Comment dire que ton client e-mail est pourri sans dire que ton client mail est pourri :

Message d’erreur Outlook.
Ça rejoint mon coup de gueule contre GMail il y a des années

Je veux envoyer des fichiers par mail, oui. C’est visiblement un crime, chez Microsoft comme chez Google.

Depuis quand c’est à moi de faire attention à ce que les gens reçoivent ? D’autant plus quand ils demandent à le recevoir ?

Si t’es pas content, tu mets une alerte de leur côté. Une fois que j’ai envoyé mon mail, ce n’est plus mon problème : ils n’ont qu’à configurer leur client e-mail correctement ou changer de service e-mail. Chacun son boulot.

Oui j’aimerais que les jeunes soient formés au numérique et pas déformés au Microsoft. On exige par la loi des gens qu’ils configurent leur Box internet pour empêcher les intrusions et de surveiller l’usage qui en est fait (OpenOffice pourra vous aider), mais en même temps on sait très bien que la majorité des gens en est incapable, au vu de ce genre de messages.

Mais bon, continuez à transformer ce protocole d’échange électronique ouvert et interopérable qui tient et fonctionne depuis 50 ans en un tchat immonde et fermé pour cadre commerco-bullshito-powerpoint.

Bah.

Photo d’un bulletin placé dans une urne.
Je crois que j’ai un problème de candidats à la présidentielle.

Aucun ne me convient parfaitement.

Ah. Je crois ne pas avoir été assez clair. Laissez-moi répéter en insistant sur le mot important : aucun ne me convient parfaitement.

Ça veut dire quoi ?

Il y a bien une dizaine de candidats, à droite, à gauche, au centre, en haut, en bas… bref de tous les bords.
Parallèlement, il y a également tout un tas d’enjeux et de sujets divers qu’ils traitent tous plus ou moins à longueur de journée : emploi, économie, impôts, écologie, énergie, santé, éducation, immigration, politique extérieure… vous les connaissez.

C’est quoi le problème ?

Le problème c’est que tous les candidats ont des bonnes idées. Tous les candidats ont aussi des mauvaises idées.
C’est ça mon problème : en votant pour quelqu’un, on ne peut pas garder juste le bon. On doit garder le mauvais aussi.

Dans ces conditions, choisir un candidat revient à choisir non pas le meilleur des candidats, mais sur le moins mauvais. Pas sur celui qui nous correspond, mais sur celui avec le moins de mauvaises idées.

Je pense qu’il y a un paquet de gens qui sont dans cette situation, qui vont soit voter « utile », soit pas voter, soit voter blanc, soit voter nul, soit voter en espérant une améliorant dans un des enjeux tout en sachant que ça plombera tous les autres, etc.

C’est le problème de cette méthode de représentation des citoyens appelé « élections présidentielles » : un vote pour un gus dont on sait pertinemment qu’il n’est pas parfait et qu’il fera de la merde sur certains trucs, en espérant qu’il fera des trucs un peu moins pourris sur d’autres, sans garanties.

Alors pourquoi on vote pour un gus ? Pourquoi on ne peut pas voter pour des idées ? Sur des enjeux en particulier ?

Perso ça me fait une belle jambe de savoir que tel ou telle personne dirige le pays parce qu’on l’aura élu. Je préférerais largement qu’ils fassent des référendums tous les 3 mois à la place, pour discuter d’un sujet, et pas d’une personne.

image de Element5 Digital

En achetant mon récent téléphone, le vendeur (à la Fnac) m’a souscrit à une assurance smartphone, avec les 30 premiers jours gratuits (perso je n’avais rien demandé), je me suis retrouvé avec ça à la fin de la commande. Je trouvais étrange aussi qu’il prenne 15 minutes à consulter ses stocks. M’enfin.

J’ai déjà dit ce que je pensais de ces assurances spécifiques pour téléphones, électroniques ou autre.

Ici j’avais donc une assurance pour 300 € par an (!) et moults garanties. Donc j’ai demandé à résilier ça.

Bah c’est la merde :

Résilier un truc : expectation VS réalité.

Leurs CGU permettent de résilier ça facilement, gratuitement et sans raison durant les 30 premiers jours : un coup de fil, et hop. Ou un courrier simple avec un formulaire joint… que je n’ai pas reçu.

Va pour le coup de fil…

Donc 3j après l’achat, j’appelle. Après 10 minutes d’attente, je suis en ligne avec quelqu’un.

Je donne mon nom, ma référence dossier et je dis « j’aimerais résilier cette assurance ».

Là la personne commence à me demander pourquoi. Je lui dit que je n’ai pas de raison à avoir (dixit les CGU, article 6.2) et je répète machinalement que « j’aimerais résilier ».

Là la personne commence à m’inventer un scénario catastrophe au cours duquel mon téléphone subit des dommages et où l’assurance, dans son infinie bonté arrive à la rescousse*

[*] suggestion de présentation.

Je n’ai pas laissé le temps à la personne de finir son baratin. Je lui ait dit « Excusez-moi de vous interrompre, mais je souhaite juste ré-si-lier, maintenant et sans histoires. ».

J’ajoute que « cela fait trois que je le dis clairement, si je dois le redire une fois de plus je raccroche et vais voir un avocat et il vous fera une lettre puis une mise en demeure. ».

La personne me dit « inutile d’en arriver là, on va résilier ».
Moi : « bien. »
d’autres questions ?
c’est résilié ?
je suis en train de le faire.
– …
c’est fait. Vous recevrez un mail de confirmation d’ici 48 h.
Bien. Merci. Bonne journée.

Je ne me suis pas énervé, j’ai juste été ferme et clair. Aussi j’ai horreur qu’on me prenne pour un demeuré. Si j’appelle pour résilier, c’est pas pour ne pas résilier.

Du coup, il me restait à attendre l’e-mail de confirmation.

Ni 48h ni maintenant (on est 15 jours après), je n’ai reçu quoi que ce soit.
Et non, pas non plus dans les spam.

Du coup, je vais sur leur site et leur formulaire de contact. J’envoie un message. Le site bug, je le renvoie. Pas de réponse.

Quelques jours après, j’envoie un mail à l’adresse trouvé dans l’e-mail de bienvenu.

Je reçois un mail automatique me disant que la demande a été envoyée au broyeur reçue. Mais je n’ai pas eu de suite même après quelques jours.

Le mardi suivant (on est à J+15 après l’achat) j’envoie une LRAR avec une lettre où j’indique vouloir résilier. J’indique clairement ma demande et ses références dossiers. J’ajoute aussi que ça fait suite à mes précédentes tentatives, et j’enfonce le clou en disant que si je me fais prélever une quelconque somme de leur part (signe que la résiliation n’a pas été prise en compte), j’engagerai des poursuites.

Une semaine après (aujourd’hui) je reçois un SMS disant qu’ils ont reçu la demande (laquelle, je ne sais pas : email, courrier, tél ?) et qu’elle sera effective sous 12 jours.

12 jours à parti d’aujourd’hui, c’est à J+31 à partir de l’achat.
1 jour après la fin des 30 jours gratuits, donc.

Rien à foutre : ils me prélèvent un centime, je dépose une plainte jusqu’à ce que me soient remboursés ça.

Oui ça m’énerve. Oui je suis en colère.
Ces pratiques sont honteuses, pour ne pas dire douteuses.

Je hais, de base, ce genre de paperasse. Je déteste aussi les assureurs, qui ne servent à rien jusqu’au jour où on a besoin d’eux : là, ils t’envoient chier avec cordialité. Et avec ton pognon. Et je hais tout ce bordel en plus quand on n’a rien demandé.

Mise à jour du 2022-02-08, soit 3 semaines après mon mail : j’ai eu la réponse et leur confirmation (écrite) que ma résiliation est désormais prise en compte. Bien. Je rappelle que je devais, 48 heures après mon appel, recevoir une confirmation par e-mail de la résiliation. Si je l’avais eu, je n’aurais pas eu besoin de faire un mail suivi d’une LRAR, ni cet article. Souvenez-vous : les paroles s’envolent, les écrits restent. Si ce n’est pas écrit, c’est que ça n’a pas eu lieu. D’où mon obstination absolue à exiger un mail, un courrier, ou un accusé de réception, et ne pas me contenter d’un « oui-oui » au téléphone.


Ne vous faites pas avoir : à moins que ce soit vraiment votre intention (libre à vous de jeter du fric par la fenêtre), NE SOUSCRIVEZ PAS CES TRUCS LÀ : c’est la galère pour en sortir et ils vous feront chier jusqu’au bout.

Et maintenant, quand on achète un truc, il faut aussi déclarer NE PAS vouloir d’assurances et de services à la con ? Bah.

Quant à l’assurance en question, « Celside », filiale de la « SFAM », il suffit de chercher sur Google et voir les différentes mentions sur les forums comme UFC Que choisir pour se rendre compte que c’est du gros n’importe quoi, et que — comme toutes les assurances, y compris l’assurance chômage — ce sont des […nom d’oiseau ici…].

Voilà.


Dans mon cas, on verra ce qui se passe. En attendant, j’ai mes relevés téléphoniques indiquant la date de l’appel, les différents mails envoyés et la note de bonne réception de leur part, ainsi que l’accusé de réception du LRAR, et le courrier envoyé.

La LRAR étant la seule preuve légale, les autres papiers serviront éventuellement pour la bonne foi.

Si vous vous faites avoir : ne perdez pas de temps avec le téléphone et les e-mail. Foncez à la poste avec un modèle de lettre et envoyez ça en LRAR. Y a effectivement que ça qui fonctionne. Et qui soit légal aussi.

Leur formulaire a beau dire « résiliez par courrier », j’imagine qu’ils font ça pour qu’on envoie un courrier simple qu’ils déclareront ne jamais avoir reçu une fois les 30 jours écoulés et les premiers prélèvements effectués (et après, pour résilier, c’est encore plus chiant, et probablement pas gratuit).

Oui je vois le mal partout.
En même temps on parle des assureurs.


Inutile de dire que je ne serais plus jamais client à la Fnac pour quoi que ce soit. Ici, c’était dans une boutique physique, mais ça vaut aussi pour en ligne.

Ça rejoindra Cdiscount, Priceminister et tous les autres groupes qui prennent leurs clients pour des cons.

Étrangement, tous sont des groupes Français.

Amazon ?
Jamais eu une seule prise de tête avec : les problèmes de colis cassés ont été résolus dans l’heure les deux ou trois fois que c’est arrivé en 10 ans.

Achetez français, qu’ils disent.
Allez vous faire foutre, que je réponds.

Photo d’un ail et d’un vieux téléphone : ail-phone.
Je suis passé sous iPhone.

En effet, un publicitaire m’a offert un iPhone 13 Pro Maxi-choco XL+ S V8 42 light+X GTR Bio sans gluten 8G AK47 double-cheese C++ RATP pour que j’en vante les mérites sur mon blog devant des millions milliers douze lecteurs quotidiens mensuels !

Les trolls vous arrêtez de lire ici.
Les autres aussi, si vous voulez.

