Une batterie, c’est une façon comme une autre de stocker de l’énergie pour une utilisation ultérieure.
Le problème des batteries actuelle (au Lithium), c’est à la fois leur capacité (quantité d’énergie stockée) et leur temps de recharge (le temps nécessaire pour placer toute l’énergie à l’intérieur).

Dans les deux cas, on est d’accord qu’il y a largement la place pour de l’amélioration.
De là à dire qu’on peut recharger une voiture en quelques secondes, pardonnez-moi de vous remettre les pieds sur terre, mais non, ce n’est pas possible. Et ça ne le sera probablement pas avant très longtemps. Et voilà pourquoi.

Prenons l’exemple de la Tesla modèle S : il y a plusieurs configurations possibles, mais la plus petite batterie fait 75 kWh. Ce nombre correspond à la quantité d’énergie que la batterie peut stocker.
75 kWh d’énergie, c’est une façon de dire que la batterie peut délivrer une puissance continue de 75 kW émise durant 1 h. Ou bien 150 kW émise durant 30 minutes. Ou encore 300 kW émise durant 15 minutes.

Lors de la recharge (supposée sans pertes), c’est l’inverse : pour recharger une telle batterie en 1 h, il faut l’alimenter avec 75 kW de puissance. Pour la recharger en 15 minutes, il faut un chargeur de 300 kW.

L’article dit « quelques secondes ».
« Quelques » c’est assez vague, mais plaçons nous dans le cas où l’on parle de « 10 secondes ».

Pour recharger la batterie de 75 kWh en 10 secondes, il faut un chargeur capable de délivrer une puissance de… 27 000 kW. Soit vingt-sept mégawatt.

Pour vos donner une idée, le type d’installation la plus répandue en France est celle qui propose 6 kW à une maison toute entière (en réalité on parle de 6 kVA, mais pour simplifier un peu, on va dire que c’est la même chose, l’erreur n’est pas très importante et de toute façon pas énorme).

Afin de recharger en 10 secondes notre Tesla S, il faudrait donc une puissance électrique équivalente à 4 500 ménages, soit la puissance électrique délivrée par EDF à une ville de 10 000 habitants environ.

Le problème n’est pas la quantité d’électricité nécessaire, mais la vitesse à laquelle on l’injecte dans notre batterie : pour transporter 75 kWh d’énergie en 10 secondes de votre prise à la batterie, il faut non seulement une source d’énergie colossale, mais aussi une prise énorme ainsi que des câbles démesurément gros.

Si on reste sur du 230 V, le câble serait traversé par 117 000 ampères. N’importe quel câble fondrait instantanément avec une telle intensité. Avec la gaine du câble, la prise, le mur, le compteur, le transformateur électrique et même toute l’installation EDF jusqu’à la sortie de la centrale. C’est juste infaisable.

Pour vous donner une autre idée, même recharger un téléphone portable en 5 secondes n’est pas possible : il faudrait faire passer du 16 A sous 230 V dans votre téléphone. C’est à peu près le câble utilisé pour un chauffage électrique de 3 000 W : ces câbles sont gros et ce n’est pas pour rien : à cette puissance, le cordon d’alimentation risque de fondre si il était moins gros, tellement ça chauffe.

Tout ça pour dire qu’on ne verra sûrement jamais une voiture électrique recharger en « quelques secondes ». Au moins, quelques dizaines de minutes, au pire, une heure ou deux (et encore, pas avec n’importe quelle prise), mais jamais quelques secondes. En réalité, même un smartphone ne sera jamais rechargé en quelques secondes.

Et il n’est ici pas question du type de batterie : un super condensateur à nanotubes de carbone sera sûrement plus efficace pour stocker l’électricité ainsi qu’une plus grande quantité d’électricié, mais il ne se rechargera pas infiniment rapidement pour autant. Ce sont deux choses et deux problèmes bien différents.

Dans l’histoire de taper du texte sur un bout de papier, on est passé des moines copistes, aux presses à imprimer, puis à la machine à écrire mécanique (puis électronique) et enfin à l’ordinateur. Inutile de dire que beaucoup de choses ont changée d’une technologie à la suivante, mais il est remarquable de noter certaines choses qui n’ont, elles, pas changées du tout !
On peut faire la même remarque avec l’internet, le téléphone et le télégraphe : certains héritages subsistent encore aujourd’hui.

