet article :

Je commente juste ce passage, lié à la licence MIT car je suis totalement d’accord avec :

The MIT license to a large extent is the anti-license. The utopia of socialized programs, one that embraces the lack of marginal cost for software goods.

It’s an explicit rejection of the strong-property rights approach taken by both Gates and Stallman at their respective ends of the libertarian spectrum.

It’s the language of giving without expecting anything in return. It’s the language of sincere charity. A charity without strings attached, neither commercial nor reciprocal. With the risk of sounding sanctimonious, I read it as a pure projection of altruism.

[…]
That to me is freedom.

Car non, même si je considère que GPL et consorts sont nécessaires, ce n’est pas pour moi une licence libre.

La liberté, c’est quand je fais ce que j’ai envie de faire, et comment j’ai envie de le faire (je caricature évidemment).

Est-ce que la licence GNU me permet de faire ce que je veux ? Non. Je ne peux pas, par exemple, faire un logiciel propriétaire avec un code d’origine libre (pour ça, il y a d’autres licences qui sont apparues).

La liberté va de paire avec des devoirs, je suis absolument d’accord avec ça. Mais précisément : il faut bien distinguer les deux.

Ainsi, je vois les licences comme suit :

  • MIT est la liberté : je fais ce que je veux.
  • Une licence propriétaire, n’a que des devoirs (ou des interdits, qui ne sont que des devoirs négatifs ; en tout cas le contraire d’une liberté). Je ne fais rien comme je veux.
  • GNU/GPL essaye de concilier les deux : en donnant une liberté associée à des devoirs. Je fais ce que je veux, mais sous certaines conditions.

Parfois, souvent même, c’est utile et nécessaire de poser quelques limites. Mais dans autant de cas, une permissivité totale est également nécessaire.

Prenons l’exemple de la loi, car c’est ça qui détermine nos vies en société.

La loi, la constitution, posent des libertés et des devoirs pour chaque personne. Ainsi, par exemple, pour utiliser l’espace public, on ne doit pas être ivre. Il en va de la tranquillité de la société, sachant que l’alcool est une drogue, qu’elle rend violent et incapacitant : une personne ivre est un danger pour elle-même et les autres et il est mieux d’éviter ça.

Pourtant, il est tout à fait autorisé d’être ivre.
Il est tout à fait autorisé de boire quand on est mineur.
Et il est aussi tout à fait autorisé d’être ivre quand on est mineur.

Juste, chez soi.

Chez soi y a pas de problème.
Chez soi, la permissivité est très très large.

Encore heureux.

Stallman avec GPL, n’a pas fait une permissivité totale pour chez soi. Ce qu’il a fait, c’est un espace public : à la fois ouverte sur des libertés et délimité par des devoirs. La licence MIT, elle, c’est chez soi. Une licence propriétaire, en revanche, c’est chez les autres : on fait ce qu’on nous autorise de faire, car on n’est pas chez soi.

Quand je suis chez moi, je n’ai pas envie qu’on vienne me dire ce que j’ai le droit de faire ou non. Ni Bill Gates, qui vient me harceler parce que j’ai modifié Windows ; ni Richard Stallman qui exige le code source d’une modif que j’aurais commise (dans le cas de la AGPL, cette exigence est imposée même sans que le code ne soit redistribué).

Gates et Stallman ont beau être chacun à l’opposé d’une échelle assimilable à la droite et à la gauche en politique, cette échelle binaire, je la vois plutôt comme un polygone à trois sommets : Gates (tout interdit) à un bout, Stallman (des libertés ET des devoirs) à un autre, et les licences totalement libres telles que MIT, Apache, WTFPL au troisième (que des libertés).

Ces trois « pôles » défendent donc des intérêts différents à chaque fois : celui de l’utilisateur, du créateur, ou de la société (et on peut très bien en imaginer d’autres).

En fait, en rédigeant ce post, je viens de me mettre une image mentale sur pourquoi je n’ai jamais considéré les licences GPL comme libre, tout en étant fondamentalement convaincu de leur utilité. L’un n’empêche pas l’autre en fait.

Et le seul problème, c’est qu’on assimile GPL ou GNU à la liberté, alors qu’en réalité on devrait l’associer à une chose publique. (je n’emploie volontaire pas l’expression « domaine public », car ce vocabulaire signifie déjà quelque chose, même si le terme approprié serait bien « domaine public »). La GPL s’appelle d’ailleurs « General Public Licence », pas « General Free Licence ». C’est peut-être pas sans raison.

Car ce qui est public est accessible à tous sans appartenir à qui que ce soit.
Le bus est un transport public : pourtant je ne peux pas virer le conducteur et voler le bus pour rentrer directement jusque chez moi. Ni sortir dans un parc et couper les fleurs. Ni ramasser un banc pour mettre dans mon jardin.

Alors que ce qui est libre, je peux le prendre et en faire ce que je veux. Si y a un panier de pommes dehors où c’est écrit « Gratuit, servez-vous », je peux prendre une pomme et elle devient la mienne. Je peux la manger, la rapporter à la maison, en faire de la compote ou la jeter aux poules : j’ai le droit. C’est libre.

Quand j’ai commencé à utiliser un ordinateur, j’adorais bidouiller. J’étais encore petit, mais je m’amusais à modifier tous les paramètres possibles et voir ce qui se passait. C’était sous un système Windows. J’essayais aussi de supprimer ou déplacer des fichiers, toujours pour voir. Là, forcément ça plantait et il fallait réparer.

Avec le temps et au fil des bidouilles, on comprend quel programme fait quoi et ce qu’il ne faut pas faire ou alors seulement en connaissances de cause.

C’est un bon moyen d’apprendre.

Au fil du temps, je me suis lassé et j’ai voulu découvrir d’autres trucs. J’ai essayé GNU/Linux (Ubuntu). J’ai pu découvrir un autre système, d’autres manières de fonctionner, d’autres paramètres à bidouiller, à casser et à réparer, d’autres fichiers dans lesquels gratter, etc.
J’utilise toujours du Linux aujourd’hui, sur mon système personnel de façon courante.

Mais j’ai l’impression que tout ça c’était avant. Aujourd’hui je ne bidouille plus comme ça.

Aujourd’hui, si je bidouille mon système, c’est pour qu’après ça marche. J’édite d’obscurs fichiers de config, j’installe des outils étranges et je fais des scripts bizarres, mais tout ça est devenu purement fonctionnel.

J’ai plus le temps ni l’envie de bidouiller pour m’amuser : la fin n’est plus l’excitation de découvrir, casser puis réparer un ordinateur. Pas que je ne suis plus curieux, mais parce qu’une fois qu’on a découvert, on ne peut plus redécouvrir. Mon intérêt s’est porté sur autre chose.

La fin est devenue d’avoir un ordinateur qui fonctionne comme je le veux. Et c’est bien ce que j’ai : j’ai passé plusieurs années étudier le fonctionnement, afin de voir ce qu’on pouvait modifier et comment, pour pouvoir avoir enfin un système qui fonctionne comme je veux.

Ça ne me dérange pas de lancer des lignes de commandes trouvées sur la dernière page de l’internet, mais ça doit avoir un but et ça doit fonctionner. C’est d’ailleurs la raison de mes checklists Linux/Windows : avoir mes commandes à porté de main et pouvoir les appliquer rapidement en cas d’installation d’un nouveau système (mise à niveau complet, changement de PC…).

Pourquoi avoir un PC qui marche ?

Avant je bidouillais pour bidouiller. Maintenant je bidouille pour que ça marche. Car si ça marche, je peux produire et créer : faire des choses constructives.

L’informatique a pris une grande place dans mon quotidien et j’aime avoir les outils pour l’exploiter correctement. Et si un outil n’existe pas (ou n’est pas à mon goût), je sais le créer.

Tout le temps passer à regarder le fonctionnement d’un ordinateur m’a permis de découvrir l’univers des possibles en informatique (car oui, un ordinateur peut faire autre chose que ses courses en ligne ou regarder Netflix).

Du coup, maintenant, je crée des outils qui me servent au quotidien dans ce que je fais. Ma page des outils en ligne est dans cette veine-là.

Je pense que c’est un peu comme quand on évolue de lecteur à écrivain : on regarde, on apprend, puis on construit des choses différentes de ce qu’on a vu grâce à ce qu’on a appris.

