#22574 - People can change - annie's blog
Joli.
Par contre, combien de personnes entendent essayer de changer, mais échouent davantage à cause de ceux qu’ils veulent rejoindre, que ceux qu’il quittent ?
De changer de “camp”, petit à petit — car 10 ans, c’est rapide et lent à la fois — juste pour se faire reprocher que « tu vas pas assez vite ! », « c’est pas suffisant ! », « seulement maintenant ? c’est pas trop tôt ! » ? Jusqu’à les dégoûter complètement et les faire retourner dans le monde qu’ils essayent de quitter ?
Je parle de l’idée décrite ici :
https://www.tumblr.com/ingridverse/170223372038/do-not-punish-the-behaviour-you-want-to-see
https://www.thepost.on.ca/news/local-news/dont-punish-the-behaviour-you-want-to-see
… mais en pire, bien souvent, et transposé au sujet de passer globalement de l’extrême-droite à quelque de plus tolérant et ouvert. Je laisse volontairement le terme de « gauche » de côté, car aujourd’hui la gauche — en tout cas en France — c’est tout sauf tolérant et ouvert.
Simple exemple : quelqu’un qui est omnivore comme on lui a appris depuis tout petit et qui projette de devenir végatérien. Qui commence par réduire sa conso de viande avant d’arrêter totalement, donc.
Enfin, c’est ce qui est prévu… Car — et là c’est mon expérience personnelle quand on cherche des informations là dessus — faire ça graduellement, c’est pas bien. Végétarien bon à rien. Végétalien bon à rien aussi en fait. Seul 100 % végan ilé gentil.
Bref, voir que ce monde là, qui semble un monde meilleur, n’est pas exempt de ses apôtres qui fouettent celui qui pèche par sa lenteur et le caractère progressif de sa démarche (au lieu d’arrêter radicalement) !
Car non, tout le monde ne peut pas — ni ne souhaite — basculer certains pans de sa vie (!) en une heure, et ont besoin de plus de temps, de plus d’information, de plus de connaissance, de plus de moyens. En tout cas, ils n’ont pas besoin d’une inquisition punitive, dégradante et au final rebutante.
Ou encore quelqu’un qui essaye d’arrêter de fumer : là je ne connais pas (j’ai jamais fumé), mais je suppose que si vous passez de 20 cigarettes à 10 cigarettes par jour, entendre des « à ta place je serais déjà à 5 ! », ou « encore 10 ?! je pensais que tu voulais réduire ! », ça doit pas faire plaisir.
Ou encore de se mettre au sport. Sortir plus. Lire plus. Arrêter les réseaux sociaux, réduire les jeux vidéos… Prenez l’exemple qui vous sied, mais considérez qu’au lieu de trouver de la motivation auprès des autres qui sont dans la même voie mais juste un peu devant vous, vous ne voyez que des gens qui vous regardent de haut, et qui au lieu de vous tendre la main, vous piétinent. Je pense que tout le monde a déjà connu ça, peu importe le sujet.
On appelle ça des gens toxiques, y compris dans les milieux détoxifiés (ce qui en un sens et à mes yeux est d’autant plus grave).
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Bref, pour résumer et répondre au lien : oui, oui, les gens changent. Mais ça marche mieux dans un monde où le changement est laissé au rythme de chacun, et toujours encourage, que dans un monde qui « punit les comportements que l’on cherche à voir ». Il faut considérer que peu importe si le changement prend du temps : l’essentiel c’est de changer.
Et d’une façon générale, pour compléter plus que pour répondre : les gens changent en 10 ans. Mais pour changer une société, comptez plutôt 10 générations, soit 200 ans.
Au XIXe siècle, 97 % des gens en France étaient cathos, et être athée était plus ou moins un crime (au sens social si ce n’est au sens légal). Aujourd’hui ils sont environ 30 % (et >50 % d’athées). Il a fallu plus d’un siècle et demi pour ça. La durée se chiffre donc bien en générations, pas en années.
Et ça sera encore plus long si l’on puni ceux qui font des efforts en leur disant qu’ils sont trop lents, n’en font pas assez ou le font avec difficulté (quitter un monde pour un autre, ça vient avec son lot de difficultés, d’emmerdes parfois, et de douleurs souvent).
Lentement mais sûrement, c’est parfois souvent mieux que vite et mal. Enfin ce n’est que mon avis.
(lien via)