fourth-dimension.jpg
C’est à partir de la discussion sur SCMB que j’avais envie de faire un petit article ici, à propos des objets en dimension 4.


C’est quoi une dimension au sens mathématique ?


La dimension d’un espace c’est le nombre de coordonnées qu’il faut pour repérer un point dans cet espace.
Ainsi, en dimension 1 (une demi droite donc) il suffit d’une seule coordonnée pour repérer un point de cette demi-droite par rapport à l’origine.

Dans un plan, un point est repéré par deux coordonnées : X et Y :

plan cartésien
Dans un espace en 3D, comme le monde dans lequel on vit, il faut 3 coordonnées pour se repérer : X, Y et Z généralement.

Dans un espace en 4D, il faut donc en toute logique 4 coordonnées, que je prendrais à W, X, Y, Z. Notre espace étant en 3D, il n’est pas possible de faire une représentation rigoureuse d’un espace en 4D. Il n’est pas possible de le dessiner, car un tel espace ne fait pas parti de notre monde.
Pour autant, ce n’est pas pour ça qu’on ne peut pas faire des calculs avec.

Exemple : en physique, l’état d’un corps (solide, liquide, etc.) est déterminé par la pression, la température et le volume donné à ce corps. On a donc 3 variables qu’on peut associer à un repère, comme ici :
TransitionPhase.png
Mais comment on aurait fait si on avait plus de 3 variables ? Par exemple avec la loi des gaz réels de Van Der Waals : pression, température, volume, covolume-molaire. Il faut une dimension en plus pour pouvoir la dessiner.
Il n’est pas possible de dessiner un graphique en 4D, mais dans un autre monde, un monde en 4D, ça le serait.
Les calculs, eux restent possible : les variables sont des variables comme les autres : c'est juste la représentation qui est impossible

Voilà, cette explication préliminaire donne l’intérêt des espaces munis de repères à plus de 3 dimensions. Toute équation avec par exemple 5, 6 ou 36 paramètres peut se représenter dans un repère à autant de dimensions, dans un monde à autant de dimensions lui aussi.


La dimension 4


D'emblée je vous dis que ce dont je parle n’est pas le temps. Oui, en physique, le temps est une dimension (en relativité par exemple on ne parle plus d’un « point de l’espace » mais plutôt d’un « évènement de l’espace-temps », repéré par X, Y, Z dans l’espace et par l’instant T dans le temps), mais ce n’est pas pour cela que c’est la quatrième. Dans notre espace-temps, c’est l’une des quatres dimensions, mais dans un espace-temps à onze dimensions, il y en aurait une de temps et dix de l’espace.

Ce dont je parle, c’est réellement un espace à quatre dimensions spatiales, où chaque point est repéré par quatre coordonnées.

Tout comme un plan est un espace avec au maximum deux dimensions, notre monde est un espace avec trois dimensions.
Mais pourquoi s'arrêter là ? On peut très bien imaginer un monde avec quatre dimensions, qui contiendrait le notre comme un cas particulier (tout comme le plan est un cas particulier de l'espace).

Ce monde n'est pas le notre, je suppose que jamais nous ne pourrons voir notre monde en 4D. Mais nous pouvons l'imaginer (je pense que la puissance du cerveau est infini sur ce plan).


Segment, carré, cube, hypercube !


Hypercube_construction_fr.png
Le segment, est la base en dimension 1. Le carrée est la figure la plus régulière en base 2 : il est obtenu par duplication du segment puis en les reliants. Idem pour le cube : on prend deux carrés parralèles qu’on relie point à point.
L’hypercube ? Facile : on prend deux cubes et on les relie, sommet à sommet aussi.

Pour reprendre l'idée de Flatland (lien plus bas), en s'imaginant prisonniers d'un plan, si on regarde un carré on voit juste son côté. Si l'on sort du plan, on voit alors tout le carré et ses entrailles.
Par extension, un visiteur de la dimension 4 pourrait voir les entrailles des objets et êtres de la dimension 3.
Cela vous donne, je l'espère, une idée de ce que permet la dimension 4.

