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Rendez-moi mes pop-up porno, je ne veux pas de votre web gratuit

Sat, 17 Nov 2012 17:37:48 +0000 - (source)

2012. L’internet des enfants gâtés.

Hier, je tombe sur cet article de Korben : « Télécharger un MP3 sur Spotify ». Je n’ai même pas envie d’en faire un lien tellement ce blog me dégoute. L’auteur raconte qu’une version web de Spotify est dispo en beta mais il explique surtout comment télécharger les morceaux que l’on y écoute grâce à une négligence des développeurs.

Les commentaires volent aussi haut que l’article lui-même (on a l’audience qu’on mérite).

Y’a moyen de récupérer les fichier en 320 kbps sans être premium ? :)

ou

Avec un compte premium, Spotydl  [aka un logiciel de pompage de son] est tout simplement impressionnant, récupérer ses playlist et qui plus est en conservant le format ogg vorbis et en 320kbs c’est le top.

et j’en passe. Les h4x0rs sont de sortie quoi. Je fouille un peu le blog et je tombe sur ce billet : « Spotify – Contourner la limite des 5 écoutes » qui date d’avril 2012. Ce qui me fait marrer, c’est qu’en cliquant sur le titre du billet pour le lire en entier, j’arrive là dessus :

Sucer le travail d’une boite qui propose une super offre légale, faut déjà être un blaireau level 99. Mais avoir le culot de mettre un pop-in aussi intrusif sur le billet en question pour se faire du blé, c’est de la haute voltige. « Tenez, voila comment piller le web mais quand vous êtes chez moi, prière de désactiver vos anti-pop-in/anti-pop-up/anti-ads. Cordialement. »

D’autres billets sympas que j’ai trouvé au hasard :

Je me focalise sur le blog de Korben parce que c’est du pain béni niveau illustration, mais il est juste un mouton dans le reste du troupeau. Je n’avais rien contre lui, je ne l’ai jamais lu.

Un problème de conscience

Télécharger les titres de Spotify pour les mettre sur son DD n’a peut-être rien d’illégal… en fait je m’en fous. C’est le principe qui est ignoble.

Les enfants pourris-gâtés du web2 râlent : « ouinn ouinn, les méchants majors de l’industrie du disque, ils font que nous empêcher d’écouter de la musique et d’accéder à la cultureeeeeuhh ». Ce sont les mêmes qui pillent Spotify comme des voleurs quand Alibaba ouvre la porte.

Cette mentalité on la retrouve à peu près partout :

Cette question du respect des services gratuits me pose un vrai problème de conscience. Personnellement, je télécharge illégalement toutes les séries que je veux regarder parce qu’on ne me propose aucune offre légale pour faire autrement. Pourtant, j’y ai mis de la bonne volonté : j’ai hésité à prendre un VPS pour accéder aux offres US; mais ça me semblait tiré par les cheveux de contourner la loi pour respecter la loi.

Quand une offre légale nous tend la main, on ne lui bouffe pas le bras. Quand un market propose des applis à 99ct, on ne les pirate pas. Quand des mecs développent un logiciel gratuitement, on ne cherche pas à contourner les quelques pubs qui les font vivre.

La dématérialisation du contenu et le modèle « free with ads » ont transformé les gens en porcs cybernétiques, qui se goinfrent sans respecter les créateurs. Tout doit être livré sur un plateau, gratuitement, selon leur convenance. Quand une pub apparaît, on cherche immédiatement un moyen de la faire disparaître. Quand il faut payer, on cherche à contourner.

Hommage à ceux qui quittent le bateau

Je n’utilise plus beaucoup de logiciels libres « en bout de chaîne ». Je veux dire par là que j’ai arrêté d’utiliser un OS libre et que j’utilise globalement très peu de logiciels de bureau libres, voir aucun. Ils partent dans tous les sens, ils ne me semblent plus aboutis et j’en suis dégoûté en tant qu’utilisateur final. La philosophie est superbe, mais la finalité n’est pas assez sexy à mon goût.

Par contre l’open-source en tant que développeur, c’est top. Contribuer à un projet, ouvrir son projet, utiliser des outils libres pour le développement ou pour l’utilisation avancée de sa machine, très bien.

Et justement… j’admire les gens passionnés par le libre qui cherchent des alternatives à toutes les solutions gratuites financées par la pub. Des gens arrêtent d’utiliser Google pour aller sur DuckDuckGo. D’autres arrêtent d’utiliser Twitter et passent sur Identi.ca.

Ces gens râlent souvent sur le modèle « free with ads » parce que ça réduit l’utilisateur naïf à l’état de produit. Ils râlent pour montrer qu’ils existent mais ils ont le mérite de ne pas se complaire dans ce qu’ils dénigrent, contrairement aux autres qui bafouent les services.  En clair on est loin de Korben qui explique comment pomper Spotify. Pourtant, j’ai cru comprendre que les mecs dans son genre aimaient bien se branler sur le web libre, open, l’accès à la culture et l’anti-hadopisme primaire et blablabla.

Je me fais tracker, mais j’accepte ça quand je connais les avantages qui en découlent. J’accepte la prison dorée, dirons certains. Si je refuse de me faire tracker, je quitte le service.

Je suis ad-aware et c’est avec plaisir.

 


Si vous aimez un langage plus qu’un autre, programmez avec et fermez-la

Wed, 04 Jul 2012 11:04:34 +0000 - (source)

Il n’y a pas plus con qu’un manichéiste. Ces gens sont des plaies infectieuses et on ne peut rien y faire, comme avec la plupart des cons.

Le manichéisme puant qu’on doit supporter en premier, c’est celui de la politique. Si tu es de droite, tu n’es pas de gauche. La période électorale est un vivier manichéiste où les sympathisants se masturbent entre eux en fracassant l’opposant. Il y a les gentils (eux) et les méchants (les autres). Pas possible de piquer des idées ici et là. Tu les piques ou ici, ou là. Au passage, c’est la base de notre modèle démocratique titubant. Je ne blâme pas les militants, ils ne sont que les toutous des politiciens.

Je suis désolé de voir que ces idéologies se transposent dans le monde de l’informatique. Je ne parle pas des trolls « Mac ou PC » ou « Windows ou Linux » qui n’ont d’ailleurs rien d’informatique. Ce sont des débats de comptoirs qui n’intéressent personne. Je parle plutôt de MySQL/PostgreSQL, PHP/Python etc.

L’autre jour, je tweetais un truc un peu moche qui m’avait fait rire dans la doc MySQL. Le troll anti-MySQL-pro-PostgreSQL est vite arrivé. Je défends MySQL comme je peux  (sans jamais parler de PostgreSQL) face à des arguments qui avaient une décennie de retard quand je reçois finalement le tweet de la mort : « et qu’est-ce que tu reproches à PostgreSQL alors ? Contre-arguments ?« .

