Le Hollandais Volant

Fukushima, deux ans après.

Jeudi 06 juin 2013

Fukushima, deux ans après et réflexion sur le nucléaire
Beaucoup sont devenus complètement fous contre le nucléaire depuis l’accident de la centrale de Fukushima-Daiichi, parlant d’une contamination mondiale, de malades, de cancers pour tout le monde.

Cet article remet les pendules à l’heure
 : nous voilà deux ans après la catastrophe.
Y a-t-il eu des morts liés à la radioactivité ? Non, aucun.
Va-t-il y avoir des morts liés à la radioactivité ? Probablement aucun. Les mesures appropriées ont été prises à temps pour les civils, et aucun des travailleurs n’a été exposé à plus de la dose cancérigène.

Ce n’est pas rien, ok. Mais ce n’est certainement pas la catastrophe écologique ou sanitaire dont tout le monde parle.

À noter aussi que ce qui s’est déroulé était voué à produire une catastrophe :
Fukushima a été frappée par le 5e plus puissant séisme depuis l’année 1900, un tsunami deux fois plus haut que ce que la centrale devait pouvoir résister, et des séismes secondaires d’une magnitude de 7,1 et de 6,3 […].
La centrale vieille de 50 ans a été frappé par une « tempête parfaite » et personne n’est mort.


Je vous l’avais dit : le Japon en 2011 est autrement plus évolué que l’Ukraine des années 80. Les mesures de protection et des évacuations ont été prises à temps.
Notons aussi que l’article parle des émissions radioactives d’iode 131 (principale cause du cancer de thyroïde) : en un mois, 94% de l’iode radioactive a déjà disparu. Et le mois suivant, c’est donc 94% des 6% qui restent. Et nous sommes plus de deux ans après.

Enfin, et l’article en parle et je pense qu’ils ont raison de le faire : certes, le nucléaire fait très peur. Mais c’est sans oublier que l’extraction du charbon minier tue près de 6000 personnes par an, et que les régions voisines de ces mines ont un taux de mortalité 10% plus élevé que partout ailleurs. Sans compter l’effet de serre.

Bref, le nucléaire n’est pas tout propre, mais c’est loin d’être la pire des sources d’énergie, il faut arrêter de raconter n’importe quoi, donc.
On parle du stockage des déchets, mais on continue de balancer 30 milliards de tonnes de déchets de la combustion du pétrole dans l’atmosphère chaque année. Et ces déchets y restent eux aussi durant des milliers d’années. En quoi est-ce mieux que le nucléaire ? Le fait que c’est invisible et que personne n’en parle, sûrement…

(source du lien : https://links.gatitac.eu/?V1x1QQ)

image de Julius Dillier

Voilà, l’ADN est breveté et soumis à une licence d’utilisation

Lundi 29 avril 2013

champ-de-ble.jpg Je me souviens qu’il en était déjà question avant, mais là ça devient un peu plus officiel : les agriculteurs n’ont plus de droit de ressemer les semences d’une année sur l’autre.

Tout ça parce que le blé acheté au départ est privé et on n’a le droit de le semer qu’une seule fois. C’est effarant où on en arrive…

Donc ouais : l’ADN des grains de blés a été privatisée et soumise à une licence d’utilisation…

(Et merci Monsato hein, dans un pays qui taxe l’eau de pluie aussi)

image de Tonio Mora

Ouverture d’un blog dédié à mes articles scientifiques

Samedi 06 avril 2013

sunrise-over-science.jpg Comme j’ai indiqué il y a quelques jours dans mes liens, je vous annonce l’ouverture de mon nouveau site, entièrement dédié à mes articles scientifiques (qui ne seront alors plus postés ici).

Le lien : couleur-science.eu

J’ai en effet eu l’envie de faire un nouveau site, parce que le nombre d’articles scientifiques commence à devenir un peu plus important maintenant, et j’ai de plus plein d’idées en tête pour en faire d’autres, et il m’a semblé important de faire deux instances séparées.