Peu de monde va aussi loin dans cette démarche. La plupart des gens, face à un ordinateur, n’y voient qu’un écran interactif, bien loin de se douter qu’avec les bons outils et les bonnes connaissances on peut utiliser son PC pour faire à peu près n’importe quoi.

Et aujourd’hui, c’est là que je me dirige, plus que vers le simple bidouillage.

Ça en est à un point où, parfois, les systèmes trop configurables me font chier. KDE, un environnement Linux axé sur la personnalisation, est très joli mais ne m’attire pas. Je préfère Mate (Gnome) qui a autant d’options (juste elles sont cachées) mais qui à l’utilisation n’est pas encombrante.

C’est un peu ce que je reproche à Android de plus en plus. Il y a des tas d’options partout, à tel point que celle que l’on cherche est introuvable 90 % du temps. Sur ce plan, et bien que ça ne soit pas la seule raison, je songe de plus en plus à passer sur iOS/iPhone. Un système qui tourne et qui ne traîne pas dans mes pattes, quitte à avoir moins d’options : c’est ça que je veux.

(Ça rime :D)

J'avais commencé de répondre jusqu'aux question bullshito-corporate qui ne veulent strictement rien dire, j’ai donc abandonné en cours de route.

Je vais donc mettre ici ce que je considère comme un poste de développeur idéal. C'est ma vision des choses ; si y'en a qui sont pas d'accord c'est leur droit et pas vraiment mon problème.

Je précise quand-même : je code aujourd'hui professionnellement comme personnellement, même si ce n'est pas mon activité principale.

Bref, voici mes critères (en dehors de la paye).

Pour commencer : un bureau FERMÉ.
Coder quoi que ce soit, c'est une activité intellectuelle et j'ai besoin d'être concentré.
Je peux rester assis à réfléchir 12 h de suite, ça me gêne pas. Par contre le moindre bruit, sonnerie de téléphone pour des broutilles, ou tocage à la porte peuvent faire perdre 5 h de réflexion, et à vous 5 h d'avancement sur la deadline. C'est vous qui voyez.

Un bon bureau, chaise, écran.
C'est notre matériel de travail, bon sang ! Pour la même raison qu'un mécano ne travaille pas avec des outils premier-prix de chez Lidl, si vous nous donnez une chaise en bois et une table bancale pour bosser sur un Médion de 2005 et son clavier en Qwertz, ça va pas le faire.
Je veux utiliser mon ordi. Ou en tout cas mon clavier et ma souris. Ainsi que si possible mon environnement de développement.

La plupart des développeurs font du dev également à titre perso et ont appris ça chez eux avec leur logiciels et ont leurs repères (raccourcis claviers, etc.). C'est comme ça qu'on est le plus efficace, et ces demandes ne sont pas pour vous faire chier, bien au contraire.

Des spec précises
Dîtes nous précisément ce que vous voulez qu'on code et pour quand et on le fait et vous aurez ce que vous voulez au moment fallu. Et passez le mot au client aussi.
Si les spec ne sont pas précises, je considère que le choix non précisés sont laissés à notre discrétion. On dit pas à un architecte « je veux une maison », mais « je veux cette maison », accompagnée d'une liste complète de critères à respecter ab-so-lu-ment.

Le dèv c'est pareil.

Trucs non-importants
Perso je me fiche et contre-fiche :

  • d'un babyfoot
  • de la salle de sport
  • des sorties ou soirées organisées par la boîte
  • d'un distributeur de bouffe ou de café
  • d'un psychologue ou d'un masseur au travail

Certains aiment se sentir au jardin d’enfant pour bosser. Tant mieux pour eux, mais moi c'est pas mon cas. Je préfère l’ambiance « bibliothèque » en plein désert (et moins y a de monde, mieux j’y suis).

Et je distingue l’entreprise du reste de ma vie et j'ai envie de garder ça comme ça. Les soirées entreprise, si c’est plus d’une fois dans l’année, ça devient lourd, et si c’est pour en profiter pour parler boulot, sans moi merci. Revenez aux bons horaires.

D'ailleurs parlant de ça : les horaires et les congés flexibles c'est un gros point positif. Leur absence, un gros point négatif, sans être discriminant.

En résumé
Je suis dév : je travail en silence avec ma tête et mon ordi.
Il est donc normal d’être bien mentalement (au calme loin du bruit) et avec un bon ordi / chaise / souris.

Tout le reste, je m’en fiche : babyfoot & co, ce n’est pas un avantage pour moi (sauf s’il est loin loin loin au sous-sol).


PS : non, je ne recherche pas de poste de dév en ce moment.
J’ai juste tiqué sur un article d’un confrère blogueur.

Lire :

EELV veut taxer le CO2.
EELV veut aussi remplacer le nucléaire par du gaz et du charbon (en tout cas, c’est ce qu’ils font partout où ils passent).

C’est logique : ce sont avant tout des politiques et des buziness(wo)man.

Plus de CO2 émis = plus de taxes = plus de revenus.

J’appelle ça le paradoxe de pôle emploi, et ça existe sous plein de formes partout dans l’industrie.

En vrai, on ne résoudra jamais un problème en faisant confiance aux gens qui vivent de l’existence de ce problème.

Et les politiques sont très fort à ça, car c’est un peu leur job, leur poste qui en dépend. Les politiques sont élus par un programme où ils adressent des problèmes avec leurs solutions. Mais une fois que tout est fait, ils ne servent plus à rien. Résultat, ils ne résoudront jamais tout.

Ainsi, il est illusoire de croire le baratin politique habituel de tous les « grands » politiques, passés ou futurs :

  • Le Pen ne virera jamais les étrangers hors de France. S’ils font ça, et comme les problèmes subsisteront, elle ne pourra pas dire que les étrangers sont responsables et passera pour une guignole auprès de son propre électorat ;
  • Macron n’endiguera jamais la pauvreté ni le chômage : ces choses qu’il présente comme l’ennemi sont ses alliés les plus précieux. Sans pauvres, son programme déjà lacunaire serait inexistant et personne à part 50 riches ne voteront pour lui. S’il éradique la pauvreté, le pays passera à un autre sujet, sujet pour lequel il n’aura aucun discours tout fait et aucun moyen de savoir si ce qu’il va dire sera bien accueilli ou non. Suffit de voir pour le Covid : c’est sorti de nulle part et il a été pris par surprise comme tout le monde. À part deux ou trois pays dans le monde (Nouvelle-Zélande ou Corée du Sud par exemple), tous les autres pays ont des vagues de morts à cause d’une gestion à l’aveugle de la crise.
  • Sarko n’a jamais combattu l’insécurité ni les inégalités : il les a accentués. Davantage de pouvoir d’achat pour ceux qui en avaient déjà (son électorat majoritaire), plus de répression policière mais moins de flics : tout ça pour faire croire que les jeunes et les gens sont de plus en plus violents et que la police ne suffit plus, et ainsi passer H24 des images violents sur TF1 pour faire croire qu’il avait raison depuis le début. Mais le problème n’est jamais parti (et a profité au suivant).
  • Hollande a installé des caméras partout, fiché S tout le monde et instauré l’état d’urgence permanent. Est-ce que ça a servi à quoi que ce soit ? Non, à rien. Tous les attentats qui se produisent sont perpétrés par des criminels déjà connus de la police et sous l’œil des caméras.

On ne peut pas compter sur quelqu’un pour résoudre un problème s’il tire toute sa puissance de l’existence même du problème.

Comment résoudre ces problèmes, du coup ?
Probablement en supprimant la carotte qui pousse des gens à profiter du problème, plutôt que profiter de la solution. Pour ma part, quand on a une solution à un problème, je ne vois aucun souci à gagner sa vie avec, si ça résout effectivement le problème. J’ai en revanche plus de mal avec ceux qui profitent du problème seul, par exemple en mettant une taxe nouvelle, en installant des radars de vitesse ou en punissant ceux qui donnent aux SDF. Ces choses-là ne solutionneront jamais rien. Ils profitent du problème, c’est tout.

Empêchez plutôt de vendre du CO2.
Empêchez les lois anti-pauvres.
Empêchez la surveillance.
Et agissez réellement plutôt.

Pour le climat : punissez les responsables directs du CO2 (centrales fossiles, qui répercuteront leur amendes sur les clients, qui comprendront vite qu’ils voudront du nucléaire et du solaire pour payer moins pour la même chose, et par conséquent émettre 20x moins), subventionnez les installations moins émettrices autant qu’on subventionne le fossile (le fossile est largement plus subventionné que les ENR).