Dingue ! Impossible d’apprécier MySQL sans être taxé d’anti-PostgreSQL. C’est symptomatique du manichéisme ambiant. Si tu adhères à un SGBD, tu dois trasher les autres. Puis, vient le fameux article « PHP: a fractal of bad design » qui n’est autre qu’une éloge déguisée à Python. Là aussi, on comprend qu’il est impossible d’apprécier le Python et le PHP. La réponse des pro-PHP ne s’est pas faite attendre, elle est toute aussi lamentable. PHP-centriste au possible.

Ça devient aberrant ! Hier je tweet un site qui parle de bouffe ou de je-ne-sais-quoi (mais rien à voir avec de l’info), un mec me répond qu’il n’a pas confiance parce que le site est fait en PHP. Woh.

Difficile d’aimer Windows et GNU/Linux en même temps ? Ok, pourquoi pas, il s’agit de deux mondes complètement différents et Microsoft est une entreprise qu’on peut haïr pour 42 raisons. Impossible de respecter un langage de programmation quand on en aime un autre ? L’idéologie infectieuse qui régit à peu près toute la vie en dehors d’Internet est maintenant en train de ronger nos câbles Ethernet. Le cocon cool d’Internet ne devient qu’un carbone de la vie réelle.

Tous ces geeks, qui arrivent (encore) à dire « touchez pas à mon Internet avec vos lois IRL ! » et qui calquent le manichéisme religieux et politique sur un truc des trucs les plus élémentaires : leur façon de programmer, ça me dégoute. J’ai envie de leur faire bouffer la doc PHP entière en leur versant du tabasco dans les yeux.

Si mes études d’informatique m’ont appris une chose, c’est bien celle la : tout ce qu’on touche sur un ordinateur est basé sur des théories qui nous dépassent. Un SGBD relationnel n’est pas un logiciel tombé de nulle part, c’est avant tout l’implémentation de la théorie d’Edgar Codd et de bien d’autres mecs qui ont révolutionné la discipline des modèles de données.

Un langage informatique n’est pas non plus tombé du ciel, on peut remercier Kleene, Chomsky, Schützenberger, Turing et leurs potes d’avoir étudié le problème il y a des années, avec des modèles théoriques.

D’accord, chaque étage de la conception d’un langage ne vous ramène pas nécessairement aux fondamentaux théoriques mais voir des abrutis de nerds, fascinés par la dernière appli iPhone à la mode, critiquer sans connaissance théorique un langage conçu par des ingénieurs, ça me fait de la peine.

Les gens débattent-ils de la théorie des cordes ? Non, ils n’y connaissent rien. Débattent-ils de la politique économique Européenne ? Oui. Pourquoi ? Sûrement parce que la télé en parle, alors ça rend le truc évident et accessible. Pourtant, ils n’y connaissent rien non plus.

J’adore l’évolution du web : quand j’étais petit, c’était assez compliqué d’apprendre un nouveau langage informatique sans acheter des livres. Je me rappelle encore des dimanches passés avec mon père qui m’apprenait les bases du C sur Dev-cpp. Aujourd’hui, n’importe qui peut apprendre n’importe quel langage, tout est simple et accessible. Parallélisme avec l’économie ? C’est accessible, alors peut-être que le moindre beauf se permet de donner son avis dessus. Les réseaux sociaux et l’égo par dessus, ça donne à peu près la couleur du web actuel.

En informatique, le côté « hipster » des techno a toujours beaucoup compté. Apple doit ses premiers succès à son « think different ». Linux est apprécié des Linuxiens parce qu’il n’est pas spécialement accessible et j’en passe (lire « OMG, je viens de me faire clasher par ma boulangère !« ). PHP est devenu mainstream, normal qu’il soit critiqué. Ses détracteurs n’ont qu’une chose à mettre en avant : leurs connaissances en Python. Bien triste, et je doute qu’ils grandissent. Qu’ils critiquent PHP sur la forme (incohérence des noms dans les fonctions etc), grand bien leur fasse mais quel intérêt ? C’est futile, c’est de la branlette, ça n’intéresse que les aficionados d’autres langages qui aiment lire, pour une fois, qu’ils ont fait le bon choix en apprenant un autre langage.

Vous n’êtes pas obligés d’avoir un avis sur tout. Si vous aimez un langage, programmez avec et fermez-la, vous gagnerez du temps et de la bande passante.


Découvrez les attaques par canaux auxiliaires sur cryptoprocesseurs

Sat, 09 Jun 2012 18:59:26 +0000 - (source)

Cet article sera largement détaillé mais ne sera pas spécialement vulgarisé. S’il vous intéresse mais que je suis allez trop vite sur certaines notions, n’hésitez pas à m’envoyer un mail !

J’ai découvert le concept d’attaque par canaux auxiliaires dans un numéro hors-série de MISC (Multi-system and Internet Security Cookbook). Quand j’ai lu l’article en question, j’ai eu une montée d’adrénaline et je me suis dis JE VEUX ESSAYER JE VEUX ESSAYER JE VEUX ESSAYER, PLEAAAAAAAASE §§ Alors j’ai ouvert mes bouquins de crypto et j’ai plongé.

Je vous mets dans le contexte. Quand vous allez chez le docteur, il prend votre carte Vitale et la met dans une machine spéciale qui la lit et envoie plein d’info à votre sécu. Heureusement, la communication entre la machine du docteur et votre sécu est super bien protégée, sinon n’importe quel voyou de l’internet pourrait intercepter vos info et vous faire du tort. Le principe est le même pour les terminaux de paiement par carte bancaire dans les magasins où vous faites vos courses.

L’algorithme qui nous protège au quotidien dans ces 2 situations est bien connu, c’est le Rivest Shamir Adleman (RSA) et ses fameux échanges de clefs. Je ne vous l’explique pas ici, il est plutôt simple à comprendre à partir du moment où vous connaissez l’opérateur mathématique modulo (le reste de la division euclidienne entre deux entiers).

Bref, le principe de RSA, c’est de permettre à 2 personnes de discuter à distance sur un réseau sans que personne ne puissent comprendre ce qu’elles se racontent (et donc empêcher un pirate de capter votre numéro de CB quand vous payez vos fringues à Zara). Si ça marche aussi bien, c’est grâce aux maths ! A moins de disposer de tous les ordinateurs de la planète pendant 3000 ans, aucun pirate ne pourrait aujourd’hui déchiffrer vos communications secrètes (ah bon ? un ordinateur quantique, où ça ?).

Ben ça parait COOL NON ? Ho regardez, le ciel s’assombrit… *breudeubooonnn breuudeuboonn* (<= bruit du tonnerre, c’est pour l’ambiance !)

