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Voir : "Louis XIV deviendra Louis 14" : la presse italienne s’insurge contre l’abandon des chiffres romains par le Musée Carnavalet

Pour moi — et ça n’engage que moi — y a deux solutions quand une partie des gens ne comprennent pas une partie des choses :

  • soit on modifie les choses pour abaisser le niveau de difficulté à celui des gens ;
  • soit on élève l’intelligence des gens pour leur permettre de comprendre les choses difficiles.

Ici, visiblement, au lieu de choisir d’enseigner les chiffres romains à l’école, ils ont choisi de simplifier les choses pour les quelques idiots qui préfèrent aller sur Instagram durant les cours de math.

Qu’on souhaite arrêter d’utiliser les chiffres romains pour les nouveaux trucs, c’est une chose. Qu’on souhaite modifier l’Histoire pour s’avilir au niveau actuel pitoyable, c’est juste ridicule.

Louis 14…
Pourquoi pas « Fransoi Un », tant qu’on y est ?
Ou « An Riz 4 » ?

Louis 14…

Après le Louvre, le Musée Carnavalet a décidé de remplacer les chiffres romains par des chiffres arabes. Un changement qui a pour principal objectif d’améliorer la compréhension des œuvres par les visiteurs étrangers.
"Nous ne sommes pas contre les chiffres romains, mais ils peuvent être un obstacle" à la compréhension des œuvres et des expositions, a expliqué Noémie Giard, responsable du Musée Carnavalet, citée par Le Figaro.

Ben je sais pas, moi, tu mets ça :

[…] Louis XIV* […]

* 14.

Un musée c’est pas censé cultiver les gens avant tout ? Au lieu de remplacer, on peut pas étendre ? Les quatre caractères en plus, ça va exploser le budget en affichettes ?

La prochaine étape ça va être de redéfinir l’unité des nombres réels pour que l’accélération de pesanteur terrestre soit arrondie à 10 ?
De modifier la courbure de l’univers pour que π soit égal à 3 ? Ah et tant que j’y suis : on va devoir écrire « pi » au lieu de « π » pour que tout le monde comprenne ?

Je veux bien simplifier les choses, bien-sûr, je suis aussi là pour ça et je le fais. Mais j’ai systématiquement utilisé la notation admise en l’expliquant !

Par exemple : quand je parle de la constante de perméabilité magnétique du vide (oui ça m’arrive ?), je mets « μ0 (lire “mu zéro”) », et pas juste « mu0 ». Ainsi, la prochaine fois que vous rencontrez ce signe, vous vous souviendrez comment on le lit.

Autre exemple : est-ce qu’on penserait une seule seconde supprimer les inscriptions latines sur les monuments, pour les remplacer par du français ? Bien sûr que non ! On va ajouter une pancarte à côté avec la traduction !

Ben là c’est pareil… Ou plutôt, j’aurais aimé (et je ne suis pas le seul visiblement).

Je ne dis pas que c’est une méthode parfaite, mais je pense que c’est une bonne méthode : elle montre les choses telles qu’elles sont, puis telles qu’elles doivent être lues et comprises par ceux qui n’ont jamais appris ça.
Ça permet d’élever le niveau des gens, de lui apprendre quelque chose, tout en conservant l’aspect historique du monde. C’est pas un peu le but, au final ?

Bref, je dénonce surtout le fait de prendre des bonnes décisions pour les mauvaises raisons et via les mauvaises méthodes.

On simplifie l’accès à l’information : c’est bien.
Mais pourquoi on doit faire ça ? Car on n’enseigne plus les chiffres romains.
Et comment on fait ça ? En supprimant les chiffres romains ?

Merde.

Je préfère qu’on élève le niveau des gens face aux choses compliquées, en mettant les deux versions… Encore plus dans un musée, qui est un établissement où l’histoire est censée être conservée, pas réécrite !

19 commentaires

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YannHic a dit :

Il n'y a donc aucune institution garant de l'exactitude de l'histoire ?

