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Y’a un truc qui me fait rire. Souvent, sur le net, on prend l’exemple de l’industrie de la culture qui vole les producteurs et les destitue de leurs droits. De l’autre côté, on donne des exemples d’artistes qui se passent tout simplement de ces entreprises du CD et qui vendent leur musique directement, ou la proposent sur des plateformes respectueuses des artistes comme Jamendo, voire même qui la distribuent de façon indépendante.

Les détracteurs de ces solutions alternatives disent alors « oui, mais pour y arriver, il faut être déjà connu. Les majors font beaucoup de publicité et aident les artistes à se faire voir. Jamendo n’a pas les moyens de faire de la pub ! ».

Bien.
Ce n’est pas faux d’un côté : Jamendo ne fait pas beaucoup (pas du tout ?) de marge sur les dons faits aux artistes. Jamendo n’a pas de quoi se payer des campagnes de publicité.
Alors histoire de mettre tous les acteurs de la distribution de la musique sur un plan d’égalité (aussi bien les grosses Majors que les plateformes libres et que les artistes indépendants), pourquoi n’interdirait-on pas la publicité pour les CD à la TV ? Hein ?

Pour ceux qui se demandent pourquoi j’arrive à cette idée farfelue, c’est parce que pour les livres c’est déjà le cas : avez-vous déjà vu de la publicité pour un livre à la télé ? Non. Ceci est justement fait pour éviter que les grosses maisons d’édition creusent encore plus le fossé avec les petits éditeurs.

Pourquoi la création musicale a-t-elle des droits différents que la création littéraire ? Qu’y avait-il dans la tête (ou alors dans les poches) du législateur ce jour-là ? Ou alors maintenant (vu que rien ne change) ?

À propos : s’il me semble vrai de dire que c’est difficile pour un artiste débutant de se faire connaître, certains y arrivent très bien. Certes ce n’est pas de la musique, mais le jeu vidéo Minecraft a généré des dizaines de millions de dollars depuis sa création par quelques programmeurs indépendants. Donc à mon avis : c’est la qualité et l’innovation du produit qui paye, et non vraiment le matraquage publicitaire. Quand la qualité est là, le bouche à oreille est la plus puissante des publicités.
Et si certains ne vendent plus autant de disques qu’avant, c’est pas forcément la publicité qu’il faut revoir, ni pointer Internet du doigt : c’est pas en nous traitant de voleurs que vous allez garder vos « clients ».

image de Patrick Hoesly

archos

Depuis une semaine j’ai un Archos 43it : une tablette tactile de 4,3 pouces sous Android que je destine à remplacer mon iPod Touch 2G que j’ai depuis deux ans et demi.

Je recherchais une tablette tactile qui fait audio, vidéo et wifi mais sans fonction téléphone. Je veux aussi pouvoir l’utiliser avec mon ordinateur sous Linux.
Je connaissais l’iPod d’Apple qui remplissait ces conditions, mais pas Archos. C’est Christophe M. (merci !) qui m’a suggéré ce fabricant suite à cette remarque dans mes liens concernant la politique d’Apple.

Je vais revenir sur deux choses : l’appareil en lui-même, et le système Android que je comparerais un peu à l’iPod et à iOS.

L’Archos lui-même

4,3 pouces c’est un peu plus grand que mon iPod. Il est en revanche plus léger et plus puissant niveau configuration matérielle. Il dispose du Wifi, bluetooth, d’une prise mini-USB (recharge + transfert de fichiers), d’un emplacement pour carte micro-SDHC, d’un haut-parleur, d’une caméra 2 Mpx avec prise de son, d’une sortie casque standard et d’une sortie mini-HDMI (pour brancher sur la TV).
La mémoire interne de l’appareil est de 16 Gio, mais c’est extensible avec une carte micro-SD (on trouve sur le net des cartes micro-SDHC de 16 Gio pour moins de 5 € et des 32 Gio pour moins de 25 €).

En lui même, l’objet est bien fait : à première vue assez robuste, dos en aluminium, finitions et design remarquables. Il y a même un trépied au dos, pour le mettre debout et voir un film (je l’ai déjà bourré avec 4 Go de vidéos de Ted Talks en tout genre :-)).