Si les maths ne peuvent pas venir à bout de RSA et de la sécurité des terminaux de paiement, les attaques par canaux auxiliaires le peuvent. En fait, un algo aura beau être sûr à 99,999%, son implémentation matérielle pourra lui faire défaut. C’est le principe des canaux auxiliaires.

Vous avez déjà vu un mauvais joueur de poker ? Il suinte de rictus et autres TOC pendant ses parties. On peut dire qu’une attaque par canal auxiliaire sur sa tronche ferait plutôt mal. Un canal auxiliaire, c’est une fuite d’informations provenant d’un système, à l’insu de son administrateur (et encore pire, de son fabriquant !).

Dans la vie réelle, les attaques par canaux auxiliaires se font sur des cryptoprocesseurs. Des cryptoprocesseurs, il y en a dans la machine du docteur pour la carte Vitale, dans les terminaux de paiement à Zara ou H&M mais aussi dans le bazar militaire (radar, brouilleur de signal et j’en passe).

Quelle différence entre un cryptoprocesseur et un bon vieux processeur Intel des familles me direz-vous ?

A priori, aucune. Un processeur, ça reste un processeur, pas de souci là dessus. Par contre, les cryptoprocesseurs embarquent certaines instructions que nos processeurs à nous n’embarquent pas, comme l’exponentiation modulaire, très utilisée dans les opérations cryptographiques. Certains cryptoprocesseurs sont conçus pour résister aux radiations, d’autres pour économiser de l’énergie. Mais il y a une autre différence cool ! Ces processeurs sont généralement protégés contre les attaques par canaux auxiliaires.

4 types d’attaques par canaux auxiliaires

Si je veux powned la machine de mon docteur pour piquer les info de ses patients, je vais m’attaquer à son processeur parce que c’est là dedans qu’il y a des informations intéressantes et des calculs cryptographiques qui me permettront de déchiffrer la discussion entre la machine elle-même et la sécu. Partons du principe que mon médecin a acheté sa machine sur Ebay en solde et que du coup, elle ne possède pas un cryptoprocesseur, mais un bête processeur.

Voila comment je pourrais l’attaquer :

  1. Grâce à une étude temporelle (timing attack);
  2. Grâce à une étude électromagnétique locale (electromagnetic analysis)
  3. Grâce aux fuites photoniques;
  4. Grâce à une attaque par consommation (power analysis)

Timing Attack, whatzat ?

La timing attack ne date pas d’hier, elle a été expliquée en 1996 par môssieur Kocher dans son article « Timing attacks on implementations of Diffie-Hellman, RSA, DSS and other systems« . Rien que ça. Il a montré comment une implémentation de l’exponentiation modulaire pouvait fuir par canaux auxiliaires.

Je vous fais grâce du code mais en gros, imaginez une boucle qui permet de faire grimper un entier N à la puissance b, le tout modulo c. En fonction de la valeur de b, l’algorithme ne prendra pas le même temps à s’exécuter, ça parait assez évident (plus b est grand, plus l’algo mettra du temps). Et ben, la voila notre fuite ! Notez que cette fuite seule ne sert à rien mais elle pourrait être UNE étape d’une attaque qui viserait à obtenir la clef de chiffrement d’un cryptoprocesseur.

Grâce à cette différence de temps (et donc de consommation d’énergie), il est possible d’attaquer le processeur et de connaître les valeurs de N, b et c. Comment ? C’est un axe de recherche très pointu, je ne vais pas pouvoir vous l’expliquer mais le concept est super intéressant. Mais les autres types d’attaque sont encore plus hallucinants !

Analyse électromagnétique et Maxwell

Vous avez sûrement déjà entendu parler de Maxwell, le physicien (fameux pour les équations qui portent son doux nom). Il a dit un jour que la circulation d’un courant dans un conducteur génère des champs électriques et magnétiques au voisinage de ce conducteur. Il a démontré que les champs électromagnétiques étaient fonction du courant traversé par le conducteur, comme l’exprime clairement cette équation (:D) :

En résumé, il est possible de connaître la consommation en courant d’un composant en étudiant ses émanations électromagnétiques. Comment on peut appeler ça… ah ben, une fuite ?

La fuite photonique

La fuite photonique suit le même concept. Les circuits électroniques fuient en émettant de la lumière ! Évidemment, ne comptez pas sur des circuits électroniques pour vous servir de lampe torche mais sachez tout de même qu’ils dégagent des photons. C’est le cas des transistors NMOS qui dégagent des photons lorsqu’ils commutent de 0 à 1. Pour capturer ces photons, il faut du matos de bourrin vous en conviendrez.

Power analysis

Enfin, l’attaque par consommation est celle que je me suis amusée à mettre en œuvre cet après-midi sur mon micro-contrôleur Arduino, fièrement équipé d’un processeur ATmega 328. Le principe est simple : en mesurant les tensions d’un circuit, on tente de découvrir les données manipulées par le circuit.

Et alors, comment protéger nos cryptoprocesseurs ?

Topologie de mon attaque rudimentaire type « Power Analysis »

Je me suis tenté à une petite attaque par analyse de tensions sortantes grâce à un Arduino. Un Arduino est un micro-contrôleur, soit très vulgairement un mini-ordinateur. Il possède un processeur, de la mémoire, des entrées/sorties. Il est utilisé en électronique et en robotique.

En premier lieu, mon Arduino (à gauche) est relié à un écran LCD. L’Arduino était chargé de générer un mot aléatoire (EIFJE, XIRH ou NBOR enfin vous voyez le genre) et de l’afficher sur l’écran. Imaginez que l’Arduino est la borne « carte Vitale » de votre docteur et l’écran est le serveur qui reçoit les info dans les locaux de votre sécu. Le but était d’écouter ce qui se passait sur le circuit et de reconstituer le mot aléatoire qu’envoyait l’Arduino en boucle.

Le montage était relié à mon laptop (fraichement Ubuntisé, adieu Fedora </3). J’ai conçu un programme très simple qui fait office d’oscilloscope numérique : le PC reçoit la mesure d’une tension via le câble USB et l’affiche sur la sortie standard. Grâce à la commande tee, j’enregistre les valeurs mesurées dans un fichier que je peux ensuite transformer en graphique avec gnuplot (je suis entrain de me mettre à Qt pour générer des graphiques en « temps-réel » et avoir un vrai oscilloscope numérique).

Voila la gueule de mon oscillo numérique (4.99V représente évidemment 5V, soit un 1 logique) :

Rudimentaire, mais efficace. Sur l’avant-dernière photo, le fil blanc qui pendouille est le fil que j’utilise comme outils de mesure : la tension que reçoit ce fil est envoyée à mon programme qui l’affiche à l’écran, la masse étant branchée sur 0V.