Par exactitude j'entends: cultiver un minimum langue morte comme le latin; garder la globalité de l'information (V et non 5) qui contribue à la bonne compréhension de l'époque...

Si c'est réellement comme ça, qu'il n'existe aucune levier, c'est très grave. Je sais pas si vous connaissez le film qui date déjà un peu "Idiocraty"... Là j'ai presque l'envie de dire que ce n'est plus un film américano-comique, mais bel et bien un film d'anticipation.

Ciao
Y.

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Ramzi a dit :

J'ai été surpris y a quelques mois de voir que certains de mes étudiants en master informatique n'étaient pas familier des chiffres romains. J'ai donc dévié un peu du cours initiale pour leur expliquer l'importance de certaines annotations et aussi la nécessité d'enseigner la terminologie en générale.
Les mots ont de l'importance et leur histoire ne fait que leur donner plus de sens.

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V0r4c3 a dit :

Je soutiens tout à fait ton commentaire.
Affligeant de voir que de plus en plus, on nivelle vers le bas le savoir, la culture, l'intelligence.

Je me souviendrais toujours de collègues qui se foutaient de nous parce que l'on avait un semblant de culture et parlait parfois géopolitique, sciences ou philosophie (et encore, souvent des réflexions simple). Et de voir ces drôles trouver étonnant que l'on essaie de leur insuffler un semblant de bon sens, un soupçon d'analyse critique ou un quelconque savoir dans leur petit crâne.

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Eric Zemmour a dit :

Remplacer des romains par des arabes !!! SKANDALEUXXX ! Le grand remplacement continue !
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(disclaimer : ce commentaire peut contenir des traces d'ironie)
(PS : le captcha ne fonctionne pas, pour la somme de "cinq + cinq", je n'arrive pas à insérer la réponse "X")

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Blurk a dit :

Comme ces livres pour ados (Enid Blyton, Paul Jacques Bonzon) qu'on a récrit au présent, pour supprimer le passé simple et l'imparfait. pareil. Direction la novlangue. Je suis d'accord pour dire qu'au lieu de rendre les gens plus cultivés, on supprime la culture.

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seb a dit :

@Blurk :
Dans le même genre, il me semble avoir vu passer un truc du genre, on enlève les "nous" pour les remplacer par des "on"

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Strahd Ivarius a dit :

Vous remarquerez que c'est la presse italienne qui a levé le lièvre (juste avant Pâques, coïncidence ?).
Parce que la presse française...

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galex-713 a dit :

@Strahd Ivarius : En Italie ils sont plus attachés à l’histoire latine/romaine… puis c’est de là que ça vient (nationalisme, toussa), le Vatican y est enclavé… etc.

Par contre perso je trouve ça bien, justement pour la même raison qu’une réforme orthographique me semblerait une bonne idée (le parallèle est, je trouve, très pertinent : on parle bien d’une « orthographe des nombres » en quelque sorte). L’idée « simplifier les notions vs. cultiver les gens » aussi, est une bonne opposition je trouve, mais je ne prends pas le même parti : simplifier les notions déjà nécessaire et rendre davantage optionnelle les plus complexes, voire farfelues, ou en tout cas moins pratiques… ça permet de diminuer le niveau de connaissance nécessaire pour faire la même chose… donc moins de chose dans la tête de base… et donc plus de place pour autre chose ! C’est exactement comme quand on trouve qu’un concept, langage, lexique, API, conception, théorie, etc. est plus « élégant » parce que ses éléments/concepts de base sont orthogonaux et que leur combinaison est maximalement riche !

D’ailleurs c’est une notion assez présente en programmation, Timo, du coup cet argument m’étonne un peu de toi : vaut-il mieux conserver une API mal foutue et rajouter des couches d’abstractions par dessus quand sa complexité conceptuelle commence à faire goulot d’étranglement… ou la réécrire ?