Pour l’unique lecteur qui reste désormais, s’il arrêtait de ronfler au fond de la pièce, il pourrait voir ici pourquoi moi, un utilisateur plutôt « power-user » a décidé de passer d’un Android ouvert à un iOS fermé (ainsi qu’un avis sur l’iPhone).

Et non, je n’ai évidemment pas reçu cet iPhone de façon promotionnel, pas que je n’aurais pas pu le faire, et plusieurs fois par an, vu tout ce que les annonceurs me proposent et que je refuse pour vous tous toi.

Pourquoi changer de téléphone ?

Mon ancien téléphone avait 3 ans — déjà, mais aussi seulement — et même si je l’ai adoré, il commençait à avoir des problèmes logiciels (reboot intempestifs) et matériels (l’écran jouait du tactile tout seul et l’appareil photo prenait parfois des demi-photos).

Et quand on a déjà changé la batterie une fois, l’écran une fois (parce qu’on est manchot et qu’on casse l’écran en changeant la batterie), que le système n’est plus mis à jour parce que le constructeur a mis la clé sous la porte, qu’on me l’a fait tomber et que le dos a été pété aussi et ben si on veut continuer d’utiliser un smartphone à jour et fonctionnel sans se ruiner en réparations qui finiront par avoir été vaines, il faut en changer. L’obstination de tout réparer ça a ses limites aussi.

Pourquoi prendre un iPhone plutôt qu’autre chose ?

Comme d’hab, je suis assez méticuleux dans mes choix avec un cahier des charges long comme le bras. Cette fois j’étais bien embêté, parce que aucun téléphone ne me semblait convenable.

L’iPhone était hors concours jusqu’à ce que je me dise « et pourquoi pas ? ».

Comme ça :
Moi : « Et pourquoi pas ? »

Il y a 3 ans, un iPhone j’aurais dit non merci à cause de l’absence de Jack et de port SD. En plus c’est cher.

Aujourd’hui, j’ai changé mes usages.

J’écoute la musique autrement : le Jack Sparrow ne m’est pas utile.
La carte SD était principalement là pour étendre l’espace de stockage interne et pour sauver toutes les photos si le téléphone mourrait subitement. Un iPhone 13 de base, c’est 128 Go : le double de tout ce que j’ai besoin et les backup se font chez moi, en Wifi et tout seuls.

L’ouverture d’Android ? Bof. Elle est toute relative : où est mon accès à /etc, /sys, /usr, /bin d’un vrai système ouvert ? En plus, je n’en ai que peu eu besoin : je n’ai jamais installé de ROM custom, et mon dernier téléphone n’a même jamais été rooté non plus (AOSP de base avait tout le nécessaire).

Comme j’expliquais dans un autre article, je n’ai plus besoin d’une machine à bidouille. Maintenant, je veux un truc qui marche. Au besoin je saurais comment le dépanner, mais j’ai pas besoin de plus. Et puis, arrêter de bidouiller pour bidouiller, c’est aussi arrêter de rendre le système constamment instable, ce qui aide à ne plus avoir besoin de le réparer, en fait.

Pour ce qui est du passage d’Android à iOS, ça ne faisait pas partie de mes inquiétudes. Si je trouve les surcouches constructeurs Android bâclées et lourdes, iOS est propre et fluide. En plus, mes logiciels habituels sont disponibles indifféremment sur les deux OS. Pour mes achats sur Google Play, un petit mail au développeur suffit parfois pour avoir la version iOS sans avoir à repayer (coucou, et merci beaucoup, l’équipe d’OsmAnd).

Ensuite, l’omniprésence de Google dans Android y est de plus en plus malsaine. Je n’aime pas du tout. Idem pour celui des constructeurs. Je ne suis pas sûr que pour Apple ce soit réellement mieux, mais en tout cas, ce n’est pas pire. Android a donc fini par perdre cet argument là.

Un des deux gros points qui m’importaient c’est la taille du téléphone. Je constate que plus aucun constructeur de premier plan ne fait de téléphones haut de gamme (puissants et équipés, j’entends) qui ne soient pas des phablettes de 6, 7, ou 8 pouces destinées aux soit-disant « influenceurs ». Or je veux du 5", un truc à utiliser d’une main et qui tienne dans une poche, pas un pavé.

Enfin, l’autre gros point important pour moi concerne un point noir d’Android, à savoir le manque de sérieux global dans les mises à jour du système, y compris Android One et ses 3 petites années de mises à jour et qui tombe si le constructeur tombe aussi (coucou le regretté BQ, chez qui j’ai pris mes deux derniers téléphones).

Je suis donc emmerdé pour trouvé téléphone qui m’aille.

Mes critères, cette fois :

  • un téléphone puissant (je veux qu’il tourne encore dans 5 ans avec l’OS du moment)
  • des mises à jours et un support étendu dans le temps
  • 5 pouces max
  • à peu près futur proof (5G, OLED, vidéo fHD… Oui j’ai visé haut, tant qu’à faire)
  • une marque qui risque pas de tomber et pour lequel je pourrais avoir des pièces et de la réparation.
  • pas de surcouche dégueux

Avec ça, il ne reste pas grand monde. Quelques modèles anciens tout au plus, mais surtout, l’iPhone Mini. C’est donc le critère du prix qui a été mis de côté ici.

J’ai donc sorti mes liasses de billets reçus d’EDF et d’Orano pour vanter l’électronucléaire sur mon site ma carte bancaire et ma prime énergie mes chèques cadeau du boulot et j’ai pleuré fait le choix de l’iPhone 13 mini.

C’était ça ou le 12 Mini, le modèle précédent, mais le 13 avait des caractéristiques nettement plus attirantes, principalement au niveau de la batterie, pour un prix qui en valait selon moi le coup.

Ce téléphone compense tout les points listés plus haut :

  • il fait 5,4 pouces, pratiquement sans bords. Il est aussi grand que mon Samsung Galaxy Wifi 4" en 2011, le borderless en plus (donc un ration écran/face avant bien plus proche de 1)
  • Apple supporte actuellement jusqu’au iPhone SE sorti en 2016, donc 7-8 ans de support.
  • Le 13 Mini a la puissance du 13 normal, et il est ultra-fluide et rapide.
  • 5G, charge induction, OLED, Wifi AX, Glonass, BeiDou, four à pizza… tout y est.
  • Avant que Apple tombe ou arrête son département iPhone, je pense qu’on a de la marge. Par contre, on sait déjà que les formats « mini » c’est terminé. Ils se vendent mal car tout le monde le dernier influenceur à la con mode veut des phablettes.

Bref, tout ça c’était pour expliquer un peu ma problématique et finalement mon choix.

Ci dessous, une petites liste des trucs bien ou pas bien avec ce téléphone.

Les plus et les moins

Points négatifs

Le prix.
C’est le double du prix de mon téléphone précédent. Maintenant, s’il me dure le double de temps, ça revient au même. On verra. J’espère en tout cas.
J’ai pu en réduire le prix avec mes chèques cadeaux du boulot (dont je ne sais autrement jamais quoi faire, et je ne cache pas que sans ça, je n’aurais pas changé tout de suite), mais ça reste un objet cher.

iTunes
Ce logiciel est une merde, probablement encore plus sous Windows que sur Mac. Heureusement qu’EDF m’a gentiment offert un Mac. Mais c’est le seul moyen de transférer sa musique (50 Go) sur un iPhone, hormis tout racheter sur Apple Music depuis le téléphone.
Comme ça reste un truc à faire quelque fois par an seulement, pas tous les jours, ça ira.

Safari
Sur iOS, Apple interdit les autres navigateurs que Safari. Plus précisément, c’est le moteur de rendu qui est bloqué. On a donc bien des navigateurs comme Firefox ou Opera, mais ce ne sont que des Safari déguisés.
Or, le moteur de rendu de Safari (pas juste sur iOS) est en retard par rapport au reste et a ses particularités. Pour un webdév, Safari c’est un peu l’équivalent d’IE-6 à une époque sombre, très sombre : un mouton noir de couleur qui pose problème.
Safari n’a pas non plus de bloqueur de pub/popup aussi puissant que Vivaldi sur Android. Globalement faudra s’y faire et c’est pas la mort, mais c’est un point noir quand-même, pour moi.

Port Lightning.
J’ai toujours préféré le design du port Lightning au port USB-C. Le lightning est une broche plein et dure, alors que l’USB-C peut s’écraser et les broches sont fragiles. Même si je préfère lightning, j’ai quand-même dû refaire mon stock de câbles (le seul fourni est USB-C-Lightning).

AppStore
Pourquoi le champ de recherche de l’AppStore n’est pas mis en avant comme celui de Google Play ? Ici il est sur la dernière page, WTF ? Entre ça et le Google Play, ce dernier est mieux fait, je trouve.

L’encoche de l’appareil photo
Le fameux « notch » sur le haut de l’écran et totalement affreux, mais pas propre à ce téléphone. Le même sans appareil photo frontale m’irait tout aussi bien sinon mieux. Je ne prends que des photos de chats et ils n’ont encore jamais fait de selfies.

Des petits détails
Apple vante le multitouch, mais ne l’utilise lui-même pas partout. Par exemple, là où Android permet de pivoter une photo avec deux doigts qu’on fait pivoter, Apple Photo ne le permet pas. Il faut passer par un bouton « rotation », puis « tourner 90° ». C’est ubuesque.
Un autre exemple est le clavier : pas assez personnalisable. Et le fait d’appuyer longtemps sur une touche (E) pour afficher les diacritiques (ÉÈÊË) ne marche pas toujours (je suppute que je m’y prenne mal mais où…). Et la ligne des chiffres sur le clavier me manque également.
Un autre truc : dans le « drawer » des paramètres rapides (équivalent au menu du haut dans Android), les boutons Bluetooth et Wifi ne désactivent plus ces derniers. Ils nous déconnectent seulement, et ça se réactive après X temps. C’est totalement stupide. Pour les désactiver on peut et il faut aller dans les paramètres d’iOS. Mais le drawer ne sert plus à ça.

Points positifs

Logiciels désinstallables
De façon intéressante, la très grande majorité bloatwares Apple (notes, bourse, cartes, radio…) se désinstallent sans problème, là où sur Android elles sont seulement désactivées (et encore : on finit par les retrouver en tâches de fond !). On peut les remettre via l’AppStore si besoin.

Les logiciels de base
En dehors des apps qui ne me servent pas, celles que je garde (e-mail, photos, réveil…) sont globalement utilisables et neutres.
Sur Android, l’appli e-mail est GMail, orienté GMail. Sur iOS, c’est e-mail, orienté rien du tout et ça fonctionne partout. Je ne regrette donc pas K9-Mail, qui était déjà vraiment très bon sur Android.

Options désactivables
Apple Music, iCloud… tout ça est désactivable et et ça nous fout la paix. Wow.
Là où, dans Android, il y a toujours omni-présence du compte Google Play à chaque recoin dans les menus.

L’intégration
Toutes les app natives forment des greffons à un ensemble dont le cœur est iOS. Le système fonctionne très bien sans, mais les app ajoutent des fonctions accessibles depuis partout. L’appareil photo (qui intègre l’OCR en offline (!)) est activable dans n’importe quel champ de saisie.
Le partage de données d’une app à une autre est à un niveau que je ne connaissais pas sous Android. On peut même faire des drag-n-drop d’images, par exemple d’une page web à un e-mail ou vers le logiciel de prise de notes, puis joindre ça à un rendez-vous sur l’agenda et l’envoyer à un contact directement. Bref, c’est fluide et naturel. Me gusta.

