the stage cover
Le groupe de heavy metal Avenged Sevenfold (A7X) a sorti récemment son dernier album The Stage. Si je n’accroche toujours pas spécialement d’un point de vu musical, cet album est très orienté vers la science, en particulier la cosmologie et notre place dans l’univers.

La dernière chanson, Exist (écouter sur YouTube), raconte (à l’image d’une symphonie classique) l’histoire de notre univers de façon musicale du Big Bang au présent. Dans le dernier mouvement de la chanson, on peut entendre l’astrophysicien Neil deGrasse Tyson prononcer un discours.

Le contenu du discours s’articule sur trois éléments : l’état actuel (et déplorable) du monde, une façon de s’en sortir en tant que civilisation, et pour terminer une description de ce qui nous attend si nous renonçons à solutionner les problèmes actuels.

Voici la retranscription du discours :


We have one collective hope: The Earth.
And yet uncounted people remain hopeless. Famine and calamity abound. Sufferers hurl themselves into the arms of war. People kill and get killed in the name of someone else's concept of God.

Dare we admit that our thoughts and behaviors spring from a belief that the world revolves around us?
Each fabricated conflict, self murdering bomb, vanished airplane, every fictionalized dictator, biased partisan and wayward son part the curtains of society's racial, ethnic, religious, national and cultural conflicts? And you find the human ego turning the knobs and pulling the levers…

When I track the orbits of asteroids, comets, and planets, each one a pirouetting dancer in a cosmic ballet, choreographed by the forces of gravity, I see beyond the plight of humans. I see a universe ever expanding with its galaxies embedded within the ever-stretching, four-dimensional fabric of space and time.

However big our world is — in our hearts, our minds, in our out-sized atlases, the universe is even bigger.
There are more stars in the universe than grains of sand on the world's beaches. More stars in the universe than seconds of time that have passed since Earth formed. More stars than words and sounds ever uttered by all humans who have ever lived.

The day we cease exploration of the cosmos is the day we threaten the continuance of our species. In that bleak world, arms-bearing, resource-hungry people and nations would be prone to act on their low contracted prejudices and would have seen the last gasp of human enlightenment; until the rise of a visionary new culture once again embraces the cosmic perspective; a perspective in which we are one, fitting neither above, nor below, but within.

Que je traduis ici en français :

Nous avons tous en commun un espoir : la Terre.
Pourtant, bien des êtres humaines demeurent sans espoir. Les famines et le malheur abondent. Leur victimes se ruent à la guerre. Des gens tuent et se font tuer au nom d’un Dieu appartenant à quelqu’un d’autre.

Osons nous avouer que nos croyances et nos agissements jaillissent de la conviction selon laquelle le monde tourne autour de nous ? Que chaque conflit orchestré, chaque ceinture de bombes ou avion détourné, chaque dictateur fictionnalisé, partisan biaisé et enfant rebelle sont le reflet des conflits raciaux, ethniques, religieux, nationaux et culturels de notre société ? Et l’on trouve l’égo des humains à leur commande…

Quand j’observe les orbites des astéroïdes, comètes et planètes, chacun pris dans un tournoyant ballet cosmique chorégraphié par les forces de gravitation, mon regard surplombe le désarroi humain. Je vois un univers en perpétuelle expansion avec ses galaxies prises au pièges dans un maillage quadridimensionnelle, d’espace et de temps, s’étirant pour l’éternité.

Aussi grand que peut sembler notre monde, dans nos cœurs, nos esprits, dans nos énormes atlas, l’univers est encore plus vaste.
On trouve plus d’étoiles dans l’univers que de grains de sable sur les plages du monde. Plus d’étoiles dans l’univers que de secondes écoulées depuis la formation de la Terre. Plus d’étoiles que de mots prononcés ou de sons émis par tous les humains qui ont jamais vécu.

Le jour où nous arrêterons d’explorer le cosmos sera le jour où nous mettrons en péril perpétuation de notre espèce. Dans ce monde terni, des humains, des peuples, armés et avides, n’auront plus qu’à répondre de leur médiocres préjugés, ayant assisté à l’extinction du dernier soupir de l’illumination humaine, jusqu’à ce que la naissance d’une culture nouvelle et visionnaire embrase de nouveau une ambition cosmique ; ambition dans laquelle nous serions unis, où nous ne serions ni en bas, ni en haut, mais dedans.

