@Le__Greg : Nous sommes en train de tuer Internet

Ceci est un court commentaire à cet article de Le Greg : Nous sommes en train de tuer internet.
L’article dresse un petit état des lieux du web actuel : ce qui était il y a encore 10~15 ans un monde horizontal, où chacun était au même niveau de hiérarchie, est maintenant remplacé par un web « machine à statistiques », où le monde vénère ceux qui ont le plus de followers/abonnés/likes et où la quantité de lecteurs a remplacé la qualité de la lecture, le tout pour une question d’annonceurs, d’argent et d’égo.

Et ceci n’est pas le plus grave : après tout, tout le monde est libre de vivre sa vie comme il l’entend, que ce soit vivre ses rêves ou rêver de la vie des autres, mais les outils qui sont mis en avant et à disposition des internautes favorisent tous un seul de ces deux choix :

Twitter affiche moins de publicités aux stars qu’aux autres utilisateurs. Facebook donne des outils supplémentaires aux utilisateurs dont le compte a été vérifié. Nous arrivons à un internet à deux niveaux : l’un pour les nantis, l’autre pour le reste du monde.

Si je suis d’accord sur le constat et l’analyse qui en est fait, c’est la conclusion (et le titre) qui me semblent à modérer un peu : je ne pense pas que l’on soit en train de tuer le net (ou le web, plutôt).

Déjà, ce dernier peut s’étendre à l’infini : il y a donc de la place pour tout le monde, y compris les réseaux sociaux. Et ensuite, le web n’est-il pas ce que les internautes en font ? N’est-il pas l’un des seuls outils véritablement démocratique que nous avons, et à ce titre ne devons nous pas accepter que tout le monde le façonne tel qu’il le veut ? C’est la liberté de faire ce qu’on veut avec ce qu’on a. En plus de ça, que le réseau de Mark Zuckerberg prend des proportions démesurées ne nuit pas à ceux qui s’en fichent, que je sache.

Je pense que le net est plus vivant qu’il ne l’a jamais été :

  • Il n’a jamais été aussi simple de commander un service d’hébergement et d’installer un moteur de blog ou une suite web.
  • Il n’a jamais été aussi simple de se mettre à l’auto-hébergement : on peut transformer son vieux téléphone en serveur à domicile ou installer un mini-serveur (comme un Raspberry-Pi à 20 € et consommant que dalle en énergie), surtout quand la bande passant — quoi que moisie en upload la plupart du temps — est illimité (en tout cas en France).
  • Il n’a jamais été aussi simple de se mettre à écrire, filmer, photographier, dessiner, coder, enseigner, apprendre, expliquer, rechercher et publier ce qu’on veut en ligne.

Le seul truc est que les réseaux sociaux géants n’existaient pas il y a 15 ans, alors qu’aujourd’hui tout le monde ne voir plus que ça.
Du coup, le « net de l’époque » est de moins en moins visible aux non initiés, mais il est toujours là et il le sera tant qu’il y aura quelqu’un en dehors des Facebook, Youtube et autres, et il y a de plus en plus de monde.
Le web ne sera donc pas tué par les Gafam (Google-Apple-Facebook-Amazon-Microsoft), ni par personne. Faire un site web sera toujours possible.

Il s’agit simplement de faire attention : on fait de plus en plus souvent sous-traiter les données par les Gafam. Ceci passe par le délaissement du RSS au profit de l’abonnement sur Twitter, le délaissement des commentaires au profit des discussion sur Facebook, le délaissement des images/vidéos en local pour des scripts d’intégration Instagram/Youtube.

Ça ne tue pas le web et la liberté de parler, et de créer : ça tue le côté social et c’est dangereux. Car plutôt que se rendre des visite virtuelles les uns chez les autres, on préfère tous se retrouver dehors sur un réseau social impersonnel, stérile et encadré (et qui plus est, non plus pour parler des idées mais pour parler des personnes). Quant au côté dangereux : vous construiriez une maison autour en vous appuyant sur un mur posé là par un voisin ? Avec le risque que ce dernier le démolisse quand il en a envie ? De même, sur un site web, il est « suicidaire » de compter sur les services externes pour fonctionner. S’en servir, aucun problème. Mais en dépendre, non.

(PS : tout comme dans l’article initial, je laisse de côté tout ce qui concerne la censure, l’oppression gouvernementale, et ce qui relève de la vie privée, comme les trackers, cookies tiers et autres).


Mon avis sur les articles sponsorisés (et gagner de l’argent sur internet)

Ici, une très bonne question de Gilles : il se demande s’il doit ou pas accepter les articles sponsorisés (payés, quoi) sur son site.
C’est une question où il y a pas mal à discuter.

Je reprends ici mon commentaire laissé sur son article en l’étoffant.

Déjà, pour commencer, je ne vois absolument aucun problème à gagner de l’argent. Même avec son blog ou site.
Ce n’est pas mal : tout le monde a besoin de payer son pain à un moment et vu le temps passé à bloguer, à raison d’une ou deux heures par article (en ce qui me concerne, et pour les articles rapides), merde, ça serait le comble si on n’en avait pas le droit.

Je sais qu’en France il est maaaal de gagner de l’argent, et encore plus maaaaaaal de gagner de l’argent avec une activité qu’on aime.
Mais je m’en tape, franchement. Si y en a qui ont un problème avec ça, c’est justement leur problème et pas le miens.

