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J’avais déjà fait un article, il y a 5 ans, sur l’ITER, le Réacteur Thermonucléaire Expérimental International.
À la lecture d’un article un peu découragé à son propos — le projet faisant face à des problèmes budgétaires — je me décide à refaire un petit point.

L’ITER retardé de nouveau, ça me fait penser à l’histoire du Superconducting Super Colider, un accélérateur de particules absolument immense (beaucoup plus gros que le LHC) que les USA avaient commencé au début des années 1990 mais qui n’a jamais été fini faute d’investissements de la part du congrès Américain.

Rétrospectivement, beaucoup de gens s’accordent à dire que le problème était la communication : les scientifiques derrière le projet, et défendant leur cause devant les politiques, au lieu de vulgariser et faire passer les avantages à investir dans la recherche scientifique, et en particulier sur les retombées économiques plusieurs ordres de magnitude supérieurs aux coûts que ça produirait, avaient jugé convenable de parler du boson de Higgs. Inutile de dire que la découverte d’une particule prédite par le modèle standard de la physique quantique n’est pas le meilleur moyen pour persuader une assemblée de politiciens de lâcher des sou-sous.

Le LHC n’a lui pas été abandonné et son développement a permis au CERN de créer le Web.
Et sans eux, pas Google, pas Facebook, pas Twitter, pas Wikipédia, pas Netflix, pas Youtube, pas Amazon ni toute l’économie monstrueuse qui va avec tout ça : on estime que les inventions faites par et pour le LHC et le Cern génèrent 1 500 fois plus que son coût initial — qui est de 2 € par mois et par européen, juste pour remettre les choses à leur places — et ça, chaque année depuis 20 ans. Sans compter que des accélérateurs plus petits fonctionnent dans les hôpitaux, pour produire des atomes et ions destinées à sauver des vies. C’est loin d’être rien…

Revenons à l’ITER.
Le réacteur thermonucléaire expérimental international (ITER, si on traduit en anglais) a pour but de voir si la fusion thermonucléaire est envisageable à long terme. Ce n’est pas lui qui va produire l’énergie de demain, il s’agit d’un prototype expérimental.
Si c’est concluant, alors on aura entre les mains la puissance du Soleil, avec une énergie propre avec comme « déchet » un produit utile, propre et rare : de l’hélium (et comme combustible de l’hydrogène, donc de l’eau : soit rien qui nécessite de faire des mines profondes et qui expose les gens à des rayonnements et des produits toxiques).

Bref, l’ITER est très différente d’une centrale nucléaire habituelle (et ne mérite pas du tout les attaques des groupes écolos qui ne savent pas de quoi ils parlent), qui oui, coûte cher, mais dont les retombées sont très prometteuses, voire cruciale pour les siècles à venir.

Sans compter que si ça ne marche pas (ça peut arriver), alors l’investissement n’aura pas été vain non plus : tout comme le LHC, la Nasa, et les autres gros projets, l’ITER a et va mobiliser des ingénieurs et des chercheurs pour répondre à des problèmes. Les solutions pourront et seront alors utilisables et utilisées par d’autres, et pour le bien de tous. Comme j’ai dit : beaucoup d’hôpitaux utilisent des technologies inventées pour le LHC dans le but de sauver des vies ! Pour la Nasa, citons le fait — qui est loin d’être le seul — qu’elle a envoyé des satellites en orbite qui vous permettent d’avoir le GPS, la télé, la météo, et donc de vous protéger en cas de vigilance orage, cyclone ou typhon (ok, pas en France ça).

Et n’oubliez pas : si Einstein, Bohr ou Feynman n’avaient pas été financés par l’argent public, la physique quantique ne serait pas inventée, ce qui signifie donc qu’on n’aurait ni smartphones, ni PC, ni écran-plats, ni CD, ni jeux-vidéos, ni TNT-HD couleur, ni ampoules LED ou écrans LCD, et bien d’autres choses, en particulier dans le domaine médical.

À vous de choisir.