C’est comme si la droite était un carré vu selon un axe parralèle à une des dimentions. Le carré aussi par rapport au cube, et le cube par rapport à une des quatres dimensions de l’hypercube.

Cependant… Ce que vous voyez là sur l’image, c’est bien un segment, c’est bien un carré mais ce n’est pas un cube et encore moins un hypercube.

On voit une représentation en 2D (à plat) d’un cube. Pourquoi est-ce différent ? Parce que par définition, le cube a ses faces de même forme et de même surface. Ce n’est pas le cas sur ce dessin. La perspective permet de mieux se représenter un objet d'une dimension supérieure dans une dimension inférieure, mais cette représentation n’est pas l’objet en lui même.
Pour obtenir un vrai cube, il faut le sculpter et non plus le dessiner.

L’hypercube ici, c’est encore pire : c’est un objet en 4D dessiné dans un plan en 2D. Si on essaye de faire une représentation en 3D, on obtient quelque chose comme l’Arche de la Défense, à Paris.
Mais cela reste encore une simple représentation : l’hypercube réel n’est pas comme ça : si on arrivait à voir en 4D, tous les cotés, faces, cubes seront de même longueur, surface, volume.

Cet hypercube n’est qu’une représentation en 3D du véritable hypercube.
Tout comme on pourrait imaginer l’ombre d’un cube sur un plan (on verrait alors quelque chose comme le cube sur l’image ci-dessus), on peut voir l’Arche de la Défense comme la forme 3D représentant une ombre tridimensionnelle d’un hypercube.

Comment voir en 4D ?

Il n’est pas impossible de s’imaginer des choses en 4D voire en 5D, 6D… Comme j'ai dit, je pense que la puissance de l'imagination est infinie.

Si vous voulez vous y tenter, je vous propose le film réalisé par l’ENS de Lyon : Dimensions. C’est un film en licence CC et téléchargeable gratuitement. Il est aussi possible de commander un DVD.

Vous pouvez aussi lire le livre Flatland, d’Abbott : il trace la vie d’un personnage vivant dans un plan 2D et qui est amené à passer quelques temps en 3D. L’auteur y invite finalement le lecteur, habitant d’un monde en 3D, de s’imaginer un univers en 4D.
Le livre date de 1884 et est donc tombé dans le domaine public depuis longtemps. Je vous en partage une édition ici : abbot_flatland.pdf. Je vous préviens quand même que le livre peut aussi être vu comme une critique de la société Victorienne (ce n’est donc pas juste un manuelle de math).

Flatland a aussi été adapté en deux films : Flatland et Flatland the film, ce dernier est en ligne sur Youtube.

Je n’ai pas de méthode directe pour apprendre à imaginer un 4D (je n’y arrive pas encore moi-même), mais les deux méthodes décrites ici (dans Flatland et dans Dimensions) sont similaires : se mettre à la place de créatures en 2D voulant apprendre la 3D, puis transposer tout ça à nous : se mettre en 3D et voulant apprendre la 4D.

Voilà d’autres explications (en anglais et en vidéo) :

Images : 1, 2, 3

image de Kenoir

img/Hypercube_construction_fr.png

Oh… France 3 a annoncé la fin de la production de nouveaux épisodes de C’est Pas Sorcier, l’une des rares émissions intelligentes encore en diffusion (pour enfants, mais aussi pour les adultes et tout le monde).

C’est une émission de mon enfance, que j’ai suivie durant des années. J’adorais regarder quand ça parlait de sciences, mais les épisodes sur les autres thèmes étaient tout aussi passionnants.

Bien que les dernières émissions avec plus de technologie et moins de maquettes n’a pas eu le même succès (à mon avis, et sur moi en tout cas) que les anciens épisodes, je trouve que c’est très dommage.

:-/

nuclear-plant.jpg Ah, enfin !