Le blog est vide pour le moment, mais ça ne saurait tarder pour qu’il se remplisse :D.

image de zhouxuan12345678

À quoi sert le super-aimant trouvé dans un disque dur ?

Mardi 02 avril 2013

Si vous avez déjà ouvert un disque dur d’ordinateur, vous voyez les plateaux brillants et la tête de lecture.

disque-dur.jpg
Vous avez aussi peut-être remarqué qu’il y avait un aimant très puissant sous la bobine de la tête de lecture. À quoi sert t-il ?

La tête de lecture tourne sur un axe pour pouvoir balayer n’importe quel point du disque. Cette rotation n’est pas assurée par un moteur, mais par un système d’aimant et bobine.

Vous savez sûrement qu’un fil traversé par un courant dévie l’aiguille d’une boussole. C’est parce que le courant électrique génère un champ magnétique sur lequel l’aiguille réagit. Et bien sachez que selon l’intensité du courant, le champ magnétique varie. Il est donc possible de dévier plus ou moins l’aiguille.

C’est le même principe qui est ici utilisé pour dévier plus ou moins la tête de lecture du disque dur : l’intensité du courant dans la bobine est variable et le bras de la tête de lecture peut donc se positionner n’importe où :

aimant-disque-dur-1.jpgaimant-disque-dur-2.jpg


L’aimant est celui qui fournit le champ magnétique, mais il a aussi un autre fonction : il protège le disque dur.

Quand le disque est à l’arrêt, la tête de lecture est au centre du disque. Lorsqu’il tourne, on a vu qu’il pouvait se déplacer au dessus du disque sans le toucher : la rotation des plateaux à 7200 tours par minute crée un vent qui soulève légèrement la tête de lecture (une centaine de nanomètres) au dessus du disque. L’écriture des données se fait donc à distance.

Ceci évite que la tête de lecture raye la surface fragile du disque.

Quand on coupe le courant, le disque s’arrête et la tête de lecture n’est pas plus maintenue dans les airs. Si on ne faisait rien, il s’écraserait sur le disque et en rayerait la surface et les données qui s’y trouvent.

La solution c’est d’utiliser l’aimant : lorsque le courant est coupé dans la bobine, le champ magnétique créé par cette dernière diminue puis s’arrête.
Quelques lois physiques (loi de Lenz-Faraday entre autre) s’occupent alors d’attirer très vite la bobine vers le pôle nord de l’aimant : la tête de lecture est donc envoyée au centre du disque où elle peut atterrir (il n’y a pas de données là où elle se pose).

C’est le petit « clic » entendu à l’extinction du disque dur : le bras avec la bobine est très vite poussé vers le pôle nord de l’aimant où un tout petit aimant le maintient en place.
Ceci évite ainsi qu’une coupure de courant ou que la mise hors-tension de l’ordinateur raye le disque dur.

L’aimant dans un disque dur est récupérable et est extrêmement puissant (faites gaffe à ne pas vous coincer les doigts, vraiment). Je n’ai pas de chiffres concernant sa puissance, mais un seul de ces aimants soulève facilement une boule de pétanque.

Vu que les disques durs, c’est cool, voici également quelques chiffres :
  • 7200 tours par minutes, c’est 120 tours par secondes. À cette vitesse, le bord du disque fuse à 121 km/h ;
  • Un disque 3,5 pouces de 1 To sur un plateau (de deux faces) contient 8'000 milliards de bits de données. Cela correspond à 8,2 millions de bits par millimètre-carré (ou un bit sur 125 nm²). C’est beaucoup, mais moins dense qu’une carte µSD de 16 Go (et il en existe de 64 Go) !

Quelques produits chimiques les plus puissants

Samedi 23 mars 2013

chemicals.jpg
Ils sont instables, explosifs, corrosifs ou oxydants : certains produits chimiques sont tellement puissants qu’ils nécessitent d’importantes précautions d’emploi, même pour les professionnels.