Ce ne sont que quelques idées, il y en a probablement d’autres. Mais installer des centrales à gaz à la place de centrales nucléaires, c’est absolument tout, y compris criminel, sauf un cadeau à la planète et à l’humanité.

La science permet de progrès technique et le progrès technique permet les avancées sociales dans leur ensemble : santé, culture, économie, politique… tout ça découle directement ou indirectement du savoir collectif accumulé par notre civilisation.

Pourtant, parfois, les étoiles de notre civilisation ne sont pas permises de briller comme elles le devraient. La folie des hommes et l’égo de quelques-uns en sont la cause. Même chez les grands savants, des ravages sont opérés par de tels comportements.

Par exemple, quel procédé aurait pu être inventé 200 ans à l’avance si des avant-gardistes comme Lavoisier n’avaient pas été décapités pour leur statut social par la violence des révolutionnaires ?

Quelle science aurions-nous eue si des scientifiques comme Carnot, Fresnel ou Maxwell n’étaient pas morts si jeune (respectivement à 36, 39 et 48 ans à cause d’une médecine lacunaire, si longtemps interdite au profit des prières ?

Combien de décennies de retard ont été accumulées parce que des génies comme Boltzmann ou Cantor ont été détruits par leur communauté à la grosse tête ?

Combien de temps a été perdu parce qu’Edison se disputait avec Tesla au lieu de regarder les faits et travailler ensemble plutôt que défendre chacun un modèle qui, au final, ne peut se passer de l’autre ?

La folie des Hommes existe partout, et c’est également partout qu’elle se fait ressentir.

Peut-être que nous n’aurions toujours pas eu les voitures volantes pour autant, mais si les personnes citées ici avaient pu avoir une vie digne de leur génie, alors nous aurions pu avoir l’ordinateur, le wifi, les smartphones depuis déjà un siècle.

Quand on sait que les téléphones tactiles existent depuis 15 ans maintenant, et que tant de chemin a été parcouru en si peu de temps, ce qui nous attend comme révolution à nouveau dans 15 ans promet d’être tout aussi spectaculaire.
Eh bien ceci, nous aurions pu l’avoir 40 ans plus tôt, laissant à notre époque 4 générations technologiques d’avance par rapport à ce qu’on aujourd’hui.

Qui sait ce qu’on aurait eu si la bêtise avait laissé place à la sagesse depuis 4 000 ans ?
Qui sait ce qu’il manquera aux générations futures si on continue à faire les mêmes bêtises aujourd’hui ?

Va-t-on continuer à nier l’évidence, pour qu’une poignée de gens se partagent le pognon du monde au détriment de la recherche, de l’éducation, de la santé, l’égalité ? Ou voulons nous faire avancer notre civilisation pour la rendre éternelle et maître d’un destin à l’horizon galactique ?

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Ça fait quelques semaines que j’utilise Vivaldi en navigateur principal sur mon ordi.

J’avais changé, car j’étais lassé de Firefox et quelques-unes de ses options qui partent, viennent, repartent, et de divers choix incompréhensibles faites par Mozilla sur ce navigateur, et dans l’espoir de trouver une solution plus « future-proof » que Firefox qui est virtuellement mourant et que Mozilla considère comme un fardeau plutôt qu’un fer de lance.

Vivaldi n’est pas officiellement libre, mais tous leurs composants le sont, même si en partie c’est porté par Google.
Vivaldi est le navigateur plein d’options pratique et qui reste utilisable. Du génie. Je n’ai rien à reprocher au travail que Vivaldi a fait avec ce navigateur : il est complet et pratique.

Juste un truc.
Blink.

Blink c’est le moteur de rendu (à l’origine un fork de Webkit) : le sous-programme du navigateur responsable de l’affichage des pages. C’est le même moteur de rendu que Chrome, Edgium, Chromium, Opera…

Ce qui différencie ces navigateurs, c’est tout le reste qui n’est pas le moteur de rendu, c’est-à-dire la partie visible du navigateur (menus, disposition, couleurs…).

Or :
Blink est lent.
Blink est mauvais.
Blink est lourd.
Mais Blink est utilisé par 80 % des navigateurs.

En bref, Blink c’est le nouveau IE6.

Pour l’affichage des pages, Firefox est plus fidèle aux standards.
Pour l’exécution des programmes web, Firefox est plus rapide.
Pour la gestion des ressources, Firefox est moins gourmand.

Firefox n’utilise pas Blink, mais Gecko/Servo (projet Quantum). Ce moteur est rapide, efficace, léger. Y a pas à dire. Ça n’a plus rien à voir avec le Firefox de 2015 où c’était un gros patapouf hyper-lent.

À ce jour, c’est la seule alternative au monstre Blink. Et c’est bien dommage, car même Mozilla semble délaisser le truc pour se lancer dans ses projets commerciaux (à coup de licenciements et plans de restructuration).

À l’époque d’Opera 12 (ancêtre spirituel de Vivaldi), Opera n’utilisait pas Blink/Webkit mais leur propre moteur de rendu : Presto. Il était plus rapide que Gecko et Webkit, mais Opera l’a laissé tomber pour se tourner vers Webkit (devenu Blink ensuite).

Quand Vivaldi est né, quelque temps après, ils ont fait le choix de prendre Blink et non Gecko.
Je ne suis pas là pour dire qu’il s’agisse d’une erreur, mais pour moi, ça reste un défaut et un reproche technique.

Après un mois sous Vivaldi, je le vois tous les jours : un clic droit dans un champ texte sous Vivaldi prend plusieurs secondes (c’est instantané sous Firefox). Les outils de dév sont bien plus complets et orientés utilisateur dans Firefox que dans Blink. Les éléments d’interface (input number/date/…) sont mieux pensés dans Firefox que dans Vivaldi/Chrome. Sans compter l’affichage des pages, les rendus graphiques…

Bref, Vivaldi est bon, vraiment très bon…
… si vous venez de Chrome/Opera/Edgium. Vraiment : essayez-le, vous ne verrez pas ces défauts et vous aurez un navigateur mieux foutu et mieux pour votre vie privée.

Mais si vous arrivez de Firefox, vous aurez un truc plus lent, plus lourd et les contrôles dans les pages seront ce que Firefox avait il y a 10 ans.

Si vous êtes web-dév, oubliez les outils de dév de Chrome/Vivaldi/Blink : c’est de la vraie merde. Ceux de Firefox sont plus complets, plus pratiques, même si un point plus bugué.


@Vivaldi : le jour où vous passez de Blink à Gecko, vous aurez le meilleur navigateur du monde.
En attendant, vous avez la meilleure interface avec le pire moteur de rendu.


ÉDIT : je dis bien qu’ici tout ça concerne mon ressenti après une utilisation représentative de mon usage, avec les modules, ma configuration… bref, des conditions réelles ; soit tout le contraire d’une « fresh-install » habituellement utilisée lors des benchmark et des tests journalistiques.

Ah et aussi sous Linux (Linux Mint).

Voir :

Je sais pas trop où me placer pour le coup.

Si les faits sont avérés, il doit être jugé pour ça. Il n’y a aucun doute à avoir sur ça.

Après, le dégager de la FSF pour ça ? Sérieusement ?

Même si je n’aime pas trop le personnage, je pense que niveau Librisme, c’est quand-même le type le plus compétent de la Terre : il a inventé et lancé le mouvement, en fait.
Il mérite, lui et son travail, un grand respect pour ça. Et je dis bien pour ça. Le reste n’entre pas en considération au niveau du Libre et je ne vois pas pourquoi ça devrait.

Car balancer par la fenêtre absolument tout ce qu’il a fait et accompli pour une facette sombre de sa personne, c’est abusif.

Comme j’ai dit : ses faits de harcèlement doivent être punis. Mais une fois la peine purgée, on doit pouvoir avoir son compteur remis à zéro. C’est le principe de base d’un système judiciaire : tu fais une faute, tu la répares et te rachète. Ensuite t’es quitte et c’est censé d’apprendre à ne plus recommencer.

Y a un tas d’autres exemples, de gens qui étaient juste des ordures sur certains plans, mais dont le travail est bénéficiaire à tous.

