Comme d’hab après un achat de matos, il est intéressant de faire un retour, pour aider les prochains à faire un choix ou même pour mettre de côté quelques notes pour le futur.
Ici je parlerai comme promis du Dell XPS 15 (9550).

Les caractéristiques matérielles complètes sont données sur la page, je résume ici vite fait le contenu de ce portable :

  • Processeur : Intel i5 6300 HQ (2,3 à 3,2 GHz, 6 Mio cache, série SkyLake) ;
  • Mémoire vive : 8 Gio (2×4 Gio DDR4 démontables, 2133 MHz) ;
  • Carte graphique : Intel HD Graphics 530 + NVIDIA GeForce GTX 960M (2 Gio DDR5), inamovible ;
  • Disque dur #1 : SSD 32 Go (M.2) pour le système, démontable ;
  • Disque dur #2 (sur modèle 56 Wh) : HDD 1 To (Sata) pour les données, démontable ;
  • Batterie : 56 Wh (le modèle 84 Wh prend la place du HDD, le seul disque est alors le SSD) ;
  • Écran : 15 pouces, full-HD (1920×1080), non tactile, mate ;
  • Clavier : lumineux, sans pavé tactile.

Le cahier des charges

Mes besoins en terme de PC sont devenus spécifiques avec le temps. Aujourd’hui je ne me vois plus utiliser autre chose qu’un écran mate et un clavier lumineux. Je veux et j’ai besoin d’un ordinateur qui soit entièrement compatible GNU/Linux (Mint/Ubuntu).
Le 15 pouces me semble un bon compromis entre nomadisme et machine de travail fixe (le 17" est un peu gros, pour l’avoir vécu durant 3 ans, et le 13 pouces est un peu petit pour le confort, mais très pratique).

Sur ce type d’écran, le meilleur choix pour moi reste un écran Full-HD. C’est moins la résolution qui m’importe que la définition : le nombre de pixels indique le nombre de fenêtres que je peux afficher côte à côte. Je peux prendre un second écran chez moi (c’est fait, d’ailleurs), mais je me vois mal m’installer avec un 27" dans le train.

Les Dell offraient la possibilité de choisir un écran tactile en 4K (3240×2160). Bien-sûr un tel écran sur du 15 pouces ne se lit pas en résolution native. Si Windows (et Ubuntu) gèrent la mise à l’échelle, je n’ai pas trouvé la même chose sous Linux Mint Mate : on peut tout mettre en grand, mais sans tirer partie de la résolution plus grande et ça reste pixelisé ; autant dire, donc, qu’un tel écran ne sert strictement à rien sous ces conditions. Je ne vois également que peu d’intérêt à avoir un écran tactile (coucou les traces de doigts !).

Ah et enfin, je veux un PC démontable. Je veux pouvoir ajouter de la mémoire ou changer le disque dur sans sortir la tronçonneuse.

Maintenant, il faut choisir un modèle de PC dans le commerce.

J’ai tout de suite écarté les marques HP, Acer, Packard Bell. Ce sont des PC de loisir et pas pour bosser (je n’ai pas regardé leur gamme pro, ceci dit). En plus, je n’ai que des mauvaises expériences avec : peu solides, des défauts partout et surtout une plaie à démonter.
J’ai également écarté Asus. Malgré de bon produits, ils ont choisi de faire le pacte avec Microsoft et du coup tout changement de matériel ou d’OS est difficile. Hors de question d’avoir ça.
J’ai enfin aussi écarté Apple. J’ai toujours admiré leurs portables sur tous les plans sauf un seul : ils sont indémontables, donc non.

Il me reste quoi ? Ben… pas grand chose.
Je tourne sur du Clevo depuis 5 ans, et je connais Dell.

Clevo : leurs PC sont bien. Très configurables et démontable (avec manuel technique de 150 pages dispo sur leur site), les revendeurs le livrent souvent sans OS (pas de taxe Windows) et ils sont robustes. J’ai eu 3 PC de 17 pouces Clevo qui tournent tous encore dans la famille. Leur choix en 15 pouces est plus réduit.

Dell : j’ai un petit Dell XPS 13 depuis quelques temps, acheté d’occasion. Il se démonte (à part la Ram) et il est fulgurant de rapidité. J’ai une très bonne expérience avec ce petit PC et je veux la même chose sur un PC principal.
Leur gamme Inspiron s’est améliorée avec le temps (niveau finitions) mais les configurations ne sont pas tout à fait à la hauteur de ce que je cherche (un peu de performance quand même, avec une carte graphique dédiée).

Mon choix s’est donc porté sur le XPS-15 : un portable compact et puissant à la fois.