L’hydrogène
Composant des 3/4 de l’univers connu, l’hydrogène est sur Terre un gaz explosif, détonnant et très combustible. Il s’associe avec l’oxygène de l’air pour former de l’eau.
Notez cependant que si la bombe à hydrogène (bombe H) est la plus puissante bombe créée par l’homme, c’est à cause du mécanisme de fusion thermonucléaire qu’elle emploie, pas à cause de sa réactivité chimique.

La nitroglycérine
Classique : ce composé liquide de formule C3H5(NO3)3 explose en formant plusieurs gaz, dont le dioxyde de carbone, le diazote, du dioxygène et de l’eau : c’est pour ça que l’explosion est si importante : la quantité de gaz libérée est juste énorme (plus de 1000 fois le volume de gaz par rapport au volume de nitro liquide).
La nitro liquide est également très instable mécaniquement : un choc peut détruire la fragile molécule et libérer de la chaleur pour produire une réaction en chaine.
En revanche, des bâtons de sable ou du carton imbibé de nitro est stable : c’est la dynamite. Sous cette forme il peut être transporté et même jeté au feu : ça n’explose pas. Il faut une onde de choc pour que ça explose, comme une étincelle. Ce procédé breveté par Alfred Nobel à la fin du 19e siècle lui a permis d’acquérir une immense fortune, dont les seuls intérêts suffisent encore aujourd’hui à distribuer les fameux prix Nobels.

L’oxygène liquide
L’oxygène est un comburant : il permet une combustion. Sa forme gazeuse est déjà suffisamment concentrée pour réactiver instantanément la flamme d’une allumette simplement incandescente. L’oxygène liquide est chimiquement 1485 fois plus concentré et a un pouvoir oxydant beaucoup plus important. Certains produits explosent à son contact, comme ce coton imbibé d’où l’on approche une flamme.
L’ozone, ou tri-oxygène, est encore plus corrosif que le dioxygène normal.

Le tri-iodure d’azote
Ce produit, sous sa forme solide, est l’un des composés les plus instables qui soit : un simple effleurement par une plume suffit à produire sa détonation. Sous sa forme dissoute dans l’eau il ne pose pas de problèmes, mais l’endroit où il sèche sera forcément l’endroit où il va exploser : il est impossible de le transporter, car le moindre petit choc provoque son explosion : même une particule cosmique ou un bruit un peu fort peuvent déclencher l’explosion. La vidéo (lien ci-dessus) est impressionnante.

Le difluore gazeux
La plupart des produits chimiques sont conservés dans du verre car ce dernier est assez peu oxydable. Le difluor est un des gaz si corrosifs qu’il attaque le verre. Le fluor est ce qu’on appelle « électronégatif » ce qui signifie qu’il est en manque d’électron. Attaquer un matériau pour lui prendre un électron est sa façon de se stabiliser.
En fait, le fluor attaque l’intégralité des éléments chimiques purs de la table périodique à l’exception des deux plus stables : l’hélium et le néon. Même le platine ou l’or ne sont épargnés.
Une des façons de le stocker est d’utiliser un récipient en nickel oxydé : la couche d’oxydation arrive à stopper la corrosion par le fluor.
N’importe quel matériau s’enflamme instantanément au contact de ce gaz : papier, coton, bois, acier.
Oui, on trouve du fluor dans le dentifrice ou le sel de table : une fois que le fluor a trouvé un électron, il est stable et ne présente aucun danger. Dans le dentifrice, il oxyde les dents pour se fixer dessus, empêchant les bactéries de le faire et protégeant ainsi la dent.

L’eau régale
L’eau régale est le seul acide (sauf les superacides) capable de dissoudre l’or. C’est un mélange d’acide chlorhydrique de d’acide nitrique concentré. L’acide nitrique arrive à retirer un atome d’or, et l’acide chlorhydrique arrive à le prendre à l’acide nitrique, pour qu’il en retire un autre, et ainsi de suite. Les deux acides pris de manière séparée n’arrivent pas à dissoudre l’or.

