Journée noire pour les libertés…

En Grande-Bretagne, Thérésa May déclare qu’ils n’hésiteront pas à sacrifier les droits de l’homme pour instaurer la sécurité.

Je ne sais pas vous, mais moi, ce genre de déclarations me fait penser à ça :

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Ben ouais : si vous voulez vivre là où la sécurité est renforcée, où il y a caméras, des agents de sécurité, de flics armés, où vous êtes fouillés à toutes les portes et qu’en plus vous êtes prêts à sacrifier votre liberté pour ça, la meilleur solution reste encore d’aller vivre en prison..

Oh et au passage, en France, on va dans le mur aussi : les lois actuellement en préparation (celles qu’ils vont passer, en silence, pendant que tout le peuple sera captivé par le massacre du code du travail) prévoient grosso-modo une normalisation de l’État d’Urgence (dans lequel on est depuis bientôt 2 ans) : les assignations à résidence seront prononcées par un arrêté (parce que la justice, c’est comme les droits de l’homme, c’est trop chiant). Idem pour les autres mesures :

Assignations à résidence, perquisitions administratives, fermeture de lieux de culte, zones de protection et de sécurité, toutes ces mesures emblématiques du régime d’exception créé en 1955 pendant la guerre d’Algérie et perfectionné par touches successives depuis les attentats du 13 novembre 2015, devraient se retrouver dans le droit commun avec quelques modifications marginales.

La marque de fabrique de cette transposition est que l’autorité judiciaire est maintenue à l’écart. Toutes ces mesures resteront l’apanage du ministère de l’intérieur et des préfets, sans l’intervention d’un juge judiciaire. Jusque-là, cette disposition était l’essence même de l’état d’urgence, pendant lequel, en raison de risques terroristes imminents, des pouvoirs exceptionnels et provisoires sont confiés à la police sous le contrôle du juge administratif et du Conseil d’Etat.

(source)

Ce que ça dit, c’est simplement que les forces de l’ordre et le préfet pourront vous assigner chez vous ou défoncer votre porte sans réellement motivation ou raison légal.
Si ce genre de mesures peuvent à la limite présenter une certaine raison d’être dans les heures suivant une attaque (obtenir des autorisation prends plus de temps qu’il n’en faut pour permettre à des terroristes de s’enfuir), mettre ça dans le droit commun transforme tout simplement ce pays dans un état où le gouvernement et les autorités ont un pouvoir absolu et totalement déconnecté de la loi et du pouvoir judiciaire.

Vous appelez ça comme vous voulez, chez moi ça s’appelle un régime autoritaire.

Le plus difficile à imaginer dans tout ça, c’est que si l’état d’urgence (le régime « d’exception » d’hier) devient un régime « normal » aujourd’hui, comment donc sera le régime d’exception de demain ?

Est-ce qu’ils vont ressortir les pelotons d’exécution ? Est-ce qu’ils vont ré-autoriser la torture ; et appeler ça « torture administrative » pour faire passer ça ? Est-ce qu’ils vont construire des camps d’emprisonnement « fabriqué en France » (c’est à la mode ce logo) ?

Parce qu’après tout, si la police peut entrer chez toi ou t’interdire de sortir de chez toi comme elle le veut, on peut imaginer ce qu’on veut…

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