Les seules conditions que je vois aux articles sponsorisés, sont :

  • que le reste du blog n’en devienne pas auto-censuré (être parrainé par une entreprise XYZ ne doit pas m’empêcher de les démonter quand l’actu s’y prête). Je ne veux pas de pression de la part d’un groupe (au hasard, Google, qui oppresse les blogs et les force à rester dans le droit chemin). Je re-salue au passage l’ami Korben pour sa position sur le sujet et ses actions courageuses vis à vis de ça.
  • que ça soit annoncé : un article sponsorisé, c’est un article qui ne vient pas du blogueur. Je ne veux pas que le lecteur croit que ça vient de moi alors que c’est faux. C’est une question de respect du lecteur, tout simplement. Le contenu d’un tel article n’importe pas : il peut être très intéressant et le produit vanté également, mais si le lecteur est pris pour un con de A à Z, c’est pas la peine. Un bon article sponsorisé reste un bon article, voilà ce que je pense.
  • plus largement, pas juste les articles sponso, pour la pub : que ça ne gêne pas, ni visuellement (popup, vidéo sonore) ni concernant la vie privée (d’où ma revendication au droit d’utiliser un bloqueur).

… et je pense que c’est tout.
Si je lis un blog pour son blogueur, alors je lui fait confiance pour choisir les sujets qui l’intéressent et pour garder une certaine intégrité dans la rédaction des articles. Je ne peux pas exiger d’un blogueur de ne pas faire d’articles sponsorisés, tout comme lui ne peut pas me forcer à lire l’intégralité de ce qu’il écrit. Je lis surtout des articles et pas spécialement des blogueurs. Les idées, pas les personnes.

Enfin, chacun est libre de faire ce qu’il veut sur son site. Il n’a rien à redevoir à qui que ce soit (sinon de la Loi).
La seule chose importante est de prendre ses responsabilités : si on est trop avare avec la pub par exemple, les gens vont fuir ou mettre des bloqueurs de pub. Ça n’est pas leur faute mais de la vôtre. Savoir où s’arrêter est crucial, beaucoup de sites n’ont pas su le faire et en payent aujourd’hui les conséquences avec les bloqueurs de nuisances publicitaire (et veulent nous en faire porter le chapeau, en plus).

Sur ce blog

Ce qui suit concerne mon cas, sur mes blogs. Ce n’est plus la réponse à l’article de Gilles.

Pour commencer, mes blogs ne me rapportent (plus) rien. Je n’ai plus de compte Flattr (qui me rapportait ~10 € par mois) et je n’utilise plus de publicité depuis très longtemps. Je n’exclue pas ces possibilités, mais pour le moment je n’en ai pas l’utilité : j’ai déjà un emploi payé. Je serais heureux de pouvoir vivre de mon blog, y compris couleur-science.eu, je ne dis pas le contraire, mais je n’en suis pas encore là (il ne tient qu’à mois de travailler sur ça, et c’est en cours).

Ensuite, je n’ai encore jamais accepté d’articles payés non plus*. Déjà parce que ce dont j’aurais été supposé parler ne m’intéressait pas plus que ça et aussi parce que si je ne veux pas vous prendre pour des cons, je ne veux pas non plus que les annonceurs ne me prennent pour un con avec des contreparties risibles. Nous sommes des blogueurs, pas de la publicité à bas coût, merci d’en tenir compte quand vous nous contactez (et accessoirement, c’est vous qui me contactez : moi je n’ai rien demandé, alors sachez être un minimum convainquant et attractif… ce qui n’est pas simple quand ma page de contact indique de ne pas me contacter pour de la pub, mais bon, forcez-vous quand même, vous aurez l’air moins ridicule).

En revanche, des lecteurs m’ont parfois offert des choses (en plus des innombrables lectures, partages, commentaires ou emails de remerciement (ou pas) ou d’encouragement que vous m’envoyez) :

  • des livres ;
  • un t-shirt ;
  • des jeux vidéo sur Steam ;
  • on m’a également déjà invité à des conférence (avec prise en charge du déplacement) ;

J’accepte ce genre de choses sans aucun problème, sur la forme, et avec un immense plaisir.

En revanche, les dons en espèce j’ai du mal à les accepter : un don en France est taxé à hauteur de 60%. Je doute qu’en donnant 10 € à un blogueur vous souhaitez financer la prochaine campagne de François Hollande ou les branquignolles de l’hémicycle à hauteur de 6 € (les 4 € restants sont ensuite imposés, j’imagine). Donc si vous souhaitez investir de l’argent, je conseille généralement de le faire dans une association (Framasoft, LQDN, Mozilla, EFF…).

ÉDIT : j’avais fait un article contre lequel on m’avait offert un compte prémium et une série de codes promo pour vous : ici. Le site n’existe plus aujourd’hui (et c’est bien dommage, le site était intéressant). Notons que je considère qu’il respecte les 3 conditions cités plus haut.

Aussi, en bas de cette page, il y a le lien vers Webou-pro, l’hébergeur du site. C’est aussi un lien affilié, qui me fait une remise quand quelqu’un commande un hébergeur Web chez eux en passant par mon site. Ce lien ne peut que couvrir le prix de l’hébergement Web et ne me rapportera donc pas d’argent en tant que tel.


Petit mot sur Google Password Manager

Le navigateur Google Chrome a une fonction pour enregistrer vos mots de passe et les envoyer en ligne pour vous connecter facilement à tous vos comptes sur tous vos appareils connectés (ordinateur, tablette, téléphone…).

Ça peut sembler séduisant comme idée.
Perso je trouve l’idée terrifiante.

Vous donneriez vos clés de maison/voiture/garage/moto/vélo/boîte aux lettres à une personne qui dit « désormais, j’ouvrirais les portes pour vous, vous n’avez qu’à m’appeler. » ?

Ici pourtant vous donnez les clés de votre vie numérique à une entreprise a but lucrative dont vous ne connaissez que le nom.

Alors oui, je sais : « vie numérique », ce n’est rien. Ce n’est pas votre vie.

Ben en fait si, figurez vous.