Des petits détails
Beaucoup de petits détails sympa.

  • Un swipe tout en en bas de l’écran glisse tout l’écran vers le bas : pratique pour accéder au haut de l’écran en utilisant le téléphone d’une main.
  • Le double-tap au dos du téléphone pour réaliser des actions rapides (capture d’écran, verrouillage…). Probablement existant sur Android, mais jamais vu.
  • Comme tous les iPhones, ils y a un bouton physique pour mettre en silencieux. Autant dire que pour moi qui déteste téléphoner et a horreur des notifs, le bouton est toujours activé.

Points neutres

Carte SD
Comme expliqué plus haut, ce n’est plus un requis actuellement. Je fais régulièrement le ménage et des backup de mes photos et avec tous mes fichiers actuels, je suis à 50 % de l’usage des 128 Go du téléphone (iOS inclus).

iOS
Malgré une adaptation pour retrouver ses marques, je ne crains pas ce changement. J’ai connu iOS 3 et 4 il y a deux lustres (donc 10 ans), tout est encore au même endroit. Quant aux applications tierces, je les retrouve toutes.

Port jack
C’est dommage qu’il n’y soit pas, mais je m’en sers pas ; et de toute façon le téléphone est vendu avec des écouteurs lightning au cas où.

5G
J’ai la 5G dans la ville où je bosse. C’est cool, c’est très rapide (mes cartes OSMand sont téléchargées en quelques minutes) mais la 4G/4G+ m’aurait suffit sur un téléphone. À un certain niveau de vitesse de téléchargement, je me dis que ça ne sert à rien d’avoir plus. En tout cas sans les usages qui vont avec, et qui ne sont pas les miens. La 5G rend néanmoins le téléphone future-proof. Donc pourquoi pas.

Siri
Je ne me suis jamais servis de OK Google, je ne sais pas si je me servirais de Siri un jour. Heureusement, on peut le masquer pour que ça ne traine pas constamment dans les pattes comme un installateur de Edge sur Windows. Dis Siri, tu veux bien m’empêcher de troller Microsoft ?

Liens

Image d’en-tête : montage des photos de Da Sal et de Liz West.

TL;DR : Une fois que vous avez essayé 1 ou 2 mots sur Sutom, allez sur cet outil, puis mettez le format du mot et renseignez les lettres à inclure ou à exclure.

Le format du mot à mettre est de la forme « A . . . ER. $ » où A est la première lettre, E une lettre bien placée, $ indique la fin du mot et les points sont des lettres à trouver.

Attention, les téléphones ont tendance à remplacer trois points par le caractère unique des points de suspension.


S’il y a bien un truc puissant en programmation, ce sont les expressions régulières, ou « regular expressions », Regex pour les intimes.

J’en avais déjà fait une petite introduction que je vous conseille de lire.

Aujourd’hui, voyons un usage à ces choses-là.
Depuis le début de l’année, le jeu Wordle (en anglais) et Sutom (en français) sont devenus viraux. Leur principe est celui du jeu télévisé « Motus ».

Sutom ?

Le principe du jeu est le suivant.

Le but est de deviner un mot.
La première lettre nous est toujours fournie. On connaît également la longueur du mot.
On a droit à 6 essais pour deviner le mot :

Début du jeu Sutom.

À chaque fois qu’on essaye un mot, on a des indices :

  • les lettres bien placées sont en rouge
  • les lettres présentes mais à leur mauvaise place sont en jaune
  • les autres lettres ne figurent pas dans le mot

Dans cet exemple, celui du 21 janvier 2022, si j’essaye le mot « Diamètre », j’obtiens :

Premier essai dans le jeu Sutom
Je sais désormais que :
– Le mot fait 8 lettres (incluant le D au début)
– D et I sont bien placés
– E et R sont mal placés (mais présents).
– A, T et M sont exclus (grisés sur le clavier)

D’essai en essai, on accumule les indices et la solution nous apparaît plus ou moins facilement.
Motus était un jeu télévisé, mais sur ces petits jeux en ligne, il n’y a rien à gagner. Il y a un seul mot par jour.

Si vous trouvez, vous recevez un code rigolo à partager sur les réseaux sociaux qui représentent les couleurs des cases du tableau. Comme personne n’essaie les mêmes mots, il est généralement unique à vous pour ce jour-là. C’est amusant :).

Utiliser les Regex pour jouer à Sutom

Sutom demande deux choses qu’un ordinateur a :

  • de la mémoire (du vocabulaire)
  • de la logique

Il suffit d’une liste de mots connus suffisamment complète ainsi que quelques règles de base pour permettre à un ordinateur de jouer à Sutom.

On pourrait créer un solveur où l’on prend la grille en photo et il nous donne la réponse. Ce serait un exercice intéressant à plusieurs niveaux, mais ce n’est pas ce que je vais faire ici.

Je me contenterai ici d’utiliser une liste de mots et les Regex mentionnées plus haut pour trouver la solution grâce aux indices du jeu.

J’ai fait cette page : Rechercher un mot. Elle contient 340 000 mots et un champ de recherche.
L’intérêt est que la recherche fonctionne par Regex !

Le but de cet article est de créer une Regex puissante qui va très vite filtrer les mots et nous sortir le bon, généralement après 1 ou 2 essais seulement.

Pour l’exemple du 21 janvier 2022, le mot commence par D et fait 8 lettres.

On a donc cette Regex :

D.{7}$

Vous pouvez copier ça dans le champ de recherche de la page de recherche de mots.

La Regex signifie « un “D”, suivi de 7 lettres » (donc bien 8 au total). Le « $ » à la fin signifie que c’est la fin du mot après ça. Si on ne le met pas, il va nous sortir les mots de 8 lettres ou plus. Or nous ne voulons que les mots de 8 lettres.

À ce stade, ma page me sort 37 042 mots. On peut en utiliser un de la liste ou en poser un qu’on connaitrait déjà.

Dans mon cas, j’essaye « DIAMETRE ». J’obtiens les informations suivantes :
– D et I sont bien placés
– E et R sont mal placés (mais présents).
– A, T et M sont exclus (grisés sur le clavier)

Il faut donc un mot qui débute par DI, qui ne contienne pas A, T, M, mais qui contienne E, R. et dont la longueur totale fasse toujours 7 lettres.

Le début de la Regex est simple : le mot commence par DI.

La Regex débute donc tout naturellement par :

di

Ensuite, il faut dire que parmi tous les mots commençant par « DI », on veut ceux comportant E et R.

Il s’agit d’utiliser une assertion positive avant (positive lookahead), pour dire « je veux un E et un R après le DI ». Il existe aussi des assertions arrière, pour vérifier ce qui se trouve avant, mais ça ne nous intéresse pas ici.
L’assertion positive est inclue dans notre Regex sous la forme (?=REGEX). Elle contient elle-même une sous-Regex.

Notre sous-Regex est la forme « une lettre suivie de E ou de R ». La regex est triviale, mais comme on veut un E et un R, qu’importe l’ordre mais il nous faut les deux, il nous faut deux assertions :

(?=.*e)(?=.*r)

Maintenant un peu de technique interne aux Regex.

Normalement quand on cherche « ABC », il cherche un « A » suivi d’un « B » suivi d’un « C ». La chaîne « A1B1C1 » ne marche pas, car les trois lettres ne se suivent pas.

Effectivement, après avoir matché le « A », le parseur se positionne après le A. Il regarde donc s’il y a un « B » juste après, et ainsi de suite, à chaque fois en venant avancer dans la chaîne. Ainsi, quand on matche notre « AB », on avance de deux lettres dans le mot.

Les assertions servent à matcher des trucs, mais ne font pas avancer dans notre Regex globale. Quand on utilise l’assertion, on va parcourir le reste du mot et renvoyer un TRUE si un E et un R sont trouvés, mais on vient se remettre juste après le DI.

À ce stade, la Regex entière a filtrée les mots débutant par DI et contenant un E et un R.

Il reste à filtrer les mots pour éliminer ceux avec A, T, M.

Pour ça, on veut exclure des lettres. On va utiliser une assertion négative avant (negative lookahead) pour dire « je ne veux pas de A, T, M après le “DI” ».

L’assertion négative se construit avec (?!REGEX). Elle est négative, car on retourne FALSE si la REGEX à l’intérieur de l’assertion retourne TRUE.

Dans notre cas, on veut refuser A, T et M. Une seule assertion suffit car on veut éliminer les mots contenant une ou plusieurs des lettres parmi A, T, M :
Ce qui donne :

(?!.*[atm])

Maintenant, il nous reste à dire qu’il nous faut 6 lettres.
Inutile de lister les lettres : on peut utiliser le simple « . ». Les assertions ont déjà filtré les lettres qui nous intéressent ou non. On a donc :

.{6}

Mis bout à bout, on a :

di(?=.*e)(?=.*r)(?!.*[atm]).{6}$

Le filtre me trouve 34 mots (sur 340 000). Pas mal, mais pas suffisant pour gagner au jeu. Il faut en essayer un au hasard. J’essaye donc le mot « DISPOSER ».

Qui donne :

Essai du mot « disposer » dans Sutom.
J’apprends donc que le mot est de forme « DI...SER ». J’apprends également qu’on peut éliminer les lettres O et P, en plus de A, T, M.

On peut donc modifier notre assertion négative avant pour filtrer ces deux lettres supplémentaires. De plus, le E et le R sont bien placés : on sait où ils sont. Notre assertion positive avant devient inutile.

La Regex globale devient :

di(?!.*[atopm]).{3}ser$

Qui signifie :

  • « di »
  • puis « on ne veut pas de A, T, O, P, M »
  • puis on revient après le « di », on met trois lettres n’importe lesquelles
  • puis on met « ser »
  • et c’est la fin du mot.

Et là, bim, mon outil de recherche ne me sort plus qu’un seul mot.

Il se trouve que c’est le bon :

SUTOM #14 3/6

🟥🟥🟦🟦🟡🟦🟡🟦
🟥🟥🟦🟦🟦🟥🟥🟥
🟥🟥🟥🟥🟥🟥🟥🟥

Bingo !
Ou plutôt « Motus » !
(ou Sutom)

Bien-sûr cela fonctionne, car tous les mots dans le dictionnaire utilisé par le jeu sont contenus dans le dictionnaire de ma page.

Ma page n’utilise pas le même dictionnaire. C’est volontaire, car je veux un dictionnaire plus large. Mais il arrive bien à filtrer des choses.

Notez que ma page permet de filtrer les accents et les tirets aussi. Sutom ne les affiche pas (ou plutôt il compte le É ou le È comme un E).


Enfin, j’ai aussi un outil de visualisation de Regex. Il est repris d’un code déjà existant (pas de moi) mais ça permet de visualiser ce que signifient les expressions assez compliquées de Regex.

Petite digression sur cet article :

Je commente juste ce passage, lié à la licence MIT car je suis totalement d’accord avec :

The MIT license to a large extent is the anti-license. The utopia of socialized programs, one that embraces the lack of marginal cost for software goods.