Je trouve ce discours magnifique et prenant, presque envoûtant. Il rejoint en fait le discours A Pale Blue Dot de Carl Sagan.
Pleine de vérité et d’humilité, il ajoute par rapport au discours de Carl Sagan qui ne fait qu’un état des lieux du monde, une solution, à savoir unir notre espèce autour de la question de sa survie et de son avancement, plutôt que sa division par des guerres d’égo.

La dernière partie peut montrer ce qui risque d’arriver si notre civilisation renonce à voir au delà de l’égo de chacun : sa disparition, pure et simple.

Maintenant, quand je parle de la survie de notre espèce, je parle ici de nous protéger de nous même, ainsi que le reste de la vie et de la nature ; et au delà de la Terre, de poursuivre l’exploration de l’univers pour continuer à évoluer.
Or quand je regarde la voie prise par des nations comme les États-Unis d’Amérique qui était — jadis — porteur de l’espoir en matière de progrès technique d’une planète entière et que je vois que les programmes spatiaux et scientifiques américains se réduire peu à peu à rien et que ce même pays vient de choisir comme leader une personne voulant foutre la nature et la planète en l’air, j’ai bien peur de devoir dire que je n’ai que peu d’espoir pour mon espèce, au moins dans un futur proche…

Une régie de pub me contacte pour me proposer d’aider à monétiser mon site. Je ne suis toujours pas intéressé par de la publicité sur mes sites, mais c’est toujours intéressant de voir ce qu’ils proposent (et plus généralement de voir ce qu’il y a sur le marché).

Fait intéressant, ils ont un simulateur.
Alors simulons : parmi tout ce qu’ils proposent, je choisis un carrée de pub en haut, une bannière en bas. J’inclue également l’option « mobile » (qui ajoute de la pub sur les téléphones) et des boutons en bas des articles (au total 3 blocs de pub sur une page) et j’entre le nombre de pages vues par mois pour mon site.

Le truc me sort ça sur ce site : « 2940 € HT à 5460 € HT par mois* ».
Et pour mon blog scientifique : « 931 € HT à 1729 € HT par mois* ».

Ok.

Le petit astérisque indique qu’il faut évidemment déduire les visites qui se font avec un Ad-Block (la majorité sur LHV, j’imagine — disons 50% au bas mot). À mon humble avis, je pense qu’on peut aussi tenir compte du fait que ces chiffres sont tout simplement gonflés (on réduit encore de moitié, juste pour être sûr).

En gros, en étant plus ou moins réaliste on divise ça par quatre, il reste 700 € à 1 300 € pour ce site seul (dont il faudrait encore retirer les charges et impôts).

Mouais. Ça me semble vraiment beaucoup pour un site comme le miens.

Quoi qu’il en soit, est-ce que ça vaut le coup pour moi ? Nope.

Pas que je m’assoie sur le fric, mais plutôt parce que j’en ai pas « besoin » et que de plus, je me bats depuis longtemps contre la pub et pour les solutions alternatives. Je ne veux pas pourrir le temps de cerveau plus que la télé/médias/politiques/panneaux de pub dans la rue… ne le font déjà.

Oui, j’encourage la création, l’écriture, le partage, l’expression (tout ce que j’ai toujours fait ici même), et j’aimerai que ces choses là soient un jour rémunérés (partout et en général, si possible sans intermédiaires), mais je ne vois toujours pas la publicité comme quelque chose qu’il faille encourager ni comme une véritable solution avec laquelle on peut vivre (du moins, avec la conscience de jouer avec le temps de cerveau de ceux qui me lisent).

Je pense que les solutions comme Patreon ou Tipeee ne sont pas mal : d’un côté elles encouragent directement la création (y compris exclusive pour ceux qui contribuent) et de l’autre elles incitent le public à s’investir, avec un réel retour possible. La relation entre le public et le créateur est largement plus directe que dans le cas de la publicité (ou même que ne l’était Flattr ou les simples dons).

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Pour finir, j’en profite pour redire qu’en ce qui me concerne, il y a quelques personnes qui me proposent parfois des dons, justement, que ce soit pour l’un ou l’autre de mes blogs ou pour tout ce que je fais en plus. Notez qu’actuellement je ne les accepte plus du tout.

J’encourage plutôt de donner à Framasoft, Mozilla, LQDN ou encore Wikipédia, éventuellement en mon nom, mais c’est tout. L’argent sera dépensé pour le mieux.