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Un éditeur argentin a sorti des livres dont l’encre s’efface au bout de deux mois.

Dès l’achat, l’utilisateur a donc un temps limité pour le lire, après le livre sera devenu un cahier avec des pages vierges. Dans l’idée… Mouais… Pourquoi pas : en général on lit un livre puis on le range et on le laisse. Mais le concept fait aussi remonter l’idée des DRM.

Les DRM sont des verrous sur les fichiers : on ne peut lire le fichier que sur tel ou tel ordi, que de telle heure à telle heure et le vendeur du fichier peut vous le supprimer à distance quand il veut. Ici, ce sont donc des DRM physiques…

Ce n’est pas un livre qu’on vous vend : c’est un droit de lecture. Une fois lu, hop, le livre se dénature, se détruit, l’histoire ne vous appartient plus. Certains veulent appliquer ça aux DVD physiques aussi : ils s’effacent après le premier visionnage…

Ça fait plus de six millénaires que l’homme a inventé l’écriture, et autant de temps que la culture, l’histoire, les sciences, les croyances, la philosophie, etc. se transmet mieux par voie écrite de génération en génération…
Aujourd’hui, la culture devient éphémère. Seules quelques personnes se réservent la culture de toute l’humanité.
Ça va bien au delà de la rémunération des artistes…

C’est d’ailleurs un des problèmes du web : le web évolue, des pages apparaissent et disparaissent… Rien ne dit que dans 10 ans mon site sera encore en ligne. Que certaines pages n’auront pas été supprimés, modifiées…
On voit souvent le problème avec les vidéos sur Youtube ou les images sur Flickr ou autre sites : les utilisateurs suppriment les fichiers et plus personne n’y a accès.
Heureusement qu’il y a des sites comme Archive.org qui enregistrent des centaines de milliards de pages web depuis des années, à des fins d’archivage. C’est également un but des projets comme les Autoblogs : si un blog disparaît, il reste toujours les autoblogs hébergés ailleurs. Rien n’est alors perdu.

La culture ne doit pas disparaître ni être privée ni devenir réservée, tout ce que nous sommes, ce que la société est, ce qu’elle sait faire, est basée sur le partage et la transmission des connaissances au fil des siècles. Il faut continuer ça.

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30 commentaires

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Guenhwyvar a dit :

À mon avis, comme pour les jeux vidéo et leurs restrictions en tous genres, c'est surtout pour tuer le marché de l'occasion. Mais combien de livres publiés ces 60 dernières années n'ont jamais été réédités ? Sans parler des collectionneurs qui veulent une édition précise, etc. Même sans parler des DRM, ça reste complètement stupide et inacceptable.



Certains veulent appliquer ça aux DVD physiques aussi : ils s’effacent après le premier visionnage…


Y'a les DVD à la séance depuis quelques années déjà… Bien moins chers qu'un DVD normal (2 €, je crois), mais ils deviennent illisibles 48 h après ouverture…

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ellbouch a dit :

"Pourquoi pas" ? Je trouve au contraire le concept tout à fait puant, sans aucun avantage.

Ça donne au support physique les mêmes contraintes qu'au support numérique, et puis se posent aussi les questions pratiques (et environnementales !).
Car si l'utilisateur a un temps limité pour le lire, les libraires auront aussi un temps limité pour le faire. Et si l'encre disparait, le support reste pour eux aussi.

Pour moi, ça sent le bon vieux concept moisi liberticide sous couvert d'originalité.

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ellbouch a dit :

Oups, je me suis trop vite emporté, le "compte à rebours" n'est lancé que lorsque le film plastique qui emballe le livre est retiré.

Le un coup de pub reste néanmoins assez équivoque et de toutes façons, mine le marché de l'occasion comme l'a fait remarquer Guenhwyvar.

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TD a dit :

@Guenhwyvar : il est impossible de faire une image du disque ? Genre avec la commande dd if=/dev/cdrom of=image.iso

Comme ça, même si le disque est détruit, il reste les fichiers.