It’s an explicit rejection of the strong-property rights approach taken by both Gates and Stallman at their respective ends of the libertarian spectrum.

It’s the language of giving without expecting anything in return. It’s the language of sincere charity. A charity without strings attached, neither commercial nor reciprocal. With the risk of sounding sanctimonious, I read it as a pure projection of altruism.

[…]
That to me is freedom.

Car non, même si je considère que GPL et consorts sont nécessaires, ce n’est pas pour moi une licence libre.

La liberté, c’est quand je fais ce que j’ai envie de faire, et comment j’ai envie de le faire (je caricature évidemment).

Est-ce que la licence GNU me permet de faire ce que je veux ? Non. Je ne peux pas, par exemple, faire un logiciel propriétaire avec un code d’origine libre (pour ça, il y a d’autres licences qui sont apparues).

La liberté va de paire avec des devoirs, je suis absolument d’accord avec ça. Mais précisément : il faut bien distinguer les deux.

Ainsi, je vois les licences comme suit :

  • MIT est la liberté : je fais ce que je veux.
  • Une licence propriétaire, n’a que des devoirs (ou des interdits, qui ne sont que des devoirs négatifs ; en tout cas le contraire d’une liberté). Je ne fais rien comme je veux.
  • GNU/GPL essaye de concilier les deux : en donnant une liberté associée à des devoirs. Je fais ce que je veux, mais sous certaines conditions.

Parfois, souvent même, c’est utile et nécessaire de poser quelques limites. Mais dans autant de cas, une permissivité totale est également nécessaire.

Prenons l’exemple de la loi, car c’est ça qui détermine nos vies en société.

La loi, la constitution, posent des libertés et des devoirs pour chaque personne. Ainsi, par exemple, pour utiliser l’espace public, on ne doit pas être ivre. Il en va de la tranquillité de la société, sachant que l’alcool est une drogue, qu’elle rend violent et incapacitant : une personne ivre est un danger pour elle-même et les autres et il est mieux d’éviter ça.

Pourtant, il est tout à fait autorisé d’être ivre.
Il est tout à fait autorisé de boire quand on est mineur.
Et il est aussi tout à fait autorisé d’être ivre quand on est mineur.

Juste, chez soi.

Chez soi y a pas de problème.
Chez soi, la permissivité est très très large.

Encore heureux.

Stallman avec GPL, n’a pas fait une permissivité totale pour chez soi. Ce qu’il a fait, c’est un espace public : à la fois ouverte sur des libertés et délimité par des devoirs. La licence MIT, elle, c’est chez soi. Une licence propriétaire, en revanche, c’est chez les autres : on fait ce qu’on nous autorise de faire, car on n’est pas chez soi.

Quand je suis chez moi, je n’ai pas envie qu’on vienne me dire ce que j’ai le droit de faire ou non. Ni Bill Gates, qui vient me harceler parce que j’ai modifié Windows ; ni Richard Stallman qui exige le code source d’une modif que j’aurais commise (dans le cas de la AGPL, cette exigence est imposée même sans que le code ne soit redistribué).

Gates et Stallman ont beau être chacun à l’opposé d’une échelle assimilable à la droite et à la gauche en politique, cette échelle binaire, je la vois plutôt comme un polygone à trois sommets : Gates (tout interdit) à un bout, Stallman (des libertés ET des devoirs) à un autre, et les licences totalement libres telles que MIT, Apache, WTFPL au troisième (que des libertés).

Ces trois « pôles » défendent donc des intérêts différents à chaque fois : celui de l’utilisateur, du créateur, ou de la société (et on peut très bien en imaginer d’autres).

En fait, en rédigeant ce post, je viens de me mettre une image mentale sur pourquoi je n’ai jamais considéré les licences GPL comme libre, tout en étant fondamentalement convaincu de leur utilité. L’un n’empêche pas l’autre en fait.

Et le seul problème, c’est qu’on assimile GPL ou GNU à la liberté, alors qu’en réalité on devrait l’associer à une chose publique. (je n’emploie volontaire pas l’expression « domaine public », car ce vocabulaire signifie déjà quelque chose, même si le terme approprié serait bien « domaine public »). La GPL s’appelle d’ailleurs « General Public Licence », pas « General Free Licence ». C’est peut-être pas sans raison.

Car ce qui est public est accessible à tous sans appartenir à qui que ce soit.
Le bus est un transport public : pourtant je ne peux pas virer le conducteur et voler le bus pour rentrer directement jusque chez moi. Ni sortir dans un parc et couper les fleurs. Ni ramasser un banc pour mettre dans mon jardin.

Alors que ce qui est libre, je peux le prendre et en faire ce que je veux. Si y a un panier de pommes dehors où c’est écrit « Gratuit, servez-vous », je peux prendre une pomme et elle devient la mienne. Je peux la manger, la rapporter à la maison, en faire de la compote ou la jeter aux poules : j’ai le droit. C’est libre.

Quand j’ai commencé à utiliser un ordinateur, j’adorais bidouiller. J’étais encore petit, mais je m’amusais à modifier tous les paramètres possibles et voir ce qui se passait. C’était sous un système Windows. J’essayais aussi de supprimer ou déplacer des fichiers, toujours pour voir. Là, forcément ça plantait et il fallait réparer.

Avec le temps et au fil des bidouilles, on comprend quel programme fait quoi et ce qu’il ne faut pas faire ou alors seulement en connaissances de cause.

C’est un bon moyen d’apprendre.

Au fil du temps, je me suis lassé et j’ai voulu découvrir d’autres trucs. J’ai essayé GNU/Linux (Ubuntu). J’ai pu découvrir un autre système, d’autres manières de fonctionner, d’autres paramètres à bidouiller, à casser et à réparer, d’autres fichiers dans lesquels gratter, etc.
J’utilise toujours du Linux aujourd’hui, sur mon système personnel de façon courante.

Mais j’ai l’impression que tout ça c’était avant. Aujourd’hui je ne bidouille plus comme ça.

Aujourd’hui, si je bidouille mon système, c’est pour qu’après ça marche. J’édite d’obscurs fichiers de config, j’installe des outils étranges et je fais des scripts bizarres, mais tout ça est devenu purement fonctionnel.

J’ai plus le temps ni l’envie de bidouiller pour m’amuser : la fin n’est plus l’excitation de découvrir, casser puis réparer un ordinateur. Pas que je ne suis plus curieux, mais parce qu’une fois qu’on a découvert, on ne peut plus redécouvrir. Mon intérêt s’est porté sur autre chose.

La fin est devenue d’avoir un ordinateur qui fonctionne comme je le veux. Et c’est bien ce que j’ai : j’ai passé plusieurs années étudier le fonctionnement, afin de voir ce qu’on pouvait modifier et comment, pour pouvoir avoir enfin un système qui fonctionne comme je veux.

Ça ne me dérange pas de lancer des lignes de commandes trouvées sur la dernière page de l’internet, mais ça doit avoir un but et ça doit fonctionner. C’est d’ailleurs la raison de mes checklists Linux/Windows : avoir mes commandes à porté de main et pouvoir les appliquer rapidement en cas d’installation d’un nouveau système (mise à niveau complet, changement de PC…).

Pourquoi avoir un PC qui marche ?

Avant je bidouillais pour bidouiller. Maintenant je bidouille pour que ça marche. Car si ça marche, je peux produire et créer : faire des choses constructives.

L’informatique a pris une grande place dans mon quotidien et j’aime avoir les outils pour l’exploiter correctement. Et si un outil n’existe pas (ou n’est pas à mon goût), je sais le créer.

Tout le temps passer à regarder le fonctionnement d’un ordinateur m’a permis de découvrir l’univers des possibles en informatique (car oui, un ordinateur peut faire autre chose que ses courses en ligne ou regarder Netflix).

Du coup, maintenant, je crée des outils qui me servent au quotidien dans ce que je fais. Ma page des outils en ligne est dans cette veine-là.

Je pense que c’est un peu comme quand on évolue de lecteur à écrivain : on regarde, on apprend, puis on construit des choses différentes de ce qu’on a vu grâce à ce qu’on a appris.

Peu de monde va aussi loin dans cette démarche. La plupart des gens, face à un ordinateur, n’y voient qu’un écran interactif, bien loin de se douter qu’avec les bons outils et les bonnes connaissances on peut utiliser son PC pour faire à peu près n’importe quoi.

Et aujourd’hui, c’est là que je me dirige, plus que vers le simple bidouillage.

Ça en est à un point où, parfois, les systèmes trop configurables me font chier. KDE, un environnement Linux axé sur la personnalisation, est très joli mais ne m’attire pas. Je préfère Mate (Gnome) qui a autant d’options (juste elles sont cachées) mais qui à l’utilisation n’est pas encombrante.

C’est un peu ce que je reproche à Android de plus en plus. Il y a des tas d’options partout, à tel point que celle que l’on cherche est introuvable 90 % du temps. Sur ce plan, et bien que ça ne soit pas la seule raison, je songe de plus en plus à passer sur iOS/iPhone. Un système qui tourne et qui ne traîne pas dans mes pattes, quitte à avoir moins d’options : c’est ça que je veux.

Voici une magnifique subtilité du CSS, mais parfaitement logique quand-même :

Que se passe-t-il si on met !important dans une variable ?

Voyons ça :

div {
  --color: red !important;
  color: var(--color);
  color: yellow;
}

À votre avis ça donne quoi ça en CSS ? Le point litigieux, c’est bien-sûr la présence du !important
Sauf qu’il est à savoir que le !important n’est pas sur une déclaration de propriété, mais sur une déclaration de variable CSS.

Or, une variable ne peut contenir qu’une valeur. La valeur contenue dans --color est donc red. Il faut savoir que le !important ne fait pas partie de la valeur : il s’agit d’un élément de langage qui permet de jouer sur la spécificité, comme un drapeau (un flag).

Résultat : la couleur finale du texte sera décidée par le vainqueur des deux déclarations de color juste en dessous. Comme celle-ci ont la même spécificité, c’est la dernière qui gagne.

Conclusion : le texte est en jaune.

!important n’est pas sans effet !

Maintenant, utiliser un !important dans les variables CSS n’est pas sans effet pour autant.
Regardons :

div {
  --color: red !important;
  --color: blue;
  color: var(--color);
}

Ici, aucune ambiguïté sur la déclaration de la couleur, puisqu’il n’y en a qu’une seule : color prendra la valeur contenue dans la variable --color. Oui mais laquelle ?

Réponse : celle dont la déclaration a la spécificité la plus grande ! Autrement dit, la première.
Conclusion : ça donnera du rouge.

Il convient donc de distinguer deux cas de figure :

div {
  --color: red !important;
  color: var(--color);
  color: blue;
}
div {
  --color: red;
  color: var(--color) !important;
  color: blue;
}

Dans le premier cas, les deux déclarations de couleur ont la même spécificité. C’est donc la dernière qui gagne : le texte sera bleu.
Dans le second cas, c’est la première déclaration qui a la plus grande spécificité (à cause du !important).

Peu importe qu’elle ait une variable ou non, c’est elle qui gagne : cela donnera du rouge.