Voici une courte liste de ces choses, en espérant que vous aurez appris, comme moi, certaines choses nouvelles.

Certaines touches du clavier

Savez-vous à quoi sert la touche Pause/Attn sur votre clavier ? J’en avais déjà parlé dans mon article dédié aux touches du clavier : cette touche remonte à l’histoire du télégraphe ! Avec le télégraphe, il fallait noter chaque lettre transmise à la volée et manuellement. Si l’émetteur bipait trop vite, le récepteur le faisait savoir en appuyant sur la touche Pause pour demander un peu de temps.

Les touches Syst, AltGr, Backspace et d’autres ont également une histoire ancienne (cf. l’article).

L’Azerty

Les touches du clavier ne sont pas disposées dans l’ordre alphabétique, et il y a une bonne raison à cela : elle remonte à la machine à écrire mécanique. Les premières machines à écrire étaient effectivement construite de façon à garder l’ordre alphabétique sur les touches.

Le problème c’est que l’ordre alphabétique ne correspond absolument pas à la fréquence d’utilisation des lettres dans une langue donnée. Du coup, deux touches proches sur le clavier peuvent être très utilisées, comme très peu. Sur le clavier d’une machine à écrire mécanique, où les lettres sont au bout d’une tige métallique qui vient heurter le papier avant de revenir à sa place, frapper trop vite avait parfois pour désagrément de bloquer la machine à écrire : les tiges métalliques n’avaient pas le temps de revenir à leur place et elles s’entremêlaient rapidement.

Une solution qui permettait de continuer à taper aussi vite tout en limitant les problèmes était de déplacer les touches : séparer les touches les plus utilisées, afin que les tiges métalliques soient moins proches et donc moins susceptibles de s’accrocher les unes dans les autres :

une machine à écrire emmêlée
↑ une machine à écrire « emmêlée » (image)

Bien-sûr, toutes les langues ont des fréquences de lettres différentes et donc toutes les langues ont des claviers différents (bien que souvent assez proches) : Azerty pour le français, Qwerty pour l’anglais, Qwertz pour l’allemand, etc. (et je ne parle ici que des langues latines, mais on retrouve ce principe également sur d’autres claviers, comme le grec ou le russe).

Cette disposition est restée sur les ordinateurs, même si elle n’est plus justifiée : il n’y a plus de parties mécaniques susceptibles de s’entremêler. Il est même plutôt question de choisir des dispositions de clavier adaptées à d’autres choses : nos mains.
Pour taper toujours plus rapidement et surtout sans se faire mal au poignet (y compris à long terme), des dispositions « ergonomiques » sont de plus en plus populaires : Dvorak pour l’anglais, Bépo pour le français. Les touches ont une disposition précisément étudiée pour correspondre à la langue utilisée. La frappe est alors facilitée et moins pénible.

L’underscore, ou « tiret du 8 »

Je parle du tiret là : « _ ». Je ne sais pas si vous avez déjà fait attention, mais ce tiret se trouve plus bas que la ligne de texte. Ça se voit bien une fois que le document est imprimé. Aujourd’hui les traitements de texte permettent de souligner du texte très facilement, mais sur les machines à écrire, on utilisait ce tiret là. On tapait le texte, puis on revenait en arrière en restant sur la même ligne et on appuyait sur l’underscore : les lettres étaient alors soulignées une à une.

Le « tiret du 6 », lui, ne correspond en réalité à rien en typographie, contrairement à la flopée d’autres types de tirets que j’ai listé dans les tirets typographiques, qui ont tous un usage bien précis.

Le retour chariot et la nouvelle ligne

Toujours sur les machines à écrire, quand on finissait une ligne sur le papier (matérialisé par le son d’un petite clochette), il fallait revenir au début de la ligne puis faire défiler le papier d’une hauteur de ligne. De cette façon on se retrouvait au début d’une nouvelle ligne et on pouvait reprendre la frappe.

