Tout comme la fois où l’Europe a voulu bien faire en forçant les sites web à nous prévenir qu’ils utilisaient la technologie des « cookies » (des petits fichiers enregistrés dans le navigateur par les sites web), et que ça a été implémenté par les sites comme un popup de merde qui prend la moitié de la place de l’écran et qu’on n’a d’autre choix que d’accepter pour continuer sur le site, l’Europe est allé beaucoup plus loin cette fois.

Désormais, le site doit explicitement demander l’autorisation avant d’exploiter tout donnée. Si ça signifie par exemple que Facebook ne peut plus revendre nos données sans notre accord explicite.

Il va de soi que, du coup, Facebook nous demande notre accord. Ou plutôt… nous affiche un message pour nous dire que nos données sont exploitées (un point c’est tout). Comme ceci :

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(image parodique, mais fidèle, par Jean-François Pillou)

… et que si on n’est pas content, ben on n’a qu’à fermer notre compte.

Facebook n’est pas le seul.
En fait, tous les sites le font, et à chaque fois ils nous envoient un email :

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Quelle charmante attention <3

Mais ce n’est pas tout !
Ça, c’est pour les sites qui ne veulent pas perdre tous leurs utilisateurs ! Dans les faits, on a eu aussi d’autres cas.

Comme ceci ne concerne que l’Europe, les sites n’envoient ces emails ou n’affichent ces popups à la con que pour les utilisateurs européens. Les sites web de news américain qui s’en foutent des européens, eux, ne vont pas jusque là : certains sites ont carrément bloqué l’accès à toute l’Europe :

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Le site KTLA (un site de news de Los Angeles) bloque toute l’Europe

D’autres sites, par exemple Tumblr poussent le vice tellement loin qu’ils demandent sur toutes leurs pages qu’on accepte leur captation de données. Y compris le flux RSS.
Or comme les lecteurs RSS ne peuvent pas accepter quoi que ce soit, ce sont 400 millions de sites qui ne sont plus lisibles par RSS depuis le vieux continent.

Un site web a même été créé pour dénoncer tout ce brodel : « GDPR Hall of Shame »…

Et puis, n’oublions pas, surtout, qu’une fois qu’on a accepté leur « nouveau » règlement (un pour chaque site web), ils peuvent continuer à capter / revendre / exploiter / … nos données comme ils l’ont toujours fait.

C’est donc bien comme je le disais : ça part d’une bonne intention, mais ça ne changera rien… Dommage…

Comme d’hab, on a donc :

  • les utilisateurs qui sont emmerdés (spammés, aggressé à coup de popup, refusé sur certains sites…)
  • les sites qui continuent ce qu’ils faisaient
  • les députés qui vont pouvoir s’accorder une prime d’argent public pour payer le travail bien fait.

Nickel.

Alors que… Tout ce que nous demandons, c’est que les géants du net ne nous prennent pas nos données alors que ça n’est pas nécessaire. Ainsi, si je trouve normal qu’une application « météo » demande un accès à internet ou au GPS, il n’est pas normal qu’un OS nous demande les métadonnées de tous nos fichiers.

Dire qu’hier je plaisantais sur mon malheur d’utiliser le site d’EDF…

Hier et aujourd’hui, ce sont 400 000 étudiants qui galèrent avec le nouveau site pour s’inscrire dans les filières post-bac : ParcoursSup.
Comme on pouvait s’y attendre d’un site made in nation française et qui ne soit pas le site des impôts : c’est un bordel monstre, la moitié des étudiants sont dans la merde, il y a des incohérences partout et le site est down la moitié du temps.

Bon courage à tous ceux qui sont dans la galère avec ce site… En attendant, j’espère que le côté humoristique de ces quelques posts de Twitter détende un peu l’atmosphère :

tweets parcourssu

Enfin, un thread qui explique rapidement la procédure de l’autre côté du site : chez les profs dans les établissements

EDF, premier fournisseur d’électricité au monde ne sait pas faire un site web, voilà mon histoire (sortez les pop-corn, c’est long).


Ma situation actuelle fait que règle beaucoup de factures pour toi, EDF, en ce moment :
– suite au décès de ma mère, je dois m’occuper de payer les dus (électricité + gaz).
– en plus de ça, et depuis 2 ans, je règle aussi les factures EDF de ma tante, habitant aux P-B mais ayant une maison en France.

Concernant ma tante, c’est simple : son compte client n’a jamais fonctionné. Peu importe le nombre de fois qu’on appelle, les heures passés au téléphone, les multiples échanges sur Twitter : tu n’as jamais été capable de réparer le compte.

Du coup pour payer ses factures, ma tante passe par moi : je paye par carte au téléphone et elle me rembourse.

Pourquoi elle ne le fait pas elle même ? Ravi que tu poses la question !