La Norvège veut mettre en place des réacteurs nucléaires au thorium, c’est pas trop tôt.

Comparé aux réacteurs nucléaires à l’uranium/plutonium, les réacteurs au thorium n’ont pratiquement que des avantages :
  • Réacteurs stables : il faut fournir un peu d’énergie pour que le réacteur nucléaire se mette en marche et produise de l’énergie. Il n’y a donc pas d’emballement possible du réacteur : il n’y a que besoin de couper le courant et tout s’arrête (alors que dans une centrale classique, le courant permet d’éviter l’emballement).
  • Combustible en grande quantités : le thorium est très présent à la surface de la Terre (plus que l’Uranium)
  • Peu de déchets : les déchets sont radioactifs durant seulement 10 à 15 ans pour la plus grande partie, et seule 0,01% est radioactive durant des milliers d’années.

Voici une vidéo sur le sujet Kirk Sorensen: Thorium, an alternative nuclear fuel.

Certains voulaient aussi utiliser cette source d’énergie dans des voitures : 8 grammes de thorium suffiraient pour faire rouler une voiture. Durant toute sa durée de vie.

(source)

image de thebmag

baby-epic-win.jpg
Voici un autre lien qui dénonce les concepts et moteurs à mouvements perpétuels : Les moteurs à énergie infinie et/ou énergie libre et/ou mouvement perpétuel, c’est vraiment n’importe quoi !

\o/

Pour mémoire, les articles où je dénonce ce genre de conneries sont là :

f16.jpg Comme d’hab, quelques chiffres sortis de calculs plus ou moins hypothétiques mais toujours surprenants !

7 000 km². Le premier chiffre est une surface : c’est la surface qui contiendrait la population humaine mondiale si l’on donnait 1 m² à chaque personne.
Cette surface, c’est un peu plus qu’un département français moyen.


5 nanosecondes. C’est la durée supplémentaire perçue si on passe cinq heures dans un avion volant à 800 km/h. La relativité dit que le temps ne s’écoule pas de la même façon selon la vitesse à laquelle on se déplace.
Cela ne veut pas dire qu’on sera 5 ns dans le futur ; cela dit simplement que 5 h dans l’avion seront perçues 5 ns plus longues pour les voyageurs au sol.


1 400 kg/m³. C’est la masse volumique moyenne du Soleil. Sa densité est donc de 1,4. En gros, le Soleil est moitié moins dense que l’aluminium, six fois moins que l’acier et quatorze fois moins que l’or.
On pourrait croire que l’attraction gravitationnelle de la masse du Soleil sur elle même est plus importante que ça, mais finalement non : les fusions nucléaires entrainent une expansion compensant l’effondrement par une libération de rayonnements.
(Notons qu’en son cœur, la masse volumique du soleil est tout de même de 150 tonnes/m³.)


Enfin, je vous propose une petite question : dans un liquide, les molécules et atomes se touchent pratiquement. Ils sont donc distants d’environ 1 rayon atomique (logique). Maintenant, de combien de fois cette distance est-elle supérieure dans un gaz (l’air ambiant par exemple) ? autant ? 10 fois ? 100 fois ? 1000 fois ? plus ?
Aucun piège, mais la réponse est intéressante à voir (et à trouver, car ça se démontre en deux lignes).

Les autres épisodes sont là :
Épisode 1
Épisode 2
Épisode 3

image de Official US Air Force

polution.jpg Tiens, et si on faisait un peu de sciences sur les publicités pour les voitures ?

Actuellement, les publicités pour bagnoles vantent les faibles rejets en dioxyde de carbone (CO2) par kilomètre.

Analysons un peu tout ça.

Un peu de recherche me permet de trouver qu’une voiture moyenne en France émet autour de 125 grammes de CO2 par kilomètre. (sources pour 2011).

À quoi correspond ce chiffre ? Vu comme ça : à presque rien, sa seule utilité est de permettre d’aller narguer votre voisin et de lui dire sa voiture est responsable du réchauffement climatique alors que la vôtre, non.