Sur les logiciels de traitement de texte et même le simple éditeur de texte, comme le Notepad de Windows, il existe des caractères invisibles mais qui correspondent à ces deux actions : le caractère « \n » correspondant à une nouvelle ligne, et le caractère « \r » correspond au retour au début de la ligne. On peut d’ailleurs les voir dans un terminal (ici, la console python) :

>>> print "a b c d e f"
a b c d e f
>>> print "a \nb \nc d e f"
a 
b 
c d e f
>>>

Le « \n » signifie d’ailleurs « newline » (nouvelle ligne) et « \r » correspond à « [carriage] return » (retour chariot ; le « chariot » étant le cylindre physique de la machine à écrire sur lequel le papier était plaqué). Il en existe d’autres : « \t » pour une tabulation, « \a » pour émettre un son. Aujourd’hui, ils sont parfois utilisés pour indenter ou rechercher des syntaxes dans les textes, mais restent assez techniques.

Bas-de-casse et haut-de-casse

Ou en anglais « lower-case » et « upper-case » : ils désignent les caractères minuscules (abcdef…) et capitales (ABCDEF…). Cette terminologie dérive d’une pratique plus ancienne encore que les machines à écrire : l’imprimerie, avec les caractères en plomb que l’imprimeur venait aligner, avant de les enduire d’encre et de presser le papier dessus.

Les caractères étaient rangées dans des boîtes appelées « casses » : les capitales en haut (haut-de-casse) et les minuscules en bas (bas-de-casse) :

casse typographique
↑ une casse, avec les plombs, capitales en haut et minuscules en bas (image)

Dans ces cas là, chaque casse (chaque boîte complète) correspondait à une fonte (une police d’écriture) donnée, avec lettres, chiffres, capitales, minuscules, mais aussi l’italique (qui n’est pas oblique), le gras. Le terme « fonte » est lui-même resté dans le vocabulaire (anglophone) pour désigner une police d’écriture différente d’une autre.

CC, CCi

Lorsque l’on envoi un e-mail, on peut l’envoyer à plusieurs personnes en même temps : on utilise pour ça le champ « CC », signifiant « copie carbone ». Avant, pour avoir plusieurs exemplaires d’un même document (manuscrit ou tapé à la machine), on utilisait une feuille de papier carbone : ce papier (salissant rapidement les doigts) était recouverte de poudre de graphite (du carbone, le même que les crayons à papier). Intercalée entre deux feuilles blanches, ce papier permettait d’écrire en double, en appuyant suffisamment fort :

exempe avec du papier carbone
↑ utilisation du papier carbone (image)

C’est encore utilisé pour certains document administratifs. À la Poste, quand on souhait envoyer une lettre recommandé, le double qui vous revient est rempli à l’identique grâce à un papier carbone également.

Un des problèmes dans le cas de l’e-mail est que tous les destinataires savent que la copie est envoyée aux autres. Si une telle chose n’est pas souhaitée, on doit utiliser le champ « CCi », qui correspond à « copie carbone invisible » : le courriel est toujours envoyé à tout le monde, mais personne ne sera au courant ni des destinataires en question, ni de leur nombre.

Parce « digital » réfère au « doigt », et non à l’informatique ou le high-tech, sans être un anglicisme (que l’on aime tout autant), pour lequel on le mot « numérique » est plus convenable en français, voilà du digital :

digitalise un marketeux

Toi aussi digitalise un marketeux et sauve la langue française : fais un doigt d’honneur à ton écran et publie une photo sur les rézosossio® (y a rien à gagner, mais on peut se marrer).

Putain ce que j’en ai raz-le-cul de ces sites ou applications qui font juste des sites pour Chrome. Encore plus quand il s’agit purement de foutage de gueule destiné à vous faire installer Chrome.

Dernière en date ? L’autrefois excellente application Airdroid : une app qui transformait son téléphone en serveur web et qui permet d’y accéder depuis son PC, dans le navigateur. Pratique pour envoyer des SMS, prendre des photos, passer des appels, gérer ses contacts directement depuis son ordinateur.

Récemment, ils ont ajouté une option pour l’utiliser en HTTPS. Parfait, j’active ça, et je tombe là-dessus :

i
AH OUAIS ?
C’est quoi le problème avec mon Firefox ? Il sait pas gérer le HTTPS, mon Firefox ?

Tu vas voir :

i
Je dis à Firefox de se faire passer pour Chrome.

Et là, oooohhhh, magie :

i
ÇA MARCHE DIS-DONC !