En l’occurrence je suis sûr que c’est exagéré : c’est exactement dans le même vent que remplacer des mots comme « nègre » dans les titres informels de certaines œuvres au musée, tout en laissant le titre original en dessous… Je suis certain que *personne* ne s’avisera de regraver de la roche antique ou de repeindre par dessus des chefs d’œuvres. Comme tu le dis « sur les nouveaux trucs c’est ok » : mais les étiquettes, en général, on les veut de bonne qualité… on doit bien les renouveler à un moment… ? perso du coup ça me choque pas, les étiquettes, elles, sont pas des œuvres historiques…

…et l’article a publié un démenti, non ça n’affecte que les dates en fait… pour lesquelles on fait déjà ça depuis longtemps ! mais là surtout les siècles : 21e siècle au lieu de XXIe siècle… perso je fais comme ça depuis toujours.

À la fin de l’article, on ironise sur supprimer la différence entre majuscules et minuscules… perso ça aussi je serais tellement pour, le bicaméralisme est un gros problème, quant un retour au tout-minuscule à la UNIX me plairait beaucoup…

Puis…

On simplifie l’accès à l’information : c’est bien.
Mais pourquoi on doit faire ça ? Car on n’enseigne plus les chiffres romains.
Et comment on fait ça ? En supprimant les chiffres romains ?

chuis le seul à trouver que la première phrase n’est pas contredite par les suivantes ? que c’est pas forcément grave à cause de la première ?

PS : sinon, en attendant une réponse assassine, mon petit grain de culture : lisp, premier langage interprété, premier langage fonctionnel, deuxième plus vieux langage encore utilisé, gère les chiffres romains par défaut, ainsi que les chiffres en lettres (en anglais seulement bien sûr malheureusement, mais selon l’échelle longue, pas américaine, il me semble, et en plus ils ont dû faire des recherches historiques pour confirmer qu’en effet, à partir de qu’au delà d’un hécatillion ou chépuquoi ya pu de mots, car personne n’a jamais dans l’histoire exprimé de nombres aussi gros en langue anglaise, et qu’ils n’ont plus d’autre choix que de se répéter xD (genre hécatillion d’hécatillion…)).

Notons que le langage est si vieux que dans la ref ya des warning comme quoi dans certains dialectes (le premier), on écrivait tous les nombres en octal (machines 36bits…), et donc ni en hexa ni en décimal x)

Il me semble aussi qu’avec les dialectes de TeX (LaTeX, GNU TeXinfo…), c’est le seul langage de programmation à gérer les chiffres romains officiellement, et par un heureux hasard, les deux sont des langages de macros (et qui ont développé de nombreux dialectes incompatibles entre eux, dont le cœur est rarement compréhensible par le commun des mortels, et qui sont très peu utilisés ou en tout cas compris)…

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Le Hollandais Volant a dit :

@galex-713 : y'a pas que latex.

Le html/css gère les chiffres romains, arméniens, japonais, cambodgiens, grecs,... Pour les listes à puces ordonnées.

https://developer.mozilla.org/fr/docs/Web/CSS/list-style-type

Je suis certain que *personne* ne s’avisera de regraver de la roche antique ou de repeindre par dessus des chefs d’œuvres

Non c’est vrai : la mode, c’est de supprimer totalement les statues en roches antiques (cf les américains qui supprimes les statues de Lincoln, Collomb & co).

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Salomon a dit :

Entre temps, il semble qu'il y a eu un correctif de la part du musée sur les noms des rois.

ps : j'ai dû lire l'article en entier pour comprendre son titre :)

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galex-713 a dit :

@Le Hollandais Volant : ah bien vu mais CSS n’est pas un langage de prog ! parce qu’à ce niveau là j’ai bien failli citer le format d’org-mode dans emacs, qui gère aussi les chiffres romains, mais n’est pas turing-complet. Et il me semble bien que css, seul, sans html, et pour faire des manipulations arbitraires sur le DOM ou des requêtes réseau, n’est pas turing-complet.