L’acide fluoroantimonique
C’est le superacide le plus fort connu à ce jour. Il est dix milliard de milliard de fois plus puissant que l’acide sulfurique à 100% : là aussi, il est très difficilement conservable, et seul le téflon peut s’en charger.

La thermite et la thermate
La thermite est un mélange d’aluminium et d’oxyde de fer tous les deux en poudre. Sa particularité est de générer une chaleur plus qu’intense puisqu’il peut atteindre les 2500°C. Cette vidéo le montre à l’œuvre en train de fondre à travers un bloc moteur, en quelques secondes.
La thermate contient en plus du souffre par rapport à la thermite, qui augmente encore plus ses effets.

Le potassium solide
Le potassium, comme le sodium ou le césium et tous les éléments solides de la première colonne du tableau périodique réagissent violemment au contact de l’eau : ils s’enflamment et explosent.

L’octonitrocubane
C’est une belle molécule en forme de cube avec à chaque coin un groupe nitro NO2. Il s’agit de l’explosif non-nucléaire le plus puissant au monde, mais qui malgré cela est extrêmement résistante et stable : il peut être chauffé à 200°C et percuté avec un marteau sans qu’elle explose. Sa synthèse est cependant difficile, et la production à grande échelle n’est pas encore possible.

image de Skycaptaintwo

Comment produit-on de la lumière ?

Samedi 16 mars 2013

light-alone.jpg La lumière c’est ce que l’on voit, et sans elle il fait complètement noir. Au sens physique, il s’agit d’un objet d’étude particulièrement intéressant : il peut être vu comme un phénomène ondulatoire (diffractions) ou comme une particule (avec une impulsion et une « force »). La lumière est une forme d’énergie. Je pense que c’est plutôt un vecteur de déplacement d’énergie : la lumière transporte de l’énergie d’un point à une autre.

Cet article énumère quelques techniques de production de lumière, et vous verrez que derrière une flamme ou une lampe, il y a beaucoup de sciences.

En pratique, des deux formes prises par la lumière on en choisit une qui arrange pour le cas étudié. Dans ce qui suit, je ferais de même.

Il y a deux façons de produire de la lumière : l’incandescence et la luminescence. La luminescence regroupe en effet beaucoup de sous-méthodes différentes, bien que le phénomène de fond reste identique.


L’incandescence
C’est sûrement le cas le plus connu : une bougie, une torche, une lampe à incandescence produisent de la lumière parce qu’elles sont chaudes. Le corps humain aussi produit de la lumière, mais comme il est moins chaud la fréquence de l’onde est plus faible : c’est de l’infrarouge.
Physiquement, il s’agit de la loi de Wien : tout corps émet un rayonnement électromagnétique dans toutes les fréquences mais dont la fréquence dominante est définie par sa température.
Un acier chauffé au rouge (900°C), une flamme jaune d’une bougie (1200°C) ou une étoile bleue (10000°C) ont des rayonnements respectifs de plus en plus énergétiques car la température est de plus plus en importante.

Tous les phénomènes qui suivent sont des variantes de la luminescence.
La luminescence est l’émission d’un photon (visible) par un électron excité. C’est le phénomène d’excitation de l’électron qui varie ici.

La fluorescence
C’est ce qui se passe sur un marqueur fluo, ou un tshirt blanc placé sous la lumière noire (UV) : le tshirt ou l’encre du feutre semblent émettre de la lumière. Les UV sont de la lumière hautement énergétique qui excite les électrons de certains matériaux (dont la pyranine utilisée dans les marqueurs fluo, ou l’uranium dans les verres ouraline). En se désexcitant le matériau émet une lumière de moindre énergie que celle qui l’a excitée.