En réalité, 125 g de CO2 ça correspond à 75 litres de gaz, soit une bonne poubelle remplie. Et je ne tiens compte que du CO2 sinon il faudrait au moins doubler ce volume, ni de le température à laquelle ils sortent sinon il faudrait doubler ce volume encore une fois de plus.
Et ce volume de gaz est émis tous les kilomètres.

Ça parle plus là ?

Donc, ouais, 125 g de CO2 au kilomètre c’est juste énorme.

image de Captain Kimo

magnetic-field.jpg
L’énergie gratuite, libre, sortie de nulle part et le mouvement perpétuel n’existent pas.

Toutes les vidéos — sans aucune exception — expliquant comment faire ce genre de choses, sont du bullshit total ; un amas de merde pseudo-scientifique ; un ramassis de conneries ; des fakes archi-évidents, le tout raconté par des personnes qui savent très bien qu’elles mentent et qu’elles prennent les gens pour des cons.

Voilà, tout est dit.

image de Oskay

bulle-colloree.jpg
Tout le monde a déjà fait des bulles de savon et tout le monde a pu y observer des couleurs diverses qui variaient joliment durant quelques secondes. D’où ça vient ?

Réponse : ce phénomène vient des interférences optiques qui se produisent à la surface de la bulle.
Ça ne vient pas du même effet de prisme que l’arc-en-ciel, mais purement du caractère ondulatoire de la lumière.

Interférences d’ondes ?

Prenons une onde, comme par exemple une vague d’un côté d’une piscine. Si on produit la même onde de l’autre côté de la piscine, il y a deux résultats possibles (en plus de toutes les possibilités intermédiaires) (image):

interferences-constructives-et-destructives.png
Le cas où deux ondes s’annulent est utilisé dans les casques anti-bruit : on reproduit une fréquence sonore du bruit dans le casque qui va annuler le bruit qu’on cherche à atténuer (par une opposition de phase). Quelques hélicoptères utilisent également ce système pour devenir inaudible.

La lumière est une onde aussi. Il est donc possible d’obtenir des interférences lumineuses.
Si deux ondes lumineuses de même fréquence se superposent, soit on obtient de la lumière plus forte (addition des deux ondes), soit de l’absence de lumière, du noir (soustraction ou destruction des deux ondes).

Généralement, les deux ondes identiques sont obtenues en dupliquant une onde Laser en deux ondes identiques légèrement déphasées. Un appareil capable de faire ça se nomme un interféromètre. Et bien, une bulle de savon est une interféromètre !

Sur la bulle de savon

Un dispositif possible pour faire des interférences est d’utiliser une épaisseur transparente très fine (interféromètre de Perot-Fabry). On obtient alors deux ondes identiques, légèrement décalées. La première onde est obtenue par transmission à l’extérieur de la surface de la bulle. La seconde est une partie de la lumière qui fait une réflexion supplémentaire dans la bulle (image) :

interferometre-de-perot-fabry.png
Le rôle de l’épaisseur fine et transparente est jouée par la pellicule d’eau + savon de la bulle.

La lumière blanche est composée de toutes les fréquences entre le rouge et le violet. Lors des interférences, certaines couleurs s’annulent et d’autres sont amplifiées. La couleur qui est amplifiée dépend de l’épaisseur de la pellicule d’eau.
La pellicule d’eau n’étant pas uniforme sur toute le bulle, certaines zones amplifient le rouge, d’autres le vert, d’autres le bleu, etc.

De plus, l’épaisseur de la pellicule d’eau peut changer d’un instant à l’autre (micro-vagues dues à des fluctuations de la tension de surface) , ce qui fait que les couleurs changent aussi au cours du temps.

Au final, on obtient une bulle avec des zones colorées dont la couleur change.