L’avantage par rapport à mon iPod est évidemment la connectivité, ainsi que le fait qu’on puisse se passer de l’horreur d’iTunes : le transfert des fichiers se fait comme sur une clé USB ou un disque dur externe, ça marche donc sous n’importe quel système d’exploitation et sans logiciel spécifique.
L’Archos 43it étant un mini-ordinateur lui-même, on peut même lui bancher une clé USB ou un appareil photo (via un adaptateur USB — non fourni) et transférer directement des fichiers sans passer par un PC.

Par contre, il y’a également 2 points noirs, et non des moindres.
  • L’écran tactile. Il est inutilisable avec les doigts : si vous voulez un Archos 43it, prévoyez un stylet.
    Le truc, c’est qu’il existe deux types d’écrans tactiles : le premier où l’écran est en verre (iPhone, iPad, et pratiquement tous les téléphones…). Et le second, où l’écran est en plastique et constitué d’une membrane qui se déforme sous la pression des doigts (comme sur la Nintendo DS ou certains GPS), et qui utilisent un stylet.
    L’écran de l’Archos utilise le second type d’écran. C’est à mon avis, un gros défaut, car si c’est pratique avec un stylet, avec les doigts c’est pas faisable (trop imprécis et ça tremble affreusement), à moins d’utiliser les ongles. De plus, il n’y a pas de multi-touch sur ces écrans (mais ça ce n’est pas vraiment un soucis).
  • Les accessoires fournis. Ce qui est fourni : un câble USB de recharge ainsi que des écouteurs. Il n’y a ni chargeur pour prise mural, ni adaptateur mini-USB/USB, ni adaptateur mini-HDMI/HDMI, ni pochette de protection. Et comme je l’ai dit : sur ce type d’écran le stylet (qui est indispensable à mes yeux) n’est pas fourni non plus (j’utilise celui de ma Nintendo DS actuellement :).
    Qu’il n’y ait pas de carte micro-SD, ok. Mais les adaptateurs (notamment pour la prise murale de l’alimentation) ils auraient pu les ajouter quand même, même si on en trouve pas pas cher sur eBay.

Enfin, je reviendrais également sur la caméra intégrée : si les vidéos HD sont de qualité correcte, les photos prises avec la cellule de 2 Mpx sont de qualité vraiment trop faible. 2 Mpx c’est trop peu à mon avis pour faire le poids contre n’importe quel smartphone actuel, sans compter que le traitement logiciel n’est pas à la hauteur dès que la luminosité baisse un peu. Vraiment dommage, car je dois conserver mon appareil photo numérique 14 Mpx à côté…

Le coup de l’écran tactile est quand même déroutant : au début je pensais qu’il était défectueux et j’ai mis du temps à comprendre qu’il me fallait un stylet. Mis à part ça, on s’y fait, et c’est un gadget multifonctions qui va me servir souvent (à l’univ je préfère un petit truc dans ma poche pour mes mails que mon ordinateur 17 pouces de 5 kilos, et dans le train j’aime avoir de la lecture – xkcd, bashfr, rage commics, eBooks – ou des vidéos Ted Talks pour passer le temps et découvrir de nouvelles choses à tout moment).

Android

L’Archos tourne sous Android 2.2.1 (2.4.xx après mise à jour officielle, que je conseille de faire très facilement via Wifi directement après achat).
La version installée par défaut est retouchée par Archos mais je crois qu’on peut mettre ce qu’on veut dessus, comme un Android normal ou l’OS Linux Ångström soutenu par Archos (installer un autre firmware qu’un officiel fait sauter la garantie par contre).

Le système Android plus ouvert et moins restreint dans les options que iOS est un peu déroutant au début, mais remarquablement bien fait quand on s’habitue.
Et c’est tellement bien de pouvoir balancer tous les fichiers, musique, images et vidéo sur l’appareil : le nombre de formats multimédia supporté est tout simplement impressionnant et la détection se fait tout seul, là où Apple avec iOS impose deux ou trois formats audio et un seul format ultra-spécifique pour la vidéo (jusque dans la dimension de l’image et le débit de données).