Le conflit ? Quel conflit ?

Dans sa conclusion, l’article dit qu’il y a deux niveaux de « scope » (traduction ?) sur lesquelles sont appliqués le !important. Une sur les variables, et une sur les propriétés. Je ne suis pas d’accord avec ça : pour moi il n’y a en a qu’une seule. En revanche, il a deux déclarations différentes à considérer : une sur une variable, et une sur une propriété.
Maintenant, dans les deux cas, on peut ajouter un !important si l’on veut. Et comme ce sont deux choses différentes, elles n’entreront pas en conflit.

Appliquer deux !important à deux propriétés différentes n’est pas un problème :

div {
  font-weight: bold !important;
  color: red !important;
}

Ces deux choses n’entrent pas en conflit.
Par conséquent, les deux choses suivantes non plus :

div {
  --color: bleu !important;
  color: red !important;
}

Notez que ci-dessus, la variable --color est déclarée, mais jamais utilisée, donc aucun conflit à l’horizon.

Dans ce qui suit, toujours aucun conflit :

div {
  --color: bleu !important;
  color: var(--color) !important;
}

Tout est clair : la variable reçoit du bleu. La couleur reçoit la variable. Donc la couleur finale est bleue.

Et même s’il y avait plusieurs déclarations de la variable, celle qui gagne est celle de la plus grande spécificité. Ensuite, c’est la déclaration de la couleur avec la plus grande spécificité qui gagne. Ainsi l’exemple suivant donnera du rouge :

div {
  --color: red !important;
  --color: blue;
  color: var(--color) !important;
  color: green;
}

Parmi les variables, c’est le rouge qui gagne sur le bleu.
Parmi les propriétés, c’est celui avec le var() qui gagne sur celui avec le vert. Or la variable contient du rouge. Donc le texte sera rouge.

Applications à un contexte plus large

Tout ceci est évidemment à mettre dans un contexte plus global avec des déclarations sur des sélecteurs de spécificité différente.

div {
  --color: blue !important;
  color: var(--color);
}

div#foo {
  --color: orange;
  color: var(--color);
}

Ici ça sera… Bleu !

Regardons la couleur pour commencer. La couleur reçoit ce que contient la variable. Aucune ambiguïté. Et la règle qui s’applique est celle dans le second bloc. Pourquoi ? Parce que le sélecteur y est plus spécifique.

Maintenant que contient cette variable ? Cette variable est celle qui est la plus spécifique. Donc celle avec le !important. Donc le bleu.

En effet, même s’il y a un #id sur le sélecteur du second bloc, la variable --color ne contient pas de l’orange, mais du rouge : le !important sur une propriété est plus spécifique que la même propriété placée sur un ID (Spécificité de 1-0-0-0-1 au lieu de 0-1-0-0-1).

Par contre, il en est différent si le !important sous le deuxième bloc avait été sur la variable au lieu de la propriété :

div {
  --color: blue;
  color: var(--color)!important;
}

div#foo {
  --color: orange;
  color: var(--color);
}

Dans ce cas, la variable qui s’applique est l’orange dans le second bloc (car cette variable est plus spécifique à cause de l’ID dans le sélecteur). Le texte est donc orange.

Notons de façon anecdotique que la propriété qui s’applique est bien celle du premier bloc (car cette propriété a un !important).

Le vocabulaire est important : la propriété et la variable sont deux déclarations différentes. Elles ont chacune leur spécificité (au sens de « priorité CSS »).

Si je ne conserve que les éléments qui s’appliquent réellement, ça donne ceci :

div {

  color: var(--color) !important;
}

div#foo {
  --color: orange !important;

}

La couleur reçoit une variable, comme indiqué dans le premier bloc. Mais cette variable a une valeur assignée dans le second bloc seulement.

Ça vous semble casse gueule ? Attendez la suite.

Cas des sélecteurs enfants

Jusqu’à maintenant, même si on utilise deux sélecteurs différents, ils ciblent le même élément HTML.
Poursuivons les complications par quelques exemples pour montrer ce qui se passe avec avec des sélecteurs enfants.

Voyons :

div {
  --color: red !important;
  color: var(--color) !important;
}

div a {
  --color: orange;
  color: black;
}

La question : quelle est la couleur du lien ?
Réponse : noire.

Noire ? Oui, noire. La déclaration tout à la fin.

En effet, le premier bloc a beau avoir des !important sur toutes les propriétés, ils s’appliquent au div, tout comme leur spécificité.
Or, la spécificité n’est héritée que si la valeur sur laquelle elle s’applique est également héritée. En réalité, seule la propriété la plus spécifique est alors héritée (et la spécificité devient inutile).

Ainsi, pour savoir ce qui s’applique à notre a, on regarde le code destiné au a. C’est alors lui qui s’appliquera, s’il y en a. Et le a possède une déclaration de couleur : color: black;.
L’hérédité ne s’applique donc plus : on applique le color: black;, point barre.

L’hérédité ne s’applique qu’en l’absence de déclaration.

Ainsi, si on avait mis :

div {
  --color: red !important;
  color: var(--color) !important;
}
div a {
  --color: orange;
}

Alors, le texte serait rouge. La couleur du a serait héritée du div, et contiendra var(--color), qui, dans le contexte du div (le contexte hérité, donc), est rouge.

Pas orange ?

Non : l’orange est du contexte de a. Or la propriété de couleur est héritée du contexte de div, et là, dans son contexte, c’est bien du rouge que contient la variable. Ce qui est héritée, c’est la propriété et sa valeur.

On aurait même pu mettre un !important dans le second bloc, cela ne changera rien :

div {
  --color: red !important;
  color: var(--color) !important;
}
div a {
  --color: orange!important;
}

Cela rester rouge, pour la même raison : la couleur est héritée, même si elle provient d’une variable.

Si l’on voulait du orange, on doit ajouter un color: var(--color) dans le second bloc. Comme ça, la couleur du a est déclarée et non-héritée. Mais il faut bien conserver la déclaration de la variable dans le a, sinon la variable n’est plus déclarée et elle hérite.

Il faut retenir que la variable s’applique sur les propriétés du même contexte. Le parent transmet une propriété ? D’accord, mais sa valeur est également transmise, même si c’est une variable.

Par contre, dans le code suivant, la variable est bien héritée :

div {
  --color: red !important;
}
div a {
  color: var(--color);
}

Le a sera rouge. Ici, l’on ne déclare pas la variable --color dans le a. Elle est donc héritée. Or son parent lui dit que la variable contient du rouge. Donc le texte est en rouge.

Et avec des variables partagées sur plusieurs propriétés ?

La blague n’est pas terminée !
On arrive ici à quelque chose de très drôle : quid des variables appliquées à plusieurs propriétés, l’une déclarée et l’autre héritée ?

div {
  --color: white;
  color: var(--color);
}
div a {
  --color: black;
  background-color: var(--color);
}

Ça va donner quoi ?
Ici le texte dans le a sera bien en blanc sur fond noir !

Décomposons :

  • La couleur du texte : la couleur n’est pas déclarée sur le a. Elle est donc héritée. Et l’héritage contient du blanc : c’est donc du blanc.
  • Le couleur du fond : le fond est déclaré sur le a. Le fond contient var(--color). Et --color, dans ce contexte, contient du noir. Le fond est donc noir.

Si l’on n’avait pas déclaré le --color: black;, alors la variable aurait été héritée, et on aurait eu du blanc sur fond blanc. Mais comme on l’a redéfini dans le contexte du a, elle prend une nouvelle valeur… dans son contexte seulement.

Notez que dans ce dernier exemple on n’a mis aucun !important : normal, car la spécificité n’est pas héritée si la propriété sur laquelle elle est appliquée n’est pas elle-même héritée.

On aurait pu en mettre partout dans le premier bloc, on aurait tout de même eu du blanc sur du noir.

Conclusion

Pour moi tout est logique, même si c’est parfois compliqué.
Il faut retenir :

  • !important s’applique à la déclaration de la variable. Mais elle n’est pas dans la valeur assignée à la variable.
  • une variable CSS peut être déclarée plusieurs fois. Tout comme on peut déclarer plusieurs fois une couleur. Dans ces conditions, c’est la déclaration la plus spécifique qui est retenue. Si toutes ont la même spécificité, la dernière est retenue. C’est du CSS de base.
  • concernant l’hérédité, rien n’est nouveau là non plus : les valeurs, même avec un !important ne sont transmis aux éléments enfants que si ces derniers ne les redéclarent pas. Ça vaut pour les variables comme pour les propriétés CSS.

Bref, c’est compliqué, un peu curieux, parfois casse-gueule, mais rien de nouveau.

Et rien de différent d’autre langages de prog non plus : les variables ont leur contexte et peuvent être redéfinies dans des boucles imbriquées d’où elles ne sortent pas (pensez au let en JS par exemple : deux variables redéclarées avec le même nom auront leur propre contexte :

let a = "bar";

function newScope() {
    let a = "foo";
    console.log(a); // "foo"
}

console.log(a); // "bar"

Ah et : ici on ne parle que de la propriété color. Je vous laisse imaginer ce que ça donne si l’on utilise des variables dans display, flex ou position, le tout assaisonnée de sélecteurs comme a ~ a et de pseudo-classes :not() ou :placeholder-shown. Ça promet, non ?

i
Log4Shell est une nouvelle de ces failles informatique qui touchent des milliards d’appareils, et qui permettent potentiellement à n’importe qui d’en prendre le contrôle. Elle est décrite comme « la plus grosse et la plus critique des failles unique de la décennie » (« the single biggest, most critical vulnerability of the last decade »). La CISA et la BSI (respectivement les ANSSI américaines et allemandes) l’ont qualifié de « extrêmement critique ». Le gouvernement Canadien a lui décidé de fermer tous ses sites du service publics en attendant que ça soit corrigé.

Cette faille peut affecter non seulement un ordinateur ou un SI d’entreprise, mais aussi votre téléphone, imprimante connectée, ou de plus en plus votre frigo, télé, voiture, porte de garage ou four à micro-ondes connecté.

Pour comprendre la faille, je vous renvoie à ce thread sur Twitter.

Si je devais résumer : cela concerne un module utilisé par les outils de gestion des journaux système d’une installation informatique (les « logs »).
Beaucoup de programmes utilisent les logs (tous en fait, plus ou moins). Certains peuvent alors y mettre des variables, comme ${date}, qui seront alors remplacés par l’outil qui gère le journal (en l’occurrence, ${date} sera remplacé par la date courante au moment de l’accès au journal).

Or il se trouve que certaines variables sont renvoyées en cascade vers d’autres modules qui peuvent y placer d’autres informations. En particulier, ici un module (JNDI) qui vient remplacer une des variables par des données arbitraires… Par exemple une URL au bout de laquelle n’importe qui peut placer du code malicieux.

Ce problème est signalé depuis 2016.

Le module, utilisé par toutes les big-tech (Microsoft, Apple, Google, Tesla…) est maintenu par… Trois gus qui font ça sur leur temps libre :

Les dépendances en informatique.
Le XKCD qui va bien (source) : « toute l’infrastructure informatique moderne » soutenue par « le petit projet maintenu gracieusement depuis 2003 par un inconnu au fin fond de nulle part ».