Votre vie numérique, c’est tout ce que vous faites sur les sites web, sur votre ordinateur, sur votre téléphone, votre tablette ou votre console de jeu.
Cela englobe donc toutes vos photos, vos posts, vos commits (pour ceux qui codent), vos vidéos, votre bibliothèque (y compris musicale et vidéo), vos discussions, vos emails, vos SMS, vos abonnements, votre historique d’achat en ligne, l’accès à votre compte en banque en ligne, votre numéro de carte de crédit (enregistré sur tous les sites où vous achetez). Et bien plus de choses encore.

Si votre vie numérique ne compte pas, laissez-moi effacer tous vos disques durs, vos comptes en ligne, vos favoris et tout le reste et dites-moi si ça vous manque. Si la réponse est oui (je suis sûr que c’est oui, sinon vous n’auriez pas d’ordinateur), alors votre vie numérique compte pour vous et vous devriez la protéger.

Utiliser un service comme Google Password Manager, c’est donner tout ça à Google pour qu’ils en fassent ce qu’ils veulent (et par ça je veux dire vraiment ce qu’ils veulent).

Et ceci compte pour Google, mais également Firefox ou Opera, qui proposent la même chose (mais c’est pas activé par défaut, ceci dit). En règle général, ne laissez pas jamais un programme — quel qu’il soit — retenir vos mots de passe.

À vous de voir, mais soyez prévenu.
Personnellement je ne ferais jamais ça.


Retour d’un Linux-User

Cet article est un petit retour d’expérience personnel à propos de mon usage de Linux, depuis des années.
Il est également une réflexion par rapport à ce post sur Reddit : « Linux users are arrogant... ».

Si je devais décrire mon passage de Windows à Linux, je dirais que je suis passé par trois étapes. Trois stades.
J’ai commencé sous Windows 98 en 2005 (on n’a pas tous eu un ordi à 10 ans). L’ordi est mort après 1 an (mon Pentium 1 a grillé). J’ai acheté un pc portable sous XP peu après, en 2006.

Je suis resté sous XP environ 2 ans, avant de jeter Windows par la fenêtre et de passer sous Ubuntu 8.04 sur un coup de tête durant l’été 2008.
XP n’avait aucun secret pour moi : j’allais jusqu’à éditer des fichiers DLL pour faire ce que je voulais. Ubuntu par contre, c’était nouveau. J’avais déjà été voir sous Ubuntu 7.04, pour voir ce que c’était, ainsi que quelques autres distributions (Fedora, Mandriva, OpenSuSE…), mais je ne l’avais jamais utilisé pour un usage normal.

C’est la première phase : on s’inscrit sur tous les forums et on pose toutes les questions qu’on a.
Évidemment, un tel ouistiti se fait rapidement fermer sa gueule à coup de PDF « Simple Comme Ubuntu » ou « Linux pour les novices ». Du coup, j’ai fermé ma gueule et j’ai lu.
En fait, j’ai bien fait : le truc cool après la lecture c’est qu’on n’a plus de questions et que tout est clair.

Par contre on a toujours quelques bugs sur l’ordi, mais on sait comment les poser : on ne dit plus « Le son marche pas. 7.04. Portable Asus », mais on donne plus d’info : modèle du PC, modèle de la carte son, version du kernel… Ah et bien-sûr, on a cherché sur Google avant.

Heureusement, quand le son ne marchait pas dans mon cas, une personne sur CCM avait le même ordi, le même kernel et a trouvé une solution : une ligne dans un fichier et un reboot. À ce moment là, c’est encore de la magie pour moi, mais ça marchait.

La deuxième phase arrive là : on commence à utiliser un peu la ligne de commande, à tester des trucs, à comprendre ce qui marche ou pas, quel fichier fait quoi…
On passe aussi du temps à chercher et à aider les autres sur les forums. Et… on passe une bonne partie à faire de la pub et à dire que Linux c’est bien et que Windows ça pue.

Ce n’est pas toujours par pur troll : c’est plutôt par le fait d’avoir découvert un truc tellement bien, tellement cool, tellement mieux que Windows. On a vu la lumière, ça nous rend détestable, mais ça finit par passer.

C’est durant cette phase que j’ai commencé à tenir un site (ayant découvert la CLI et les commandes Bash, on se tourne vers la prog ou, dans mon cas, vers le HTML/PHP). D’ailleurs, au début je faisais pas mal de sujets à troll pro-linux. J’en fais beaucoup moins désormais.

C’est la troisième phase : on utilise maintenant Linux tous les jours, on a trouvé un système convenable, 100% configuré à notre goût et à nos besoins. On a trouvé une recette pour avoir un ordinateur qui fonctionne.

On passe moins de temps à bidouiller (si tout fonctionne, pourquoi s’entêter ?) et on découvre moins de choses nouvelles. On passe aussi moins de temps à aider les autres sur les forums : ben oui : raz le bol de donner des liens vers « Simple Comme Ubuntu » à des n00b qui veulent pas fermer leur gueule et utiliser google ;).

Par contre, ayant un site web, je me dis que tout ce que je note sur mon cahier à propos des commandes Linux utiles, ben ça peut parfois resservir pour nous, mais aussi pour les autres. Du coup, on publie des astuces, des tutos, des formulaires… La différence avec les forums, c’est que maintenant les astuces sont parfois hyper-spécifiques. Mais qu’importe : on pose ça en ligne.

On est moins con aussi : on tape moins sur Windows. Parfois même on se surprend à utiliser Windows pour jouer car il faut l’avouer, avant l’arrivée de Steam les jeux sous Linux c’était très limité. On tape également moins sur les utilisateurs : à juste titre on dit souvent simplement « 'sais pas, 'pas Windows. 'peut pas t’aider. ». Par contre on aide toujours ceux qui veulent essayer Linux et qui ont la même patience que nous (ça se voit tout de suite : si il lit « Simple Comme Ubuntu » sans broncher, alors c’est un bon ptit gars), et ceux qui souhaitent apprendre en plus de vous laisser réparer l’ordinateur.