Je ne connaissais pas Android avant, mais l’Android Market (devenu Play Store il y’a tout juste quelques jours) est quand même merveilleux : une fois l’appareil associé à notre compte Google, on peut choisir les logiciels à installer depuis le PC et en un clic ils sont envoyés et installés sur l’appareil (pour peu qu’il soit connecté en wifi en même temps, sinon c’est en différé, mais il n’y a pas besoin de connecter l’Android à un PC). Et Play Store ne censure pas (ou alors beaucoup moins) les applications proposées. On y trouve par exemple des logiciels demandant explicitement le rootage (jailbreak) de la machine (rootage que je n’ai pas fait pour le moment).

Je reviendrais dessus dans un autre billet consacré à Android, mais Archos désactive l’installation des logiciels à partir de Play Store de Google : ils ont leurs propre Market nommé « AppsLib » où les applications sont testées et approuvées, mais beaucoup moins fourni. Pour activer le vrai Store, il faut suivre cette astuce.

Et avec Android, on a accès au Web et au Flash. On peut aussi lire des fichiers PDF, Word ou Excel (avec les logiciels adéquats).

Mais… Android n’est pas parfait non plus : s’il y a plus d’options pour chaque application, je trouve le système iOS plus simple, plus intuitif et souvent plus pratique. Un exemple : certains réseaux wifi ouverts affichent une page d’authentification lors de la connexion. Par exemple les pages comme FreeWifi ou SFR WiFi Public. Sous iOS la page s’affiche d’elle-même au moment de la connexion au réseau. Sous Android, il faut aller dans le navigateur, ouvrir une page bidon et voir apparaître la page après une redirection (comme sur un PC).

D’autres trucs sont tout aussi atterrants sous Android : impossible de me connecter à un réseau Ad-Hoc sans rooter l’appareil. Heu, je fais comment pour connecter mon Archos à mon PC par wifi sans passer par un point d’accès ? WTF ??
Sans compter la qualité de certains logiciels intégrés : le visionneur d’images est leeeeeeeeent et la qualité des images est horrible ; ou la calculatrice : c’est quoi ce truc fait à l’arrache en LOL-code ?? Je rêve ou bien ? Heureusement Play Store propose des truc décents pour combler les trous : RealCalc (calculatrice) et QuickPic (pour les images : rapide, précis, avec gestion des dossiers ignorés, et tout le reste).
Franchement, iOS est peut-être fermé (malheureusement, et Apple déçoit et perd un fan avec leur politique de merde), mais il est très largement plus peaufiné et pensé (jusque dans les moindres détails : l’icône de Maps dans iOS n’est pas choisie au hasard, par exemple ;-).

Conclusion

Certains points sur le matériel auraient été bien pour Archos de mentionner sur leur site (type d’écran tactile par exemple :D), ou certains accessoires qu’il aurait été appréciable d’ajouter dans le package. Mais globalement, c’est un appareil sympa.
Si vous recherchez une tablette Wifi de poche pour la musique, la vidéo et le Wifi et quelques autres applications (et que vous ne craignez pas les stylets pour écrans tactiles), je vous le conseil : le côté Android et les très nombreux formats vidéos supportés sont un gros avantage sur l’iPod ou l’iPad par exemple.
À propos d’Archos, j’ai lu dans leur livret qu’ils disposent d’un formulaire sur leur site en cas de soucis : ils disent répondre si possible dans les deux jours. Je ne m’en suis pas encore servi, mais savoir que ce type de service existe est toujours très appréciable voire rassurant (mieux qu’une hotline de répondeurs à deux balles ou que pas de hotline du tout).

Concernant Android, j’attends là aussi de l’évolution de la part de Google (même si ma version 2.2 n’est pas la dernière, mais je sais pas si Archos va fournir les Android 3 et 4 pour mon appareil, le fait de ne pas pouvoir me connecter en Ad Hoc m’a quand même fait rire). Sinon, à terme il sera peut-être intéressant de tester les OS mobiles en cours de préparation par deux boîtes libristes : Mozilla et Canonical.

Pour ma part, Android sera sûrement un sujet pour quelques articles du blog, voire de mes tutoriels. Je vous en ferai un prochainement sur mes logiciels préférés et mes réglages.