Ces trois personnes n’y sont pour rien : les erreurs arrivent et ils vont sûrement corriger ça très vite. Le problème que je vois surtout, c’est que des sociétés dont la valorisation cumulée doit bien dépasser 5 trillions de dollars, n’ont pas gratifié ces dév ne serait-ce que de 1 000 $ durant du tout ce temps.

Ce manque de reconnaissance est à vomir.

D’ailleurs je n’aurais qu’une chose à dire : si votre architecture fonctionne comme ça : soutenez ceux qui vous permettent de bosser ! C’est la moindre des choses.

Il ne fait pas beaucoup de doutes que quelqu’un qu’on paye pour s’occuper de quelque chose à temps plein sera plus efficace pour corriger les bugs que quelqu’un qu’on laisse bosser sur son seul temps libre de temps en temps.

Je vois deux choses à retenir ici :

  • en profitant du boulot des autres, on hérite aussi de leurs erreurs. Ce n’est pas grave, mais faut en être conscient : on est dépendant d’eux ;
  • en abusant des lib et outils sans prodiguer ne serait-ce qu’un simplement soutien ponctuel, faut pas s’étonner que le module reste du boulot fait irrégulièrement et sur du temps libre.

Qu’on soit clair : le boulot d’un amateur sur son temps libre peut être très bon. Ce que je veux dire en vrai, c’est que si l’on construit son empire sur ce boulot, il faut peut-être s’assurer que ce code « amateur » soit solide. Et en l’occurrence, ça passe par un soutien suffisant à celui qui s’occupe de ce code ou de son audit.

Les dév mangent aussi (je vous jure !), et le temps qu’ils passent à bosser ailleurs pour pouvoir manger, ils ne le passeront pas à corriger l’outil qui maintient votre empire en place. Tout simplement parce que votre empire, il s’en fout autant que vous vous foutez de lui en ne donnant pas ne serait-ce qu’un micro-pourcent de ce que vous distribuez aux actionnaires chaque année. Et c’est bien normal.

Or, n’importe quel appareil numérique aujourd’hui fonctionne grâce à des dizaines, des centaines de ces modules développées par des passionnés et des bénévoles. Ouvrez n’importe programme ou n’importe quelle application et allez dans les « crédits » ou les « à propos ». Vous y verrez le nom des personnes qui vous rendent la vie plus simple, chaque jour, y compris, si c’est fait correctement, les outils qui permettent à ces applications de fonctionner, et leurs auteurs.

Et les exemples où l’industrie se fiche de remercier ces gens et s’en retrouve à genoux également : on se souviendra de Heartbleed, la faille de 2014 qui avait fait un grand bruit parce qu’il touchait tous les sites sécurisés (SSL) et tous les outils, y compris ceux des Gafam, et avait mis en lumière le manque de moyens de la fondation OpenSSL qui s’occupe de ça. Quelques années après, OpenSSL ne tourne toujours qu’avec environ 50 000 $ par an…

ÉDIT : ah oui… Ceci est aussi à mettre en perspective avec cet article de ce journaleux qui demande aux dév d’arrêter de vouloir être payés un salaire à la hauteur de leur compétences.

(Ça rime :D)

J'avais commencé de répondre jusqu'aux question bullshito-corporate qui ne veulent strictement rien dire, j’ai donc abandonné en cours de route.

Je vais donc mettre ici ce que je considère comme un poste de développeur idéal. C'est ma vision des choses ; si y'en a qui sont pas d'accord c'est leur droit et pas vraiment mon problème.

Je précise quand-même : je code aujourd'hui professionnellement comme personnellement, même si ce n'est pas mon activité principale.

Bref, voici mes critères (en dehors de la paye).

Pour commencer : un bureau FERMÉ.
Coder quoi que ce soit, c'est une activité intellectuelle et j'ai besoin d'être concentré.
Je peux rester assis à réfléchir 12 h de suite, ça me gêne pas. Par contre le moindre bruit, sonnerie de téléphone pour des broutilles, ou tocage à la porte peuvent faire perdre 5 h de réflexion, et à vous 5 h d'avancement sur la deadline. C'est vous qui voyez.

Un bon bureau, chaise, écran.
C'est notre matériel de travail, bon sang ! Pour la même raison qu'un mécano ne travaille pas avec des outils premier-prix de chez Lidl, si vous nous donnez une chaise en bois et une table bancale pour bosser sur un Médion de 2005 et son clavier en Qwertz, ça va pas le faire.
Je veux utiliser mon ordi. Ou en tout cas mon clavier et ma souris. Ainsi que si possible mon environnement de développement.

La plupart des développeurs font du dev également à titre perso et ont appris ça chez eux avec leur logiciels et ont leurs repères (raccourcis claviers, etc.). C'est comme ça qu'on est le plus efficace, et ces demandes ne sont pas pour vous faire chier, bien au contraire.

Des spec précises
Dîtes nous précisément ce que vous voulez qu'on code et pour quand et on le fait et vous aurez ce que vous voulez au moment fallu. Et passez le mot au client aussi.
Si les spec ne sont pas précises, je considère que le choix non précisés sont laissés à notre discrétion. On dit pas à un architecte « je veux une maison », mais « je veux cette maison », accompagnée d'une liste complète de critères à respecter ab-so-lu-ment.

Le dèv c'est pareil.

Trucs non-importants
Perso je me fiche et contre-fiche :

  • d'un babyfoot
  • de la salle de sport
  • des sorties ou soirées organisées par la boîte
  • d'un distributeur de bouffe ou de café
  • d'un psychologue ou d'un masseur au travail

Certains aiment se sentir au jardin d’enfant pour bosser. Tant mieux pour eux, mais moi c'est pas mon cas. Je préfère l’ambiance « bibliothèque » en plein désert (et moins y a de monde, mieux j’y suis).

Et je distingue l’entreprise du reste de ma vie et j'ai envie de garder ça comme ça. Les soirées entreprise, si c’est plus d’une fois dans l’année, ça devient lourd, et si c’est pour en profiter pour parler boulot, sans moi merci. Revenez aux bons horaires.

D'ailleurs parlant de ça : les horaires et les congés flexibles c'est un gros point positif. Leur absence, un gros point négatif, sans être discriminant non plus, pour moi, pour le moment.

En résumé
Je suis dév : je travail en silence avec ma tête et mon ordi.
Il est donc normal d’être bien mentalement (au calme loin du bruit) et avec un bon ordi / chaise / souris.

Tout le reste, je m’en fiche : babyfoot & co, ce n’est pas un avantage pour moi (sauf s’il est loin loin loin au sous-sol).


PS : non, je ne recherche pas de poste de dév en ce moment.
J’ai juste tiqué sur un article d’un confrère blogueur.

Homme criant à un téléphone fixe.
Ce week-end j’ai fait une connerie.

J’ai voulu faire une simulation d’un crédit, en ligne.

Mon but n’est pas de faire le crédit, mais de voir si cette méthode de financement peut figurer dans mon éventail d’options pour un éventuel projet.

En gros : je souhaitais juste savoir si les banques accepteraient un dossier comme le mien, sachant que je n’ai jamais contracté de crédit de ma vie et que je ne sais donc pas trop sur quoi elles se basent pour dire oui ou pour dire non…
Ces simulateurs permettent d’avoir une première indication : si c’est « clairement non sale pauvre ! », je pense que je peux oublier. Si c’est « Oui, probablement (sale un peu moins pauvre) ! », j’investiguerais davantage, en allant voir directement une banque.

À ce stade de ma réflexion, je n’ai pas besoin de devis précis.

Bref, après avoir renseigné ma situation personnelle, mes revenus, etc. vient le moment de donner le numéro de téléphone et e-mail. Autant pour l’e-mail, je donne une adresse e-mail dédiée à ce genre de sites, autant pour le téléphone, j’ai pas trop le choix que de donner mon unique et seule ligne portable. J’aurais pu leur donner ma ligne fixe (ma ligne ADSL en fait) : elle n’est reliée à rien et je ne l’ai jamais utilisé de ma vie (bienvenue au XXIᵉ siècle), mais elle ne me sert tellement pas que je j’y ait pas pensé (et je n’y ais jamais pensé du tout, en fait).

Résultat :

i

5 fois.

Ils ont essayé de m’appeler 5 fois dans la journée (en plus de m’avoir déjà appelé ce week-end déjà, juste après la simulation).

Et ça c’est sans parler des SMS que j’ai reçus ainsi que des e-mails, disant qu’ils ont essayé de me joindre par téléphone (sans déconner ?).

Foutez-moi la paix !
Je viendrai vers vous quand ça sera le moment.
J’irais directement sur votre site, et je pourrais m’engager gratuitement en un seul clic et sur le champ, ou bien me rétracter après 3 lettres recommandés, 40 € de frais de dossier et 15 jours d’attente (c’est pas comme ça que ça se passe ?).

Généralement, les banques et les assurances sont injoignables : on tombe toujours sur des robots à la cons ou des types à l’autre bout du monde qu’on ne comprend pas. Par contre pour souscrire là c’est Paris qui appelle avec les petites fleurs, le champagne, les banderoles, prostituées et tout le tralala (oui c’est du Pérusse, merci François). Bah.

J’aurais au moins appris un truc : la prochaine fois que je souhaite les joindre pour déclarer un sinistre à l’assurance ou demander une information relative à un prélèvement sur mon compte en banque, je passerais par un simulateur en ligne. Au moins j’aurais une vraie personne au bout de la ligne en moins de temps qu’il n’en faut pour le dire.

ÉDIT : 6 fois ;-;

Image d’en-tête

Photo de la Lune.
Ce soir, vers 18 heures environ, ça va être tout noir1.

La raison à cela a été inventée2 par Kepler3 en 1609 et provient de la rotation de la Terre sur elle-même face au Soleil. Cette dernière n’éclairera alors plus du tout nos contrées et nous passeront dans l’obscurité.

Vous avez bien lu : le Soleil ne sera plus visible ! Merde alors.

Ce phénomène provoquera alors ce qu’on appelle dans le jargon scientifique « la nuit ». Par chance cependant, cette nuit devrait normalement se terminer approximativement à 07h24 UTC+1 (grosso-modo) demain matin et alors le Soleil pourra à nouveau éclairer le ciel et être visible si la météo le permet et que vous n’êtes pas aveugle.

En attendant, profitez-en pour rentrer chez vous, vous mettre à l’abri et peut-être dormir (c’est-à-dire vous allonger et rester ainsi de façon inconsciente durant 7-8 heures dans un lit) pour vous reposer.

Notes :

  • [1] Ta gueule4 ;
  • [2] Avant le génie de Kepler, la Terre était plate grâce à Jésus-Christ, et nous n’avions pas tous ces problèmes. Heureusement parce si la nuit devait se produire dans ces conditions, le jour ne pourrait pas se lever et le ciel nous tomberait sur la tête, par Toutatis ! ;
  • [3] Weil, 1571.
  • [4] Voir cette référence cinématographique.

Pourquoi cet article stupide ?