L’attaque se passe en 3 temps :

  1. L’Arduino génère un mot aléatoire et l’envoie en boucle, lettre par lettre, au petit écran LCD, qui l’affiche (dans l’explication, le mot est « hello » pour simplifier les choses);
  2. Je me branche sur le circuit avec mon outil de mesure et je choppe 8 tensions type 0 ou 5V (donc 8 bits) pendant une période définie;
  3. Je récupère les tensions sur mon PC, et je trace des sortes de chronogrammes pour reconstituer le message de l’Arduino;

On ne se moque pas de l’écriture de sagouin, merci. A noter que la photo des chronogrammes n’a rien à voir avec l’explication courante, ce sont des brouillons photographiés au hasard, n’essayez pas de chercher des correspondances.

En mesurant les tensions émises par l’Arduino, je déduis 5 octets qu’il a transmis à l’écran LCD :

J’ai mis un petit délai entre l’envoi de chaque lettre (quelques millisecondes) pour faciliter la réception parce que mes appareils de mesure sont assez… artisanaux.

A partir de là, je me jette soit sur le datasheet du processeur si c’est lui que j’écoutais, soit sur le datasheet de l’écran LCD si c’est lui que j’écoutais. En l’occurrence, j’espionnais les tensions de mon écran, plus facile. Le processeur est beaucoup moins abordable. Le datasheet va me donner les informations qu’il me manque :

 

Je fais la correspondance entre mes octets trouvés et les caractères du tableau… « h », « e », « l », « l », « o ». Yes, c’est bien ce qu’il y a sur l’écran ! Les tensions de cet écran LCD sont très faciles à décoder, ça n’aurait pas été le cas avec tous les autres composants. En cela, ce n’est pas une vraie attaque par canaux auxiliaires parce la fuite n’en est pas une.

Ce qui m’intéressait, c’était de me rapprocher du concept : en ayant les yeux bandés, est-ce qu’il est possible de dire ce qui se passe dans un circuit et si oui, est-ce automatisable ? A priori oui, il faut juste de la patience. Prochaine étape : m’amuser à faire pareil directement sur les pins du processeur Atmega 328.

Les canaux auxiliaires ont encore de beaux jours devant eux : c’est un axe de recherche qui ne cesse pas depuis bientôt 20 ans. Est-ce que RSA va craquer, un jour, à cause de ça ? Non, l’algorithme reste « sûr ». Ce sont ses implémentations matérielles qui doivent être perfectionnées. Une attaque par canaux auxiliaires demande au pirate un accès direct au matériel, ne l’oublions pas.

J’espère que ça vous a intéressé autant que moi. Une question, une remarque, envoyez-moi un mail ! Je réponds à la vitesse d’un neutrino.

Pour approfondir :


Cannibalisme ou science quantique, j’ai fait mon choix

Thu, 07 Jun 2012 19:56:49 +0000 - (source)

J’avais le choix entre reprendre ce blog ou en ouvrir un autre (du genre MANGE TON PIED!). Le souci d’un blog perso c’est que quand nous on évolue, lui il n’évolue pas. Nos vieilles idées restent gravées dans les pixels et on ne s’y retrouve plus du tout.

Si j’ai choisi de reprendre MANGE TA MAIN!,  c’est surtout parce qu’acheter un deuxième nom de domaine à tendance cannibale passerait plutôt mal en ces temps d’apocalypse zombie.

Alors dansons la carmagnole mes amis, ce blog reprend vie ! Cependant, je pense changer assez radicalement ma façon de l’utiliser. Je m’étais toujours refusé d’y écrire des trucs scientifiques qui me passionnaient. MTM était plutôt un fourre-tout rigolo des choses du quotidien ! Fini la plaisanterie. On arrête de déconner maintenant.

Non, sans exagérer : j’aimerais utiliser MANGE TA MAIN! pour parler de choses qui m’intéressent vraiment : l’électronique, l’épistémologie (l’histoire des sciences), l’informatique quantique et peut-être l’informatique traditionnelle aussi. J’écrirai toujours des articles rigolo sans rapport avec tout ça entre deux, promis.

Je ne veux surtout pas rendre ce blog hermétique ni technique. Je veux partager mes découvertes dans ces domaines qui sont peu abordés sur le web (et c’est bien dommage). Si vous aimez découvrir des choses cools un peu underground (#hipster) alors vous allez aimer, je vous le promets ! Par contre, à tous ceux qui détestent les sciences, vous pouvez d’ores et déjà supprimer votre abonnement RSS. ADIEU.

Au passage, j’ai modifié un peu le design et j’ai viré les derniers boutons sociaux SDF qui restaient. Les commentaires sont toujours fermés, j’explique pourquoi ici. J’ai aussi désactivé les articles que je n’ai pas pris de plaisir à relire ou qui ne me correspondaient plus (ils sont toujours en ligne, si vous les cherchez depuis un moteur de recherche).

CECI EST MON BLOG, LISEZ.

C’est ainsi qu’il conclut sur une réplique à tendance mégalomaniaque, en parlant de lui à la troisième personne. A très bientôt.


Le web est un proxénète et nous sommes ses putes

Wed, 26 Oct 2011 11:36:13 +0000 - (source)

Cette courbe de Gauss est un peu magique : elle décrit la diffusion d’une innovation sur Internet. Imaginez : vous êtes le créateur d’un nouveau site web qui va probablement déchainer les foules. Avant que des hordes de groupies sauvages vous sautent dessus dans la rue, votre produit suivra ces 3 étapes :

Tout ça pour dire que les geeks jouent un rôle important dans la vie d’Internet. Ce ne sont pas seulement « ceux qui programment nos jeux » ou « ceux qui créent nos sites préférés » mais ce sont aussi les premiers à diffuser des idées qui nous plaisent, ou pas.

Depuis plusieurs mois, ces geeks diffusent une idée forte que pas grand monde n’écoute.

« IL FAUT PROTÉGER NOTRE VIE PRIVÉE SUR INTERNET ! »

On ne compte plus les articles qui parlent de vie privée… pfuuuu, ce mot donne la nausée vous ne trouvez pas ? On nous en parle toute la journée, à toute les sauces. Tous les jours, on nous dit que Facebook c’est mal, que Google nous traque, que HADOPI ne respecte rien brrrr… Et alors ?

Les geeks sont les seuls à soulever ce problème. Si on suit la courbe d’innovation, les early-adopters devraient adopter l’idée pour aider sa diffusion au près du grand public. Mais… non. Les early-adopters s’en branlent, ils doivent être trop occupés à faire mumuse avec SIRI.

J’ai toujours côtoyé des idées geek assez extrêmes via des blogs ou l’IRC. Extrêmes dans le sens « Facebook c’est mal« , « Google c’est le diable » Sans prendre ces remarques en considération, elles trottaient dans ma tête et même si je ne boycotte ni Google, ni Facebook, je réfléchissais toujours à ces avis très tranchés.