Je me demande ce que donnerait une bulle de savon sous une lumière Laser, tiens… À essayer. Mais j’ai peur que le Laser fasse péter la bulle trop tôt…

Le même effet d’interférences optiques donnant des rendus de couleurs est visible :
  • sur un CD placé au soleil
  • sur certaines lunettes de soleil (image)
  • avec un hologramme sur les billets de banque
  • avec de l’huile ou de l’essence sur une flaque d’eau
  • sur certaines perles, coquillages, plumes
  • sur le dos du scarabée doré ou de certains papillons

photo de Hop-Frog

Je pense qu’on a tous déjà vu un chargeur électrique pour ordinateur portable, téléphone ou autre. Ils sont bardés de logos, voyez donc le délire :

all-logos.jpg

La plupart sont totalement inutiles : ce sont simplement des logos des enseignes de certifications. Pourquoi inutiles ? Parce que certains sont apposés sans réelle certification. À ma connaissance, le logo CE est dans ce cas : il est partout mais il ne sert pas à grand-chose…
En France, c’est la norme NF qui est importante : si tous les autres y sont sauf le NF, le produit n’est pas aux normes françaises.

Voyons tous ces logos :
Logos sur les appareils
Logo Représentation Commentaires
S-semko.png« S » SemkoUn organisme suédois
circle-v-logo.pngCircle VUn organisme américain
nom-nyce.pngNOM NYCEUn organisme mexicain
3ul-listed.pngcULus ListedUn organisme américain
gs-tuv-logo.pngGS TüvDeux organismes allemands
pct-logo.pngPCTUn organisme russe
C-tic-logo.png« C tic »Un organisme australien
ccc-se.pngCCC S&EUn organisme chinois
SEV-logo.png« S+ » SEVUn organisme suisse
vcci-logo.pngVCCIUn organisme japonais
IRAM-S-mark.pngIRAM S-markUn organisme argentin
KC-logo.pngKCUn organisme coréen
0pse-logo.pngPSEUn organisme japonais
fcc-logo.pngFCCUn organisme américain
logo-ce.pngCEUn organisme européen

Joli hein ?
Et y’en a d’autres, qu’on peut trouver sur cette page de manière non-exhaustive.

Il y a seulement 3 logos sur mon appareil qui sont vraiment importants et qui servent à quelque chose. Ce sont ces trois-là :

logo-recycle.png

L’appareil ne doit pas être jeté avec les ordures car contenant des produits toxiques ou des éléments recyclables.

logo-classe-2.png

L’appareil électrique est de classe 2 : l’utilisateur est protégé d‘un point de vue électrique, même en cas de court-circuit ou de dysfonctionnement (il n’y a pas de prise de terre car la carcasse ne peut pas être en contact avec les parties sous tension.

logo-indoor-use.png

L’appareil ne doit être utilisé qu’en intérieur, à cause de l’eau, de l’humidité, des poussières…

pills.jpg Puisqu’on est dans les sujets à polémique (OGM, Apple, censure, Apple, système scolaire, Apple…), restons-y et parlons d’homéopathie.

Je parlerai surtout de la quantité de principe actif à l’intérieur, puisque le débat est là.

L’expression « une dose homéopathique » signifie une dose très petite. Et ce n’est pas sans raisons. La quantité de principe actif dans un médicament homéopathique n’est pas juste faible… Elle est incroyablement faible. Même quasi-nulle pour tout dire.

Les doses de ces médicaments sont obtenues par dilutions successives au 1/100. Trente dilutions généralement (dilution CH30), mais jusqu’à 200 pour certains (dilutions CH200), comme l’Oscillococcinum®.

Le résultat c’est que c’est tellement dilué que la concentration est (d’après mes calculs pour un comprimé CH30) d’un rapport 1 molécule de principe actif pour 1000 masses solaires de solvant (en terme de nombre de molécules).

Autrement dit, un comprimé de médicament comme ça ne contient plus aucun principe actif (il y aurait un seul comprimé qui possèdera une seule molécule active sur tous les comprimés qu’il est possible de faire avec 1000 masses solaires). C’est ridicule.