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mydjey a dit :

Ça me fait penser au concept d'obsolescence programmée c't connerie.


Pourquoi pas : en général on lit un livre puis on le range et on le laisse


On peut aussi le revendre, le prêter, le donner ou même l'échanger (d'autres sites existent).

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Blikspirit a dit :

Le seul moyen sûr d'éviter ça c'est de ne pas acheter. Personne.

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Pascal a dit :

Le numérique devrait permette l'accès à une culture large et universelle, mais non, certains s'ingénient à faire en sorte que le progrès soit une régression.

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iTux a dit :

@TD : Oui on peux …
//
Ça devient vraiment n'importe quoi …
Le concept de location est louable (bonus jeux de mots), surtout à l'ère du numérique !
Mais produire des DVD auto-destrucible (ça existe depuis quelques années déjà) ou des livres effaçables, ça reste d'une connerie monumentale.

Pensez-vous que les DVDs seront recyclés ? Ben non

Quand aux livres, on coupe des arbres pour ça b*rdel de m*rde !!!!!!

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Adrix12 a dit :

Pour le web j'ai pu aussi remarquer ce problème en remontant dans les archives de sebsauvage en dessous de 2003 le 3/4 des liens ne sont plus valides ou alors le site a disparu...

Je trouve ça assez dommage...

Hs: par la même occasion j'ai pu remarquer que les lobbys et l’incompétence du gouvernement au niveau informatique ne date pas d'hier...

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lebidelon a dit :

Il faut pousser le concept plus loin : l'obsolescence programmée doit dénaturer le produit.

A quand la capote effervescente ?

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qwerty a dit :

La seul utilité que je vois à cette encre est l'impression de documents qui ne doit pas durer(un brouillon) ce qui nous fera des économies de papier dans les entreprises.

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carmin a dit :

Ce qu'il faut dire avant tout, c'est que la "culture" (on se bouche le nez) affectée par ces procédés est avant tout de la sous-culture. Que les jeux vidéo, les blu-ray des Avengers et d'Avatar soient truffés de DRM, que les derniers Harry Potter s'effacent au bout de deux mois ou que je-ne-sais-quel roman de l'écrivain dernier cri de la réclame publicitaire soit verrouillé au bout de deux semaines, de cela les gens sensés n'en ont rien à cirer. Que la sous-culture industrielle et toutes ses branches s'auto-verrouillent dans leur forteresse de médiocrité ne peut que ravir les gens intelligents.

En soi, tout ce tapage autour du prétendu droit d'accès à la culture de l'humanité n'est en réalité qu'une revendication d'accéder à l'abrutissement massif de la sous-culture industrielle. Qu'on tape sur les doigts des gens qui téléchargent "Rec", "The Lucky one", "Avatar", "The Dark Knight" 1,2,3,4,5,6 etc., devrait au contraire réjouir tous ceux pour qui la culture n'est pas pas conçue précisément en vue d'occuper l'inutilité des peuples au chômage.

Que les photographies de Flickr disparaissent est bien indifférent et oser appeler "culture" cet étalage sans valeur, c'est fourvoyer le sens des mots (au sens orwellien). Et tout est à l'avenant.

La vraie culture, l'essentiel, est ailleurs et depuis longtemps libre d'accès. Vous trouverez ainsi aussi bien des livres scientifiques d'une valeur remarquable que la majeure partie de la littérature du XXe siècle. Que je sache, ni Krivine ni Leopardi ni Bourbaki ni Amzallag ni [ajouter des milliers d'ouvrages] etc., ne sont inaccessibles.

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iTux a dit :

@carmin : On peut apprécier la culture ET la sous-culture ... Et on est en droit d’exiger de pouvoir conserver les supports physiques, de cette culture ou sous-culture. Dan le cas contraire, c'est de la location, pas de la vente.