En gros :

  1. Ils disent que ça marche pas sous Firefox
  2. Dites à Firefox de s’identifier comme Chrome
  3. Voilà, maintenant ça marche sous Firefox

Et ce genre de connerie, ça marche à chaque @%µ{# de fois.

Firefox est parfaitement capable d’afficher tout ce que vous voulez en HTML5, HTTPS ou autre. Si un site vous dit le contraire, alors :

  • soit il vous ment (comme ici)
  • soit le site n’utilise pas du HTML5 ou des protocoles « normaux », mais probablement des trucs made@google4chrome, et dans ce cas ce n’est pas un site web mais une extension de Chrome (et du coup ça reste un mensonge et prendre les utilisateurs pour des cons quand même).

#Chrome.Is.The.New.IE

Je suis un très grand fan des musiques de Two Steps From Hell (musique instrumentale / épique).
Aussi, je vois aujourd’hui sur les réseaux sociaux qu’ils viennent de sortir un nouvel album : Heaven ‑ Anthology. Ni une ni deux, je me dit que je le veux. Tout de suite.

Pour une fois, je me décide de vouloir acheter l’album avant de le télécharger (je n’ai plus aucun doute sur la qualité musicale de TSFH). Le post qui parle de TSFH donnait des liens pour acheter l’album sur iTunes, Amazon, Spotify et CDBaby :

i
Bon, essayons ça.

Spotify : où est-ce que je paye pour avoir des MP3 ? Non je ne veux pas installer d’application, je veux juste des MP3 pour les lire avec VLC sur mon téléphone et sur mon ordi, en hors-ligne.
Au bout de 30 secondes, je ne trouve pas : en tant que client pressé et fainéant, je ferme le site : 30 secondes pour trouver le bouton le plus important sur une page web, c’est trop.

je vais sur iTunes. Ah merde : il faut installer le logiciel iTunes pour acheter de la musique. Problème : je suis sous Linux, iTunes n’est pas disponible (et de toute façon, un soft de 247 Mo, j’aurais pas installé ça pour récupérer 200 Mo de musique).

Direction Amazon. Les commentaires sont tous de 5 étoiles pour ce album, super. J’ajoute au panier. Au moment de vouloir payer :

amazon music paying fail

Un peu découragé, je vais sur le dernier site, CDBaby, totalement inconnu pour moi, mais c’est TSFH qui le donne lui-même, donc bon.
Pour avoir l’album, il leur faut mon nom, mon prénom, mon email, mon email (oui, deux fois), mon pays, mon code postal. Soit. C’est totalement con, mais passons.

Je m’inscrit : déjà on me dit que j’aurais des MP3, des MP3-320 et du Flac. Oh, cool donc.
Je paye ça avec Paypal et 2 clics plus tard (plus 20 minutes d’attente : le téléchargement est bridé à ~300 ko/s), je me retrouve avec mes fichiers audio. Ça s’annonce bien.

Je dezip le fichier. Le nom des fichiers est illisible, faudra que je change ça.

Juste pour vérifier de la qualité des MP3, je regarde le spectre d’un des MP3 avec Audacity : c’est une méthode assez rapide pour voir si le MP3 est correct ou si c’est un truc compressé tout crade.

Ici, le spectre monte jusqu’à 21 kHz, c’est donc acceptable. Simplement par curiosité, je vérifie aussi le spectre des fichiers MP3 de base : je suis à 18 kHz maximum. Le 320 k n’est donc pas du faux et dans le cas contraire j’aurais exigé le remboursement. Le Flac monte lui au delà de 22 kHz.
Les trois types de fichier sont inclus dans le prix, donc le mettrai le MP3-320 sur mon téléphone (gain de place) et je garde le Flac sur mon ordi.

Bref, pour 5 € je me retrouve avec un excellent album de TSFH.

Sauf que j’ai dû essayer 4 sites différents.
Le premier ne propose pas de MP3.
Le second me discrimine parce que je n’utilise pas système d’exploitation payant.
Le troisième me fait un caca nerveux et veux pas prendre ma carte de paiement (qui d’habitude fonctionne très bien).

Vous trouvez ça normal, vous ?

Combien de temps ça va encore durer ?