Et pourtant ces médicaments semblent marcher… C’est bien ce qui compte, c’est certain, mais c’est nous prendre pour des cons quand même.




Question : comment peut être dilué quelque chose dans 1000 masses solaires ? Vous pouvez essayer chez vous avec du sirop : préparez un verre de sirop. Prenez une cuillère de ce sirop que vous diluez dans un verre d’eau (dilution ~1/100). De cette solution, prenez une cuillère que vous re-diluez dans un autre verre d’eau. Vous avez dilué au 1/100 une solution déjà au 1/100 : résultat, votre solution est au 1/10 000. Encore une dilution et vous serez à 1/1 000 000. Pourtant nul part vous avez eu besoin de 1 000 000 de verres d’eau, si ?

Et si vous faites cela 200 fois de suite : à la fin, je doute fort que votre boisson aura encore du goût…

Draconianrain

this-is-like-a-job-for-science-psykokwak-pokemon

Il a fait super chaud ici. Beaucoup trop chaud pour faire quoi que ce soit, mais on peut toujours faire un peu de science :D.

La question du jour : comment avoir moins chaud par ce temps ? Réponse : se mettre en plein soleil.
Évidemment se mettre au soleil comme ça serait trop simple : il faut s’enrouler dans un vêtement ou une serviette mouillée.

La sensation de chaud/froid vient avec la notion de chaleur échangée avec l’extérieur. Quand on a chaud, c’est que notre corps reçoit beaucoup de chaleur de l’extérieur : la quantité de chaleur du corps augmente et donc on a plus chaud. Quand on a froid, la chaleur du corps est cédée à l’extérieur : le corps refroidit.

Alors pourquoi se mettre mouillé en plein soleil est-il plus efficace que de se mettre à l’ombre ?

Pour qu’une molécule d’eau liquide s’évapore (donc devienne gazeuse), il faut qu’elle gagne de l’énergie sous forme de chaleur. Cette chaleur, elle va la puiser dans deux sources : le rayonnement du soleil et… Votre corps.

Quand l’eau s’évapore de votre peau elle part et amène avec elle une partie de votre chaleur : le corps cède de l’énergie à l’eau et il refroidit (c’est la même chose quand on se verse de l’acétone sur les doigts et la sensation de froid vient de là).

Si c’est plus efficace en plein soleil c’est parce le soleil fournit très rapidement une partie de l’énergie nécessaire à l’évaporation de l’eau. Chaque molécule en puise donc peut-être moins dans votre peau, mais il y a beaucoup plus d’eau qui s’évapore.
Au soleil et dans le vent, le phénomène de refroidissement du corps est accéléré. Il y fait peut-être plus chaud, mais le corps refroidit plus vite. Paradoxal, mais ça marche.

Pour tester tout ceci vous pouvez mettre un thermomètre à l’ombre et un thermomètre dans une serviette mouillée. Alors qu’il faisait 34°C à l’ombre, je suis descendu jusqu’à 20°C en quelques secondes dans la serviette sous un soleil de plomb.
Même chose pour refroidir une bouteille de boisson : l’enrouler dans une serviette humide au soleil est assez efficace pour la garder fraîche.

image publiée par 4chan

On m’a demandé une fois pourquoi certaines flammes étaient bleues (gazinière) et d’autres oranges (bougie, briquet…). Voici une explication.

flames.jpg

(images : gazinière et bougie)

Les flammes rouges/oranges

Les flammes d’un briquet et d’une bougie d’abord : elles sont rouges/oranges. Ceci est dû à des particules de suie chauffées au rouge, comme de l’acier que l’on forge. Ce sont bien des particules et non des molécules ici : elles sont formées à cause d’une combustion incomplète.

La couleur rouge/orange est issue de l’échauffement et non de la combustion : tout corps chauffé à une certaine température émet un rayonnement de longueur d’onde directement lié à la température, ici : du rouge/orange. Le corps humain ayant une température de 37°C, émet un rayonnement dans l’infrarouge à 10 µm. De l’acier chauffé autour de 1000°C émet dans le rouge et s’il est chauffé à 1300°C il émet du jaune/blanc.