Un avantage (largement mis en avant par Dell) du XPS-15, est qu’il se vante comme étant le plus petit PC 15 pouces au monde : en effet, la bordure de l’écran ne dépasse pas 6 mm en haut et sur les côtés (contre 1,0~1,5 cm sur les autres portables). C’est un détail, mais ça donne un 15 pouces dans un châssis de 14 pouces. Niveau mobilité, c’est un plus.

Review

Le châssis aluminium-carbone
Si je commence par plus gros avantage, c’est le châssis : il est en aluminium (dessous) et en carbone (dessus), ce qui lui assure une grande légèreté, mais pas seulement !

Ces matériaux dissipent la chaleur.
Non seulement le portable reste froid et on ne se brûle pas les doigts ou la main sur le repose poignée (problème que j’avais sur mon Clevo W670, à cause du SSD à côté de la puce Wifi dans un recoin non ventilé), mais en plus il reste très silencieux. On a à peine un petit soufflement, très constant qui est complètement inaudible avec un casque sur les oreilles et qui est même caché par la frappe sur le clavier ou la musique.

Les deux ventilateurs latéraux sont une très bonne configuration pour refroidir l’ensemble du PC. La prise d’air est sous le portable (toute la largeur) et la sortie se fait sur le dos, au niveau de la charnière de l’écran, là aussi, sur toute la largeur. En usage normal pour moi (bureautique/prog, musique, surf), le CPU est ainsi à 30~33 °C et le disque dur est là à 34 °C (la température ambiante est 24 °C). Comparé à mes précédents PC, c’est entre 5 et 10 °C en moins.
Lors de tâches plus gourmandes en ressources (CPU et GPU), le CPU monte à environ 50 °C et le châssis également (~45 °C) mais là encore, c’est moins que les 50~60 °C brûlants sur certains de mes anciens PC.

Certaines reviews disent que le portable chauffe, mais de mon expérience personnelle, c’est le portable qui chauffe le moins, et de loin (j’imagine que c’est toujours plus qu’un Mac, pris en référence généralement).

Le clavier
Beaucoup n’aiment pas les claviers de portables car le retour n’est pas assez important (1,3 mm sur le XPS, ce qui est vraiment très peu). Perso j’aime bien le clavier, ça doit venir de l’habitude des claviers de portables.
Le clavier lumineux est bon, mais le clavier dans son ensemble n’est pas top et fait cheap. C’est en fait la structure entre les touches qui n’est pas égal partout et l’ensemble n’est donc pas plat. Pour un PC d’une telle gamme, ce n’est pas normal.

Une fonction que j’ai pas encore cherché à configurer et que j’avais déjà sur le XPS 13, c’est que la lumière du clavier s’éteint doucement après 10 secondes d’inactivité (du clavier ou du clickpad). Je suis assez mitigé pour ça : parfois c’est pratique, parfois moins. Je vais laisser ainsi.

Le clavier n’a pas de pavé numérique, ce qui pour moi est un gros plus : le bloc alphabétique est alors bien centré et pas décalé vers la gauche. En revanche, je maintiens qu’il manque des touches sur le clavier. Les boutons Home, PgUp/PgDn, Fin et la touche du menu contextuel sont absentes. À la place ce sont des touches de fonction, ce qui n’est pas vraiment pratique. Ils auraient pu ajouter une colonne de touches à droite avec ces quatre touches.
C’est aussi dommage que les touches fléchées soient des demi-touches. Ça ne me gêne pas pour jouer (ZQSD powa), mais c’est totalement ridicule quand même.

Divers
Quand j’ai reçu le PC, il avait Windows 10 avec lui. La première action à faire au premier allumage c’est aller dans le BIOS et désactiver le Secure-Boot (touches pour le Bios : F12) qui bloque le lancement d’autres OS et pilotes que ceux prévu par le constructeur et Windows. Après ça, on peut installer Windows 10 (qui ne me servira que pour les jeux).

Autre chose, le PC vient avec un HDD d’un tera-octet (5400 tpm) et un petit SSD M.2 de 32 Gio pour un système très rapide.
Ici, ce SSD n’était même pas formaté et Windows était sur le HDD. C’est un peu débile d’avoir fait comme ça de la part de Dell, mais au final ça m’a arrangé : le SSD est pour moi réservé à Linux Mint et ceci m’a évité le tracas de déplacer Windows 10 du SDD vers le HDD et éventuellement avoir une surprise de réactivation de Windows.