On est en 2017 : tout le monde devrait pouvoir être en mesure d’acheter un album facilement. Ce sont des fichiers audio : je ne devrais pas avoir besoin d’un logiciel spécial pour les récupérer, ni d’une application. Juste mon navigateur (celui que j’utilise pour découvrir l’existence dudit album. Je devrais aussi pouvoir payer normalement.

Ici ça a fonctionné avec CDBaby, mais c’est la première fois que j’entends parler de lui, et pour le même coup j’aurais aussi pu tomber sur un site autant merdique que les trois autres. J’ai eu de la chance, j’ai pu acheter de la musique légalement.

En attendant, sur les réseaux illégaux, sans aucune inscription, aucun formulaire, sans bridage de la bande passante, en un seul clic, j’aurais pu avoir un album en Flac aussi, avec les fichiers tagués correctement et la pochette en bonne qualité (celle fournie de CDBaby ne se télécharge tout simplement pas : le fichier est corrompu ><).

Ce n’est donc pas encore demain la veille que le piratage disparaîtra. Ça ne se fera que si télécharger légalement sera aussi simple que passer par un site de torrents (notez que je ne parle absolument pas du prix : 5 € (5,45 € très exactement, au final, avec les taxes), je pense qu’on peut admettre que le prix est tout à fait adéquat pour une heure de musique au format numérique en qualité optimale et téléchargeable immédiatement, sans DRM.

‑ Cool ?
‑ Ben ouais : cool !
‑ Pourquoi ?
‑ Parce que dès demain, on verra apparaître un tas de nouveaux sites de torrents qui vont aller combler le manque qu’aura induit la fermeture de T411.

Ça a été comme ça avec Mininova, avec KickAssTorrents, avec ThePirateBay, avec Torrentz, et plus récemment avec Nyaa (dont il y a déjà des miroirs et qui sont actifs, lol).

À chaque fois qu’ils ferment un site comme T411, il y en a des tas d’autres qui apparaissent. C’est comme ça, quand les rançonneurs de musique attaquent ceux qui la distribuent en deux clics, au lieux de monter un système qui permet de l’acheter à un prix décent en un clic.

Je suis mauvaise langue, un peu quand-même : la tendance commence à s’inverser, mais c’est surtout grâce à Google, Apple, Spotify, Deezer, Youtube qui mettent en place des plateformes simples pour accéder à des musiques, films, livres, jeux…
Y compris avec un système proche de la licence globale (abonnement à prix fixe pour de l’illimité). Seul ennui, encore et toujours : c’est souvent (pas toujours) en streaming, ce qui n’est pas toujours pratique quand le réseau vient à manquer. Perso je préfère encore avoir mes fichiers en local sur mon téléphone, pour ne pas saturer la bande passante ni exploser mon forfait (et pour pouvoir écouter de la musique aussi dans les zones sans 4G 3G 2G GSM) et le problème du catalogue : je le trouve où mon film en fHD avec des sous-titres ?

Donc ouais : cool, dans un sens.

Visiblement y a des gens qui, pour s’amuser durant la canicule, ouvrent des bouches d’incendie. On parle de 600 bouches d’incendies ouvertes dans le nord de la France et plus de 600 000 mètre cubes d’eau perdue en Île de France.

Ouais c’est absolument énorme, surtout en période de sécheresse où l’eau est assez précieuse.

À part peut-être planquer des sniper à balles réelles en face des bouches d’incendie (certains essayeront tout de même, mais ils n’arriveront pas à les ouvrir), il ne semble pas y avoir de solutions : si les gens veulent de l’eau, rien ne les empêchera d’en avoir. C’est simple, si mettre les pompiers en incapacité de protéger la population de toute une ville n’est pas suffisamment dissuasif, alors rien ne le sera.
C’est comme devenir un criminel : si la perpétuité ou la peine de mort (dans certains pays) n’est pas assez dissuasive pour éviter les crimes, alors la répression ne sert à rien, ça n’est pas la bonne solution.