Mais au final, la gue-guerre Windows-Linux on se rend compte que c’est débile.
Au fond on sait que Windows c’est une perte de temps, tout comme troller et essayer de convaincre des gens pas motivés (qui est une perte de temps bien souvent bien plus grande). Du coup ça passe.

On est bien avec ce qu’on a et on finit par être Linuxien à l’intérieur mais « osef » de l’extérieur. Car au fond, on en a marre de supprimer des tool-bar à la con et des virus à des gens qui ne savent pas utiliser ni un ordinateur ni Windows ou qui ne cherchent pas à comprendre.
On est sous Linux, tranquille et c’est bien : j’y trouve mon compte. Si d’autres trouvent leurs comptes ailleurs, tant mieux aussi.

Pour en revenir à l’article initial : je ne sais pas si c’est de l’arrogance. Je dirais plutôt que c’est la vérité.
Windows est installé sur 90% des ordinateurs et Linux sur environ 0%.

Donc forcément, il y a plus de chances qu’un novice utilise Windows que Linux, et que Linux soit utilisé par quelqu’un d’expérimenté, vu qu’il aura déjà traîné sur le net et qu’il est tombé "par hasard" sur une page parlant de Linux et qu’il a voulu essayer.
Il en résulte donc que le novice qui n’y connaît (encore) rien, va faire des erreurs (ce qui est normal). Résultat logique : dans la quasi-totalité des problèmes d’ordi, c’est sous Windows que ça se passe. Conclusion du n00b : Windows c’est de la merde. Conclusion du power-user : Windows c’est de la merde, ce qui constitue à mon sens un cas rare où tout le monde arrive à la même conclusion…

L’autre problème avec le novice sous Windows, c’est que personne ne lui dit rien : les ordinateurs sont vendus avec Windows, mais sans manuel d’entretien. Or un ordinateur, ça demande de l’entretien : si vous ne le faites pas, il devient lent, « ça rame », il plante, le disque dur déborde et plus rien ne marche.
Et de ce côté là, Windows est un mauvais élève et Linux un bon élève : Windows fragmente le disque et laisse traîner des fichiers partout, alors que Linux fait tout pour éviter la fragmentation et supprimer régulièrement les fichiers inutiles. C’est comme ça. Les deux tendent à converger, mais on en est encore très loin et ce status quo est encore bien là et réel.

En plus de ça, pour chaque problème sous Linux il y a une ligne de commande (tout peut-être convertit en ligne de commande). Elle peut rebuter, mais au moins ça fonctionne et n’a pas besoin de manuel d’instruction : tu ouvres le terminal, tu copies-colle la ligne de commande, tu valides et c’est bon : le problème est résolu. Quel que soit la ligne de commande, on fait pareil : copier-coller, valider, et c’est bon.

Windows nous cache la ligne de commande (car il en a une aussi !) : elle n’est pratiquement pas là et très peu utilisé. Du coup, il faut des logiciels compliqués pour résoudre des problèmes simples.
Le résultat est que les gens s’y perdent et ne résolvent plus les problèmes et les laissent s’accumuler jusqu’à ce que l’ordinateur soit bon à remplacer (alors qu’il suffit d’un coup de « balai virtuel » pour qu’il fonctionne comme au premier jour).

Si vous vous demandiez pourquoi il n’y a pas de manuel d’entretien avec votre ordi ou votre Windows : c’est évidemment mieux pour la consommation et l’économie de racheter un nouvel ordinateur tous les 6 mois, une fois que le précédent est trop lent.

Dire « je ne sais pas comment faire, mais ça serait plus simple sous Linux », ce n’est pas infondé. Ce que je raconte ci-dessus n’est qu’un exemple.
Libre à vous d’y voir de l’arrogance quand-même, mais alors j’y verrais de l’ignorance : c’est vous qui demandez de l’aide pour utiliser votre Windows, pas moi. Mon ordinateur ne rame pas, ne chauffe pas, ne plante pas, malgré le fait que ça fait juste 5 ans que je trimbale le même disque dur et les mêmes fichiers. Ce n’est pas vous le problème, mais votre système d’exploitation.

PS : inutile de me dire que votre ordinateur ne marche pas sous Linux, que le bluetooth déconne ou que le Wifi ne marche pas. Si vous voulez Linux absolument, commencez par acheter un ordinateur qui le permette. On n’exige pas d’un ordinateur vendu sous Windows qu’il puisse faire tourner Linux, comme on n’exige pas d’une voiture de course qu’elle puisse labourer un champ de maïs. Si on veut labourer un champ, il faut un tracteur.
Ici c’est pareil : pour Linux il faut du matériel Linux, point.


L’espace privatisé… Et ça vous gêne ?

Alors qu’avant l’espace n’était pas privatisable par quelque État que ce soit (selon divers traités), maintenant il va explicitement devenir possible pour des entreprises d’aller dans l’espace et de miner les astéroïdes ou les autres ressources qui s’y trouvent.

Déjà, contrairement à ce qui semble dit, l’espace n’est pas privatisé, ce sont les ressources minières qui peuvent être exploitées. Exactement comme les océans en fait : l’océan n’est à personne, mais si j’y pêche un poisson, il est à moi.

Alors si ça vous gêne qu’une entreprise puisse récupérer l’or et le platine se trouvant entre les orbites de Mars et Jupiter (à 500 000 000 km d’ici), ok.
Mais alors expliquez moi pourquoi ça ne gêne personne que les océans (n’appartenant à personne) puissent être exploités de la même façon ? Idem pour l’eau. Idem pour l’air (la société Air Liquide vous vend des bouteilles remplies avec de l’air ou d’autres gaz : argon, CO2, hélium…) ou le vent. Idem pour le pétrole. Idem pour des cailloux.
Si on veut rester logique, ça ne devrait pas gêner plus que les frontières à nos pays ou les barrières autour de notre jardin, non plus. Ça c’est une chose et ce n’est même pas le vrai soucis.


