prison

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Voilà la première interview après la sortie de prison de Kim Dotcom – KD –(libération sous caution) : https://www.youtube.com/watch?v=pF48PjCtW4k (la transcription en anglais est lisible ici).

Ça dure 25 minutes, mais ça vaut le coup. L’industrie du show-biz abuse. Abuse non pas des lois, car aucune loi n’a été respectée par leur raid, mais ils abusent de leur position. Ça n’est pas la première fois, ni même la première fois contre MU.

Le contenu de la vidéo donne en gros les points suivants :
MU n’est pas responsable des fichiers partagés, et c’est la loi US qui le dit : la loi DMCA (équivalent de notre DADVSI française) prévoit que les prestataires techniques ne sont pas responsables. Ils sont justes tenus d’agir quand un ayant droit leur pointe un fichier.
MU n’a pas les moyens de tout vérifier. Il y a 800 fichiers par seconde qui sont partagés sur le réseau de MU. Sur Youtube par exemple, on approche environ 40 heures de vidéos uploadées chaque minute. Aucune société ne peut matériellement faire ça, vérifier tout ce qui trafique sur son réseau, d’où la DMCA.
MU n’a pas le droit de regarder ce que les utilisateurs uploadent : ce sont les lois de respect de la vie privée cette fois-ci. De la même façon que La Poste en France n’a pas le droit de jeter un œil à votre courrier.

En plus de cela, KD explique qu’ils avaient mis en place un moyen, pour les ayants droits : ces derniers avaient la possibilité de supprimer n’importe quel fichier protégé par droits d’auteur des serveurs de MU. Directement et rapidement.
MU avait mis cela en place sans obligation, et de leur propre initiative.

En parallèle, KD explique que MU n’a jamais reçu d’attaques en justice respectant les procédures légales : et pourquoi ? Par ce qu’aucune loi n’était enfreinte. MU la respectait en supprimant les fichiers protégés sur demande des ayants-droit. La seule action qu’ils ont subie, fut un raid du FBI sans préavis en janvier dernier.

Il explique aussi pourquoi MU gagne autant d’argent : l’argent vient des utilisateurs qui payent pour les services. Ceux-ci sont des particuliers, mais aussi des entreprises qui préfèrent payer 30 $/mois à un prestataire externe comme MU plutôt que d’investir bien plus pour mettre en place un système de sauvegarde et de partage de fichiers en interne. Et ça se comprend.
Ce n’est pas – et à mes yeux non plus (avis personnel) – de l’argent volé. Il explique que MU est né d’un besoin personnel : partager un fichier avec un ami, fichier trop gros pour les clients email. Ensuite le service a grandi. Quand une idée comme ça est utile, simple et qui marche, ça s’appelle de l’innovation. Et il ne me semble pas anormal que l’on reçoive quelque chose (ici de l’argent) en retour de clients contents ou d’entreprises qui préfèrent profiter du service plutôt que le forker en interne.

Et surtout, MU n’est pas le seul service qui propose de partager des fichiers (Microsoft, Google ont aussi leurs services similaires, et plein d’autres). Mais MU est un service mis en place par un ex-hacker, qui roule en voitures de luxe et possédant une énorme villa en Nouvelle-Zélande : c’est une proie facile pour le FBI ; et l’arrestation de son PDG constitue une arrestation exemplaire, destinée à faire peur (et ça marche, quand on voit tous les services qui ont soit fermé, soit bridé leurs services)…

Bref, je ne défends pas le partage de fichiers protégés par droit d’auteur. Mais je soutiens MU dans ce qui s’est passé, et je dénonce les pratiques perpétrées à son encontre.
Kim Dotcom compte faire appel en justice de tout ça, et se défendre. Il semble être sûr de lui et la loi semble être avec lui. J’espère qu’il va gagner.

image de Eric Constantineau