  • Premièrement, elle ne peut pas payer sur son compte en ligne : son compte ne marche pas ! Bien que son email figure sur les factures que tu envoies, ça ne marche pas : toujours et constamment des erreurs.
  • Deuxièmement, elle ne peut pas payer par chèque, car dans tous les pays sortis du moyen-âge, les chèques (sources de problèmes et de fraude) n’existent plus. Ça ne se fait tout simplement plus.
  • Troisièmement, ton système de « TIP SEPA » où le client doit donner son RIB et où tu contacte ensuite la banque pour qu’ils t’autorisent un prélèvement, ne semble pas marcher avec les banques étrangères. SEPA étant pourtant une norme européenne, tu sembles t’y refuser… Aussi, pourquoi tu ne donnerais pas ton RIB à toi, pour que le client t’envoie l’argent ? Parce que c’est trop simple ? C’est pourtant ce que font tous les commerces en lignes, y compris à l’étranger.
    C’est comme ça que je paye mon hébergeur web (en Belgique), c’est comme ça que j’ai déjà payé sur LDLC, ou sur le site de Dell. Bref.
  • Quatrièmement, ton système de paiement par téléphone fonctionne bien en France (50% du temps, ce qui n’est pas mal : le reste du temps tu « ne comprend pas mon numéro de client » — ah et faudra songer à ne pas mélanger « numéro de compte » et « numéro client » : c’est pas pareil, pourtant ton serveur vocal parle des deux de façon indifférente, c’est « confusant » comme ils disent les jeunes du digital nowadayz)… Bref, j’en étais où ? Ah oui : ton système de paiement par téléphone ne marche pas depuis l’étranger.
    Je ne sais pas si c’est que tu détecte le pays d’origine par le numéro ou par la provenance géographique, mais ça marche pas : impossible de payer. Par ailleurs, si en France on utilise des cartes de crédit, en Hollande (et sûrement ailleurs aussi) on utilise des cartes de débit, avec des numéros un peu différents, sans code de sécurité. Faudra penser à les inclure dans ton système.
  • Cinquièmement, on peut également payer dans un bureau de poste, mais il faut avoir un compte bancaire en France, ce que ma tante n’a pas.

Pour ces raisons, donc, c’est moi qui paye ses factures.

M’enfin.
Mais ça, c’était pour ma tante. Concernant ma mère maintenant…

… le compte en banque de ma mère a été bloqué après son décès. C’est normal.
Mais du coup, tes prélèvements ont échoués. Comme il faut résilier ses abonnements, tu nous envoie des factures de résiliation. Normal également.

Ta première facture était de 200 € (et des poussières). J’appelle donc le serveur vocal : 305 €. Bon… Je regarde en ligne sur le compte : 305 €, pas d’explications. Je vais donc demander à ton CM sur Twitter : il semble que le montant de régularisation de 200 € se voit augmenté d’un prélèvement mensuel qui a échoué. Ok, je paye les 305 €.

Deux jours après, je reçois la même facture, mais pour le gaz cette fois. Il y est inscrit le montant du prélèvement qui n’a pas marché, en plus du montant du gaz. Re-belote, go Twitter pour demander qu’est-ce que le fuck et que j’ai déjà payé ce prélèvement échoué… J’apprends alors que le prélèvement pour avril n’a pas marché non plus.

  • Première remarque : vous pouvez pas être plus clair sur les factures et indiquer précisément ce qu’on vous doit et pourquoi ?
  • Seconde remarque : pourquoi les montants sont sur une facture et pas l’autre ? C’est pas logique…
  • Troisième remarque : ça ne gène pas que, ayant un site web vous même, le seul moyen efficace de vous contacter soit de passer par une plateforme américaine (Twitter) ? En 2008, personne ne vous aurait vu résoudre les problèmes des gens sur MSN, je pense… Pourtant 10 ans plus tard, nous y voilà…

Bon, il faut donc payer la facture de résiliation de gaz…

Je m’en vais donc sur ton site… impossible de me connecter : « une erreur est apparu, appelez un conseiller au 09… bla bla bla ». J’essaye sur un autre navigateur : idem. J’essaye sur mon compte EDF à moi : ça marche pourtant bien.

J’essaye par téléphone (sur votre serveur vocal) : c’est à ce moment que le numéro de compte n’est pas reconnu « désolé, je n’ai pas compris bla bla bla ». J’essaye une seconde fois, une troisième : nope, ça ne marche pas.

À ce moment là je commence à désespérer de vous : comment le numéro un mondial de l’électricité arrive avoir un système aussi merdique, aussi bancal, aussi cassé, aussi impraticable, aussi fermé, aussi inutilisable ?

Et c’est à ce moment là que, dans un moment d’égarement sans doute (probablement le « confusant » de tout à l’heure qui m’a « confusé ») : je décide d’installer l’application « EDF et Moi » sur mon téléphone. Je me connecte avec le compte de ma maman…

Il faut par contre valider son compte avec un code envoyé par SMS. Ouais, sauf que — gros malin — le contrat chez Orange de ma mère est résilié : je n’ai plus son SMS ni son numéro. Je clique (machinalement) sur « je n’ai pas reçu le code ». Ô miracle : on me propose l’envoie sur l’email (dites, vous auriez pu le dire, au lieu de cacher ça !). Il se trouve que ma mère (prévoyante, et je la remercie infiniment pour ça) avait écrit tous ses codes, donc j’ai accès à son email !
Je valide l’envoie du code par email et j’attends.