Un jour, j’ai lu cet article d’un mec qui a perdu l’intégralité de son compte Google parce que Google l’a voulu. Raison évoquée ? Aucune. Support ? Aucun. Contact ? Black-out. Ce mec a perdu :

Son histoire a fait le buzz et d’autres cas ont été signalé.

« ILS AVAIENT RAISON ! »

Béh ouais, j’ai commencé à repenser à ce que disaient les geeks. Sans pour autant boycotter Google, c’est ABSOLUMENT DINGUE la confiance qu’on lui accorde. Est-ce qu’on accorde AUTANT de confiance à une société IN THE REAL LIFE ?

Est-ce que vous confiriez vos albums photos de famille (Picasa), votre téléphone portable (Android, Google Contacts), la clef de votre boite aux lettres (Gmail), votre agenda pro et des enregistrements de toutes vos discussions entre amis (Google Agenda et Google Plus) à une société qui siège à 10.000km ou 5 mètres de chez vous ?  MAIS NON, SUREMENT PAS.

Internet nous rend bizarre, je trouve.

Bon, du coup, j’ai commencé à externaliser un peu mes services Google. Je supprime mon compte Google Plus qui ne me sert à rien, j’envoie une copie de tous mes Gmails sur mon compte mail Opera automatiquement (je fais confiance à Opera), je backup mes Google Docs et je désactive ma synchro Android pour être local.

Et pour de vrai, je me sens plus léger. Google peut clore mon compte, je m’en fiche. Je peux même le clore moi-même demain si je veux. Et vous, quel impact aurait la fermeture de votre compte Google ?

Puis un jour, j’installe Ghostery. C’est une extension dispo pour tous les navigateurs (donc le tien aussi, va vite la télécharger) qui affiche pour CHAQUE page que vous visitez, le nom de CHAQUE site qui accèdent à vos données perso. Pour être plus précis :

OK, vous allez me dire :

« Je me fais pister à longueur de journée par des sociétés que je ne connais pas : est-ce que tu crois VRAIMENT, Stéphane, qu’un employé regarde mes info perso, se moque de moi et les utilise à mauvais escient contre moi ? »

Non, bien sûr que non. Mais voila tout, on arrive sur le point de chute. On est pile-poile arrivé au fossé « Geeks VERSUS Early Adopters ». Et c’est là que les early-adopters se font avoir.

Avant le web, les Early-adopters étaient libres d’acheter un produit ou non. De lancer la mode des iPods, ou pas. De lancer la mode des smartphone, ou pas.

Maintenant, ils sont piégés : ils ont lancé la mode des réseaux sociaux, ils les utilisent et ne peuvent plus en sortir parce que c’est social et que leur vie tourne autour de ça. Du coup, quand un geek leur dit que Facebook vend des info à des sociétés privées qui les refilent ensuite à des dictatures, ils s’en fichent les hipsters, au chaud devant leurs ordi.

C’est comme quand ta mère te dit que des petits enfants noirs meurent de faim en Afrique et que toi tu veux pas manger ta soupe. C’est trop loin, trop abstrait, tu t’en fiches.

Va en Afrique pendant 2 mois et reviens en France, tu la boufferas ta soupe.

Si tu pouvais te rendre compte à quel point Facebook abuse avec tes données, tu changerais d’avis aussi.

Dire « moi, je m’en suis rendu compte » n’a rien de prétentieux. Beaucoup de gens s’en rendent compte ! Tu peux t’en rendre compte aussi et c’est pas la peine d’aller dans les locaux de Facebook pour ça. Intéresse-toi à l’actualité, regarde ce genre de brève, et pose-toi des questions.

Qu’est-ce qui te fait penser, là, dans ton fauteuil, en 2011, que dans 10 ou 20 ans, tes idées, ton orientation sexuelle, religieuse ou politique ne seront pas punies dans ton pays ? C’est ça qui est dingue. Les early-adopters ne voient pas plus loin que le bout de leur PUTAIN de nez.

Quand tu navigues sur ce site, il y a 25 sociétés qui savent que tu es passé par là, qui te suivent, qui savent ce que tu y fais, combien de temps tu y restes et d’où tu viens, quel est ton pays de connexion, la résolution de ton écran. C’est juste un exemple, si tu installes Ghostery, tu verras que c’est pareil pour la moitié des sites qu’on visite quotidiennement.

En fait c’est comme si tu rentrais dans un magasin et qu’à tour de rôle, 25 mecs en costard venaient te poser 10 questions sur toi : « pourquoi tu viens dans ce magasin, qui es-tu, que fais-tu »… Après ça, les 25 mecs restent autour de toi et te suivent pendant que tu fais ton shopping. Mais cet exemple est peut-être trop « comme celui des enfants noirs qui meurent en Afrique« , pas assez percutant pour ces teubé de hipsters.

Ghostery te permet de bloquer tous les scripts qui envoient des info sur toi à foison à des inconnus. OK, peut-être que ces sociétés ne cherchent pas à te pister TOI personnellement MAIS ALORS ? C’est ça qui est dingue : parce que 700 millions de pigeons se font sucer toutes leurs info par Facebook, tu acceptes de te faire sucer à ton tour.

Moi, je ne prône pas le boycott. Je pense qu’il y a une demi-mesure dans tout ça et que c’est justement ce manque de demi-mesure qui fait que les hipsters n’écoutent pas les geeks sur ce terrain là.

Je ne fuis pas les Trusts du web à tout prix, je pense juste que j’ai déjà assez offert de ma personne. Comme on dit « si tu ne paies pas pour un produit, c’est que le produit c’est toi ». Signé : Google. Facebook. Twitter. Analytics. Myspace. Et autres.

EDIT important : Charlotte m’a envoyé cet article après coup, je pense que c’est le couteau dans la plaie « Un rapport de Google montre que l’Hexagone est en tête des demandes d’informations sur ses internautes… [Lire la suite]« 


Le plus grand succès du web, c’est de savoir flatter l’égo des losers

Sat, 01 Oct 2011 12:57:34 +0000 - (source)

Ça fait 2 mois que j’ai fermé les commentaires de mon blog et il ne s’est jamais senti aussi bien (il me l’a dit).
J’explique brièvement pourquoi j’ai pris cette décision dans ce petit article.

Ben oui, des commentaires, vous en trouvez déjà partout : sous chaque vidéo Youtube, sous chaque article de blog, sous chaque titre de news, sous chaque statut Facebook, après n’importe quel tweet. Oui mais…

BzioUouzoUOuoUouou…. (c’est le bruit de ma machine à remonter le temps)

Quand j’étais petit, je découvrais Internet et il n’y avait pas d’espace commentaires sur le web. HO SI ! Bien sûr que si ! Il y avait les livres d’or !