  • Einstein n’était pas beaucoup réputé pour son humanité (en particulier avec sa femme).
  • Heisenberg était pratiquement un nazi
  • et Newton était quelqu’un, à en croire les témoignages, qu’on qualifierait simplement d’un « gros con aigri » aujourd’hui.

Ça n’enlève rien à ce qu’ils ont fait, et personne ne viendrait discréditer leurs travaux ou la paternité de celles-ci pour ça.

Bref, ça rejoint assez bien la question de la séparation de l’œuvre de son auteur :

Et si je vous disais qu’il n’est pas nécessaire d’aimer une personne pour apprécier ce qu’elle fait ?
Et si je vous disais qu’il est possible d’apprécier l’œuvre, sa forme ou son style, tout en n’étant pas d’accord avec l’ensemble de son contenu, son fond, son auteur ?
Et si je disais que l’on n’est pas obligé d’être d’accord avec 100 % de ce que dit ou fait une personne, mais seulement une partie ?
Et si je vous disais qu’on peut respecter quelqu’un tout en n’étant pas forcément d’accord avec tout ?

Bref, tout comme je regarde les idées et pas forcément les gens, je serais plutôt de nature à juger des actes plutôt que des personnes et toute leur vie d’un seul bloc.

Aussi, je comprends bien qu’on ne veuille pas aider à donner de la visibilité à quelqu’un qui se comporte comme un connard, autant on peut respecter son travail. Je pense que toute cette « cancel-culture » (virtuellement « tuer » quelqu’un par un jugement populaire) s’inscrit dans une logique plus générale où les comportements déplacés, les harcèlements, ou les viols ne sont pas pris au sérieux par la justice, les forces de l’ordre, et la société dans son ensemble en fait. Du coup, il reste seulement la vengeance populaire en ligne.

Tout ça c’est un problème, c’est sûr.
Mais s’attaquer à gens un par un de cette façon… je ne vois pas en quoi ça le résout.

Parce que si on suit cette logique, si l’on n’aimes pas RMS pour son côté machiste, et que l’on le rejette dans son ensemble, j’ai envie de dire : arrêtez tout de suite d’utiliser tous les logiciels libres dont il a écrit la licence ou le code source (et ça en fait un sacré paquet). Dans ce cas oui, je comprendrais la logique de la démarche : même si je ne la partagerai pas, ça serait logique et intègre.
Car utiliser ses outils tout en lui crachant dessus, ça ne serait ni plus ni moins que de l’hypocrisie.

Photo d’un journal déchiré sur le sol.
On n’a beau qu’être de personnes lambda, qui n’ont rien à nous reprocher[1] ou à cacher[2], nos données personnelles restent précieuses quand-même, aux yeux des Gafam notamment.

Pourquoi ? Comment ?

Pour les Gafam (Google, Amazon, Facebook, Apple, Microsoft, bref, toutes les boîtes du numérique qui font leur blé en ligne et bien souvent gratuitement), nos données sont leur modèle économique.

Google est gratuit. Facebook aussi. Twitter, Instagram et Youtube également. Pourtant leurs bénéfices net se chiffre en milliards de dollars. J’en ai déjà parlé.

Ce fric leur est donné par les marques qui vendent des trucs (Coca-Cola, Nike, Renault… bref n’importe qui possédant des trucs à vendre). Ces marques payent Google ou Facebook pour qu’ils affichent des pubs sur les écrans des internautes. L’internaute, intéressé par la pub, va cliquer et acheter le produit, et voilà l’argent qui rentre.
Tout le monde est content et l’internaute a dépensé son fric.

Mais pourquoi « nos données » ?
La télé vit avec la pub, pourtant elle n’exploite pas nos données ! Un panneau publicitaire non plus !

Eh bien… La télé envoie une pub identique à tout le monde. Or, tout le monde n’est pas intéressé par tel ou tel produit.
Un couple sans enfants s’en fiche des pubs pour les couches pour bébé. Un retraité se fiche des pubs pour les fournitures scolaires.

C’est là qu’intervient le profilage, principalement sur internet : le profilage permet d’associer une personne (vous) à vos préférences. Comme ça, vous aurez des pubs ciblées : en gros, le couple sans enfants n’aura plus de pubs pour des couches mais autre chose.

Comment ?

Eh ben grâce à vous ! Par exemple, Coca-Cola fait une page Facebook et des gens vont « liker ». Hop, voilà du monde qui aimera les pubs pour les nouveaux produits de la marque. Idem pour la page « Nike », « Renault », et ainsi de suite.

Bien-sûr, ici vous avez sciemment liké la page en question. Il n’en reste pas moins que ce « like » innocent est exploité par Facebook. Il en va de même quand vous renseignez votre école, votre travail (pratique pour vous afficher la publicité de la pizzeria du coin tous les midis), vos sports préférés (pour afficher les pubs pour les maillots ou les matchs), les hobbies…

Autre exemple, moins direct : Google. Google connaît vos requêtes.

Si vous cherchez plusieurs fois dans le mois « suis-je enceinte ? », « comment tomber enceinte ? », « test de grossesse » ou ce genre de choses, il vous affichera les annonces, au choix :

  • des couches pour bébé (oui encore)
  • des tests de grossesse
  • des sages-femmes à domicile

Ce cas-là est déjà arrivé en vrai : une jeune fille a commencé à adopter des habitudes de consommation proches des femmes enceintes. Quelques jours après, paf, elle reçoit des coupons de réduction pour des produits bébé : les algos de profilage de son supermarché avaient fait le lien et lui a envoyé des coupons par la poste. Je ne vous explique pas la gueule des parents : son supermarché savait qu’elle était enceinte avant ses propres parents !

Encore un autre exemple : votre voisin, qui aura cherché « tondeuse pour gazon », aura des annonces pour des tondeuses, des tailles haies, etc.
Là aussi, ces annonces seront nettement plus pertinentes pour lui, il aura beaucoup plus tendance à cliquer et à acheter. En somme : l’annonce a bien plus de chance de fonctionner et de « forcer » l’internaute à dépenser son argent !

En profilant chaque internaute, Google connaît l’historique de tout le monde : Google sait qui est qui, qui cherche quoi et qui veut quoi, et il affichera les annonces en conséquence, afin de maximiser l’efficacité des annonces.
Et avec des annonces plus efficaces que ses concurrents, Google peut exiger davantage de pognon de la part des marques. C’est comme ça qu’il gagne tous ces milliards.

Allons plus loin encore.

Si vous cherchez « restaurant à Lyon » alors que votre IP est située à Paris, Google peut en déduire que vous êtes en voyage. Il va donc vous proposer :

  • des annonces de train Paris-Lyon ;
  • des hôtels ;
  • des choses à faire à Lyon.

Même si à l’origine vous êtes juste de passage dans cette ville, vous serez peut-être intéressé par les annonces, vous cliquerez et vous irez dépenser votre argent.

Google, grâce à sa présence dans Android, connaît votre position (grâce au GPS), et peut recroiser ça avec vos recherches dans Google Maps. Google sait où vous êtes, ce que vous cherchez. Avec Google Pay, il sait ce que vous achetez et vos habitudes de consommation. Il peut donc sans cesse vous proposer des annonces pertinentes.

Et ceci partout : dans les résultats de recherche, sur vos blogs préférés qui diffusent des pubs via Google Adsense (leur régie publicitaire), sur Youtube, dans Google Maps, dans Android Auto directement dans votre voiture, dans GMail…

Encore plus loin ?

Google veut tout savoir de vous : il connaît votre position, il connaît vos recherche, il lit vos mails, il répertorie vos contacts (e-mail, SMS…), il connaît votre agenda, il connaît votre « todo-list » et votre liste de courses, sait où vous allez avec Google Maps, analyse vos fichiers sur Google Drive (dont vos fiches de paie, vos factures, vos relevés bancaires, si elles-y sont).

Plus ils en savent sur votre passé, plus ils savent ce que vous allez faire et où vous allez vous rendre… et plus ils pourront vos affiches des pubs ciblées et pertinentes.

Flippant ? Oui.
Est-ce un mal ? Oui et non.

Oui, car vous êtes sans cesse soumis à la tentation de dépenser plus d’argent que vous ne voudriez.
Non, car une bonne pub bien ciblée peut vous faire acheter exactement ce que vous recherchez et vous faire gagner du temps.

Bon alors ? On s’en fout ?

Non.
Car tout est prétexte à faire du profit, même des choses nettement moins éthiques, et c’est bien là le problème !

