Cette infographie, créée par la CNIL, décrit de façon très directe comment vos données (comme la localisation) sont utilisées à votre insu pour vous pousser à faire des choses que vous ne feriez autrement pas :

infographie de la CNIL

(fichier produit par la CNIL (cnil.fr), diffusé sous licence CC-By-NC-ND-3.0).

Et ceci n’est qu’un seul exemple : dans les faits, c’est bien plus étendu que ça.

Partez du principe que si quelque chose est possible techniquement, alors c’est mis à profit quelque part.

Par exemple, il est possible qu’une application populaire détecte 12 personnes au même endroit, et que cette application peut vendre cette information à Facebook, et que Facebook peut à son tour vous proposer ces 12 personnes en « suggestion d’ami ».
D’ailleurs, si vous utilisez Facebook (ou un autre réseau avec ce genre de « suggestions »), vous ne vous êtes pas demandé comment le réseau faisait pour vous suggérer tout ce moment ?

À l’occasion des 60 ans de la Nasa (merci Seb pour le rappel et pour le lien ci-dessus !), Ouest-France liste ici tout un tas de choses très courantes directement héritées des recherches de la Nasa : matelas à mémoire de forme, poêles à téflon, couvertures de survie : la liste est longue, et tout n’y est pas !

L’article termine sur cette phrase :

Vous le voyez bien : elle n’est finalement pas si inutile que ça, la conquête spatiale…

Cette phrase me fait toujours bondir, mais après être revenu sur Terre, je suis content qu’ils le reconnaisse et je rêve d’un monde où tout le monde, enfin, le reconnaisse.

Mieux ! Sans conquête spatiale, pas de satellites. Donc pas de système GPS. Pas de satellites météo (et donc pas d’alertes intempéries qui permettent chaque année de sauver des centaines de vies, en particulier aux USA en période des cyclones). Pas de satellites télécom. Pas de Google Earth et bien d’autres trucs.

Et il en va de même pour le CERN.

Oui, faire taper des protons les uns dans les autres c’est peut-être un kiffe de physiciens, mais ça rapporte à tout le monde. Les résultats des expériences devaient à l’époque être partagés entre les différents collaborateurs. Ils ont donc inventé… le web.

Sans Cern, pas de Google, pas de youtube, pas de Facebook, pas Amazon et sûrement pas plein d’autres trucs non plus. En tout cas pas sous cette forme.

Et il en va de même pour l’ITER, lui aussi, tout comme la Nasa et le Cern, souvent décrié comme un gouffre à pognon de dingue. Pourtant, dans 60 ans, on fera des articles comme celui-ci à propos de lui. Je vous le garantis.

Car la recherche scientifique, ce n’est pas juste une histoire d’atomes, de pipettes et de chimie aujourd’hui.

C’est bien plus que ça, aujourd’hui et surtout demain.

Voir aussi :