Les livres d’or étaient réellement le seul moyen d’interagir avec l’auteur d’un site. Ho, évidemment, il y avait le classique e-mail… mais il y a une différence fondamentale entre un e-mail et un message dans un livre d’or. Et cette différence a été le leitmotiv du web social d’aujourd’hui.

Un livre d’or capitalise des morceaux d’égo. Un e-mail est vite oublié… tandis qu’un livre d’or affichera, tant que vous le voudrez bien, tous les messages élogieux que vos visiteurs ont pu vous laisser.

C’était le web 1.0. Un web sans relief où l’égo n’était pas encore le carburant de la créativité. Les livres d’or n’étaient que des petites friandises bien méritées.

BzioUouVuuizoUOuoUoVioOuouuou…. (back to 2011)

Aujourd’hui, c’est le web 2.0 (NB : cette expression me donne la nausée). Les blogueurs, les webmasters, les podcasteurs et tous les trucs-en-eurs ont un égo-estomac TELLEMENT ÉNORME qu’une simple friandise ne leur suffit PLUS.

Il faut un camion de bonbons ! Le livre d’or, sans considérer sa désuétude technique, ne procure pas ce sentiment de toute puissance.

Ce qui procure un tel sentiment aujourd’hui, c’est le nombre de vues sur Youtube, la courbe Google Analytics qui n’arrête pas de grimper, le nombre de commentaires sous chaque article d’un blog. Oui mais…

… qu’est-ce qui motive les gens à te suivre, à te lire, à te regarder ? Est-ce que c’est ton contenu qui est génial, ou est-ce qu’il y a autre chose ?

Je crois qu’il y a autre chose. La différence fondamentale entre le web 1 et le web 2, mis à part l’évolution des technologies, c’est la place de l’égo dans tous les processus de publication.

Aujourd’hui, on peut aimer une vidéo, on peut la commenter… et des gens peuvent aimer ton commentaire. Tellement de gens aiment ton commentaire qu’il devient TOP COMMENTAIRE et là, tout s’emballe, le nombre de like explose littéralement ! Même chose sur Facebook. Même chose sur les blogs. Même chose sur les digg-like. Même chose sur Twitter.

En lisant les commentaires des vidéos Youtube à succès (Norman par exemple), je ne me rappelle jamais ce que je suis venu y faire. Est-ce que je dois simplement regarder la vidéo, m’instruire, rire et profiter ? Ou est-ce que je dois trouver une phrase drôle à propos de la vidéo, la publier, et attendre un maximum de pouces verts ?

Ces commentateurs sont des parasites.

Autrement dit, l‘égo, c’est le moteur des créateurs mais plus seulement : c’est aussi le carburant des lecteurs.

A ce titre, Facebook est une station-essence. Le moindre fait et geste peut être liké, commenté, publié, republié, reliké, recommenté. La moindre interaction peut devenir un puits d’égo sans fond.

Twitter est identique, ou pire. Parce que si avec mes 30 amis Facebook j’arrive à susciter des réactions, ce ne sont pas 30 followers qu’il me faut pour booster mon cyber-égo. C’est plutôt 300. Ho et puis non, 1000. Pourquoi pas 2000 ? Bref, la course à l’égo n’a pas de limite.

Depuis que j’ai désactivé les commentaires de mon blog, j’ai eu pas mal de remarques « pff je veux commenter mais je peux plus maintenant ! » Oui ben… envoie moi un mail, c’est pareil.

Et alors ?

Alors c’est simple, le mec ne m’envoie jamais de mail. La satisfaction d’un commentaire ne réside pas souvent dans le fait de discuter avec l’auteur d’un article. Elle réside simplement dans le fait d’AFFICHER au monde ses idées, sa remarque, sa vanne, son troll. Voila pourquoi les commentaires furent, mais ne sont plus.

L’argument facile, c’est celui du débat. Je ne crois pas au débat dans les commentaires d’un billet. Pour exemple, depuis que Google+ se démocratise, beaucoup d’internautes hallucinent devant la densité de propos de certaines discussions sur ce réseau (il n’y a pas de limitation de caractères par message, ou alors, elle est énorme). Clairement, il est rare de voir des débats construits sur Internet, encore plus sur les blogs.


La ménagère de 50 ans, le bobo dynamique… et l’ado qui #LIKE

Sat, 24 Sep 2011 10:32:34 +0000 - (source)

Je marche dans la rue pour aller prendre mon train. Je passe devant un arrêt de bus que je connais bien ! Ben oui, j’ai attendu des heures à cet arrêt quand j’étais au lycée… et c’était il n’y a pas si longtemps !

Ho ! Justement, je vois le bus passer à côté de moi… Y’a un truc ÉNORME marqué tout le long de ses vitres :

POUR TA SÉCURITÉ, ÉVITE DE GESTICULER ! ;)

Qu’est-ce qu’il faut répondre ? « lol xD ok j’arrête de geiisticuler môssieur le chaffeur de bus ^^ :p » Les smileys ont été inventé sur l’Internet, qu’ils y restent.

Bon bref, j’oublie. Je monte dans mon train, je vais à la fac. Je prends un journal gratos, le 20 minutes. Surprise page 23 :

So Music, So Music… So hype, so trendy, j’ai pas besoin qu’on me parle avec des smileys, j’ai pas besoin qu’on me parle avec des « So » devant les mots non plus, monsieur le publicitaire. Le plus énervant, c’est que j’ai presque 20 ans et que la carte est JUSTEMENT réservée… aux gens de 20 ans. Je suis ciblé, tous mes amis sont ciblés…. mais je ne connais personne qui utilise « So » quand il parle.

ABDICATION. Je me dis que cette journée est nulle.

Je finis mes cours, je remonte dans le train et je geek un peu avec mon smartphone. Je regarde un peu ce qui se raconte sur Twitter, et je vois quelqu’un parler de SoSh, les nouveaux forfaits Orange pour les jeunes.

Quand un truc est fait « pour les jeunes », il faut s’inquiéter. Un truc pour les jeunes c’est par exemple une carte bancaire Twilight, la chanson d’une biatch qui fait « wizz lol mdr » ou des slogans comme #BOUGE #LIKE #PARTAGE (dédicace Charlotte !).

ALLO CRÉTIN DES BOIS ! ON CONNAIT D’AUTRES MOTS QUE « MOVE LIKE LOVE TWEET POST WIZZ » ET ON SAIT MÊME PARLER SANS HASHTAG !