La thermoluminescence
Ce n’est pas la même chose que l’incandescence : ici une faible température suffit à émettre un rayonnement plus énergétique que la source de chaleur elle-même : les électrons sont à un niveau d’énergie intermédiaire (acquise au fil du temps), la chaleur les fait monter sur un niveau plus haut d’où ils redescendent plus bas en émettant une lumière.
C’est un peu comme si vous poussez un chariot sur une colline : la monter en haut vous prend du temps, mais une fois en haut une simple pichenette suffit à faire redescendre le chariot.
L’énergie acquise au fil du temps provient par exemple de désintégration radioactive de minéraux d’une roche (potassium, uranium, carbone…). Comme c’est le temps qui détermine la quantité totale d’énergie absorbée par le matériau, et que la réchauffe agit comme la pichenette : la mesure de la thermoluminescence permet de voir l’âge de l’objet depuis son dernier refroidissement. La méthode de datation pour les objets préhistoriques comme les poteries cuites (la cuisson originelle remettant le compteur énergétique à zéro) utilise cette méthode là où le carbone 14 ne suffit plus.


La chimioluminescence
L’énergie d’excitation des électrons est livrée ici des suites d’une réaction chimique. En se réarrangeant, les molécules gagnent en stabilité chimique et donc peuvent libérer une partie de l’énergie qu’elles avaient avant la réaction. C’est ce qui se passe dans les sticks lumineux : au départ on dispose de deux produits et en brisant la fiole intérieure on les met en contact. La réaction étant lente et progressive, l’émission de lumière est elle aussi étalée dans le temps.
C’est le phénomène lumineux similaire au phénomène d’exothermie.


La bioluminescence
C’est une forme de chimioluminescence, qui se produit dans les êtres vivants, comme les lucioles, certaines méduses ou quelques formes de plancton.


La phosphorescence
C’est également une forme de luminescence progressive et étalée dans le temps. La différence avec la chimioluminescence, c’est que cette dernière distribue l’énergie de départ progressivement et la ré-émission est instantanée, alors qu’ici c’est l’inverse : l’absorption est instantanée mais l’émission est progressive. C’est à cause d’un état énergétique intermédiaire, qui elle prend du temps à être occupée par les électrons. J’en avais déjà parlé.


La radioluminescence
C’est la fluorescence dont l’énergie de départ est fournie par une désintégration radioactive. Ce n’est pas la thermoluminescence car l’énergie n’est pas accumulée mais ré-émise tout de suite. Cette fois, l’énergie primaire est également émise sur une longue période (1600 ans pour le radium), donc les objets radioluminescents brillent en continu.
Comme la désintégration radioactive des atomes d’un échantillon ne se produisent pas en même temps, de la lumière est produite en continu. En fait, les vieilles montres dont les aiguilles brillent dans le noir (même sans les avoir éclairées avant) sont des réacteurs nucléaires miniatures. Le composé qui se désintègre est souvent le radium.


La cathodoluminescence
L’émission de lumière par fluorescence par choc avec un électron énergétique. La source d’énergie est une particule hautement énergétique. Cette particule transmet une partie de l’énergie cinétique à un électron d’un atome, cet atome se désexcitant à son tour en libérant un photon.
C’est ce qui se passe pour les aurores polaires, les télé à écran cathodique ou les microscopes électroniques à balayage (ces derniers envoient des électrons sur la surface à examiner et captent la lumière reçue en retour.


La lumière par la force.
Non, pas question de Jedi. C’est l’émission lumineuse par la rupture de la maille d’une structure cristalline. Ça se nomme la triboluminescence.


La lumière par la vitesse (effet Cerenkov, ou mur de la lumière).
L’effet Cerenkov est à la lumière ce que le bang supersonique est à au son : dans l’eau par exemple, la lumière est ralentie suffisamment pour être rattrapée par des particules en mouvement. Il se produit alors un flash lumineux bleuâtre observé dans les centrales nucléaires ou dans les détecteurs de neutrinos à eau lourde.


Source d’une partie des informations : http://uvminerals.org/fms/luminescence

image de Rachel Melton

5 usages méconnus de l’argent (le métal)

Samedi 23 février 2013

silver-surfer.jpg (Ceci est un vieil article : je le poste maintenant pour délester ma réserve d’articles non publiés à jour et qui représente une quarantaine d’articles)

Voici un autre article de science, sur un métal précieux : l’argent. Vous connaissiez l’argent dans les médailles ou l’argent dans les bijoux, mais connaissiez-vous ceux-là ?