« Tout ce que vous faites pourra être retenu contre vous »

Google sait où vous êtes, où vous allez et à quelle vitesse vous roulez (merci votre téléphone avec un GPS).
Il sait ce que vous mangez (merci Google Pay, ou vos photos).

Ces données ne sont pas juste stockées chez eux.

Google vend ces données à d’autres entreprises.

Qui peut bien être intéressé par les routes que vous empruntez et votre vitesse ? Au hasard : votre assureur auto ! Si vous roulez trop vite, ils ajouteront ça à votre dossier et votre prime « personnalisée » sera plus chère.

Qui peut bien être intéressé par le fait que vous recherchez des produits de luxe sur Internet ? Qui peut bien être intéressé par les photos Facebook de votre garage plein de matériel de jardin assez cher ?

Les démarcheurs qui veulent vous vendre des caméras de surveillance ou des systèmes de sécurité. Ils viendront toquer chez vous et vous diront que — par exemple tout à faire au hasard — le matériel de jardin est très sujet aux cambriolages en ce moment et dans votre quartier.

Et vous signerez. Et vous payerez.

Sinon, les impôts aussi : ils sont très intéressés par votre train de vie. Vous saviez, vous, que Al Capone, le fameux baron de la drogue, avait été arrêté pour fraude fiscale et non pour trafic de drogue ? Bah maintenant oui : son train de vie l’a trahi, alors qu’il faisait autrement très attention. Votre train de vie peut aussi vous trahir. Car oui, le fisc se balade sur les réseaux sociaux, analyse vos photos publiques et cherchent des indices trahissant vos trains de vie qui ne collent pas à vos déclarations.

Qui peut bien être intéressé par le fait que vous êtes allé 6 fois au McDo ce mois-ci et que vous n’achetez jamais de légumes ?

Votre banque : est-ce qu’ils seront aussi enclins à vous accorder un prêt sur 30 ans ou une assurance-vie si vous ne courrez jamais, roulez vite et allez au McDo tous les deux jours ? Bref, si vous êtes sujet à des soucis de santé ?

Dans ce cas, votre banque aimerait beaucoup connaître vos habitudes et votre état de santé, justement pour éviter de prêter du fric à quelqu’un qui risque de mourir et ne jamais pouvoir vous le rendre…

Bref, toutes vos données sont exploitables et tout sera retenu contre vous : votre banque ou votre assurance ne sont pas votre ami.

Et ce ne sont que quelques exemples…

Maintenant, comme je dis souvent : si quelque-chose est techniquement faisable, alors ça sera fait tôt ou tard.

En l’occurrence : est-ce possible pour Google de tout savoir sur vous ? Oui.
Y a-t-il des entreprises qui seraient être à payer Google pour récupérer ces informations ? Oui !
Est-ce possible que Google vende ces données ? Oui.

Suffit de vous poser les bonnes questions, comme :

  • est-ce que j’aimerais que mon assureur sache telle ou telle chose ?
  • ou mon banquier ?
  • ou l’État ?

Si la réponse est non, alors faites gaffe : ce que vous demandez dans votre moteur de recherche, ce que vous envoyez par e-mail, ce que vous prenez en photo et envoyez à Facebook ou Twitter, ça termine dans les algorithmes et c’est vendu au plus offrant.

Les bandeaux « nous respectons votre vie privée », c’est du flan. Votre vie privée, c’est leur business. Ils ne vont pas s’asseoir dessus.

Pour conclure

Oui, vous êtes une personne lambda.
Mais oui, vos données, vos habitudes, sont intéressantes pour certaines personnes, certains organismes.

Un smartphone avec GPS, c’est pratique. Mais sur ce smartphone tourne Google, Facebook, Instagram, l’application de votre Banque, celle de votre assureur, votre supermarché, votre gouvernement ou votre ambassade…

Toutes ces applications peuvent capter ces données et les conserver, puis le revendre à qui les veut. Votre banque-assurance sait ce que vous achetez régulièrement. Ceci intéresse les publicitaires comme Google. Google sait où vous êtes et Facebook sait ce que vous faites, et ceci intéresse les banques-assurances.

Vous voyez le business ?

Parfois ça peut-être pratique : c’est toujours mieux de trouver une annonce qui correspond pile-poil à ce que l’on recherche. Et encore : parfois on achète des choses pas franchement utiles et on dépense son argent alors qu’on est déjà dans le rouge.

Mais souvent, très souvent, les utilisations faites de vos informations personnelles sont nettement moins bienveillantes à votre égard, même si cela n’est pas visible au premier abord

Le fric n’a pas de limites : s’il y a moyen de faire du blé sur votre dos, ça sera fait.
Votre banque sera ravie d’économiser le risque de vous accorder un prêt, s’il sait que vous faites des choses dangereuses.

Que faire ?

À notre niveau, à moins de vivre sans technologie, vous serez profilé pour des besoins publicitaires.

On peut limiter la casse cependant :

  • ne plus utiliser les Gafam, pour ne plus leur donner vos infos qu’ils vont revendre. C’est pas simple, mais on peut au moins faire attention à ne pas tout leur donner sur un plateau ;
  • paramétrez ou choisissez vos applications en fonction de leurs permissions : votre application calculatrice veut accéder au GPS et au réseau ? Ce n’est pas normal. Votre application météo veut la liste de vos contacts et lire vos SMS ? Ce n’est pas normal. Évitez ces applications-là et prenez en d’autres ;
  • paramétrer vos navigateurs pour qu’ils bloquent les trackers et cookies publicitaires, qui participent justement à permettre tout ce profilage ;
  • ne pas acheter de Google Home ou d’autres assistances vocaux : ces trucs enregistrent tout 24/7 et font de l’analyse sur ça. Faites le test : si vous n’avez pas de chien, prononcez plusieurs fois « croquettes pour chien » devant le Google Home chez vous. Dans pas longtemps, Facebook ou Amazon vous proposeront des pubs pour des croquettes.

Enfin, je ne suis pas là pour juger : utilisez Facebook et Google, installez Instagram, ou l’appli McDo ou celle de votre banque, si ça vous chante. Je ne vis pas hors des Gafam non plus.

Acceptons que EDF analyse vos habitudes de consommation électrique et sache si vous respectez bien le couvre-feu ou le confinement : on n’a pas le choix.

Je suis juste là pour vous présenter une réalité invisible : celle du business des informations personnelles. Celui qui permet à des entreprises comme Google ou Facebook de rapporter des dizaines de milliards de dollars chaque trimestre avec des produits gratuits pour nous.

PS : je prends majoritairement l’exemple de Google ici, car il parle bien.
Mais tous les Gafam font pareil : L’application Facebook a accès à votre liste de contacts et votre GPS, il analyse vos photos, vos likes, et les pages web que vous visitez. Ils en savent tout autant. Idem pour Twitter. Idem pour Linkedin. Idem pour toutes les applications avec une liste longue comme le bras de permissions. Et toutes font du fric grâce à ça, au moyen d’une application gratuite, souvent.

Notes :

[1] : Même si vous ne vous reprochez rien, sachez que ce n’est pas toujours vous qui décidez ce qui est reprochable.
[2] : On a tous une vie privée, des choses qu’on n’aimerait pas voir divulguées à tout le monde.

image d’en-tête de Tushar Mahajan

Un personnage en légo avec le logo radioactif.
En vue de la politique française qui est plutôt dans le sens de fermer des centrales nucléaires et les remplacer par des énergies fossiles, tout ça pour plaire au public qui semble avoir « peur » du nucléaire, j’ai écrit un article (sur mon blog scientifique) pour expliquer le fonctionnement d’une centrale nucléaire. Juste le fonctionnement.

Je pense que beaucoup de gens ont peur du nucléaire, car on l’associe à Fukushima, Tchernobyl, aux bombes… au lieu de l’associer à une énergie décarbonée, puissante, peu chère et parmi les plus sécurisées du monde.

Mon article sur le fonctionnement est là : Comment fonctionne une centrale nucléaire ?

Hier par contre, je découvre que l’excellente chaîne YouTube « KurtzGesagt » a sortie une vidéo avec comme thème « How Many People Did Nuclear Energy Kill? Nuclear Death Toll », autrement dit « combien de personnes sont mortes à cause de l’énergie nucléaire ? ».

Vous regardez la vidéo si ça vous dit (comme d’hab sur cette chaîne, y a les sources et il n’y a pas de point de vu initial d’imposé). Je résume ici.