Et puis, les œuvres culturelles peuvent également s'avérer inaccessibles, pas forcément les livres, mais la musique et le cinéma, quand les médiums ne sont plus produit et que leurs possesseurs ne veulent pas s'en séparer (normal dans le cas de culture), elles deviennent inaccessible, d'autant plus qu'il est interdit (en France du moins) de déclarer quelque chose comme appartenant au domaine public (avant la durée légale).

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zac03 a dit :

Petite remarque:


Dan le cas contraire, c'est de la location, pas de la vente.



Oui exactement, c'est ça ! Il y a même des endroits que l'on appelle bibliothèques qui vous permette de louer autant de livres que l'on veut pour des sommes insignifiantes !^^

Ne faudrait-il pas être un peu c** pour acheter un livre éphémère ?

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BenGamin a dit :

Dans l'idée, mouais... SUREMENT pas !

ça me fait juste sauter au plafond qu'on puisse y trouver un quelconque avantage. Un livre se lit, se prête et se partage, sinon ça n'en est pas un. Les écrits restent et doivent le rester.

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Le Hollandais Volant a dit :

@BenGamin : niveau technologie, je trouve que ce genre d’idées à de l’avenir, comme dit plus haut : certains documents confidentiels / classés / secrets seraient mieux détruits si l’ancre disparait au bout d’un moment.

Et pour un livre, le recycler en cahier c’est une idée aussi.

Mais de là à ce que ça deviennent le moyen principal de partage de la culture et des écrits, c’est une connerie monumentale, on est d’accord.

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iTux a dit :

@Le Hollandais Volant : +1
D'ailleurs, Xerox à breveté une imprimante à jet d'encre dont les impressions s'effacent au bout de quelques temps.

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TD a dit :

Quitte à recycler les livres, autant qu'ils servent à faire d'autres livres, en les transformant en papier recyclé. Les cahiers obtenus seront de toute façon trop petit pour être utilisés autrement que comme bloc-notes, donc jetés à la poubelle normale et non recyclés.

En tant que bibliophile (débutant, certes), je n'aime pas cette nouvelle idée. Seuls les livres « à la mode », les best-sellers comme Marc Lévy et cie ne devraient être imprimés de la sorte, et pas la littérature reconnue (même un peu).

Je ne suis pas d'accord avec le fait de lire un livre et de le poser dans sa bibliothèque sans y retoucher. Ce n'est pas parce qu'on ne le relira qu'il n'est pas valable de le garder, ne serait-ce qu'au cas où.

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BenGamin a dit :

@Le Hollandais Volant : Je vois l'idée, ça pourrai etre plus pratique pour ce que j'apelle "les impressions pour mieux lire" parce que c'est moins lisible sur écran ( et surtout à mon boulot, voila le gâchis !). Mais je doute que ça serve à quelque chose si le prix de l'encre dépasse le prix du papier + encre ordinaire.

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Le Hollandais Volant a dit :

@BenGamin : ouais, quand je vois toutes les feuilles qui sont imprimées, les emails, les pages web puis balancés à la poubelle...
Perso j'ai pas de problèmes pour lire sur un écran, même des livres (à par des problèmes de concentratration, procrastination oblige...) donc je n'imprime que 2 ou 3 feuilles par an.

Et il serait temps que les administrations se mettent au numérique aussi : quand je vois qu'en Hollande entre l'inscription à la mairie de ma ville et le choix d'une assurance et d'une banque je n'ai eu que deux feuilles A4 à signer, le reste passant via le net, je me dis que j'en ai perdu du temps en France à remplir des formulaires de toutes les couleurs (la paperasse en France est réputée pour ça)...

@TD : mais y'a d'autres applications aussi : regardes tous le papier que le facteur nous refourge en publicité par exemple : perso je ne jette pas trop le papier propre que je peux encore utiliser comme brouillon ou post-it (grand fan de ça), même si maintenant j'ai des post-it numériques... Mais tout me papier coloré des publicités, va dont faire un brouillon avec ça... Et ces truc là, c'est l'exemple typique d'un imprimé éphémère qui finira forcément dans la poubelle (si ce n'est pas sur la voie publique...).