Les flammes bleues, vertes et les autres couleurs

Les flammes bleues ensuite : la couleur provient du rayonnement de fluorescence émis par les électrons des atomes. Elle est visible grâce à la combustion complète, sans suie. Il n'y a donc pas de particules et il n'y a donc pas de place pour la flamme rouge/orange de tout à l’heure.

Dans une combustion complète, les atomes sont tous séparés est ionisés. La chaleur produite par la combustion excitent les électrons, qui retournent alors à un état stable en émettant une lumière, bleue dans le cas d'une gazinière.

Si vous changez de combustible, vous aurez d’autres couleurs : du cuivre produit une flamme bleue-verte, du sodium (du sel) une flamme jaune, du potassium (sel de régime) une flamme rose, etc.
Selon les ions présents dans le combustible, les électrons auront des niveaux d’excitations différents et émettront donc de la lumière de couleur différente, comme sur cette vidéo :

flame-test.jpg
Ce phénomène, expliqué par la physique quantique, est mis à profit dans les feux d’artifices où les couleurs différentes sont émises par différents éléments de la table périodique.

genius-meme.png Je suis tombé sur ces vidéos, montrant des installations qui sont censées produire plus d’énergies qu’elles n’en consomment :

En gros la machine qui tourne utilise des aimants qui en s’attirant de proche en proche permettent avec un moteur de départ de 2200 W de faire tourner 4 générateurs de 2200 W chacun. C’est comme des roues dentées, sauf que les dents ne sont pas des contacts mécaniques, mais des non-contacts magnétiques.

Du coup, on a 8800 watt à l’arrivée et 2200 en entrée, soit un rendement de 400% en puissance, sur la même durée.

Juste pour être clair : non je ne crois pas à ce blabla passé à la télé. En tout cas, certainement pas dans la façon dont c’est présenté « énergie gratuite », « énergie libre ». Meh.

Déjà qu’il y a une confusion dans l’explication : le Watt est une unité de puissance, pas d’énergie. Et s’il est bien possible de convertir 2200 W en 8800 W comme ça (principe du laser Tera-Watt, qui libère quelques joules seulement mais sur un temps très très court, d’où une puissance colossale de 500'000 milliards de watt), il n’est pas possible d’obtenir plus d’énergie que ce qu’on donne, donc des Joules.
Par analogie, il est possible d’obtenir du 500 000 V avec une banale pile (principe du taser), mais il n’est pas possible d’alimenter une maison pour autant…

Car non, produire un surplus d’énergie n’est pas possible, en tout cas pas avec la physique dont nous disposons. Toutes les centrales énergétiques dont l’homme dispose ne fait que convertir les formes d’énergies (énergie cinétique du vent, énergie lumineuse du soleil, énergie chimique du pétrole, énergie nucléaire de cohésion du noyau des atomes) en d’autres (énergie cinétique des électrons = courant électrique) et énergie cinétique d’une voiture.

La machine qu’on voit là ne produit pas d’énergie à partir de rien, c’est aberrant. Elle convertit différentes formes d’énergies (comme toutes les machines) et redistribue la puissance autrement.
Tel que c’est présenté, c’est une fois de plus une mauvaise explication fournie par un journaliste sur un problème scientifique simple en vue de faire de l’audience et abrutir un public un peu crédule.