Il y a d’autres choses. Il est clair, aujourd’hui, que les gouvernements ne veulent plus se lancer dans les conquêtes spatiales : les budgets diminuent, les projets sont abandonnés, le public y voit un désintérêt (qui n’a pas lieu d’être pourtant) avec l’excuse faussée du coût (alors que la Nasa en 50 ans a reçu moins que l’Armée US en 2014).

Alors pourquoi ne pas laisser les entreprises et quelques autres milliardaires créer une économie basée sur les ressources de l’Univers : déjà ça va faire avancer la recherche et la technologie, et ça va générer des emplois (il semble que tout le monde n’ait que ça à la bouche) et enfin, les ressources minières rapportées sur Terre vont permettre de créer de nouvelles choses.
Si les États n’en veulent pas, que les gens n’en veulent pas (« trop de problèmes sur Terre pour fouiller dans l’espace », selon certains), pourquoi refuser à quelques entrepreneurs le droit d’y aller ? Ça n’a aucun sens.

Un astéroïde rempli d’or — et il y en a — qui va être miné et dont l’or sera rapporté sur Terre va rendre cet or bien plus abondant pour l’industrie, et de nouvelles applications vont naître (pensez à l’aluminium : en 1850, il était plus rare et précieux que le platine ; aujourd’hui, on s’en sert pour protéger nos sandwich, alléger les voitures et faire des cannettes de soda).
Oui, il est certain qu’à cause de ça, le cours de l’or va s’effondrer (c’est pour ça qu’il me semble une très mauvaise idée de placer son capital dans de l’or aujourd’hui), mais vu les nouvelles applications qui vont naître, il va également remonter après.
La richesse n’est alors pas le prix de l’or qu’on possède, mais ce qu’on va en faire : une batterie qui tient 3 mois et se charge en cinq minutes ? Un système pour produire de l’eau douce pour tout le monde ? À vous de trouver les applications : la rareté n’est pas un problème, quand l’or se vend au même prix que l’acier. C’est une des raisons qui fait que l’or n’est qu’un bijou de nos jours et qu’on n’en fait pas autre chose, comme des casseroles ou des presse-papier.


Enfin, il faut faire face à des pénuries sur Terre : certains métaux ou éléments utilisés dans la vie de tous les jours (lithium, néodyme, samarium, indium — ces deux derniers ne faisant pas partie des « terres rares » pour rien) sont de plus en plus rares car exploitées à fond pour l’électronique. On peut toujours se passer des smartphones quand il n’y aura plus rien pour les faire, mais est-ce vraiment ce que vous voulez ?
Je parle de métaux rares ou de lithium, mais il en va de même pour l’énergie : la Lune contient par exemple de l’hélium 3, qui pourrait être utilisée dans des centrales à fusion, propres.
Rester sur Terre devient vite limité : la preuve : on se fait la guerre pour des dinosaures décomposés enfouis dans le sol, alors que de l’énergie on en a plus dans l’espace qu’on ne pourra jamais en consommer… Il suffit de lever la tête plutôt que regarder le sol.

Que ce soient des entreprises privées qui s’en chargent, c’est normal aussi : la Nasa et l’Esa ne sont pas là pour faire du profit. Ils sont là pour repousser les frontières du possible, justement pour relancer l’économie et montrer aux investisseurs qu’il y a un potentiel économique à prendre. Ce sont ces agences qui prennent les risques — financiers et humain — pour envoyer des hommes sur la Lune ou pour faire atterrir un engin sur une astéroïde ou une comète. Ce sont eux qui montrent que c’est possible. Après seulement, les entreprises privées se lancent et font en sorte de rentabiliser tout ça, pour eux et pour le consommateur. C’est de cette façon que l’économie de la recherche et ici de l’exploration spatiale fonctionne.

Après tout, la découverte de l’Amérique il y a 500 ans ne s’est pas faite tout seule non plus : c’est le gouvernement Espagnol qui a lancé Colomb sur les mers.
Et si elle s’était faite sans intérêt, le retour sur l’investissement a été énorme : ils ont rapporté des Amériques tout ce qui est cacao, tomates, pomme de terre. Et aujourd’hui, grâce à l’investissement et le risque initial pris par le gouvernement, ce sont des entreprises privées qui font fonctionner l’économie du chocolat, du ketchup ou de la frite et de la purée.

De ce point de vu là, la recherche est très lucrative de façon indirecte : pour la conquête spatiale, chaque dollar investi par la Nasa a permit d’en générer trois. Pour le Cern et d’autres projets similaires, la rentabilité est encore plus grande (le Cern a par exemple inventé le world wide web et sans lui, toute l’économie qui en découle ne serait pas là).

La privatisation des ressources spatiales n’est donc pas un problème à mes yeux : c’est pas si quelqu’un déclarait que telle ou telle astéroïde était à lui. Non, ce sont les minerais qu’il va extraire qui lui appartiennent. Exactement comme on fait sur Terre avec n’importe quelle ressource. Ce qui se passera avec l’espace, c’est ce qui a déjà lieu sur Terre.
Oui il y aura des billionnaires à la tête des entreprises qui ont des mines dans l’espace. Mais est-ce un problème si ces gens payent des impôts ? Le seul problème que je vois, c’est si tous ces billionnaires sont aux USA et pas ici, parce qu’on aura été trop peu réactif pour ne pas les suivre (comme le numérique en France).

Alors si vous voulez partager l’espace et les choses qu’il est actuellement impossible à utiliser, ok. Mais restez cohérent et logiques et commencez par appliquer le même esprit de partage et d’humanité ici sur Terre.

