le_book

le_book

Y’a un truc qui me fait rire. Souvent, sur le net, on prend l’exemple de l’industrie de la culture qui vole les producteurs et les destitue de leurs droits. De l’autre côté, on donne des exemples d’artistes qui se passent tout simplement de ces entreprises du CD et qui vendent leur musique directement, ou la proposent sur des plateformes respectueuses des artistes comme Jamendo, voire même qui la distribuent de façon indépendante.

Les détracteurs de ces solutions alternatives disent alors « oui, mais pour y arriver, il faut être déjà connu. Les majors font beaucoup de publicité et aident les artistes à se faire voir. Jamendo n’a pas les moyens de faire de la pub ! ».

Bien.
Ce n’est pas faux d’un côté : Jamendo ne fait pas beaucoup (pas du tout ?) de marge sur les dons faits aux artistes. Jamendo n’a pas de quoi se payer des campagnes de publicité.
Alors histoire de mettre tous les acteurs de la distribution de la musique sur un plan d’égalité (aussi bien les grosses Majors que les plateformes libres et que les artistes indépendants), pourquoi n’interdirait-on pas la publicité pour les CD à la TV ? Hein ?

Pour ceux qui se demandent pourquoi j’arrive à cette idée farfelue, c’est parce que pour les livres c’est déjà le cas : avez-vous déjà vu de la publicité pour un livre à la télé ? Non. Ceci est justement fait pour éviter que les grosses maisons d’édition creusent encore plus le fossé avec les petits éditeurs.

Pourquoi la création musicale a-t-elle des droits différents que la création littéraire ? Qu’y avait-il dans la tête (ou alors dans les poches) du législateur ce jour-là ? Ou alors maintenant (vu que rien ne change) ?

À propos : s’il me semble vrai de dire que c’est difficile pour un artiste débutant de se faire connaître, certains y arrivent très bien. Certes ce n’est pas de la musique, mais le jeu vidéo Minecraft a généré des dizaines de millions de dollars depuis sa création par quelques programmeurs indépendants. Donc à mon avis : c’est la qualité et l’innovation du produit qui paye, et non vraiment le matraquage publicitaire. Quand la qualité est là, le bouche à oreille est la plus puissante des publicités.
Et si certains ne vendent plus autant de disques qu’avant, c’est pas forcément la publicité qu’il faut revoir, ni pointer Internet du doigt : c’est pas en nous traitant de voleurs que vous allez garder vos « clients ».

image de Patrick Hoesly