Alexander Stahel ūüáļūüᶠ(@BurggrabenH): "Let's talk electricity. Europe is in danger of rolling electricity shortages‚Ķ / Twitter

Un long thread expliquant la merde que c'est pour l'électricité en Europe.

Le réseau électrique est une machine assez complexe : d'une part, la production DOIT à chaque instant doit correspondre à la consommation. D'autres part, les différentes centrales de production doivent être en phases ensemble.
S'il y'a un équilibre quelque part, ça surcharge ou ça sous-charge, dans les deux cas ça se voit sur le réseau au niveau de la fréquence du signal 50 Hz, qui fluctue légèrement. Une trop large fluctuation signifie des pans entiers du réseau qui risquent de se mettre en défaut, réduisant la charge, et surchargeant le réseau, provoquant d'autres pannes et potentiellement des pannes en cascades qui sont incroyablement difficiles à résoudre.

Le problème aujourd'hui, c'est que que les pays historiquement exportateurs d'électricité (France, Allemagne, Norvège...) ne le sont plus. Ça pose problème pour eux, mais aussi pour les importateurs (Italie, Autriche, Finlande...).

La raison ? La diminution du nucléaire pour une bonne partie : fermer une centrale nucléaire, c'est comme fermer un hypermarché dans une ville : très vite, les gens vont dévaliser les épiceries qui ne peuvent pas subvenir à tout le monde et c'est la pénurie, à moins d'en construire un très grand nombre (chose qu'on ne fait pas avec l'énergie : 50 éoliennes c'est beau, mais pour remplacer une centrale nucléaire de 3 réacteur de 1 GW chacun, ce sont 5000 éoliennes qu'il faut, pas 50, prenant en compte le facteur de charge, mais pas l'intermittence ni l'impossibilité de piloter...)

Et pour une bonne part parce que le réseau fonctionne par prédictions de la consommation, basée sur la consommation de la veille, et même du jour de la semaine, et en ajustant la production chaque minute de l'année.

Problème : si le nucléaire, le fossile et l'hydro sont facilement pilotables, le vent et le solaire ne le sont pas du tout. Pire, leur intermittence doit être compensée par les autres sources, en plus du pilotage normal de la consommation. Résultat : une hausse de 50% dans les incidents sur 2021 par rapport aux années d'avant.

Dans l'ensemble, les choix politiques de fermer du nucléaire pour le remplacer par du vent et du solaire pnt rendu le réseau instable et sous dimensionné.
Quant à l'hydro, il souffre évidemment d'un été très sec et les barrages sont vides y compris dans le nord, en Norvège, qui produit sa majorité de l'électricité, y compris pour l'export, avec ça.

Il reste quoi ? Le fossile. Dont l'usage empêchera d'atteindre la neutralité carbone et ne feront qu'accentuer les problèmes actuels.

Ah et ces problèmes :
- fermeture des centrales nucléaires
- basculement sur du renouvelable instable
- sécheresse
S'observe partout dans le monde...