Parce que si RTL se permet de le faire, et en disant beaucoup de conneries aussi : Nouvelle Lune : pourquoi vous ne verrez pas la Lune le 4 novembre (via Twitter).

Alors qu’on soit d’accord : je plussoie la vulgarisation scientifique.

Mais là on parle de RTL, une station de radio/télé généraliste francophone, pas de Dora l’Exploratrice ou des leçons de Monsieur Patate ! Les phases de la Lune c’est du niveau quoi… CP ? CE1 ? En tout cas pas exactement le genre de choses — à mon avis — que des adultes découvrent en écoutant la radio en allant au travail le matin. Ou alors le niveau en science en France est à un niveau particulièrement alarmant.

De plus, et c’est peut-être le pire dans tout ça : l’article parle d’une « Lune Noire ». Or il n’y aura pas de Lune noire ce mois-ci.

« Lune noire » n’est pas un terme scientifique, mais désigne bien quelque chose : c’est quand, au cours d’un même mois calendaire, on observe une deuxième nouvelle Lune. Le cycle lunaire dure 29,5 jours et il y a donc de la place d’en commencer un deuxième si le premier a début tout au début du mois. D’un point de vue astronomique, ceci n’a cependant aucune signification particulière. C’est juste un hasard du calendrier.

Ceci est loin d’être systématique : la prochaine sera en avril 2022 seulement : il y aura une nouvelle lune le 1ᵉʳ avril et une autre nouvelle lune le 30 avril ; cette seconde nouvelle lune porte alors le nom de Lune Noire. Pour la suivante il faudra ensuite attendre décembre 2024 !

Dans tous les cas, ce 4 novembre-ci ne marquera, en aucun cas, un tel phénomène. Dire le contraire est faux.

De la même façon, si un mois voit deux pleines Lunes, la seconde est appelée « Lune bleue ». Là également cela est un hasard du calendrier et le « bleu » ne réfère pas du tout à sa couleur. C’est plutôt une traduction contemporaine d’une déformation de l’expression « double lune », qui aurait donné « blue moon » en anglais.

Lune bleue ou lune noire… est-ce qu’on peut parler de phénomène rare ? Pas vraiment : elles se produisent chacun environ tous les 3 ans, ce qui est moins rare que les jeux olympiques ou une coupe du monde de football. Or personne ne parle des « rares jeux olympiques »…

Donc, @RTL : que vous fassiez de la vulgarisation sur des trivialités, ok, pourquoi pas. Quitte à remonter le niveau, autant commencer par le bas, et finalement c’est peut-être pas bête.
Mais alors remontez-le effectivement et ne racontez pas n’importe quoi.

Si vous racontez de la merde sur les phases de la Lune, arrêtez immédiatement, ça vaut mieux pour vous. Car le jour où vous allez parler des Kugelblitz ou du processus de Blandford–Znajek, ça va être un carnage.

(Par contre vous pouvez toujours demander de l’aide, si c’est votre projet).

image d’en-tête de Luke Stackpoole

Voir :

« Est-ce que garder une vieille voiture est mieux pour l’environnement ? » sous entendant : « que changer pour une voiture plus récente (moins polluante) ou une voiture électrique ? ».

TL;DR : oui, sauf si vous roulez vraiment très peu.

Un EV émet-il plus de CO2 ?

J’en ai déjà parlé, mais ils font le descriptif détaillé dans la vidéo.

Il faut comprendre qu’une voiture qui existe déjà coûte zéro CO2 en fabrication (elle est déjà fabriquée !), elle coûte seulement du CO2 à l’usage.

Une voiture neuve qui n’existe pas, il faut la produire et ça va émettre du CO2 en plus par rapport à tout le CO2 déjà émis.

Sauf que les voitures plus récentes sont plus optimisées et à l’usage elles émettent moins de CO2 que les anciennes (normalement, et selon les gabarits des voitures).

Il faut donc se demander si le gain sur le long terme compense le « coût » de fabrication de la voiture neuve. C’est le but du calcul, et seulement en termes de CO2.

Le résultat :

  • après 4 ans d’utilisation, l’EV devient plus avantageux (sur la base de la Tesla Model 3) par rapport à une voiture ancienne qui fait du 9 L/100 km (ou 25 mpg, moyenne US).
  • après 7 ans, une voiture récente (6 L/100 km – 35 mpg) devient elle aussi avantageuse par rapport à une voiture ancienne.

Ce que cela veut dire…
Si vous avez une vieille voiture et que vous êtes dans la moyenne (en km par an), alors une voiture électrique neuve deviendra plus écologique après seulement 4 ans d’utilisation que rouler avec l’ancienne sur la même période.
De même si vous roulez encore 7 ans avec cette vieille voiture, vous finiriez par être plus polluant que si vous aviez changé de voiture pour une thermique récente.

Dit autrement : après 4 ans d’utilisation d’une EV, on a rentabilisé le « capital CO2 » et on devient moins polluant que si on avait continué à rouler avec la vieille voiture.

Ces chiffres sont donnés pour les USA avec la moyenne de distance parcourue par an (35 000 km/an) et la qualité de l’électricité américaine (60 % fossile).

On remarque une chose intéressante : aujourd’hui, la production d’une EV n’émet que relativement peu de CO2 en plus par rapport à une voiture thermique : 11 tonnes au lieu de 9 tonnes.
On parle de 20 % de plus : c’est donc loin des phrases types du détracteur : « mais la production est beaucoup plus polluante ! ».

En France, les chiffres ne sont pas les mêmes. Déjà, on roule en moyenne 12 000-15 000 km/an et les voitures sont un peu moins gourmandes. De plus, en France toujours, 90 % de l’électricité est décarbonée (seulement 10 % de fossile).

Dans ces conditions, si je fais le calcul (ce n’est pas dans la vidéo) :

  • une thermique récente (qui fait du 6 L/100 km au lieu de 9 L/100 km) se rentabilise en 8-9 ans ;
  • une EV, elle se rentabilise en 1 an (les deux tonnes de CO2 supplémentaires pour produire l’EV sont émises par la thermique en un an, sur 12 000 km).

Et si je dois changer la batterie ? Ça pollue plus !

Ça n’arrivera pas, en tout cas à la très grande majorité des gens.

Les Tesla 3 (référence de la vidéo, et EV la plus vendue au monde) ont encore une capacité de batterie de 90 % après 320 000 km (chiffres Tesla d’après leurs données de télémétrie pour les voitures qui ont dépassé cette distance).

Déjà on peut donc dire qu’il n’y a aucun risque d’avoir à changer de batterie pour cause d’usure naturelle, même après 700 000 km (certains EV les ont atteintes).

Ajoutons à ça que les voitures thermiques qui atteignent ce kilométrage tombent généralement en lambeau et beaucoup de pièces sont à changer (du moteur à l’échappement, en passant par la boîte de vitesse, l’embrayage ou le système de refroidissement… autant d’éléments qu’une EV n’a pas… et qui contiennent elles aussi des matériaux rares et toxiques comme le palladium ou le platine).

Même si cela devait être le cas, ça sera toujours moins polluant : l’usage de la Tesla Model 3 émet tellement moins qu’on peut en produire une seconde au bout de 7 ans d’usage et toujours moins avoir émis de CO2 qu’utiliser une voiture thermique… pour les USA (donc c’est encore plus valable en France)

Autrement dit — et pour ce qui est des gaz à effet de serre, j’insiste — pour un usager moyen, il n’y a aucun scénario où l’usage d’une EV émet plus de CO2 qu’une voiture thermique.
Le seul cas, mais ça n’est pas « l’usager moyen », c’est si vous roulez très peu.

Et le lithium ! Et le cobalt !

Le lithium se mine comme du sel de table : avec de l’eau qu’on envoie dans la mine, qui dissout le sel de lithium, et on récupère l’eau que l’on laisse s’évaporer pour récolter le sel de lithium. Ce n’est pas plus polluant que miner du sel de table.
Or, pour le sel de table, personne, jamais, nulle part, n’est parti en « croisade verte » parce ça polluerait. Et comme le Lithium n’est pas rare, ni lourd (il flotte sur l’eau), son transport n’est pas aussi polluant que l’acier ou (au hasard) le pétrole par exemple (dont l’acheminement jusqu’à la station essence est lui aussi émetteur de CO2).

Aussi, il faut dire qu’une EV comme la Model 3 n’en contient que… 8 kilos ! Ce n’est pas rien et il les faut pour faire avancer la voiture, mais ce n’est pas le gros du poids de la voiture comme on voudrait le penser.

Pour ce qui est du Cobalt : il est rare et à ce jour son extraction se fait de manière peu éthique, c’est vrai. Mais c’est un problème en passe d’être corrigé.

Tesla (principal constructeur d’EV) compte s’en passer complètement et les autres constructeurs en réduisent drastiquement la quantité nécessaire en améliorant sans-cesse les technologies de leur batterie. Un EV grande autonomie (400+ km) c’est 14 kilos de cobalt aujourd’hui. Et c’est en baisse. Là aussi, le cobalt est (pour l’instant) essentiel pour une EV, mais ce n’est pas non plus ce qui fait le gros de son poids.

Aussi faut-il ajouter que cette masse reste dans la voiture et ne se retrouve pas dans la nature : il est donc facilement collectable en fin de vie (ce qui, je rappelle, intervient après plusieurs centaines de milliers de kilomètres). Pour info : le taux de recyclabilité atteint (selon les sources) 90 %. Et le taux de recyclage actuel en est à 5-10 % (chiffres Toyota).

C’est pas comme les ~30 tonnes d’essence, et les huiles, liquides diverses qui partent en fumée au cours de la vie d’une voiture thermique ou finissent lentement sur la route.
Ou encore les plaquettes de freinage qui ne s’usent que très peu sur une voiture électrique (et électrifiée) grâce au freinage régénératif.

Et du coup ?

En somme, la pollution soi-disant supérieure des EV par rapport à une voiture thermique, c’est un argument qui ne tient plus. C’est devenu tout simplement faux.

Des progrès ont été faits, et on s’approche très franchement de la pollution générée par une voiture thermique. Garder une vieille voiture est très rapidement beaucoup plus polluante que passer sur une voiture électrique.

Un jour viendra où produire une EV sera moins polluante, et ça risque à mon avis d’arriver d’ici 5 ans au plus.

L’argument du lithium ne tient pas, et celui du cobalt est également en train d’être résolu, et a déjà largement été amélioré.

Concernant les terres rares (néodyme & co), l’enjeu est géopolitique. Ces éléments ne sont pas rares, contrairement à ce qu’indique leur nom, mais ils sont tous en Chine.
Néanmoins, des technologies un poil moins efficientes existent si le besoin devait se faire sentir de s’en passer (les moteur à induction asynchrone sont sans aimants permanents et donc sans ces terres rares ; ces moteurs équipaient les premières Tesla et certaines (toutes ?) les Zoé, notamment).

Les limites actuelles

À ce jour, je ne vois plus qu’un seul argument qui pourrait tenir ; ainsi qu’un potentiel problème logistique à résoudre.

L’argument : le prix. Les EV aujourd’hui sont plus chers, c’est vrai. La batterie y est pour une très grande partie, mais leur coût diminue à mesure que la production monte en échelle. On peut voir tout ça changer dans les années à venir.