L’argent miroir
Les miroirs sont des surfaces de verre polies et recouverts d’un côté par un métal brillant. À base d’étain et de mercure depuis l’antiquité, l’argent est utilisé depuis quelques siècles par un procédé chimique dit « du miroir d’argent » qui consiste à précipiter de l’argent sur la surface du verre (les boules de noël sont faites de la même manière).
Dans un tube à essai, cette réaction donne l’illusion d’un tube argenté, et qui reste ma réaction chimique favorite :p. On peut aussi faire ça avec du cuivre et même de l’or.
Depuis, l’argent a été remplacé par d’autres métaux moins précieux et moins chers.

L’argent en photographie
Vous vous-êtes déjà demandés d’où venait le nom de « photographie argentique » ? Parce qu’il y a de l’argent dedans ! Certains composés argentés (chlorure d’argent) noircissent à la lumière. Cette particularité est utilisée dans la photographie : l’exposition du film argentique à la lumière permet de capter l’image (les zones lumineuses sont plus exposées que les zones sombres)..
Concernant la photo couleur, c’est la même chose : sauf qu’on filtre la lumière et seule la lumière rouge/verte/bleue vient noircir une surface spécifique. En combinant ensuite toutes les différentes surfaces on recompose une image en couleur.

L’argent qu’on mange
On trouve dans le commerce des friandises en forme de perles métalliques. Il s’agit de véritable argent (composé E174), utilisé ici parce qu’il n’est pas toxique en faible doses.

L’argent qu’on met dans la bouche
L’argent est un bio-catalyseur qui agit comme un désinfectant et un antibactérien. Si les personnes qui vivaient très longtemps autrefois était les riches, c’est en partie dû aux couverts en argent qu’ils utilisaient. Certains antiseptiques contiennent de l’argent aujourd’hui sous forme d’iodure d’argent.

L’argent qu’on jette dans les nuages
L’iodure d’argent justement est aussi utilisé pour provoquer des pluies artificielles. Afin de réduire la violence des orages ou la taille des grêlons, on disperse de l’iodure d’argent dans l’air afin de favoriser la formation des gouttes et de provoquer des pluies avant que le nuage ne se transforme en un orage violent.

L’argent conducteur électrique
L’argent est le meilleur conducteur électrique métallique qui existe, et même oxydé il est reste très bon conducteur. On l’utilise dans les ordinateurs (claviers) et d’autres appareils. S’il est remplacé par le cuivre c’est uniquement pour le prix, car le cuivre s’oxyde trop rapidement à l’air (l’or ne s’oxyde pas mais est beaucoup trop cher, et n’est donc utilisé qu’aux endroits très spécifiques).

Et beaucoup d’autres, en chimie, en métallurgie, biologie…

image de 4chan

Astuces pour le calcul mental…

Samedi 09 février 2013

numbers
Je vous avais promis un article ou je rassemblerai les astuces pour compter facilement de tête. Allons-y !

Multiplications et Divisions

  • Multiplication par 5 : on multiplie par 10 (facile) et on divise par 2 (facile aussi). Exemple : 39×5 = 390 ÷ 2 = 195.
  • Division par 2 : Je sais pas si c'est moi ou si tout le monde fait ainsi, mais pour ça, je décompose le nombre. Ainsi pour diviser 396 par 2, je compte 396÷2 = (300+90+6)÷2 et là c'est très simple, ça fait 150+45+3 = 198.
  • Multiplication par 25. On sait que 25, c'est 100/4. Donc on multiplie par 100 et on divise par 4. Exemple : 128×25=12800/4 = (12000+800)÷4 = 3000+200 = 3200.
  • Multiplication par 11. Celle ci, tout le monde la connait depuis le CP : un nombre à deux chiffres multiplié par 11 est ce nombre avec entre les deux chiffres, la somme des deux chiffres. Exemple : 11×13=143 car 4=1+3 (les 1 et 3 proviennent du 13). Un autre : 11×72=792.
    En parlant du 11, on voit une belle propriété :
    • 11² = 121
    • 111² = 12 321
    • 1 111² = 1 234 321
    • 11 111² = 123 454 321

