#23033 - Stéphane HUC :: IT Log :: Fabrication Humaine
Une association qui regroupe tout type d’auteurs, d’artistes et d’acteurs qui revendiquent l’esprit humain en tant que processus créatif d’une œuvre, et ne reconnaît l’œuvre qu’au-travers de ce process, refusant la reconnaissance, dans l’état actuel, d’une œuvre faite par IA. Il n’exclut pas l’usage de l’IA, mais ne lui reconnaît pas de processus cognitif à la création.
La dernière phrase me semble la plus importante.
Car en fait, c’est un processus qui a déjà eu lieu.
Combien d’entre-vous (entre nous) utilisent des verres, tasses, où assiettes faites à la main ? Combien ont acheté leur dernière meuble chez un ébéniste, et pas chez Ikea ou Castorama ? Probablement pas beaucoup.
Pourquoi j’y vois un parallèle : on a le choix entre du matériel produit de façon artisanale, à la main, forcément unique… ou alors des choses faites à la machine, par lot de 500 et pas pour pas cher.
Aujourd’hui, pourtant, personne n’a honte de se fournir en matériel « générique » pour l’essentiel de ses besoins.
Le charme de l’artisanal est toujours là, je suppose, mais ça a un coût qui ne vaut pas forcément le coup.
Quand il s’agit d’une pièce de décoration, un bijou ou quelque chose dont on sait qu’il va durer une vie, je serais effectivement prêt à aller voir un atelier d’artisan.
Mais pour du matériel du quotidien… bof.
Une bague, une montre, un logo, un couteau suisse de poche unique fait sur mesure, ok.
Un set de verres ou de la vaisselle pour la vie quotidienne, franchement, JE n’en vois pas l’utilité.
Chacun verra où il serait prêt à mettre des pièces artisanale, ou non, évidemment.
Pour l’IA, je pense que ça va finir pareil.
Les programmeurs, ce sont les artisans du code. Pareil pour les artistes numériques, les créateurs de logo, des fontes, de slogans : des artistes (ou artisans d’art ?). Des choses dont le prix vaudra le coup pour certaines occasions.
Mais le marché de masse finira submergé par des trucs fait par IA. Je ne dis pas que c’est mal, ni que c’est bien. Je dis juste qu’il ne faut pas que ça surprenne : c’est un processus qui a eu lieu pour beaucoup de choses. C’est comme ça. On peut essayer de se battre, contre, mais c’est peine perdue.
Par contre, je pense que, comme pour les artisans d’art en tout genre, il restera toujours une niche de consommateurs qui ont le goût et les moyens de vouloir des choses faites par un humain. C’est ça notre nouveau marché. Faut faire avec.
On le retrouve avec la nourriture : qui va acheter ses légumes chez le fermier du coin, ou ses plats chez le traiteur, plutôt que tout prendre à Carrouf, où les légumes sont produits à la tonne à coup d’engrais, dans des serres et récoltées par les machines ?
L’IA et l’art c’est pareil.