[quote] Carl Sagan - Wikiquote

Society corrupts the best of us. It is a little unfair, I think, to criticize a person for not sharing the enlightenment of a later epoch, but it is also profoundly saddening that such prejudices were so extremely pervasive. The question raises nagging uncertainties about which of the conventional truths of our own age will be considered unforgivable bigotry by the next.

Que je traduis librement :
« La société corrompt les meilleurs d’entre nous. Il est un peu injuste, je trouve, de critiquer une personne pour ne pas partager les avancées d’une époque qui lui est postérieure, mais il est aussi profondément attristant que ces préjugés étaient aussi omniprésents. La question peut se poser quant à savoir lesquelles des vérités conventionnelles de notre propre époque seront considérées comme impardonnables dans la prochaine »

En gros : on ne peut pas reprocher à des gens (dont des auteurs, ou des philosophes, et même des scientifiques) du XIX ou du XVIII de ne pas partager nos avancées en terme d’égalité des sexes, des races, des couleurs, des religions…

Les coutumes d’une époque, aussi effroyables qu’elles peuvent nous sembler aujourd’hui, étaient considérées comme normales à ce moment là.
De même, certaines de nos coutumes à nous, aujourd’hui, seront vues comme des horreurs impardonnables dans le futur.

Et tant mieux.
C’est un signe que l’on a beaucoup progressé.
Et que l’on progresse encore.

Ne pas reconnaître notre progrès (passé ou en cours), ou ne pas accepter que notre Histoire soit passé par des époques où se pratiquaient des habitudes assez horribles, c’est signe d’une grande faiblesse d’esprit, et c’est juste ce qu’il faut pour retourner vers ces habitudes-là.
Dans cette optique, je pense aussi que tenter de cacher ce pan là de l’Histoire reste une mauvaise idée. Qu’on brise des monuments publics, qu’on décide d’arrêter de voir certaines périodes comme glorieuses, ok, mais oublier, jamais.

(Cette quote, ainsi que cette réflexion font suite à ma lecture de Cinq Semaines en Ballon, de Jules Verne : l’histoire se passe en Afrique et les deux explorateurs dans leur ballon parlent évidemment de nègres, d’Arabes, de peuples primitifs, etc.)