Aussi, pour partitionner le HDD, vu que Windows 10 y a mis ses 7 partitions mal agencées avec espace libre entre les partitions (pas de doute, on est bien chez Microsoft), il faut passer par la gestion des disques de Windows (GParted ne peut rien faire sans effacer des trucs). Ceci est un problème mais l’outil de Windows 10 fonctionne très bien, donc ça allait.

Le bloc d’alimentation ne possède pas de LED. Cette dernière est déportée sur le connecteur, qui se branche dans le PC. C’est assez stylé mais la LED reste bien trop forte et dérange si l’ordinateur se trouve dans la chambre.
Concernant la batterie, l’appareil dispose d’un bouton sur le côté avec des LED pour voir la charge présente dans la batterie. Même éteint, on peut voir la charge qu’il reste (en 0 % et 100 %, par palier de 20 %, ce qui est largement suffisant). L’utilité reste à mon avis encore à démontrer, mais ça peut être lié à la fonction PowerShare des prises USB : on profite de l’alim USB même quand l’ordi est éteint.

Niveau connectique, il n’y a que deux ports USB-3.0 (un peu juste) et un port USB-3.1-type C. Ce dernier est aussi un port Thunderbolt-3 (les deux sont unifiés et ont le même connecteur) mais il faut quand même acheter les adaptateurs à part (pour brancher une prise Lan ou DP dessus). Le port Thunderbolt-3 / USB-C a un débit de fou (40 Gb/s) qui permet de brancher des écrans 5K et d’autres trucs, mais à part ça, il ne sert à rien : il n’y a toujours pas beaucoup de matériel qui s’en sert. L’ordi a aussi une prise HDMI et Kensinton.

Concernant la double carte graphique : le basculement entre la carte Intel et nVidia sous Linux Mint fonctionne (il faut juste redémarrer X, donc se déconnecter et se reconnecter après un changement manuel), mais les pilotes nVidia ne proposent pas la synchronisation verticale (wtf!). Les graphismes sont donc meilleures avec la carte Intel pourrie qu’avec la carte nVidia beaucoup plus puissante, ce qui est un peu navrant. Mais bon, perso je m’en fiche de ça : ce n’est le cas que sous Linux et je ne joue pas sous Linux, donc ma carte Intel suffit.
Sous Windows 10, le bascullement sur la carte nVidia est automatique quand je lance un jeu. La carte est assez puissante pour lancer mes vieux jeux en 4K (Portal1/2, HL, IL2, Unreal tournament, LFS…).

Une autre chose à noter sur ce PC (première fois que je vois ça) : à part le bouton de mise en route qui possède une LED, et le cordon d’alimentation donc, il n’y a aucun témoin lumineux. Ni pour le Wifi, ni pour les accès disques. Pas que ça me dérange, mais ça change. Je ne sais jamais vraiment si le disque dur gratte ou pas. Ce n’est pas problématique sous Linux Mint, mais sous Windows un peu plus (pas moyen de savoir quand l’OS a fini de charger).

Conclusion

Niveau performance, je n’ai rien à dire : j’ai pris ce portable également pour jouer il s’en sort bien pour faire tourner des jeux de ~5 ans sur du 4K (graphismes moyen-haut). Le seul regret c’est peut-être que le disque tourne à 5400 rpm. Comme j’ai souvent dit, un disque dur à 7200 rpm fait beaucoup de différence pour un investissement relativement faible (un SSD d’un tera-octet c’est déjà plus cher).

Niveau hardware, à part la structure du clavier qui est un peu cheap et les touches « oubliées », c’est du bon. Le choix des matériaux et l’agencement des composants et des entrées d’air sont bien pensés et ont un but précis : refroidir la machine ; et ça marche très bien.

Pour la compatibilité Linux : tout fonctionne, j’ai juste encore un petit problème de mise en veille : avec mon Kernel 4.4.0.22, la mise en veille ne se fait pas toujours. Mais quand ça marche, la sortie fonctionne bien. Je n’ai pas encore bien cherché la cause de ça, même si je vois que je ne suis pas le seul avec ce problème et qu’a priori, ça vient de la carte Wifi. Il faut encore que j’essaye avec une autre carte Wifi (celle de mon ancien PC).

Enfin, comme d’hab, ma checklist Linux Mint a été mise à jour (LM18) et j’ai ajouté beaucoup de choses.

MÀJ : pour le problème de mise en veille, il suffisait de mettre à jour le kernel. Le bug ne semble plus être présent dans le 4.4.0.36. Sous Linux Mint, les kernel ne sont plus mis à jours comme avant, il faut les mettre à jour à la main dans le gestionnaire de mise à jour. Mint a choisis cette philosophie pour des raisons de stabilité du système.

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