Une chose à garder en tête : dans la vidéo et concernant le comparatif final, ils ont plus les chiffres les plus pessimistes possibles concernant le nucléaire. Ces chiffres sont généralement avancés par les soi-disant « écologistes » et sont très nettement exagérés, d’un facteur x15 par rapport aux chiffres officiels, dans le cas de Tchernobyl par exemple.

Ainsi, pour Tchernobyl seul, les chiffres officiels parlent de 4 000 morts directs ou indirects (31 personnes sont morts directement à Tchernobyl, essentiellement des pompiers). Les chiffres les plus pessimistes, de la part du groupe Les Verts (en Europe) parlent de 60 000 « morts prématurées d’ici 2075 » à cause de l’accident.

Pour Fukushima, au moment de l’accident, personne n’est mort directement à cause de l’exposition aux radiations (comme le furent les pompiers à Tchernobyl). Les morts dus à l’accident le sont à cause du chaos relatif à l’évacuation. Là également, le chiffre le plus pessimiste est plus grand : ils parlent de 1 000 morts prématurés potentielles. Une personne est morte à ce jour d’une cause directement imputable aux radiations.

Parallèlement, la vidéo mentionne un autre accident dû à la production d’énergie : la rupture du barrage hydroélectrique de Banqiao en Chine en 1975, dont la cause est — comme pour Fukushima — une cause naturelle (un typhon ; alors que c’était un séisme suivi d’un raz-de-marée pour Fukushima).
Ici, on parle d’un nombre de morts directes entre 85 000 et 240 000, à cause du barrage cédé et de la vague d’eau qui en suivit. Même les chiffres les plus optimistes écrasent donc les chiffres les plus pessimistes pour Tchernobyl… tout ça avec un barrage, donc une énergie propre et sans risque… non ?

Quant aux énergies fossiles, vous regardez la vidéo pour les détails, mais l’OMS — les mêmes qui donnent « seulement » 4 000 morts pour Tchernobyl — parle de 4 000 000 de morts liés aux énergies fossiles… chaque année.
Et on estime à 100 000 000 (cent millions) de morts prématurées au cours des 50 dernières années.

Suffit de faire le calcul maintenant : même si tous les réacteurs nucléaires du monde explosaient avec les conséquences de Tchernobyl — et chaque centrale comporte plusieurs réacteurs —, le nombre de morts dues à la pollution conséquente des énergies fossiles serait toujours 4 fois plus importante.

Donc juste « lol ».

On comprend donc très bien pourquoi certains vont jusqu’à dire que le nucléaire a sauvé beaucoup de vie qui seraient autrement mortes à cause des énergies fossiles. Pour exemple, la politique antinucléaire et pro-charbon de l’Allemagne aurait ainsi provoqué 1100 morts supplémentaires… annuelles depuis 2011.

Et ne venez pas me dire « c’est normal, car le charbon produit une plus grande part d’énergie dans le monde que le nucléaire ». Ceci est vrai, mais l’argument ne tient pas. En terme de morts par TWh d’énergie produite, le nucléaire s’en sort d’autant mieux. Là aussi, ils en parlent très bien dans la vidéo.

~

Le nucléaire n’est pas parfait, mais comme la Démocratie est le pire de tous les régimes à l’exception de toutes les autres, JE pense, que le nucléaire est le pire de toutes les sources d’énergie à l’exception de toutes les autres pour adresser les problèmes actuels ; tous facteurs confondus : production électrique continue et non-intermitente, quantité de combustible, déchets stockable… Je le redis : rien n’est parfait, mais pour le moment je pense que c’est la meilleure option que l’on a pour sortir du fossile (sur toute la chaine).

Quand (Covid à part, dont j’espère qu’on se sera débarrassé dans quelques années), le plus gros problème auquel l’Humanité fait face actuellement, ce n’est pas un tas de déchets nucléaires, mais un problème de une montagne de 50 000 000 000 de tonnes de CO2 pompées dans l’atmosphère chaque année (sans compter les autres polluants liés aux énergies fossiles) que nous devons régler, et rapidement.

~

Pour info, la vidéo n’en parle pas, mais le charbon (qui compense toutes les centrales nucléaires fermées depuis 10 ans en Europe) libère également des radiations dans l’air. Sous la forme de radon, principalement (comme si le CO2 et les particules fines cancérigènes ne suffisaient pas). Et les émissions de rayonnement dues au charbon sont environ 10 fois plus importante que celles de l’industrie du nucléaire. Excusez du peu, là aussi. Mais le charbon c’est ancestral et moins dangereux, hein ?

image d’en-tête de awee_19

Un crayon à nouveau affûté.
Comme j’indiquais dans mon précédent article, je vais essayer de revenir un peu sur le blog et dans les liens.

Depuis quelque temps (quelques années en fait), j’ai assez décalé ma présence en ligne sur Twitter, délaissant un peu le blog.
Non seulement je trouve ça dommage pour le blog — mon blog ! — mais en plus, c’est plutôt dangereux. Chez Twitter, on n’est pas chez soi.

C’est Twitter qui y décide ce qu’on peut y dire, c’est Twitter qui décide si vous avez le droit d’y être ou non. Me parlez pas de Mastodon : à moins de créer une instance sur mon site (ce qui serait beaucoup trop lourd pour moi), je n’ai pas envie de me déplacer de Twitter à une instance de Mastodon (quelle qu’elle soit), ça ne serait pas vraiment une avancée sur la forme.

La remarque concernant Twitter peut être valable aussi pour Facebook et Youtube, même si j’interviens surtout sur Twitter.

Je ne vais pas délaisser Twitter pour autant : l’interaction là-bas me plaît et y a pas mal de gens bien (une fois qu’on a bloqué les cons). Je veux rester en contact avec eux.
Ceci dit, je vais me recentrer ici : si j’ai un lien à commenter, je vais peu à peu le le faire ici de plus en plus, soit dans les liens au fil du web, soit sur le blog. De toute façon, les deux sont postés automatiquement sur Twitter aussi.

Par ailleurs, histoire de garder l’interaction, je rouvre les commentaires ici.

Les commentaires ont été fermés, ouverts, fermés de nouveau, rouvert, et refermés, le tout plusieurs fois. On va voir comment ça va se passer. Les commentaires seront modérés : je les activerai individuellement avant qu’ils ne soient visibles. Là aussi je referais un article pour parler de ça, car c’est pas simple de gérer les commentaires. Je ne dis pas que c’est chiant ni que je n’aime pas ça, bien au contraire, je dis juste que ce n’est pas simple.

Bref, tout ça pour dire que non, mon blog n’est pas mort, et le principe d’un « blog personnel » non plus. On arrive sur les 12 ans de vie de ce site (et c’est une éternité : si vous savez le nombre de blogs que j’ai vu naître et mourir entre temps…). Il a vécu tout ce temps et vivra encore longtemps.

Au plaisir d’écrire et de vous lire :D

Image d’Angeline Litvin

Trump orange with hair.
Ça y est, suite aux conneries de Trump, voilà que tous les grands réseaux sociaux le dégagent (source) :

  • Twitter
  • Facebook
  • Google
  • Snapchat
  • Instagram
  • Youtube
  • Spotify
  • Reddit
  • Twitch
  • TikTok
  • Pinterest
  • Shopify

Bien-sûr, tout le monde crie à la censure, à commencer par les pro-Trump, mais pas que.

Perso je n’y vois pas de censure, mais de la modération.

J’explique.

Pour moi il y a une différence entre :

  • avoir le droit de publier un livre, mais voir que personne ne l’achète ;
  • ne pas avoir le droit de publier un livre.

Si personne n’achète votre bouquin, est-ce que c’est de la censure ? Non, c’est juste que personne n’est intéressé et que vous avez écrit de la merde.

Bien.

Maintenant qui empêche Trump d’installer un serveur chez lui, d’ouvrir un blog et de partager ce qu’il a à dire là-dessus ? Personne. Donc qu’il le fasse. Il pourra s’exprimer.
Le type est milliardaire : on ne va pas me faire croire qu’il n’a pas les ressources pour le faire (ou le faire faire).

Si, à ce moment-là, le gouvernement ou n’importe quel acteur tiers fasse couper l’accès à son site pour des motifs illégitimes, là, on pourra parler de censure. Mais pas avant.