La vérité est une nuance de gris

couleurs Je reproduis ici le texte de Mr. Mondialisation initialement publié sur Facebook :

« La vérité est une nuance de gris

Non, pas 50 nuances. Mais assez pour comprendre que "la Réaction" n'est pas la solution. Vous l'entendez souvent autour de vous, ce lieu commun du critique qui plonge tête la première dans une opposition systématique. C'est tout noir ou tout blanc. “Si X à tort, son extrême inverse Y a forcément raison !” pensent-ils s'arguant d'avoir l'esprit critique. De là naissent tous les radicalismes propices à l'émergence d'un nouveau fascisme.

Mais qui peut encore ignorer que les raisonnements manichéens ne sont pas émancipateurs ? Ils ne peuvent l'être car ils s'appuient sur la facilité et l'absence de pensée. La difficulté, qui représente le chemin le moins simple à emprunter, exige de se forcer à voir l'objet sous tous les angles, y compris sous l'angle de celui qui tente de nous opprimer, afin de ne pas soi-même planter les graines d'une nouvelle oppression.

Ainsi l'histoire nous a déjà démontré que l'origine du totalitarisme s'inscrit dans une opposition radicale et naïve envers un vague ennemi désigné, symbolisant un système. Les réactionnaires prétendent ainsi qu'il n'y a qu'une solution unique : le repli identitaire. Cette réaction radicale (ici, un néo-nationalisme exacerbé) portée par beaucoup comme étant la solution contre la mondialisation sert en réalité de chien de garde aux privilégiés qui voient dans la redistribution des richesses au niveau international une menace pour leur position.

Comme l'exprimait Hannah Arendt dans "Les Origines du totalitarisme" : “Ce qui séduisait l’élite, c’était l’extrémisme en tant que tel.” Reste à espérer qu'assez de gens comprennent ces notions difficiles à saisir, car nuancées par nature, avant qu'on ne bascule tous ensemble une nouvelle fois dans l'horreur. Car oui, il est possible de faire pire qu'aujourd'hui. Et vous pouvez nous croire, ils ont les armes pour vous convaincre de détester les opprimés et d'accepter ceux qui les oppriment.

La vérité est une nuance de gris. »



Et j’ajouterais que la nuance de gris n’est valable que pour une seule idée.
Chaque personne possède plusieurs couleurs (représentant chacune une sujet pour lequel il vit) et chaque couleur se superpose à une nuance de gris, symbolisant son point de vue sur cette idée.

Certaines personnes n’ont pas ou peu d’avis sur une idée ou un sujet : la couleur de cette idée est donc absente de leur palette.

Au final, chacun est un mélange unique de plusieurs couleurs plus ou moins intenses. Une palette, en somme, un spectre coloré, représentant sa vision du monde et de sa vérité.



(toute cette symbolique n’a rien à voir avec la notion de "personne de couleur", je préfère le dire)

image de Doug88888


Pourquoi le choix d’un navigateur est important (et un mot sur le navigateur Vivaldi)

J’ai longtemps été un grand fan d’Opera, un grand utilisateur aussi et j’ai été très déçu/affecté/touché par leur décision de changer leur politique dans le développement du navigateur (en 2013…). Vivaldi c’est un navigateur assez récent qui a été fondé par les anciens de chez Opera, depuis tout ces changements.

Le navigateur est le logiciel que j’utilise le plus sur mon ordinateur, et je crois que je ne suis pas le seul dans ce cas.

Ce n’est pas pour rien que certains font des ordinateurs avec juste un navigateur (les Chromebook de Google) : avec les bons sites, on peut en effet de passer complètement de tous les logiciels et n’utiliser vraiment que le navigateur.

À ce titre et pour un geek, le choix du navigateur devient aussi important que celui de l’OS : choisir un navigateur pour moi, c’est comme choisir une bonne paire de chaussures pour quelqu’un qui fait de la randonnée.

Je tourne actuellement sous Firefox : c’est à ce jour le navigateur que j’utilise et que je recommande.
Ce choix est hautement personnel, mais les raisons qui fait que j’utilise plutôt qu’un autre sont :

  • Il est rapide. Tous les navigateurs sont rapides en fait, et la différence est imperceptible aujourd’hui. Donc en réalité, cet argument n’est plus aussi important pour moi qu’il l’était il y a 5 ans.
  • Il est bon. Je veux dire par là qu’il respecte bien les standards du web. Comme pour la rapidité, ce critère tend à diminuer d’importance étant donnée que tous les navigateurs arrivent actuellement à un bon niveau (ce qui est une bonne chose). Firefox reste néanmoins en bonne position dans la course quand il s’agit d’être toujours à la pointe (Google Chrome est également très très bon sur ce point, mais il n’est pas Libre — et Chromium, j’ai du mal, encore).
  • Il est libre. Des « grands » navigateurs, c’est le seul qui le soit. Il y a d’autres navigateurs libres (Epiphany, par exemple) mais leur support et leur évolution est moins rapide que Firefox, qui est ainsi une référence dans le domaine. La liberté est devenu un critère vraiment important : c’est l’assurance qu’il ne possède pas de comportement suspects et impossible tracer.
  • Il est édité par une « bonne » entreprise.

C’est sur ces deux derniers points que Firefox écrase les autres à mon sens : son éditeur Mozilla milite depuis plus de 15 ans à un web ouvert et interopérable. C’est un peu grâce à eux que l’on n’a plus de sites « spécial Windows avec des ActiveX » (impossible à naviguer sur Linux, Mac ou smartphone) ou qu’on peut avoir une vidéo sans avoir à utiliser Flash/Java/RealPlayer/WMP : ils se battent pour tout ça, contrairement aux autres éditeurs.