Par contre me souviens pu bien mais pour les statues aussi t’étais contre leur retrait sélectif ? malgré le classique argument « se souvenir n’est pas encenser » (genre, on peut déboulonner puis revendre à des privés, des collectionneurs, ou des coins plus à droite (ou plus en accord avec ce que ça symbolise) chépa) ? Perso je m’en fous les statues je les regarde jamais et je sais jamais ce qu’elles veulent dire et elles sont ennuyeuses, et souvent ouais c’est des trucs de droite donc bon (après c’est pas moi qui suis à la mairie, et tant qu’on fait pas voter les gens pour ça…)… à la limite je trouve jolies (parce qu’impressionnantes) les statues de 30m de haut en ex-URSS x) mais bon c’est pas moi qui y vit et y ait vécu donc bon osef et c’pas à moi de juger

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Le Hollandais Volant a dit :

@galex-713 : L’idée de base de l’article était de dénoncer la baisse de niveau intellectuelle. Je peux me tromper, mais y a 100 ans, je pense que tout le monde [éduqué] savait aussi bien compter en chiffres arabes qu’en chiffres romaines.
Aujourd’hui, tout le monde est éduqué (en théorie) mais plus personne ne sait (visiblement) manipuler les chiffres romaines. Et comme dit @Blurk, il en va de même pour le langage écrit (on vire le passé simple, etc.).

Certes ce ne sont pas des choses qu’on utilise tous les jours (quoique), mais ce n’est pas une raison de supprimer ça. Ça s’appelle la culture, la connaissance, l’éducation. Et franchement, les chiffres romains c’est vraiment pas si difficile.

Et d’un certain côté, un « Louis XIV » appartient autant à la culture que la peinture qui le représente. Si l’on veut écrire « Louis 14 », autant refaire la peinture elle-même dans un style moderne, en disant que c’est une version modernisée.

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galex-713 a dit :

@Le Hollandais Volant : on supprime pas, on rend dispensable. Et rappelons, une ènième fois, que le changement noté ne s’appliquera *pas* à « Louis XIV » (malgré le fait que parfois j’eusse écrit Louis 14), mais à « XXIe siècle ».

Et justement je conteste l’unicité d’un soi-disant « niveau intellectuel ». Il y a deux choses séparées, et complémentaires : la capacité de calcul, et la mémoire. La mémoire c’est la culture. En diminuant la culture à connaître, on libère soit de la capacité de calcul, soit on fait de la place pour plus de culture, mais différente. Je ne crois pas à la baisse de niveau. Je crois qu’on « compresse » naturellement et constamment, depuis l’aube de l’humanité (et de l’existence de l’apprentissage automatique neuronal dans la nature, en fait) la culture dans le minimum utile.

Il y a 100 ans le niveau d’analphabétisme était plus élevé que maintenant, donc non. Un petit exercice amusant serait de compter combien de lettres par minutes on lit de nos jours, en moyenne. Je suis à peu près convaincu que, notamment depuis internet, et encore plus depuis les ordis de poche, c’est colossal. En comparaison, ya 100 ans, c’était *possible* de vivre *et de socialiser* (voire travailler, on était au dessus de nos seuls 30% d’ouvriers actuels) sans savoir lire (actuellement, en fonction de la tranche d’âge, éviter certains réseaux sociaux c’est se désocialiser). Je me souviens quand j’étais petit, il y avait des *discussions* pour *convaincre* les enfants que savoir lire est utile (et on rechignait, et on trouvait des arguments, car oui pour beaucoup de monde, on ne lisait pas tous les jours). Je pense que ça, ça a disparu, totalement, maintenant, et personne n’y prête attention tellement c’est un phénomène écrasant. Maintenant, la question est : que lit-on ? du vide ? de la répétition ?