Car non, ce n’est pas le cas pour l’instant.

Actuellement, Donald Trump déverse des torrents de haine, appelle à l’insurrection et partage des « fake-news » à longueur de journée. Ces choses-là sont prohibées par les CGU de tous les réseaux-sociaux. Des CGU qu’il est censé avoir accepté en s’inscrivant dessus. Des CGU que vous et moi avons accepté également, si nous sommes sur ces mêmes réseaux sociaux.

Libre à nous de les respecter ou non. Mais si on ne les respecte pas, on s’expose à perdre notre compte. Ce sont les règles du jeu.
Et si on joue un peu trop avec le feu, ben… on se le fait rappeler. C’est comme ça, parce qu’on a accepté ça.

Le problème, ce n’est pas Twitter ou Facebook qui bloquent des gens.

Le problème c’est pourquoi est-ce qu’on accepte que Twitter ou Facebook jouent les policiers comme ça ? Pourquoi ne veut-on pas ouvrir nos propres blogs ? Pourquoi ne veut-on pas revenir vers un internet décentralisé ou personne ne peut jamais nous bloquer pour un oui ou pour un non ?

La réponse : parce que Twitter ou Facebook c’est simple. On donne son mail, ils s’occupent du reste. Alors que avoir son propre blog, c’est compliqué. Ne dîtes pas le contraire : c’est compliqué. Et non, Wordpress.com, Medium ou Skyblog ne sont pas une solution : il y a des CGU aussi et vous n’y êtes pas chez vous non plus.

Maintenant, si vous avez peur que Twitter vous « censure », que YouTube vous démonétise ou que Facebook vous bloque, y a pas trente-six solutions : n’allez pas sur ces sites. Ouvrez un blog indépendant et parlez à travers ça. C’est difficile, oui, mais je ne sais pas si vous avez remarqué, mais dans la vie on n’a rien sans rien. Et encore : y a des gens sympas qui donnent de leur temps, de leur énergie pour vous faciliter le travail. J’ai bien dit « faciliter le travail », pas « faire le travail ».

Et Trump du coup, ce que j’en pense ?

Car oui, après tout, ceci est mon blog, j’y dis aussi ce que je pense. Ceci dit, ça reste seulement mon avis, mais je le donne sans rien de plus : je ne pleurerais pas lui. Déjà parce que je ne l’aime pas et ensuite parce que ses idées, actes et paroles sont indéfendables à mes yeux.

Par ailleurs, tout ce qu’il dit est entièrement contraire aux CGU des sites dont il a été banni. Donc quel est le problème ?

Le seul problème que je vois dans toute cette histoire, c’est « pourquoi maintenant » ? Ça fait 4 ans que ce type est président des USA et autant de temps qu’il déverse sa haine partout sur le net. Pourquoi n’a-t-il pas été bloqué avant ? Pour le coup, oui, les différents réseaux sociaux ont été lâches. N’importe quelle personne comme vous et moi aurait été banni après 3 tweets. Pas lui. Le problème est là. M’enfin, ils doivent avoir leur raison, même si le fait qu’il soit président ne justifie pas tout à mes yeux.


Oh et juste un truc : même si vous faites un site web intouchable à vous, chez vous, il subsiste la loi.

Vous avez le droit d’avoir les idées que vous voulez : c’est la définition d’un pays libre. Mais partager la haine, appeler à l’insurrection, ça, ça reste interdit par la loi.
Du coup, se faire fermer un site pédo-nazi, est-ce que c’est de la censure ? Je dirais que non : le motif sera légitime. « légitime » voulant dire ici « conforme à la loi », rien de plus ; à chacun d’avoir son avis ensuite : comme j’ai dit, on est dans un pays libre et peut avoir les idées que l’on veut.

Donc le web n’est pas non plus une zone de non-droit, et avoir son propre site-web non plus.
On est juste hors d’atteinte de l’avis d’un tiers : on est seul à bord de son navire, seul responsable, seul à parler. Seul à assumer et à répondre de ce qu’on y dit, aussi. Ça aussi, peut-être que ça fait peur. Mais je pense réellement que la facilité reste la raison principale qui fait que la plupart des gens — moi y compris — ont Facebook ou autre.


Un autre truc : pourquoi j’utilise Twitter, Facebook, etc. ?

Ça me regarde. Je n’ai pas à me justifier.

Est-ce que je pleurerais quand on fermera mon compte ? Non. Au mieux j’en rigolerais parce que ça sera pour une raison débile (cf ça), au pire ça sera dommage car certains de mes contacts ne sont que sur ces réseaux.

Toujours est-il que je conserve mon site : ce dernier était là bien avant mon compte Twitter, Facebook et sera là bien après aussi. Et si vous voulez me suivre, faîtes le avant tout ici.
Je sais que je passe pas mal de temps sur Twitter et moins ici, ces derniers temps. Je vais essayer de changer ça. Car oui : même si mes tweets sont éphémères et pas destinés à être conservées, il y a d’autres choses que je préfère conserver et pour ça, j’ai mon site.

Enfin, une autre raison : parfois j’ai juste envie d’être politiquement incorrect. Dire des choses que Twitter ou Facebook n’aimeraient pas. Donc je fais ça ici. Avoir son propre blog permet ça.

image de Charles Deluvio

Photo d’une centrale électrique nucléaire.
Voir :

Merde, je vais être obligé de plussoyer Macron. C’est grave docteur ?

Actuellement, d’énormes investissements sont faits dans le renouvelable, mais ça ne suffit juste pas à compenser à la fois la hausse de la consommation, et les centrales nucléaires qui sont fermées.

En fait, il le dit très bien : le mix doit se diversifier, et les parts d’énergies renouvelables doit augmenter, mais le nucléaire ne doit pas s’éteindre pour autant.

Pour voir pourquoi ça serait absurde, il faut revenir au début : pourquoi fait-on du renouvelable, au juste ?

Réponse : pour endiguer les émissions de CO2.

Maintenant, est-ce que le nucléaire émet du CO2 ? Non.
La France est l’une des championnes du monde de l’électricité décarbonée grâce à la forte proportion d’énergie nucléaire dans son mix électrique.

Si on ferme les centrales nucléaires pour les remplacer par du charbon et du gaz, car l’éolien et le solaire sont intermittents, ben autant ne pas faire de renouvelable.
En termes de CO2, il vaut mieux avoir 100 % de nucléaire que 80 % de renouvelable et 20 % de fossile pour compenser les intermittences.

Il en parle aussi : le stockage d’électricité. C’est un autre problème.

Ça ne sert à rien de recouvrir la France entière de panneaux solaires et 20 fois notre consommation chaque jour si c’est pour se retrouver dans le noir durant la nuit, lorsque ces panneaux produisent que dalle.

Des moyens de stockage, ça existe.

Il y a des batteries, bien-sûr.

Pas forcément au lithium : le lithium, c’est actuellement la forme la plus dense d’électricité que l’on ait. Elle doit (selon moi) être réservée aux applications qui ont besoin de ça (voitures, ordis, téléphones, appareils nomades).

Quand une importante densité d’énergie n’est pas nécessaire, on peut utiliser d’autres technologies : remplir des fondations d’une maison ou d’un immeuble de batteries énormes me parait une solution totalement viable : on s’en fout d’avoir des batteries compactes et légères si la place n’est pas un problème et si elles ne vont pas bouger.