Cette philosophie d’un web libre et ouvert, interopérable et où il est facile de participer, c’est également la mienne. Mozilla n’a d’ailleurs aucun autre moyen que le bouche à oreille, nous donc, pour promouvoir cette philosophie sans qui le web libre n’existera plus dans quelques années. C’est d’ailleurs pour ça qu’il y a depuis quelques temps un bouton « Mozilla Firefox » sur la page de mon site.

Firefox, en somme, c’est le navigateur dont la philosophie correspond la plus à la mienne.

Sauf que… Ça pourrait bien ne pas durer. De récentes décisions chez Mozilla m’ont laissé (et d’autres) un peu perplexe : intégration de logiciels tiers, apparition de pub au sein même du navigateur, modules impossible à installer sans l’approbation de Mozilla. Tout ceci reste assez inquiétant pour le futur du navigateur (évidemment, c’est aussi à nous de les aider pour qu’ils puissent continuer à limiter ce genre de décisions assez… mauvaises pour les utilisateurs).

Pour en revenir à Vivaldi, si un jour je devais quitter le navire de Firefox, c’est donc vers eux que j’irais. La raison à cela est que l’ancien navigateur Opera (qui a donné naissance au projet de Vivaldi) avait une philosophie à laquelle j’adhérais, et je sûr que je retrouverais une partie de ça dans Vivaldi, plus que dans n’importe quel autre navigateur (dans l’état actuel des choses).

Ceci donc pour vous aider à maintenir votre liste des navigateurs un peu à jour, ou vous en faire découvrir un nouveau si vous ne le connaissiez pas.
J’espère que Firefox et Mozilla resteront là encore là longtemps, bien entendu, mais dans l’hypothèse où malheureusement rien n’est éternel (y compris sur le net, et particulièrement en matière de logiciels), je préfère avoir une solution de secours. Et Vivaldi, bien qu’encore assez jeune, peut déjà faire un bon navigateur secondaire (chez moi c’est Chromium qui occupe en ce moment ce poste… pour l’instant).

Ressource :

  • Vivaldi : site officiel de Vivaldi.
  • Vivaldi-Fr : Forum, Blog, Wiki (non officiels) mais en français à propos de Vivaldi.

Pourquoi l’unicode dans les URL est une mauvaise idée

(Cet article s’adresse en partie à ce site : république-numérique.fr)

Bien loin est le temps où les sites n’étaient qu’en « .com » ou « .fr » : on trouve maintenant des « .france », « .xxx », « .science », « .christmas », « .google » et plein, plein d’autres.

En plus de tout ça, il est également déjà possible d’avoir des accents dans les noms de sites. Au lieu de « republique-francaise.fr » on pourrait avoir « république-française.fr ».

Voilà qui va plaire à l’Académie Française, mais je ne suis pas sûr que ça plaise à l’américain moyen et son clavier qwerty : si taper un accent aigu sur du qwerty sur le « e » est encore relativement simple, mettre un cédille sur le « c » l’est déjà moins. Sans compter que la plupart des gens en France n’accentuent pas leur majuscules (ce qui est pourtant obligatoire selon les règles d’orthographe), et que les kikoo de Facebook n’accentuent même plus rien du tout, ça risque d’être un beau bordel.

Après, dans les nouvelles extensions de sites web, on trouve, en plus du « .christmas » et du « .google », aussi ce genre de choses : « ..삼성 », « .дети » ou « .中信 », respectivement en coréen, en russe et en chinois, alors que je ne parle pas des extensions en hébreu, en arabe, en cinghalais, en japonais, en grec ou dans tous les autres alphabets qui existent (car pourquoi se limiter à quelques-uns ?).

Tout ça c’est bien joli et sympathique pour les 2,5+ milliards de personnes dans le monde qui n’utilisent pas l’alphabet latin à la base, mais je pense que ça risque de fragmenter un peu plus internet et les sites-web et de rendre la vie plus dure à tout le monde (pas seulement moi et mon clavier latin). Il ne faut pas oublier que les claviers avec l’alphabet latin sont plus ou moins répandus partout (ou au moins en alphabet secondaire sur les claviers non latins). Comment ça sera quand un nom de site web en cyrillique devra être écrit sur clavier kana ?

Je pense que si il n’y a pas un fallback en Ascii (sous partie très réduite de l’alphabet latin et seule utilisée in facto en informatique) quelque part, il sera impossible de s’en sortir. Pas juste pour moi qui utilise cet alphabet là à la base, mais pour tous ceux qui utilisent un Internet actuel. C’est bien beau de penser à tous le monde, humainement et techniquement, mais ça risque aussi de casser bien plus de choses que ça ne résout.
Qu’un blog local s’amuse à mettre des caractères unicode dans son site, ce n’est pas trop un problème, mais ça peut le devenir si les institutions gouvernementales s’y mettent, car ces derniers peuvent avoir plus ou moins un rayonnement international.

Donc pour en revenir à république-numérique.fr, je ne peux pas être d’accord avec eux. Il faut dissocier le contenu de la page et son URL (la façon d’y accéder). Parce que sinon, on devrait également remplacer le tiret « - » par un trait d’union « ‐ » et mettre des majuscules (pas sûr que le « .fr » dans l’expression satisfasse aux règles d’orthographe).

ÉDIT : Oui, je connais le Punnycode, pour le fallback Ascii : mais j’espère que vous rigolez quand il s’agit de transformer « .香港 » (qui se lit xiāng gǎng selon les règles de translittération déjà existante) en ceci « .xn--j6w193g » ?
Je reformule donc : il faudrait un truc simple pour convertir les noms de sites en unicode, pas un charabia mathématique que personne ne comprend sans avoir un master en mathématiques. Et si possible, transparent à l’usage.
Par exemple « republique.fr » devrait pouvoir pointer tout seul sur « république.fr », et « .テスト » devrait plutôt être pointable par « .tesuto » plutôt que par « .xn--zckzah ». au moins il y aurait une logique linguistique derrière (ce qui me semble être l’un des buts de l’unicode, non ?).
À la commande d’un NDD en « .テスト » il faudrait que soient inclus d’office le « .tesuto » et leur équivalents ailleurs.

