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De la peinture à la flamme sur du cuivre... - Arfy'z tranche du Net

Joli !

Le cuivre n’est pas le seul : les aciers aussi et sûrement plein d’autres, comme ça : https://scontent.cdninstagram.com/hphotos-xpt1/t51.2885-15/s320x320/e35/1737370_1455340854788345_1453004953_n.jpg

En fait, ce sont les couches d’oxydations qui font ça, et la couleur a la même origine que les couleurs sur les bulles de savon (les teintes sont les mêmes que sur les métaux chauffés, en plus).

Si une couche d’oxydation mesure par exemple 265 nanomètres d’épaisseur, alors la lumière qui passe à travers cette couche et vient se refléter sur le métal en dessous subit des modifications : les rayons de longueur d’onde double à l’épaisseur de l’oxydation sont annulées (par interférence destructive). Donc ici, le double de 265 nm étant 530 nm, cela correspond au vert. L’onde lumineuse verte s’annule donc totalement et la lumière blanche incidente revient sur nous sans le vert. Il reste quoi ? Bleu et rouge (principalement) : la couche d’oxydation semble donner une impression de magenta-rougeâtre.

D’ailleurs, si on met une flamme de chalumeau (ou de gazinière) quelque part sur un métal (genre sur une cuillère), on voit une séquence bien précise :
– violet/bleuâtre/cyan (disparition de la partie spectrale "inférieure", le côté du rouge ; il reste principalement du bleu/violet/vert)
– rouge/magenta (disparition de la partie centrale verte-jaune du spectre ; il reste les extrémités rouges & bleues, dont le mélange est magenta)
– jaune/orange (disparition de l’extrémité bleue/violette du spectre ; il reste le rouge et le vert principalement, dont le mélange est jaune-orange).

On voit très bien cette séquence bleuâtre-rougeâtre-jaunâtre ici : http://lehollandaisvolant.net/img/a4/Figure6DCleanedchromemolylr.jpeg
Ou là : http://www.burnsstainless.com/images/products/display/Polish%20Comparison%20304%20meg.JPG


Cette séquence provient de l’épaisseur décroissante de la couche d’oxydation : le violet correspond à la couche la plus oxydée, et donc la plus épaisse (moitié de 800 nm du rouge, donc ~400 nm) le rouge c’est une couche intermédiaire (moitié de 500~600 nm, donc environ 250 nm~300 nm) et le jaune-orange correspond à une couche fine (disparition des faibles longueurs d’ondes du bleu-violet de 400 nm, donc épaisse de ~200 nm). Ailleurs, il y a des couches d’oxydation aussi, mais les teintes qui disparaissent sont soit UV, soit IR, donc invisibles et la couleur réfléchie est blanche, donc normale.

J’ai pensé à tout ça vendredi dernier, en travaillant sur une pièce de métal passée au chalumeau (au travail) et en observant les teintes d’oxydation, justement.

PS : quand on prend du titane et qu’on laisse l’azote de l’air l’oxyder tranquillement, on obtient ça :
https://img1.etsystatic.com/003/0/6612030/il_fullxfull.380908881_dhmo.jpg (cristaux de titane nitré)
http://imgs.inkfrog.com/pix/blade.addict/8130_%282%29.JPG (couteau en titane)
(et on retrouve à nouveau notre séquence bleu/rouge/jaune, tout ça quand on mélange l’action de la chimie des métaux et les interactions de la lumière et de la matière)
http://www.arfy.fr/dotclear/index.php?post%2F2015%2F09%2F07%2FDe-la-peinture-a-la-flamme-sur-du-cuivre---