Un message sur deux de Sosh, que ce soit sur Facebook ou Twitter, finit par un smiley, soit « :D » soit « :p » soit « :) ». Les mecs tweetent « « Gravé dans la Sosh » ! Bang. #SoshLine » Nan mais ils croient quoi ? Qu’on va rigoler et se dire que leurs tweets sont démentielement proches de notre façon de vivre ?

SANS BLAGUE !

Regardez cette photo :


Et regardez celle là :

So epic fail.

Heureusement, j’ai l’impression que l’effet Sosh ne prend pas. Leur page Facebook est à l’agonie côté interactivité avec les fans. C’est tout ce que je leur souhaite.

La Sorise sur le gâteau :

J’imagine les réunions de tous ces publicitaires vaseux qui raclent le fond des toilettes de l’Internet pour communiquer avec les jeunes portefeuilles sur pattes.

« Bon les mecs, on fait un produit jeune. Listez-moi toutes les frimousses avec des points virgules et des parenthèses que les jeunes utilisent, et tous les mots à la mode sur les réseaux sociaux. On va mélanger tout ça et faire un produit génial ».

Vous avez conçu des produits et des spots de pub pour « la ménagère de 50 ans ». Vous avez conçu des spots de pub et des produits pour « le jeune bobo dynamique ». Aujourd’hui, vous faites la même chose avec « l’ado de 20 ans qui wizz, qui lol et qui xD ».

A côté de vous, je respecte Jean-Pierre Pernault. Je préfère que les vieux voient les jeunes comme des loques feignantes sous-cultivées que comme des raclures de kikoolols fan de Twitlight. J’espère de tout mon cœur que vos produits seront des putains d’échecs monumentaux.


Laissez-vous influencer, s’il-vous-plait !

Tue, 30 Aug 2011 15:06:40 +0000 - (source)

S’il y a bien une chose sur terre que j’aime encore plus que le chocolat, c’est me faire influencer.

C’est marrant parce que sur l’Internet social, on parle beaucoup d’influence. Beaucoup trop, même. On cherche à classer les gens par critère d’influence et même qu’on invente des outils statistiques empiriques pour mesurer tout ça.

Ho mais, je me suis fait avoir moi aussi et je crois qu’on y est tous passé. Moi aussi j’ai bavé sur des classements d’influence, moi aussi j’ai suivi les « 10 façons de… » de Kriisiis, pensant que ce mec avait raison. Erreur de jeunesse, il faut y passer un jour pour se faire vacciner et prendre du recul.

Il y a un mois, je lisais la biographie de Linus Torvalds, le monsieur qui a mis au point Linux. Linux, c’est une grosse partie d’un célèbre système d’exploitation, concurrent de Windows. C’est une avancée technologique ET philosophique majeure en informatique. Je dis « philosophique » parce que Linus a démocratisé l’opensource, c’est à dire le fait de partager nos programmes informatiques librement avec le reste de la planète.

Dans sa biographie, Linus parle d’un livre d’Andrew Tanenbaum (un informaticien célèbre il y a 20 ans) qui a changé sa vie à tout jamais. « A TOUT JAMAIS ». Vous vous rappelez, vous, la dernière fois qu’un truc a changé votre vie à tout jamais ? Essayez de vous en souvenir.

Je dirai qu’en 1997, Front Page a changé ma vie à tout jamais, c’est grâce à ce logiciel que je me suis intéressé à Internet.  Et vous, qu’est-ce qui a changé votre vie, un jour, au hasard d’une rencontre ou d’une lecture ?

Beaucoup de gens mettent en parallèle « l’état d’influence » et « le leadership » L’influence n’est pas un système hiérarchique : si j’influence Bob, je ne suis pas le chef de Bob pour autant.

George Bernard Shaw disait :

« Si tu as une pomme, que j’ai une pomme, et que l’on échange nos pommes, nous aurons chacun une pomme. Mais si tu as une idée, que j’ai une idée et que l’on échange nos idées, nous aurons chacun deux idées. »

Pour moi, c’est ça l’influence, la belle influence. Les gens qui nous influencent ne sont pas des influenceurs mais des passionnés, avec des idées qui nous plaisent.

Sur Internet, les internautes « 2.0″ voient l’influence comme un poison. On m’a envoyé plusieurs mails en prétendant que fermer les commentaires de MANGE TA MAIN! étaient un moyen malsain d’influencer les lecteurs, parce que les commentaires des autres internautes aidaient à modérer mes propos. Je crois que ces gens n’ont rien compris.

C’est triste, l’influence ne devrait pas être considérée comme un risque, mais comme la plus belle façon de progresser. Malheureusement, la nature humaine a repris ses droits depuis longtemps et sur internet, l’influence est devenue une denrée rare, un truc à obtenir et à quantifier à tout prix. Voila pourquoi Klout et tous ces community-manager vaniteux me donnent la gerbe. Aucune passion, aucun fond, simplement de l’égo mal placé.

Bref, laissez-vous influencer et influencez-moi, s’il-vous-plait !


L’influence n’est pas un poison, c’est même la plus belle des choses

Tue, 30 Aug 2011 14:06:40 +0000 - (source)

S’il y a bien une chose sur terre que j’aime encore plus que le chocolat, c’est me faire influencer.

C’est marrant parce que sur l’Internet social, on parle beaucoup d’influence. Beaucoup trop, même. On cherche à classer les gens par critère d’influence et même qu’on invente des outils statistiques empiriques pour mesurer tout ça.

Ho mais, je me suis fait avoir moi aussi et je crois qu’on y est tous passé. Moi aussi j’ai bavé sur des classements d’influence, moi aussi j’ai suivi les « 10 façons de… » de Kriisiis, pensant que ce mec avait raison. Erreur de jeunesse, il faut y passer un jour pour se faire vacciner et prendre du recul.

Il y a un mois, je lisais la biographie de Linus Torvalds, le monsieur qui a mis au point Linux. Linux, c’est une grosse partie d’un célèbre système d’exploitation, concurrent de Windows. C’est une avancée technologique ET philosophique majeure en informatique. Je dis « philosophique » parce que Linus a démocratisé l’opensource, c’est à dire le fait de partager nos programmes informatiques librement avec le reste de la planète.

Dans sa biographie, Linus parle d’un livre d’Andrew Tanenbaum (un informaticien célèbre il y a 20 ans) qui a changé sa vie à tout jamais. « A TOUT JAMAIS ». Vous vous rappelez, vous, la dernière fois qu’un truc a changé votre vie à tout jamais ? Essayez de vous en souvenir.

Je dirai qu’en 1997, Front Page a changé ma vie à tout jamais, c’est grâce à ce logiciel que je me suis intéressé à Internet.  Et vous, qu’est-ce qui a changé votre vie, un jour, au hasard d’une rencontre ou d’une lecture ?

Beaucoup de gens mettent en parallèle « l’état d’influence » et « le leadership » L’influence n’est pas un système hiérarchique : si j’influence Bob, je ne suis pas le chef de Bob pour autant.