Pour l’instant, passer par une hybride ou une hybride rechargeable peut être financièrement intéressant, tout en étant moins polluant (20-30 % moins de CO2 pour une hybride ; 70-80 % en moins pour une rechargeable, moyenné au cours d’une année). Note : moins de CO2, c’est moins d’essence consommée et donc des économies là-aussi.
Ces voitures sont également les plus efficaces pour les petits trajets (les plus nombreux, et ceux où les voitures thermiques sont les moins efficientes). Ces voitures sont moins chères que les voitures électriques (mais plus que les pures thermiques).

Il convient aussi de surveiller le marché de l’occasion : les EV conservent leur capacité beaucoup plus longtemps que les thermiques, et on gagne sur le long terme en coût de l’énergie mais aussi énormément en entretien (aucun fluide à changer, aucune pièce d’usure sinon les pneus et les essuie-glaces).

Si l’on est réticent à acheter du neuf parce que ça implique de produire du neuf, cherchez du côté de l’occasion !
La voiture existe déjà, donc l’acquérir ne montera pas le bilan carbone.

Je ne cherche absolument pas à inciter qui que ce soit : je dis juste ce qui est, et quels arguments ne tiennent tout simplement pas (ou plus), mais que je continue d’entendre.

Enfin, concernant les bornes de recharge : une EV n’est réellement possible qu’à condition d’avoir la possibilité de la recharger chez soi (où 95 % des recharges sont effectuées). Pas tout le monde peut se le permettre.

Quant au problème que je vois : il faudra produire plus d’électricité à un moment. Le réseau sera aussi à adapter.
Mais avec les résidences et les appareils électriques qui s’améliorent eux aussi, le problème est moins important qu’il pourrait sembler (faudrait qu’EDF communique sur ça).

Enfin, en positionnant les stations de recharge aux bons endroits, on pourra limiter les lignes de transport de l’énergie et réduire les pertes (30 % de l’électricité mondiale produite est perdue dans les lignes), voire produire sur place certains jours.


Enfin, bien sûr, question CO2, un vélo sera toujours meilleur.
Ce moyen devrait être utilisé pour tous les trajets en ville, selon moi.

Mais le débat ici n’est pas là : la voiture reste un moyen utile dans certains cas et il s’agit donc aussi d’améliorer ces cas-là.

Programmation.
Ceci est une implémentation de l’idée que j’avais postée ici et qui concernait une gestion de cache basée sur le .htaccess et les erreur 404.

Le modèle habituel d’un cache statique PHP

Habituellement, pour gérer les caches de fichiers statique, on envoie une requête sur un fichier PHP qui va s’occuper de récupérer une ressource statique et l’envoyer vers le navigateur :

cache.php

<?php
    readfile($fichier_statique);
?>

Le $fichier_statique contient des données HTML déjà prêtes. Normalement, une fois que la page HTML est envoyée au visiteur, elle est oubliée de la mémoire de l’ordi. Si un autre visiteur fait la même requête, le serveur doit tout refaire.

L’idée d’un cache est de stocker le code HTML que l’on a envoyé au visiteur. Comme ça, si un second visiteur fait la même requête, on lui envoie ce qui se trouve en cache, sans avoir à tout recalculer : c’est beaucoup plus rapide.

Dans mon cas, je le fais avec des images d’avatar de chez Gravatar et avec des favicon que je met en face des sites dans mon lecteur RSS. Je ne fais pas une requête vers ces sites, mais vers mon lecteur RSS. C’est lui qui va faire une requête externe, sauver l’avatar ou la favicon localement, puis l’envoyer au client. La fois d’après, il envoie directement l’icône locale au client, sans faire de requête réseau. On gagne beaucoup en performances globales.

Le problème que je vois ici, c’est que le fichier cache.php est appelé pour chaque requête sur un fichier. C’est plus rapide que recalculer une miniature, mais une instance PHP est tout de même créée, ne serait-ce que pour lancer le readfile(), et éventuellement après quelques calculs rapides pour déterminer quel fichier cache on envoie au navigateur.

On peut s’affranchir de cette requête et de PHP.

Utiiliser .htaccess

On va prendre l’exemple du cache pour les images favicon et gravatar, car c’est ce que j’utilise et c’est ce pourquoi j’ai fait cette méthode.

Avant je faisais une requête vers cache.php?w=favicon&site=example.com
Et j’avais cette arborescence :

cache.php
var/
| - - cache/
      | - - favicon/
            | - - icone1.png
            | - - icone2.png
            | - - ...
      | - - gravatar/
            | - - avatar1.png
            | - - avatar2.png
            | - - ...
      | - - .htaccess

Quand je voulais une icône, je faisais un hit sur cache.php?get=icone1.png, et il m’envoyait l’icone1.png après l’avoir soit téléchargée, soit lue sur le disque.
Pour moi, l’image était située à l’URL cache.php?get=icone1.png, pas ailleurs.

Maintenant je fais autrement.

Je fais mon hit sur /var/cache/favicon/icone1.png. Plus besoin de PHP : si l’image existe, l’icône est envoyée directement.

Mais si le fichier n’existe pas, ça renvoie un 404, non ?

Exactement ! Mais ça, c’est uniquement si le fichier n’est pas là.
La distinction « fichier là / fichier pas là » n’est plus à faire par PHP comme avant : elle est déjà faite par le serveur (Apache, …), et on va s’en servir !

Il est possible d’utiliser une redirection en cas de 404. Dans le fichier .htaccess de notre arborescence, je vais mettre :

RewriteCond %{REQUEST_FILENAME} !-f
RewriteRule (.*) ../../cache.php?w=gravatar&q=$1 [L]

L’important ici est le !-f de la première ligne.

Un simple -f signifierait « notre requête est un fichier ». Mais avec le point d’exclamation devant, ça signifie « notre requête n’est pas un fichier », dans le sens « un fichier qui n’est pas, qui n’existe pas ».

Si je demande un fichier qui n’est pas là (donc un 404), cette condition est est satisfait : « le fichier n’est pas ! » et on accède à la ligne suivante, c’est à dire le renvoie vers le script PHP.

Ce n’est pas une redirection 301 ou 302 : le serveur demande uniquement à PHP de s’occuper de la demande au lieu de s’en occuper lui-même par l’envoie d’une erreur 404.

Une fois que PHP a fait son boulot, il sauvegarde le fichier et la renvoie au navigateur : le navigateur ne reçoit jamais de 404 : si le fichier est là, le serveur lui donne. Si le fichier n’est pas là, PHP produit le fichier avant de lui donner également. Le fichier est également sauvegardé pour la prochaine fois.

En plus de ça, la requête est faite directement sur le fichier que l’on veut, pas sur une page à PHP qui devra lire le fichier. On gagne donc en logique aussi.

Pour aller plus loin

Comme je l’ai dit, j’utilise ce système à la fois pour des icônes de site et pour des avatars de commentaires. Il y a donc une distinction à un moment. Les images sont mis en cache dans deux répertoires dédiés :

var/
| - - cache/
      | - - favicon/
      | - - gravatar/
      | - - .htaccess

Aussi, une complication est de ne faire qu’un seul fichier .htaccess.

Pourquoi ? Car je ne veux pas mettre un .htaccess dans chaque dossier et ceci pour une raison simple : quand veux purger le cache (en supprimant le dossier et son contenu), je ne veux pas perdre mon fichier .htaccess.

Avec un seul fichier situé à un niveau plus haut, je supprime les dossier favicon/ et gravatar/ et c’est bon, ils seront recréés par PHP lors de la prochaine requête.

Mon .htaccess doit distinguer quel est le dossier où l’on fait la requête. Je fais ça comme ça :

RewriteCond %{REQUEST_FILENAME} !-f
RewriteCond %{REQUEST_URI} ./gravatar/(.*)$
RewriteRule (.*)gravatar/(.*)$ ../../favatar.php?w=gravatar&q=$2 [L]

Explication ligne par ligne :

RewriteCond %{REQUEST_FILENAME} !-f

↑ Je regarde si le fichier existe. Si oui, le fichier est envoyé au navigateur et ça s’arrête. Autrement on continue.

RewriteCond %{REQUEST_URI} ./favicon/(.*)$

↑ Je regarde sur la requête concerne un fichier dans /favicon

RewriteRule (.*)favicon/(.*)$ ../../favatar.php?w=favicon&q=$2 [L]

↑ Si oui et oui, on renvoie sur favatar.php?w=favicon&q=icone.png, et PHP fera son travail. Le [L] permet de dire qu’il s’agit de la dernière condition et que le traitement du .htaccess s’arrête.

Il reste une ligne à ajouter. En effet, si je fais une requête sur le dossier .favicon/, je ne veux pas que ça renvoie sur PHP. C’est un dossier, pas une image. Et même si je gère cette exception dans PHP pour plus de sécurité, il faut mieux mettre un garde-fou en plus.

Par conséquent, ça nous fait quatre lignes :

RewriteCond %{REQUEST_FILENAME} !-f
RewriteCond %{REQUEST_URI} ./gravatar/(.*)$
RewriteCond %{REQUEST_URI} !./gravatar/$
RewriteRule (.*)gravatar/(.*)$ ../../favatar.php?w=gravatar&q=$2 [L]

La ligne ajoutée, la troisième, dit « si le fichier est autre que le dossier gravatar/, on applique la règle ». Dans le cas contraire, on laisse faire (et on ne renvoie pas vers PHP.

Ceci est bon pour les avatars.
Reste à faire la même chose pour les favicon. Il suffit de dupliquer tout ça :

RewriteCond %{REQUEST_FILENAME} !-f
RewriteCond %{REQUEST_URI} ./gravatar/(.*)$
RewriteCond %{REQUEST_URI} !./gravatar/$
RewriteRule (.*)gravatar/(.*)$ ../../favatar.php?w=gravatar&q=$2 [L]

RewriteCond %{REQUEST_FILENAME} !-f
RewriteCond %{REQUEST_URI} ./favicon/(.*)$
RewriteCond %{REQUEST_URI} !./favicon/$
RewriteRule (.*)favicon/(.*)$ ../../favatar.php?w=favicon&q=$2 [L]

Et voilà !

Exemple de fonctionnement

Juste pour résumer ce qui se passe :

Une requête sur ./gravatar/fichier.png sera traité par le premier bloc ci-dessus. Une requête sur ./favicon/fichier.png sera traité par le seconde bloc ci-dessus.

Dans les deux cas, si fichier.png existe, il est envoyé normalement au navigateur. Sinon, il est créé par PHP puis envoyé. Il n’y a pas de 404 envoyé au navigateur.
Si le fichier demandé est invalide, on renvoie une erreur 400 (Bad Request) avec PHP. C’est par exemple le cas si on demande un fichier à Gravatar qui n’est pas un MD5 d’une adresse e-mail, ou si l’on demande un favicon pour une URL qui n’est pas une URL correcte.

Enfin, si je fais une requête sur un autre dossier (./foo/fichier.png par exemple), alors il est ignoré par ce .htaccess et par PHP. Pas de risque donc de faire tourner PHP sur d’autres fichiers que des icônes ou des avatars.

image d’en-tête de Ferenc Almasi