  • Les carrés des nombres finissant par 5 (15², 25², 35², …) : on prend le nombre des dizaines du premier nombre que l'on multiplie par le nombre des dizaines du second augmenté de 1. Par exemple : 15×15 se calcul par 1×(1+1) que l'on met devant 25 soit 225. Un autre : 35×35 donne 3×(3+1) que l'on met devant 25 ce qui donne : 1225.
    Et ça marche aussi pour des nombres plus grands : 2005×2005 donne 200×201 que l'on met devant 25 soit : 4 020 025
  • Multiplication par 9 : on sait que 9 = 10-1. On multiplie par 10 le nombre et on le soustrait une fois. Ainsi 9×15 ça fait 150-15 = 135.
  • Le carré de n'importe quel nombre de 2 chiffres. Là, je décompose avec l'identité remarquable : (a+b)² = a²+b² + 2ab.
    Ainsi 34² donne 30²+4²+4×30×2 = 900+16+240 = 1156. Si vous ne connaissez par 30², faites 3²×100 :-).
    Bien entendu, tout ça se fait de tête, c'est bien plus rapide qu'avec la calculette.
  • Celle ci, c'est pas vraiment une règle de calcul, mais une remarque.
    On voit que 13² = 169. Maintenant, inversez les chiffres du 13, ce qui donne 31 et 31² = 961, ce qui est 169 à l'envers. Ça marche avec 10, 11, 12 et 13.
    De plus, si vous connaissez 13², alors vous n'aurez pas de mal à trouver 14², car il suffit d'inverser les deux derniers chiffres : 13²=169 et 14²=196.

Additions


Je passerais sur le +9 qui vaut +10–1, mais je vous donne ma technique pour additionner des nombres plus grands, il ne faut pas commencer par les unités. Mais par l'autre coté. Par exemple, dans 351+512 je préfère calculer comme on prononce les snombres : en commençant par les centaines, puis les dizaines, puis les unités. ça donne 863.
Bien entendu, ici il n'y a pas de retenus, mais il faut les prendre en compte.

Dans les calculs de plus de deux termes, par commutativité, on regroupe ce qui donne des choses simples.
Ainsi 23+4+2+16+7+38 = (23+7)+(38+2)+(16+4) = 30+40+20 = 90. C'est connu mais très pratique.

Un autre truc vraiment tout bête, pour la soustraction : 34-56 = –(56–34). Je met le plus grand devant, c'est alors plus facile à calculer. Le résultat est simplement –22.

N’hésitez pas à faire plus de calcul, mais des calculs plus simples : 998+456 par exemple : on fait 1000+456–2 = 1 454… Ce genre de réflexe vient avec l’entrainement : vous arriverez peu à peu à repérer les simplifications à effectuer.

Les constante


Juste quelques valeurs comme ça, bien pratiques à savoir (plus rapide pour les calculs approchés) :
  • Pi = π ≈3,1416
  • Phi = φ ≈ 1,618 (le nombre d'or, donné par (1+racine(5))/2)
  • e ≈ 2,718 (constant d'Euler, donné par exp(1))
  • racine(2) ≈ 1,414
  • log(2) ≈ 0,3. Pratique, parce que Log(4) devient 2Log(2)≈0,6 ou Log(20)≈1,3…

Conversions Angles


C'est pas tous les jours que l'on s'en sert, mais c'est bien utile aussi. Un angle exprimé en degré, par exemple 20,5° peut être exprimé sous la forme 20°30min. Où 1 degré, c'est 60 minutes. Pour aller vite, je dis que 1/10 de degré, c'est 6 minutes. De cette manière, 12,3° = 12°18'.

Et en binaire ?