J’attends 5 minutes.

J’attends 1 heure, 2 heures.

Toujours rien.

J’imagine que ça non plus ça ne marche pas… Tant pis…

Et là, plus tard dans la soirée, je reçois un email. Il aura fallu 5 heures pour que l’email transite d’EDF à Gmail avec le code !

Alors soit c’est un code avec un octillion de chiffres (d’où le temps de transfert), soit votre système a un sérieux coup de mou : ce sont les ondes du Linky qui font ça ?

Hein ? C’est Enedis ça, c’est pas vous ? Ah pardon. Confusé je fus. Me pardonnez vous demande je.

Donc 5 heures après, j’ai mon code à usage unique.
En fait, c’était seulement 4 heures après : j’ai vu l’email sur le téléphone de ma maman environ 1 heure après qu’il soit reçu. Je me dis donc « merde » car normalement, ces codes expirent très vite (pour des raisons de sécurité) : on parle de 15 minutes, parfois.

Malgré tout, j’essaye de le taper (oui, je suis parfois entêté, mais plein d’espoir, donc vraiment très con).

Et bien mesdames et messieurs, chez EDF, les codes de sécurité à usage unique ont une durée de vie qui excède 5 heures : j’ai pu me connecter en utilisant l’application. J’ai même pu payer la facture !

Par contre, je ne peux pas me connecter sur le site : toujours la même erreur.

Bref, j’ai payé ma facture EDF.

Ça m’a pris 4 appels, 24 tentatives sur le site, dans 2 navigateurs sur 3 jours, 2 séances discussions sur Twitter, 2 installations de ton application (oui, vu que ça marchait pas après l’envoie de l’email, j’ai viré l’appli), et j’ai appris qu’un email mettait environ 5 heures pour arriver avec un code à 6 chiffres qui n’expire pas.

Je ne sais pas ce que tu comptes faire avec tes 300 euros, mais paye toi un stagiaire de classe de troisième : n’importe lequel d’entre-eux sera capable de faire un site web avec une interface client qui soit moins bordélique que ce que tu as maintenant. Pitié. En plus (merci tonton Macron), tu auras juste à donner un bol de riz et une pause pipi, tu n’auras même pas besoin de le payer, je suppose.

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Commençons déjà par prendre quelques secondes pour rigoler à propos de l’expression « rémunération équitable ».
Voilà, c’est fait.

Bien.
Les pirates ont encore attaqué…

Non content de piller les artistes qui signent chez Universal, Sony et les autres, voilà qu’ils vont pouvoir recevoir de la thune même avec de la musique que les créateurs mettent librement à disposition de tout le monde.

En gros : je crée de la musique, je dis clairement que n’importe qui peut utiliser cette musique comme ça lui chante (vendre cette musique et en vivre ne m’intéresse pas). Un magasin est donc autorisé à diffuser ma musique dans leur boutique. Et bien, grâce à la Loi Française, le magasin devra quand-même payer la SACEM (une groupe de malfrats qui volent les artistes pour donner aux riches). Moi en revanche, je ne toucherai rien (exactement comme je le souhaite).

Se faire son beurre avec le travail le travail des artistes, sans soi-même bouger le petit doigt ou produire de l’art. C’est bien ce que je dis : ces raclures sont des pirates.

Mh… si c’est la loi qui est faite comme ça, je me trompe : la SACEM sont plutôt des corsaires. Les mêmes méthodes de banditisme et de destruction que les pirates, c’est juste que c’est légal avec l’aval de état.
Et avais-je mentionné le fait qu’ils ont fait pareil avec les photos, les dessins et autres œuvres graphiques ?

Y a pas à dire, en France on protège le créateur et l’artiste.

image de Shelly S

image de la terre plate
À lire :

Donc si je résume, 1 français sur 10 refuse de voir la réalité en face, refuse d’admettre que l’on a pris la Terre en photo et qu’on est allé voir qu’elle est bien sphérique.

Ma solution ?
Ben… 1 français sur 10 mériterait de retourner vivre dans une grotte à ronger des os de mammouth et bouffer des baies sauvages pour mourir de vieillesse à 30 ans.

Il leur faut quoi à ces gens, sérieusement, pour admettre non pas la « version enseignée à l’école » mais la réalité ?

Car la réalité, ce n’est pas quelque chose qui soit sujet à débat.
Ce n’est pas quelque chose que l’on peut sélectionner ou non dans sa façon de voir les choses.

On ne peut pas choisir de « ne pas croire » en la réalité. Ce n’est pas quelque chose qui se fait de dire « je ne crois pas en F=GmM/d², je préfère ne pas être attiré par la Terre et m’envoler ».

Je l’avais déjà dit et je maintiens : penser vivre dans un monde ou un univers qui n’est pas le monde réel, c’est une hallucination chronique, une déficience mentale, bref de la folie.

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