ÉDIT-2 voilà mon clavier virtuel pour navigateur pour taper dans une quarantaine de claviers différents en direct.


Et si Google fermait mon compte (v2015)

Il y a deux ans, j’écrivais cet article : et si Google fermait mon compte ?
Ça faisait suite, dans une certaine mesure, à l’annonce d’Opera de fermer quelques mois plus tard leur service mail : je m’étais demandé quel impact pour moi aurait la fermeture d’autres services web que j’utilisais à l’époque, principalement Google.

Depuis la fermeture de My-Opera, j’ai effectivement pris quelques mesures. Je pense être devenu moins dépendant de services externes. Il faut dire que la fermeture de mon compte email principal m’a beaucoup fait chier, mais d’un autre côté ça m’a permis d’apprendre beaucoup de choses.

Voici mon retour d’analyse, deux ans après cet « incident », et la mise aupoint concernant ma dépendance vis à vis des autres « grands sites ».
Toujours la même notation : 0/5 correspond à « je m’en fous totalement » et 5/5 à « je suis vraiment dans la merde ».

Si Google fermait mon compte, en 2015 :

  • Gmail. Je n’utilise plus GMail. Mes comptes utilisateurs sur les autres sites sont sur une adresse email chez moi. Note : 0/5.
  • Google Plus. Note : 2/5. J’utilise G+ pour trouver des infos intéressantes plus qu’autre choses. Je pourrais m’en passer, même si ce serait dommage.
  • Google Documents. Note : 0/5. J’utilise exclusivement Libre Office et je partage les fichiers qui sont à partager via mon site ou via email.
  • Youtube. Mon compte Youtube est fermé depuis quelques temps. Je n’ai plus de compte Youtube. Note : 0/5.
  • Android. Note : 1/5. Il faut un compte Google pour télécharger des applications sur Google Play et utiliser diverses fonctionnalités d’Android. J’ai appris à utiliser Android sans compte Google. Si mon compte était fermé, je mettrais ces connaissances à exécution (ce n’est pas le cas actuellement). Je ne sais pas en revanche ce que Google peut encore faire si on n’est pas connecté à son compte. D’où l’intérêt d’utiliser un téléphone avec un OS Libre, mais ce n’est pas gagné. Je pense que je verrais le moment venu, en espérant que ça arrive le plus tard possible. Mais quand ça arrivera je ne serais pas paniqué, c’est déjà ça.
  • Google Maps, Google Search, Google Traduction : tout ça j’utilise parfois aussi. Mais il n’y a pas (encore) besoin de compte pour utiliser.


C’est tout pour Google.

Pour les autres sites :
Paypal, eBay, Amazon, ça me ferait un peu chier parce que j’achète régulièrement en ligne, mais je peux m’en passer : il y a d’autres sites et d’autres moyens.
Microsoft/Skype, Facebook, Yahoo : totalement rien à faire. Je n’utilise pas de XBox, et Facebook me sert un peu à rien. Mon compte Yahoo, je ne sais même plus ce que c’est…
Twitter : je l’utilise de temps à autre en version web pour interagir avec ceux qui suivent mon blog via Twitter (le RSS de mon blog est reposté sur Twitter). Ça serait dommage si ça vienne à être supprimé, mais bon, tant pis : ça m’empêchera pas de poster et ça n’empêchera personne de lire mon site quand même si elle le souhaite vraiment.
Tumblr : j’aime bien Tumblr, le site est sympa et on trouve pas mal de monde. Mon site n’est plus dupliqué sur Tumblr depuis un moment car je l’utilise pour d’autres raisons maintenant, plus orienté jeux-vidéos, manga, pokémon… Là aussi, ça m’embêterait que le site ferme où que mon compte soit fermé, mais ça ne sera pas la fin du monde non plus.

Je n’ai autrement pas de compte « Cloud » grand public, ni de compte d’écoute de musique en ligne (SoundCloud, LastFM, Deezer…).

Bref, je suis un peu partout sur Internet, mais mon point central c’est mon site, mes noms de domaines. Je n’ai pas encore de quoi m’auto-héberger (ou même devenir mon propre FAI) pour garantir une bonne et vraie indépendance, mais si ça venait à arriver pour des raisons politiques, je suppose que le web ne sera plus un lieu digne d’intérêt pour partager quoi que ce soit. Je serais alors passé sous Tor ou Freenet depuis longtemps.

Ce ne sont pas la fermeture de mes comptes sur les réseaux sociaux qui me font peur en tout cas.

Les opérateurs légalement juges de ce que vous pouvez ou ne pouvez pas voir

Fffuuu, bon ça y est : le gouvernement Français a adopté un texte qui donne aux opérateurs FAI le pouvoir de censurer les blagues sexistes sur le net.

Autrement dit, une simple blague de travers (par exemple sur les blondes, qui sont quand même nombreuses), et hop, c’est tout le site qui risque d’être censuré dans le pays parce que M. Orange ou M. SFR aura décidé que ce contenu dépasse les bornes qu’il aura lui même fixé. Il peut aussi décider d’être plus laxiste pour ses propres sites et forums que pour celui du concurrent, ou alors de choisir les sites en fonction de son auteur, son bord politique, son fournisseur internet…

C’est pas comme si les débordements n’auront pas lieu : le site Linux.com ou celui d’Amnesty International sont bloqués par le filtre anti-porno au Royaume-Uni.


Et pendant ce temps là, les bonbons Haribo de couleur noir (ceux en réglisse) sont interdits au Danemark et en Suède car jugés racistes. Non, ce n’est pas une blague.

Poussez pas, on va l’avoir notre société édulcorée, purifiée de tous les vices à la Demolition Man.