#22810 - « Faire cinq ans d’études me paraissait indispensable pour accéder à de bons postes » : un bac + 5, est-ce bien utile ? - Le Parisien Etudiant
<coup de gueule du dimanche>
Franchement, faut voir les Bac+5 qu’ils sortent hein (et pas que).
Le pourcentage de gens réellement brillants, compétant, débrouillards et qui savent résoudre des problèmes concrets en entreprise est monstrueusement bas.
La plupart sont des limaces, infoutus de manier ni un tournevis, ni un fichier Excel. Et dès qu’ils se mettent à essayer de parler technique devant un client, tu te retiens de faire un facepalm, car c’est du gros n’importe quoi (heureusement, les personnes à qui ils parlent n’en savent pas plus).
La seule chose qu’ils savent faire c’est des réunions à la con qui ne servent strictement à rien.
Je fais peu de réunions, encore content. Max 5-6 par an.
La dernière fois, la semaine dernière, je suis entré dans la salle un peu en retard, pour entendre le client (3-4 personnes) s’engueuler avec lui-même pour savoir ce que nous (leur sous-traitant) devions faire. On n’a rien dit en une heure : le micro est resté en « mute » de notre côté.
Après une heure, on ne savait toujours pas quel serait notre rôle dans ce projet. Et visiblement, eux non plus. Du temps de perdu.
Et vous savez quoi ? C’est constamment ça.
Pas seulement ce client, mais typiquement les soi-disant ingénieurs en marketeux-management-gestion-bullshitto-pâteàcrèpe, que ce soit le client, le sous-traitant, un visiteur…
Le client ne sait pas ce qu’il veut, mais nous on doit assurer derrière et sortir les pièces. Comment ? On se demande.
Perso, étant en contrôle qualité, je m’assure que les pièces sont conformes au spec client : dimensionnel, santé matière, respect du processus de fab, traça… Je fais tout ça.
Sauf que le client il demande « faites un contrôle ». On se démerde avec ça. On n’a pas de spec, pas de tolérances, pas de méthodes. Donc on sort un procès verbal d’expertise montrant ce qu’on observe. Le client est pas content car c’est pas marqué « conforme » (ou « non conforme »). Mais conforme par rapport à quoi ? Eux-mêmes ne savent pas.
Et quand ils demandent aux bureaucrates chez nous, ils acceptent le marché sans vérifier, donc eux non plus ne savent pas, et font descendre la demande au BE, qui lui non plus ne sait pas et ça dégringole sur nous qui devons-nous démerder à sortir un rapport qui dit « conforme ».
Et bien-sûr, si on prend les tolérances ISO habituelles, ça va pas. Si on peut les standards clients habituels, ça va pas non plus. C’est pas assez. C’est jamais assez. Et tu peux pas refuser de bosser en exigeant d’abord un plan côté, un cahier des charges ou des spect en bonne et due forme sinon t’as la hiérarchie qui vient te taper dessus. Et quand tu leur fais remarquer qu’on bosse avec des nuls, on passe pour un chieur.
Littéralement : quand j’ai quitté mon ancien boulot, le responsable qualité m’a dit que j’étais trop stricte dans les normes et les specs. On parle de quelqu’un censé faire respecter les normes et les specs, quand-même.
Et quand y en a un légèrement moins bredin que les autres qui se dit que, quand-même, un plan côté ou des tolérances et des demandes précises serait pas mal, bah il organise une réunion où c’est le bordel et ça fini en "yakafokon" mais concrètement t’as rien d’écrit, rien d’officiel, rien de concret.
Et bien-sûr, personne pour dire au donneur d’ordre de faire son taf en amont : « le client est roi ».
N’ont-ils jamais été en histoire, pour savoir comment finissent les rois dans ce pays ? Pfff.
Bref, voilà le genre de personnes qui ont fait « cinq ans d’études » avec lesquelles on se retrouve : des bons à rien. Littéralement.
Quant aux quelques bons ingénieurs, ça fait longtemps qu’ils ne sont plus en France (manifestement), ou qu’ils finissent par vendre du fromage bio (#trueStory).
Non vraiment, les meilleures personnes avec qui j’ai pu bosser sont le plus souvent des gens sans diplômes mais qui savent bricoler, ou alors avec 25+ années d’expérience et qui sont les Mac Gyver de la boîte qui te réparent un système de climatisation avec un stylo et un rouleau de papier alu.
En tout cas, ça au lieu de perdre du temps devant autour d’une table et devant un système de Visio UHD-Dolby-Wifi que personne ne sait faire fonctionner même 6 mois après son installation dans la salle de réunion toute neuve installée à côté de la salle des machines et dans laquelle il règne un bruit de minimum 90 dB tout au long de la journée.
Donc non.
Ça n’engage que moi, mais un ingénieur qui ne connaît pas la différence entre la résistance à la rupture et la dureté d’un matériau, ou encore quelqu’un qui ne sait pas convertir des kgf en pascal ou en bar, ce n’est pas un ingénieur. Il a peut-être un joli Bac+5, mais il ne fera que perdre du temps à ceux qui bossent. Et des gens comme ça, y en a. Un sacré paquet. Même dans l’industrie. Je trouve ça honteux.
</coup de gueule du dimanche>