George Bernard Shaw disait :

« Si tu as une pomme, que j’ai une pomme, et que l’on échange nos pommes, nous aurons chacun une pomme. Mais si tu as une idée, que j’ai une idée et que l’on échange nos idées, nous aurons chacun deux idées. »

Pour moi, c’est ça l’influence, la belle influence. Les gens qui nous influencent ne sont pas des influenceurs mais des passionnés, avec des idées qui nous plaisent.

Sur Internet, les internautes « 2.0″ voient l’influence comme un poison. On m’a envoyé plusieurs mails en prétendant que fermer les commentaires de MANGE TA MAIN! étaient un moyen malsain d’influencer les lecteurs, parce que les commentaires des autres internautes aidaient à modérer mes propos. Je crois que ces gens n’ont rien compris.

C’est triste, l’influence ne devrait pas être considérée comme un risque, mais comme la plus belle façon de progresser. Malheureusement, la nature humaine a repris ses droits depuis longtemps et sur internet, l’influence est devenue une denrée rare, un truc à obtenir et à quantifier à tout prix. Voila pourquoi Klout et tous ces community-manager vaniteux me donnent la gerbe. Aucune passion, aucun fond, simplement de l’égo mal placé.

Bref, laissez-vous influencer et influencez-moi, s’il-vous-plait !


OMG, je viens de me faire clasher par ma boulangère !

Thu, 28 Jul 2011 11:25:23 +0000 - (source)

Je me suis peut-être fait humilier par la boulangère, mais je sais compiler un noyau Linux, moi.

Tout a commencé avant-hier. Je faisais du shopping dans le centre de Lyon. Arrivé au rayon « homme » de chez Mango (quelle idée d’aller là bas), je demande de l’aide à une vendeuse. 

- Bonjour, je cherche un petit gilet pour l’automne, vous en avez ?

- Un gilet… un cardigan ?

- Un gilet vous savez ! Qui s’ouvre devant !

- Oui, on appelle ça un cardigan, dit-elle en gloussant.

Bon ben si tu veux, un cardigan. J’ose lui demander autre chose : un pantalon marron genre toile/coton.

- Je vois pas trop. Vous cherchez un chino ? me demande-t-elle sur un ton condescendant.

- Heu, oui, peut-être, un pantalon quoi.

Toujours gloussante, elle m’amène aux rayons des pantalons. En effet, je cherchais bien un chino.

Je choisis, je paie, je m’en vais, énervé. J’ai horreur d’être traité comme un idiot par des petits cons de vendeurs qui se considèrent comme l’élite de la mode. Je m’excuse de ne pas connaître la traduction du mot « gilet » et le « chino », connasse. Je ne reviendrai plus t’embêter, promis.

Le lendemain, journée de folie. Le midi, je me fais un repas devant la télé. Rien à regarder, je tombe sur Montagne TV (canal 177, tu arrives là quand tu as écumé toutes les autres chaines). Les paysages sont jolis alors je reste. Je me dis que si j’en avais l’occasion, j’irai bien me balader là bas un jour, dans le Vercors.

Puis le reporter interview un mec, la cinquantaine. Vous savez quoi ? Un gros troll le mec. Il râlait grave sur le mainstream qui venait passer ses vacances dans le Vercors. Il était né là, il avait grandit là, il voulait pas voir des étrangers (des étrangers français quoi) dans sa montagne. Parce que selon lui, les gens ne comprenaient pas la philosophie de la grimpette. Parce que voila, la montagne, c’est pour l’élite, pas pour Mr Michu.

Il m’a fait penser à certains Linuxiens intégristes, ou plus simplement, à certains Twittos. Ceux qui prônent Linux ou Twitter corps-et-âme à tout bout de champs mais qui râlent quand leur truc devient enfin accessible au grand public (je pense notamment à Ubuntu et à l’avènement de Twitter grâce/à cause des médias poubelles). Ce montagnard faisait pitié.

Aujourd’hui, je dois aller chercher du pain dans mon petit village. Je n’aime pas ça, je croise toujours des vieilles connaissances que je n’apprécie pas. J’y vais quand même. Je me force à sourire à la boulangère et à sa copine qui squattait à côté d’elle pour passer le temps (VDM).

- Bonjour, je voudrais une baguette et heuu, ah ben la grosse baguette là, et la plus petite juste à côté s’il-vous-plait.

- Heu non, on dit une flûte.

- Okay, je connais pas bien les noms désolé, mettez-moi une flûte !

- ça sera tout ?

- Non, mettez moi heuuu (je me penche pour lire)…. un pain au seigle. Heu non, les deux qu’il vous reste !

- Il ne me reste qu’un pain de seigle.

- Ben non j’en vois deux là.

- … *soupir* c’est un pain complet à côté monsieur.

 

OK. Je connais pas bien les noms des pains, biatch, mais je sais faire plein d’autres trucs. Je te jure. Je m’en vais avec mes pains plein de seigle et plein d’autres trucs chelou que j’ai acheté au hasard. Tout énervé.

En rentrant chez moi, je repensais à ces trois derniers jours.

J’ai toujours fréquenté des communautés internet, la première étant l’IRC. Sur les salons de tchat un peu geek, tu n’as pas le droit à l’erreur. Si tu confonds « Linux » et « GNU/Linux », on te taille. Si tu confonds « HTML » et « xHTML » on te taille. Pas le droit à l’erreur ! Il y a 5 ans, c’était underground d’utiliser Ubuntu. Quand tu disais ça sur un chan, on ne faisait pas attention. Maintenant, tu passes pour une merde, parce que Ubuntu c’est trop grand-public pour Linux.

Je n’avais jamais remarqué que les mêmes conflits idiots et les mêmes processus rentraient en jeu dans à peu prêt tous les domaines de la vie réelle. Cette vieille meuf à Mango, qui me trollait parce que je ne connaissais pas le mot « cardigan », ce vieux montagnard qui pleurait parce que sa montagne qu’il aime tant faire partager, devient enfin grand public et cette connasse de vendeuse à la boulangerie, qui a fait 3 semaines de formation pour finir par clasher les newbies du pain.

Puis, je me suis dis qu’on a tous été un peu pareil dans notre vie. Fier d’avoir appris des trucs cools par moment, on a tous joué l’élitisme un jour ou l’autre. Et bien, c’était nul. Si la boulangère m’avait expliqué un peu ce que j’achetais, j’aurais appris des trucs intéressants et j’aurai lâché plus de tune. Si la vendeuse de Mango m’avait mieux conseillé, j’aurai pris plus de fringues. C’est marketing, mais c’est surtout une preuve d’intelligence.

Je ne peux pas conclure sans poster cette vidéo :


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