Si c’était vraiment une machine qui nous sortirait de tous les problèmes d’énergie du monde (comme semble dire la description de la vidéo), alors pourquoi ne pas relier le dernier alternateur sur l’entrée du premier moteur ?. Hein ?
Hop, et là ça serait la machine à mouvement perpétuel et qui en plus produirait l’énergie qu’il annonce. 100% de gain, et un rendement infini. Alors ? Personne n’a la réponse ? Ben moi si : parce que c’est impossible : la machine s’arrêterait d’elle-même au bout de quelques instants…

À tous ces illuminés qui marquent ce genre de chose sous la vidéo « on en profite pour démonter au passage le dogme scolaire qui enseigne qu'un montage consomme toujours plus d'énergie qu'il ne peut produire et cela à cause des pertes (frottements, etc...). » ou « depuis le temps que je le dis… Il serait vraiment temps d'oublier toutes ces salades "scientifiques" pour repartir sur des bases sérieuses » : si vous voulez de l’énergie gratuite sortie de nulle part, demandez à Harry Potter, c’est le seul qui vous aidera. Mais je vous laisse trouver les baguettes magiques par vous-même.

(BTW, trouvez-moi une réponse claire à « c’est quoi l’énergie ? », après on en reparle ;-). Sachant que l’énergie c’est pas mesurable : z’avez déjà vu un instrument qui mesure l’énergie, vous ?)

image posté par 4chan

accu C'est avec horreur et effroi que j'ai lu sur le site de mon pote marocain la reprise d'un article à propos des « bonnes pratiques pour les batteries d'ordinateur ».

L'article source dit qu'il faut vider à 100% l'accu la première fois. Par pitié : NON.

La décharge totale des accu au Lithium peut conduire au court-circuit des cellules. Ces accu intègrent d'ailleurs un circuit électronique qui empêchent cela : la raison est expliquée sur Wikipédia :

Il empêche une charge ou décharge trop profonde : sinon le danger peut aller jusqu'à l'explosion de l'élément


La technologie des accumulateur au Lithium est totalement différente des autres types d'accu.

La décharge totale des « piles rechargeables » était à faire avec les accumulateurs NiMH ou NiCd, surtout pas les accus au Lithium, contenus dans les ordinateurs portables, les téléphones…
Bref, bannissez cette pratique.

En revanche, il est conseillé de laisser l'accu dans l'ordinateur, même branché au secteur. La tension délivrée par le secteur fluctue légèrement. Elle varie souvent entre 220~240 V, même si EDF (en France) la déclare à 230 V.
L'accumulateur sert alors de tampon et les composants internes de l'ordinateur ne sont pas endommagées par ces fluctuations.
Par contre, si vous avez votre portable sur les genoux, la batterie peut avoir trop chaud : dépasser 35°C est assez mauvais.

Le site d'Apple donne quelques conseils à ce sujet.


image d'Andy Armstrong

Tiens, marrante cette image, trouvée via le blog de Nono :

troll math
Alors, la réponse : 2 ? ou 288 ?

Même la calculatrice s’y mélange les pinceaux :

  • Selon la calculatrice de mon ordinateur : 288.
  • Selon ma Casio fx-92 collège : 2.
  • Selon la calculatrice de la console Python :
    Traceback (most recent call last):
      File "<stdin>", line 1, in <module>
    TypeError: 'int' object is not callable

En fait, la réponse, pour moi, est bien 288.

C’est une question de priorités opératoires, niveau 5e :

  • Premièrement, on fait les opérations dans les parenthèses : (9+3) = 12.
  • Ensuite, on fait les multiplications/divisions dans l’ordre d’écriture : 48÷2×12 = 24×12 = 288.

Pour ma part, je n’ai appris aucune règle dictant les priorités opératoires devant une parenthèse. À l’intérieur, oui. Mais pas devant.
L’absence de « × » devant une parenthèse n’est qu’un confort d’écriture. L’opération de la multiplication est toujours là implicitement, comme une multiplication ordinaire.

D’ailleurs, sur ma calculatrice collège :

48 ÷ 2 (9+3) = 2
48 ÷ 2 × (9+3) = 288

Ceci est manifestement une erreur dans le programme de la calculatrice (ce qui n’est pas possible dans la console python, qui oblige — à juste titre — la présence du « × »).

Et n’oubliez pas : il est très facile de tromper un ordinateur, parce qu’il compte en binaire et non en décimal comme nous, mais aussi parce qu’il est très con.