C’est analogue aux discussions à propos des baisses de niveau du bac et des mathématiques en général… il me semble que pourtant certaines études montraient qu’au contraire ça a monté…

Quel est le nombre moyen de livres lus dans la vie de nos prédécesseurs ya 100 ans ? de films vus ? de musiques entendues ? le temps d’écoute ? et je parle pas de la tendance, somme toute, à y réfléchir, récente, de *tout le monde*, même en bas âge, à se faire une opinion (parfois stupide je le concède) en politique. Je suis persuadé que niveau culture, ça fait longtemps qu’on en est au niveau « boulimique ». Dès lors, la question n’est plus « combien ? » de culture, mais « quelle » culture. Quelle culture est légitime, plus stylée, plus ancienne, plus utile, etc. etc. c’est un débat sans-fin. Perso je considère que 10 personnes qui comprennent d’intérêt du binaire ET de l’hexadécimal en valent bien 10 000 qui savent lire les chiffres romains, qui nous on traîné dans le marasme mathématique pendant longtemps.

Autre chose : ya plusieurs millénaires, on utilisait des alphabets/abjads pour compter, parce qu’on avait pas encore de chiffres, et c’était un système additif. Qui sait lire une gematria en hébreu de nos jours ? qui était au courant que les aztèques comptaient dans un hybride entre une notation positionelle en base 60 et une notation additive en base 20 à l’époque ?

Connaître les chiffres romains, sinon pour le clacissisme, ya *une* grande utilité, dont j’imagine que tu y penses comme moi : réaliser à quel point, par contraste, le système de notation positionnel est puissant, et l’évolution des différentes possibilités de noter les quantités, les nombres, et les implications pratiques, calculatoires, etc. de ça. Il est plus facile d’expliquer la différence entre octal, décimal, dozénal, hexa et base64 quand on utilisait juste avant les chiffres romains qu’en baignant dans une espèce de marasme où les chiffres arabes (et même pas les lettres ! non sérieux qui écrit les chiffres en lettres depuis les ordinateurs ? plus personne sait faire ça… et pourtant ça reste « plus légitime ») sont le seul moyen de noter les quantités.

Sauf que… j’ai jamais observé cette connaissance être mise à profit. Expliquer la notion de notation additive dans un abjad genre l’hébreu, le phénicien, le babylonien, l’aztèque (non pas l’aztèque, mais c’est partiellement additif aussi), est toujours aussi difficile. Expliquer un masque, n’en parlons pas… pourtant entre un masque et des chiffres romains… en fait personne n’utilise jamais les chiffres romains. Les chiffres romains, dans l’esprit collectif, n’occupent même pas le rang d’ancienne technologie dépassée avec des contraintes différentes, ils occupent le rang de style plus complexe spécial qui demeure d’usage dans certains cas précis et normés, par tradition : la numérotation des pages avant les chapitres (faut le savoir ça, pas grand monde y pense), des chapitres eux-mêmes *parfois*, des siècles, des rois, certaines horloges, et le reste j’ai moi-même oublié… mais j’en bénéficie quand même d’une connaissance passive : présenté au bon cas, je saurai quand ça s’applique… mais je saurais pas les lister… parce que c’est arbitraire… dans QUEL CAS une telle situation est acceptable ? s’énerver pour ça, ce serait comme s’insurger que qqun commence à mesurer l’alcool en centilitres plutôt qu’en utilisant le système impérial (et ensuite va te casser la tête à réexpliquer *plusieurs fois* la différence entre masse et volume (et la notion de masse volumique), et comment convertir entre les deux, à des gens qui oublieront en permanence parce que le lien est devenu non-trivial (bah oui forcément si on se met à utiliser une unité de mesure différente par objet mesurer, comparer les objets devient moins évident…) et synonyme de frustration intellectuelle…)… on en est au point de s’opposer au système métrique ? pourtant toi-même est du genre à critiquer le fait que le monde n’y passe pas non ?