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bliz a dit :

la paperasse en France ... horrible ;) (sans compter le temps l'horaire et l'organisation derrière aussi bien pour soit qu'avec les différentes institutions) !

je rejoint un peut carmin mais ca reste quand même dommage qu'une partie de la création s'enferme et s’entête dans ce sens ! je préférerai une drm dans un temps raisonnable (5ans max) ou plus le temps passe plus il y a de personnes qui puissent y avoir accès. ;)

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TD a dit :

À propos de la paperasse, si seulement les administrations communiquaient, on gagnerait beaucoup de temps et ce serait plus facile pour tout le monde. Prenons l'exemple de mon inscription en master pour le mois de septembre : je dois remplir un formulaire en ligne, mais il faut l'imprimer, le signer et le rapporter au secrétariat avec d'autres documents : la lettre d'acceptation en master (dont tout le processus de « sélection » est géré par l'université, dans le bâtiment de l'administration, qui est envoyée en PDF et à imprimer), une preuve de réussite à la licence (bien sûr, ce sont eux qui gèrent les notes), l'avis pour les bourses (le CROUS ne communique pas avec l'université, il faut imprimer un autre document), et d'autres documents déjà donnés à l'entrée en L1, qui sont toujours valables.

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TD a dit :

@Le Hollandais Volant : c'est vrai que les publicités devraient s'effacer avec le temps, mais le papier est de très mauvaise qualité (comme le papier journal) et est inutilisable à la main (il existe des papiers de mauvaise qualité utilisable, par exemple celui des cahiers de brouillon). Le mieux, dans ce cas, est de refuser la pub (avec un autocollant, même si ça ne suffit pas toujours) et de recycler ce qui reste.

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daron a dit :

Il serait intéressant de pouvoir "inscrire" plusieurs documents dans le livre papier: par exemple une feuille qui contient tout un roman et les pages "défileraient" graduellement mais de manière contrôlée par le lecteur, pour éviter l'encombrement.

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course audi a dit :

Quand j'ai appris cette nouvelle il y a quelques semaines, j'ai cru à une blague, mais non. Perso je ne trouve pas vraiment d'intérêt à cette manoeuvre, si on écrit quelque chose, c'est justement pour que cette trace reste à travers le temps...Bref il ne faut pas compter sur moi pour acheter un de ces livres, un livre vide je peux l'écrire moi même lol.

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Alain Ternaute a dit :

J'ai pensé la même chose que BenGamin : "les paroles s'envolent et les écrits"... euh ! Bah ça dépend de l'encre.
Lol ! C'est trop ridicule, ça va faire un bide c'est sûr !
Si à la rigueur c'était un passage obligé, comme pour les tickets de caisse, y-aurait peut-être de l'avenir. Mais là, je crois que le choix du consommateur ne donnera jamais l'occasion à ce concept de vivre.
On achète un bouquin, c'est pour le relire, sinon on l'emprunte/le loue*. J'espère que nous sommes nombreux à conserver cette logique... Non ?! Sale société de consommation !!! X(

* On a même le droit de copier dans les bibliothèques. Si, si ! L'exception de la copie privée s'applique du fait de la licéité de la source. Suffit juste que ce soit pour un usage perso et copié avec son propre matos.

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iTux a dit :

@Alain Ternaute : Donc, si je vais à la médiathèque, je peux ripper tous les CD et DVD qui me passent sous la main ?

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Ben10 a dit :

C'est in croyable cette news, j'étais passé à côté. D'un côté y a ça. De l'autre côté j'ai téléchargé 1500 classiques français en ebook via bittorrent... Je ne sais pas où est le juste milieu, mais certainement pas dans le cadenassage de la culture. D'ailleurs autant vouloir emprisonner le vent selon moi...

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971 a dit :

@lebidelon :
Sans parler de capote effervescente, tous les systèmes DRM et consort vont dans le même sans, rachetez mesdames et messieurs, un livre ça dure vraiment trop longtemps.

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