#19854

Mémoire vive — Wikipédia

RAM, pour « random access memory ».

Parfois, on traduit « random » par « aléatoire », et donc RAM par « mémoire à accès aléatoire ».

Sauf que ça ne veut pas dire la même chose : le système n’accède pas de façon aléatoire aux bits enregistrés dans la mémoire. Vous imaginez le bordel, s’il sortait des informations de façon aléatoire ?

En vrai, leur « random » se traduirait par « désordonné » ou « déséquentialisé », dans le sens où l’on supprime l’ordre d’accès ou la séquence d’accès au bits.

Ça veut dire quoi ?

Vous vous souvenez des vieilles cassettes audio ? Ben pour avoir accès à la 6e chanson, il fallait d’abord passer la chanson 1, la 2, la 3, la 4, la 5 et enfin lire la 6.

Dans la façon dont fonctionnait ce support de stockage, on devait faire défiler la bande magnétique du début jusqu’à l’emplacement désiré.

À l’inverse, sur un disque dur, un CD, on peut accéder pratiquement instantanément à n’importe quel endroit du disque. Il n’y a plus tellement de notion de « début du disque » ou « fin du disque ».
Bien-sûr, il y a la piste n°1 sur un CD, mais c’est purement un truc logique, voir marketing. L’artiste avait décidé que telle chanson serait la première, du coup les métadonnées sur le CD disaient « lire cette piste en premier ». Mais c’était un choix logique, pas une limitation matérielle.
Si l’on a envie de commencer par la dernière piste du CD, on peut le faire. Sur un PC par exemple, il suffit de double cliquer sur la dernière piste et elle est lu. Il n’y a pas besoin de lire toutes les autres pistes avant.

Sur une cassette, la mémoire est séquentielle : on doit faire défiler le début avant d’accéder à la fin. Sur un CD, la mémoire est à accès directe : on accède immédiatement au bit que l’on souhaite, peu importe sa position sur le disque.

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D’un point de vue plus technique, les anciennes mémoires (à accès séquentielles) peuvent se voir comme un empilement (ou « stack », en anglais) de cases mémoire.

Y avait deux façons de faire : LIFO et FIFO.

— LIFO : « Last in, first out », soit « le dernier entré, le premier sorti ». Ici, les informations sont stockées en les empilant les uns sur les autres, et la seule information accessible est celle du dessus.
Un peu comme quand on fait une pile de crêpes : la dernière crêpe que l’on pose sur la pile sera la première à être servie. Si l’on veut avoir la toute première crêpe qui a été cuite, on doit d’abord dépiler toutes celles posées dessus. Dans le cas de la mémoire c’était ça : si on voulait la première information enregistrée, il fait tout dépiler les informations stockées après.

— FIFO : « First in, first out », soit « le premier entré, le premier sorti ». Ici, les informations sont toujours empilées les unes sur les autres, mais la seule information accessible est celle du dessous.
Une analogie pour ça peut être la queue à la caisse d’un supermarché : la première personne à arriver sera aussi la première à sortir du magasin avec ses courses payées. De la même façon, la première information stockée, même si elle est sous une pile immense d’autres informations, sera la première et la seule à pouvoir être lue : les informations sont lues d’un côté, mais les nouvelles informations sont ajoutées de l’autre côté.

Ça c’était (et c’est encore) les formes de mémoire utilisées dans un ordinateur à des niveaux très bas dans la logique machine. Bien-sûr, quand on tape du texte ou joue à un jeu, on s’en fiche de tout ça.

Mais tout ça s’oppose à la mémoire à accès direct, comme la RAM, où l’information n’est pas enregistrée sous une forme empilée, mais plutôt sous une forme de matrice (un tableau X*Y).
La RAM, on peut accéder à n’importe quel bit, sans avoir à dépiler toutes les autres informations situées avant, ou après.

Le « Random » vient de là.
Si l’on tient réellement à employer le mot « aléatoire », disons que dans le cas de la RAM, on peut choisir un nombre aléatoire (par exemple 42) et accéder directement au bit n°42 dans la mémoire, sans avoir à dépiler et déplacer les 41 bits précédents.

https://fr.wikipedia.org/wiki/Mémoire_vive

#19853

Timo sur Twitter : "À votre avis, ce genre de danger des barrages hydroélectriques, plus ou moins de victimes que le #nucleaire ?… "

Je me suis baladé dehors tout à l’heure.

Je passe à côté d’un cours d’eau où y a un panneau qui dit de faire attention car l’eau, même calme, peut très soudainement monter en débit, violence et hauteur, si le barrage hydroélectrique situé en amont (plusieurs dizaines de km) se met en marche.

Dans mon tweet je trolle ironiquement en demande si ce genre de dangers ont fait plus ou moins de morts que le nucléaire (en général).

Je n’ai pas de chiffre, mais des accidents sont déjà arrivés, forcément :
— sous mon tweet, on me montre un article de 1995 : un groupe scolaire s’est fait surprendre ; EDF n’a pas respecté la procédure habituelle : les ouvriers était en grève et les managers ont lâché toute l’eau d’un coup ; résultat : 6 morts).

— sinon y a cet article de 2018 où un journal rappelle les principes de précautions.

— et ici, un article du 2 février 2021, il y a dont à peine trois semaines, où EDF a fait un lâché d’eau au cours d’un épisode de forte pluie. Résultat, l’un dans l’autre : un village inondé et 73 personnes évacuées.

Donc bon.

Je ne dis pas que les barrages sont le maaaal, mais de là à dire que c’est sans danger c’est aller un peu vite.

Insistons bien sur le fait que l’on parle ici de dangers présents en cas de fonctionnement normal des installations.

Une centrale nucléaire qui explose, c’est pas un fonctionnement normal et on cherche à éviter ça.
Un barrage qui fait un lâcher d’eau, que ce soit pour du délestage (niveau trop haut), ou pour une simple mise en route, c’est tout à fait courant et normal : on ne cherche pas éviter ça du tout.

https://twitter.com/lehollandaisv/status/1366040462604263426

#19852

Sable du Sahara radioactif dans le ciel français : retour à l’envoyeur ? - ouest-france.fr

Je sens un vent de panique se lever.

En fait, 80 000 Bq par km2, c'est rien.

Un humain, par exemple, c'est environ 8 000 Bq. La France c'est en moyenne 120 hab/km2, soit 960 000 Bq au km2. Et ça c'est juste les êtres humains. L'environnement normal l'est encore plus et vient s'ajouter à ça : sol (uranium, thorium, potassium), air (radon, carbone 14...), eau (radon, tritium, potassium dissout...), cosmos (rayonnement cosmique)...

Mais ça a le mérite d'être détectable et intéressant à mesurer, identifier et expliquer.

Pour info : un becquerel (symbole Bq) représente une activité radioactive de 1 désintégration par seconde.
Et 1 Bq en désintégration alpha n'a pas la même dangerosité que 1 Bq en gamma.

Voir : https://couleur-science.eu/?d=3afd00--becquerel-gray-sievert-les-unites-de-la-radioactivite

https://www.ouest-france.fr/monde/algerie/sable-du-sahara-radioactif-retour-a-l-envoyeur-7170019