En fait je trouve assez surréaliste de défendre les chiffres romains chez des informaticiens, sinon comme façon de nuancer un autre propos. C’est comme défendre l’idée de garder des choses mal faites dans les données qui doivent être forcément chargée au démarrage d’une runtime… comme bibliothèques chargées séparément ok, mais on pense aux conséquences pratiques d’imposer ça partout ?

J’irai même plus loin : perso, si ça tenait qu’à moi, et pour moi ça tient de la même idée, si on pouvait supprimer les chiffres arabes, pour passer à l’hexadécimal, ou au dozénal, j’en serais heureux. Imaginez qu’en informatique yait pu à retenir les puissances de deux (après tout « connaître les puissances de deux », ça veut juste dire connaître par cœur les suites de chiffres dont on a besoin en décimal pour exprimer les nombres ronds en hexa/binaire… et parce qu’on nous apprend les tables de multiplications en décimal (elles n’ont de sens qu’en décimal, tenter de réapprendre les tables de multiplication en hexa serait rigolo)) ? nous autres informaticiens on s’en foutrait pour nous-mêmes entre nous, on les connaît, mais imaginez si quand une personne ignorante lambda fait un truc numérique, PAR DÉFAUT ça fit sur un nombre entier de bits ? Et chuis sûr qu’ya moyen d’aller encore plus loin en assignant une syllabe/son à chaque chiffre, comme en bibinaire, en grec, hébreu, etc. et rendre l’idée que tout mot est un nombre intuitive et évidente à la totalité de l’humanité… et d’aller encore plus loin après ça… à chaque simplification, on gagne des possibilités, et on invente de nouvelles choses en conséquence… on supprime de la culture pour en créer de la nouvelle, et au final ça fait plus qu’au départ (sauf qu’en faisant de l’histoire ya toujours moyen de retrouver le truc d’avant, donc au final rien ne baisse).

PS : je pense que toute personne qui dit « c’est pas si difficile » à propos de quelque chose, devrait tenter de l’enseigner aux autres, à répétition (à l’oral, sinon c’est autrui qui fait l’effort implicitement en son sein sans forcément honnêtement formuler les difficultés, et on voit pas où sont les difficultés et qu’est-ce qui demande plus de calcul intellectuel). J’ai tenté pour le C, et après ça j’ai compris les trucs où ça bloquait, et c’était pas trivial. Pour le romain, la difficulté réside dans le fait de se souvenir de la valeur de chaque lettre après ne pas l’avoir utilisée pendant longtemps, sachant que moi-même je ne me rappelles que très rarement la valeur de « L », et de toutes les valeurs au dessus de C à part M. Notons que ces lettres ont du sens dans les langues latines mais pas en anglais, où Hundred commence par H et Thousand par T… le X (et sa moitié, le V) sont à la limite intuitive, mais tout le monde a oublié le X dans dex, le I est simple uniquement par sa forme, etc.

PPS : les temps complexes, parlons-en ! vous savez conjuguer au passé simple dans des situations limitées qu’on vous a bêtement enseigné à suivre par cœur (c’est pas comme en espagnol où il s’utilise encore à l’oral et a encore un sens)… mais savez vous la distinction originale entre le temps et l’aspect ?