Mais y a pas que les batteries ! Y a d’autres solutions, et beaucoup d’autres :

  • le pompage hydraulique : le surplus d’énergie à un instant T sert à pomper de l’eau dans les barrages, pour une utilisation ultérieure. C’est déjà largement utilisé en France, durant les périodes creuses. Un barrage permet de stocker de l’énergie de façon très simple. Il suffit d’avoir de l’eau en hauteur. En utilisant le surplus d’électricité pour faire remonter de l’eau de la vallée dans les barrages, on stocke de l’énergie ;
  • le stockage par énergie potentielle gravitationnelle : même principe que pour les barrages (qui font partie de cette méthode), sauf qu’ici, le surplus d’énergie tire une énorme masse solide vers le haut, par exemple un wagon lesté au béton tiré vers le haut sur une colline. Quand on a besoin de l’énergie, on laisse le wagon redescendre en tirant sur un câble qui fait tourner un alternateur (voir là, avec la startup américaine ARES) ;
  • la production d’hydrogène : le surplus (généralement produit localement, de surcroît) sert à produire de l’hydrogène, qu’on peut utiliser dans une pile à combustible ultérieurement. On a juste besoin d’eau, et ça ne rejette que de l’eau également. Produite par une énergie propre, l’hydrogène est l’énergie idéale ;
  • le stockage sous forme de chaleur : en chauffant d’énormes quantités d’eau en journée, on peut chauffer toute une ville durant la nuit (je n’ai pas d’exemples où ça se fait, mais à l’échelle d’une maison, je vois tout à fait un chauffe-eau solaire pomper des MW dans un bidon d’eau enterré dans le sol, pour un usage l’hiver avec des pompes à chaleur : l’eau a une capacité thermique exceptionnelle, de très loin plus élevée que l’acier, la brique, l’or…) ;
  • le stockage mécanique : le surplus d’électricité fait tourner des volants à inertie de plusieurs dizaines de tonnes. Quand la production s’estompe, les roues en rotation rapide ont une énergie considérable qui peut être utilisée pour produire du courant (voir le Gyrobus : un bus qui utilisait ça pour avancer) ;
  • les fermes de super-condensateurs : plutôt que d’utiliser des batteries où l’énergie est stockée sous forme chimique, on utilise des condensateurs (charge rapide, forte tension, mais faible capacité), et des super-condensateurs (charge lente, faible tension mais très forte capacité) ;
  • le stockage sous forme de chaleur latente : la chaleur fait fondre du plomb, de l’étain, du gallium… Et la chaleur latente est récupérée en cas de besoin. C’est le principe derrière les chaufferettes de poche ;
  • le stockage d’énergie magnétique par supraconducteurs : le surplus d’énergie est stocké dans un courant traversant un supraconducteur. Le supraconducteur n’étant pas résistif, le courant circule indéfiniment avec une intensité aussi forte que l’on peut imaginer. Pour le récupérer, il suffit de placer une bobine à côté du supraconducteur et le courant sera peu à peu transférée dans la bobine. La bobine peut alors être branchée où l’on souhaite et alimenter ce qu’on veut. Là aussi [ça existe déjà[/?id=20200907165047] et ça s’appelle des SMES (superconducting magnetic energy storage) et c’est utilisé dans les centres de recherche pour ne pas dissiper l’immense énergie magnétique d’un électroaimant quand on l’éteint ;
  • le stockage par air comprimé : le surplus d’énergie alimente un compresseur qui stocke de l’air comprimé. En cas de besoin, l’air comprimé peut alimenter une turbine. Cette méthode a un rendement pourri si on utilise un ventilateur, mais si on utilise des turbines de Tesla (le scientifique, pas la marque), le rendement avoisine les 80 % en conditions réelles dans la mise en rotation de la turbine. C’est déjà utilisé dans certaines centrales thermiques, où l’air sous pression (la vapeur sous pression en fait) provient de la combustion du combustible. À plus petite échelle, Peugeot-Citroën testait ça avec leur système « Hybrid Air » dans certaines voitures, mais le système semble avoir été abandonné ;
  • probablement des tas d’autres méthodes, déjà existantes ou à imaginer

Les méthodes ne manquent clairement pas. Et le « mix énergétique » ne se limite pas au renouvelable, le nucléaire, le fossile.

Ce n’est que mon avis, mais je pense que l’ère des grandes centrales et d’un vaste réseau doit être repensé. Si chaque toit de maison avait son panneau solaire thermique ou photovoltaïque, chaque jardin avait son ballon d’eau chaude thermiquement isolé, si chaque espace perdu dans les immeubles, les murs, les montagnes pouvaient accepter des batteries chimiques, mécaniques, hydrogène… on pourrait stocker l’énergie où l’on veut et au plus prêt du consommateur, limitant les ~30 % de pertes d’énergie lié au transport, et captant le moindre MW d’énergie que le soleil, le vent ou la pluie nous apporte en permanence.

Aussi, je ne vois pas trop l’intérêt de transformer de la chaleur en électricité dans les centrales si c’est pour la retransformer en chaleur chez le consommateur. Il y a beaucoup de pertes à chaque transformation et chaque transport. Autant directement brûler le combustible chez le client. Et utilisez des pompes à chaleur : c’est beaucoup plus efficace et moins cher et moins polluant que le gaz ou l’électricité pour chauffer.

image d’en-tête de Nicolas HIPPERT

i
Sehnsuch est le titre d’une chanson d’Equilibrium. La signification de ce mot n’est pas traduisible facilement (voyez là), mais se rapprocherait de ça : « le sentiment d’un manque émotionnel envers un but ou une situation inatteignable ».

Le sens n’importe pas beaucoup ici, quoique, mais c’est surtout les paroles de chanson qui sont frappantes :

Es wird nicht möglich sein, die Kriegerischen Instinkte einer einzigen Generation auszurotten
Die Menschen müssen weiterhin kämpfen, aber nur wofür zu kämpfen lohnt
Und das sind nicht imaginäre Grenzen, Rassen vorurteile oder Bereicherungsgelüste
Die sich die Fahne des Patriotismus umhängen
Unsere Waffen, seien Waffen des Geistes, nicht Panzer & Geschosse
Was für eine Welt können wir bauen, wenn Wir die Kräfte die den Krieg entfesselt, für den Aufbau einsetzen.

Que je traduis ici librement :

Il ne sera pas possible d’extraire les instincts guerriers en une seule génération.
Les hommes doivent continuer de se battre, mais seulement pour ce qui en vaut la peine.
Ce ne sont pas les frontières imaginaires, les préjugés raciaux ou un désir d’enrichissement qui pendent au drapeau du patriotisme

Nos armes, qu’elles deviennent des armes de l’esprit, pas des chars et des balles

Quel genre de monde pourrions-nous construire, si nous utilisions pour cela les forces allouées à la guerre ?

Actuellement, le budget militaire mondial est d’environ 2 000 milliards de dollars par an.

Soit grosso-modo 275 dollars annuels par personne (très inéquitablement réparti).

A titre de comparaison, le LHC au CERN qui nous coûtent siiiiiiiii cher pour permettre aux geeks de faire mumuse (!) a coûté 10 milliards sur 25 ans, soit seulement 1,14 € par européen et par an (alors qu’en réalité il est financé conjointement par 130 pays, pas juste l’Europe, donc ce chiffre est à réduire).

Pour L’ITER, dont le coût provisoire estimé est de 18 G€, et qui n’est pas fini, nous on somme à à peine plus, à environ 1,55 € par européen et par personne (là aussi, c’est un projet mondial, pas juste financé par les Européens).

Enfin, l’ISS initié par la Nasa, dont l’estimation du coût est à 100 G$, ça revient toujours à « seulement » 10 $ par an et par américain (là également, ce projet n’est pas financé seulement par les Américains).

Bref, juste pour dire : ne nous trompons de pas combat.

Le CERN nous a apporté le web et tout ce que nous y faisons et y gagnons.
L’ISS et la Nasa nous ont apporté la recherche spatiale et des milliers de trucs qui en découlent (couverture de survie, chirurgie ophtalmique, kevlar, recherche contre l’ostéoporose…)
L’ITER pourrait nous apporter une énergie propre pour les milliers d’années qui viennent : son but est d’étudier cette possibilité, justement.

Alors oui, les plus gros inventeurs (en tout) est et a toujours été l’armée.
Car chercher comment tuer c’est aussi chercher comment ne pas se faire tuer par un autre et chercher comment soigner les blessures.

C’est pour ça qu’ils sont responsables des inventions comme la superglue (pour recoller les plaies), la chirurgie en tout genre (pour soigner les blessés), la météorologie (les radars militaires détournées en radar météo qui sauvent des vies en détectant les cyclones assez à l’avance), l’observation spatiale (la première lunette, celle de Galilée, fut inventée pour voir l’ennemi de plus loin)… Les exemples ne manquent pas.

Nier ça serait une erreur. Mais ce sont aussi ceux qui font le plus de ravages en tout genre. Et ils nous coûtent 200 fois plus de pognon que ceux qui cherchent à faire avancer le monde sans détruire le reste.

Ne nous trompons pas de combat. La science coûte cher, mais elle nous rapporte plusieurs fois plus, directement et indirectement et permet de faire avancer le monde.
L’armée ça coûte 200x fois plus cher, mais c’est avant tout pour détruire le monde, pas le faire avancer.

image d’en-tête de Specna-Arms