Ce que je ne comprends pas du coup, c’est pourquoi les municipalités ne mettent pas des arroseurs dans les parcs ? Ou des jets d’eau sur les places publiques ?
Au moins ça fera de l’eau pour gens dans des endroits appropriés (pas en plein milieu d’un carrefour), et en plus l’eau dans ces systèmes tourne en circuit fermé : l’eau est réutilisée. On n’injecte que l’eau qui s’évapore, ce qui est toujours largement moins que ce qu’on perd avec une bouche d’incendie, et dans tous les cas ça foutra la paix aux pompiers qui sont débordés (littéralement).

Dans tous les cas ça ne résout pas le problème des cons.

Pourtant, le sujet de l’évolution a déjà animé les débats politiques en début d’année, lorsque Numan Kurtulmuş, premier vice-Premier ministre, a décrit cette théorie comme « archaïque et dépourvue de preuves ». Et quand le ministère de l’Éducation a indiqué qu'il allait augmenter le nombre d’heures consacrées à l’étude de la religion.

Turquie. La théorie de l’évolution plus enseignée à l’école

Ah oui : enseignons plutôt un truc écrit dans un livre vieux de 1500 ans qui base tout sur une histoire non sourcée.

On me rappelle ce que veut dire « archaïque » et « dépourvue de preuves », s’il vous plaît ?

C’est bien ce que je croyais.

Vous savez quoi ? Vous êtes évidemment libres de croire ce que vous voulez, mais l’avantage de la science c’est que ça se base du des choses réelles et on n’a pas donc pas besoin d’y croire pour que ça reste vrai. Si vous n’y comprenez rien, ce n’est pas non plus de votre faute : la nature n’a aucun dû concernant son appréhensibilité par vous ou moi. Après y a des gens plus courageux que d’autres face à l’incompréhension de la nature…

Ce qui est de votre faute en revanche, c’est de sciemment prendre des trucs faux (la terre est plate, elle a 4000 ans, etc.) et faire passer ça pour de la science, rendant l’humanité plus bête qu’elle ne l’était hier. Ouais, je le dis : c’est avec des décisions comme ça que l’on a perdu 1000 ans à se foutre des épées dans le ventre pour des histoires de crucifix et de divinités plutôt qu’enseigner la technologie, la science ou la médecine.


Et pour ceux qui prennent peur quand on parle de « théorie », sachez qu’une théorie c’est simplement un ensemble d’hypothèses qui sont en concordances les unes avec les autres. L’évolution est une théorie. La terre plate est une théorie. Il n’y a pas de différence à ce niveau.
La différence se situe après : de ces deux théories, l’une est en adéquation avec ce qu’on observe dans la réalité, l’autre est un ramassis de bullshit dont on sait démontrer la fausseté.

Pour sa première visite à l'Assemblée nationale en tant que député fraîchement élu, Jean-Luc Mélenchon s'est plaint de la présence du drapeau européen, pas assez républicain à ses yeux. Et il en a profité pour souligner combien il est un symbole... marial.

(Drapeau européen et Vierge Marie : pourquoi Mélenchon a raison)

Ouais, alors autant j’apprécie assez à la fois le franc parler de JLM et une partie de son programme (pratiquement tout à l’exception de son anti-européisme), autant là je trouve sa remarque débile. Juste, mais débile.

Ouais, il a raison : les douze étoiles ont une connotation religieuse. Et alors ?
Il s’attendait à quoi en étant né dans un pays, un continent même, dont l’histoire est, sur pratiquement 2 000 ans, étroitement lié à celle d’une religion ?

Dieu sait que je m’en cogne de la religion (oui cette tournure de phrase est voulue — je préfère le dire, hein), que je considère ça comme personnel et que ça devrait le rester, mais dans un pays comme la France, 2 000 ans de symbolique, de meurs, d’histoire ne s’effacent pas en un jour. Être un pays laïc ne signifie pas qu’on doit bannir tous les signes religieux partout.

Je l’ai déjà dit : si on veut aller dans son sens, alors il faudrait tout changer dans notre société, à commencer par notre calendrier (y compris le nom des mois et des jours). J’imagine que JLM s’esclaffe quotidiennement devant son calendrier en se disant que l’an « 2017 » ce sont deux mille dix-sept années après Jésus Christ ? Et que le jour où il a fait sa remarque (un mercredi) il a dit que c’était insoutenable de vivre un jour nommé d’après un dieu romain ? C’est la République Française, ici, pas l’Empire Romain, par toutatis !