En attendant prenons une langue simple, genre l’espéranto. Inventée par un russe, et en russe l’aspect compte plus que le temps (comme dans en PIE en fait), et les temps de l’espéranto, y compris et surtout les participes, en ont hérité la sémantique : le passé ne désigne pas un commencement dans le passé, mais le fait que l’action s’est terminée, et le futur non pas que l’action continue dans le futur, mais qu’elle n’a pas commencé. En espéranto, comme en russe, il y a trois temps (mais en espéranto c’est simplement une lettre par temps (i pour le passé, a pour le présent, o pour le futur, c’est inspiré du latin). Une terminaison par mode (on ajoute s à la lettre du temps pour l’indicatif), sans compter les participes (on ajoute la lettre t…)… actifs et passifs (pour l’actif, on ajoute juste la lettre « n » avant). En espéranto, comme en russe, la plupart du temps on utilise que des temps simples, et les participes très rarement. Néanmoins, comme c’est agglutinatif, et que les terminaisons sont des morphèmes autonomes, il arrive que certaines personnes aux idées confuses mais précises utilisent des participes, et comme c’est agglutinatif, plutôt que de dire « estis dirota » (eût été sur le point de dire), on dit souvent « dirotis », sauf que la terminaison spéciale « us » est employée pour le conditionnel, et « u » pour le volitif (qui combine subjonctif et impératif), et que ces modes ne postulent pas la précision du temps en général (car le contexte le rend en général clair), néanmoins s’il prend l’envie de le préciser (ce qui est rare), on a alors souvent quelque chose comme « ĝi dirotintuntu » que je pourrais tenter de traduire littéralement (c’est assez chelou) par « qu’il fasse en sorte qu’il eût été sur le point d’être dit ». En fait personne ne dit ça, mais s’il prend à qui que ce soit l’envie d’une telle précision, il ne faudra que quelques secondes (oui bon à ce niveau c’est moins fluide à comprendre c’est sûr) de pause à l’interlocuteur non-préparé pour comprendre. On a que trois temps… multiplié par la taille du mot… ça fait 3^n temps, où n est le nombre de syllabes dont on a besoin. Or l’agglutination étant fréquente, nécessaire pour beaucoup de mots simples, et très commune, on approche souvent les mots de 5 syllabes… augmenter la précision dramatiquement d’une façon supérieure à la capacité maximale du français ou de l’espagnol n’est donc pas conséquent… et cela *parce que* on a que trois temps, et que chacun a une seule lettre attribuée (donc moins à apprendre, à garder en tête, et on est donc en mesure d’exprimer plus facilement des choses complexes). Bon, en vrai, la plupart du temps, les trois temps simples suffisent, et la principale conséquence de ça, c’est que tout le monde maîtrise tous les temps et les précise tout le temps, contrairement à certaines langues orientales où c’est fait avec des ancres temporelles, ou au français argotique où il est fréquent d’employer le présent avec des ancres dans le passé ou le futur (l’an pro il fait ça, hier je fais ça, etc.). Une autre conséquence, c’est que dès qu’une complexité non-négligeable est ancrée dans l’esprit de qqun dont la langue serait mal foutue… au hasard l’anglais où on ne peut exprimer la nécessité et le futur en même temps et où il faut des circonlocutions comme « I should have » ou « I will have to »… on a alors l’introduction de constructions *très* fréquentes mais totalement compréhensibles, comme « devintus » ou « farontu »…
C’est un niveau de simplification similaire à celui qui a permis à la corée d’alphabétiser son peuple en passant de vieux hiéroglyphes chinois incompréhensibles à l’alphasyllabaire le plus logique du monde.
Et je suis sûr qu’on peut trouver des tas d’autres exemples de systèmes plus simples qui en en *remplaçant* de plus complexes, permettent de faire plus de choses. Au hasard on compare un langage de haut niveau avec l’x86 ? l’échec d’x86 et des PDP a donné RISC… et personne ne s’en plaint… parce que ça donne des machines plus rapides et économes… pleurerait-on la disparition d’x86 ? pas moi…

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Phoenix a dit :

De nos jours tout est fait pour rabaisser la niveau des gens, toujours simplifier les langues etc... tout ça pour quoi ? Parceque les gens ne savent rien ou sont incapables d'écrire ou lire un minimum correctement.
Encourager ce genre de changement c'est encourager l'illettrisme !
Tout est construit sur des cultures etc... mais on se donne le droit de tout travestir, à quand le respect de l'histoire, des racines (langues) ?
Si sa continu effectivement le film idiocratie sera la nouvelle tendance !

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John DoDo a dit :

Tentation d'aller au musée du carnavalet et de distribuer au personnel un manuel pour lire les chiffres romains.
Louis avec des barres! le sketch des inconnus!


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