Et le calendrier n’est que le début de ce qu’il faudrait interdire, le début d’une très longue liste.

Pourtant, perso, je préfère la seconde solution d’un État Laïc : plutôt que de tout nettoyer au carsher, et tout peindre en blanc, on peut aussi laisser tout le monde faire comme il veut et devenir une société ouverte, avec des gens ouverts d’esprits.

Le fait que l’espace devient le terrain de jeu des entreprises privées n’est pas un hasard du tout. C’est logique.

J’en ai déjà parlé. Et je maintiens : le seul problème avec cette privatisation des routes vers l’espace, c’est qu’elle n’a pas eu lieue 30 ans plus tôt !

Ce n’est pas au gouvernement d’assurer la tâche répétitive d’envoyer des gens sur l’ISS et les faire rentrer sur Terre. Et même si l’ISS est une station de recherche, ce n’est pas l’État qui transporte les chercheurs vers leur centre de recherche quand ce dernier se trouve sur Terre, mais les compagnies de bus, ou bien les voitures personnelles. Bien.

Le rôle de l’État est d’assumer des risques qu’aucune compagnie privée ne peut prendre, car prendre des risques n’est pas économiquement viable. L’État prend ces risques car il n’a pas de retour économique à attendre, il n’est pas là pour ça.

En l’occurrence, la Nasa a vu la jour durant la Guerre Froide : la conquête spatiale a d’ailleurs été dominée par les soviétiques : première fusée, première fusée en orbite, premier animal dans l’espace, premier homme dans l’espace, première femme dans l’espace…
La Nasa a été créée en réponse à ça, sur la base de la Guerre : une fusée c’est simplement un missile avec des gens dedans. La seule chose qu’ils ont fait en premier, c’est poser un humain sur la Lune et le ramener vivant.

L’État sert à repousser les frontières du possibles où il est possible d’aller et ce qui est possible de faire. C’est le principe de toute la recherche qui n’a à première vue pas de retombées économiques directes (ce sont d’ailleurs même les entreprises privées qui en profitent, en sous-traitant l’État — Lockhead, Boeing, etc. pour la Nasa — proposant en retour des emplois, des impôts et des retombées économiques secondaires pour tout le monde).

Une fois que la route est pavée, bien maîtrisée, elle est mise à disposition des boîtes privées qui sont intéressées et ce sont elles qui deviennent les acteurs sur ces routes. Ceci laisse ensuite à l’État le soin de pouvoir ouvrir de nouvelles frontières (dans l’exploration spatiale, on parle aujourd’hui d’aller sur Mars ou d’établir une base sur la Lune).

Cette exploration faite par l’État puis reprise à son compte par les boîtes privées s’est toujours faite :

  • le voyage vers l’Amérique a été financée par le Roi d’Espagne, avant de permettre à des entreprises privées de fonder le commerce des épices et des esclaves (oui je n’ai pas dit que ça a toujours été éthique, même si pour l’époque ça n’avait rien d’anormal).
  • la recherche sur l’électricité et le magnétisme par M. Faraday a été financée par la Grande Bretagne. Faraday, face aux critiques sur l’inutilité de ses travaux dira même « peu importe ce que coûtent mes travaux sur l’électricité : un jour vous pourrez le taxer ». Tous les appareils électriques chez vous et dehors sont issus de ses travaux. Et tous sont fabriqués par des boîtes privées (et tous taxés par le gouvernement :p). Sans compter les compagnies d’électricité, elles aussi privées.
  • la recherche sur la thermodynamique (qui donnera naissance aux voitures et aux moteurs thermique ou aux frigos) aussi.
  • la recherche sur les ondes (par Hertz et les autres) : aujourd’hui la télécommunication sans fil est privatisée.
  • la mise en place du premier chemin de fer (avant d’être (ou se faire) privatisé)
  • la mise en place de l’aviation.
  • la mise en place d’Internet : ce qui était un sujet de recherche et militaire est aujourd’hui privatisé. Ce sont les entreprises qui installent le réseau, que je sache.

Quant à la recherche scientifique en général, je vais pas me répéter : ce n’est pas parce qu’il n’y a pas de retombées économiques sur votre compte en banque que ça ne contribue pas au progrès de l’espèce humaine sur le long terme. J’en parle , , , .