Ok, là je m’égare, mais il y a quelques techniques pour convertir en binaire (puis en hexadécimal, par exemple pour la programmation ou les couleurs).
Il suffit de faire des soustractions successives en notant les puissances de deux qui apparaissent dans un nombre :
Exemple, dans 2013 : on trouve 1024, (reste 989), 512 (reste 477), 256 (reste 221), 128 (reste 93), 64 (reste 29), 16 (reste 13), 8 (reste 5), 4 et 1.
Autrement dit, 2013 en binaire, c’est 11111011101.

Pour le hexa, il faut le découper par groupe de 4 : 11111011101 devient 111-1101-1101, soit 7DD.
J’ai un tuto là sinon.

Conclusion


J'ai donné ici quelques règles simples que j'utilise presque tous les jours… Suffit de les connaitre, surtout pour la multiplication. Je vous avais aussi déjà donné ceci, une astuce pour multiplier rapidement et simplement de grands nombres.

EDIT : voilà une autre astuce très pratique (source) :

astuce-calcul.jpg

image de hownowdesign

Quelques vidéos en slow motion

Mercredi 30 janvier 2013

Les vidéos filmés au ralentis continuent de me fasciner. Pas seulement parce que c’est beau et presque poétique, mais aussi parce qu’on voit des choses qu’on a pas le temps de voir en temps normal et c’est ça qui est la clé pour comprendre le monde : arriver à tout voir, y compris l’invisible.

Par exemple, sur cette vidéo d’un disque dur filmé au ralenti on voit la tête de lecture faire un aller-retour sur le disque. Si on filme ça à grande vitesse, on voit qu’il en fait en réalité exactement 22. C’est fascinant.

Voici une sélection de phénomènes filmés au ralentis :


Je vous conseille aussi cette chaîne YouTube, pour plein d’autres vidéos (souvent très fantaisistes) : The SlowMo Guys. Pour les chimistes, les types de Periodic Table dont maintenant des réaction chimiques au ralenti aussi, et c’est vraiment très impressionnant.

Je suis loin d’avoir tout mis, donc si vous voulez quelque chose en particulier, cherchez sur YouTube, il y a absolument de tout !

Comment les poissons survivent-ils dans l’eau glacée en hiver ?

Vendredi 25 janvier 2013

magikarp.png Aux Pays-Bas, il y a de l’eau et des canaux partout, et actuellement la température n’a pas dépassé les 0°C depuis environ deux semaines. Comment les poissons survivent-ils dans l’eau liquide, sans mourir gelés ?

C’est la question que personne ne se pose mais qui permet d’introduire une des (nombreuses) particularités de l’eau par rapport à tous les autres liquides.

La réponse : l’eau au fond de la rivière ne gèle pas, mais reste à +3,98°C . Elle reste donc liquide, et ceci beaucoup plus longtemps que l’eau en surface.

Pourquoi ?

En général, les corps liquides (comme les gaz et les solides) deviennent plus denses quand ils refroidissent, atteignant leur maximum de densité à la solidification. Ce n’est pas le cas de l’eau (et d’une poignée d’autres liquides), pour qui le maximum de densité est à +3,98°C.
Ainsi, l’eau plus froide remonte en surface puis gèle.
Le fond de la rivière contient donc l’eau la plus dense à 3,98°C, ce qui est largement suffisant pour la survie des espèces, et qui est également assez loin du point de solidification.

De plus, en gelant, l’eau se réchauffe. Je m’explique : la phase liquide étant plus énergétique que la phase solide, la solidification d’un liquide libère de l’énergie (sous forme de chaleur latente), même principe que les chaufferettes de poche, qui se solidifient d’un coup et prennent d’un coup près de 50°C.
L’eau qui gèle sous la glace transmet donc sa chaleur latente à l’eau en dessous, ce qui contribue à la conserver entre 0°C et 3,98°C le plus longtemps possible, même si de l’autre coté de la glace l’air est à –10°C.

Au passage, il se produit l’effet inverse en été : alors que la surface de l’eau est chaude, le fond est toujours à 3,98°C car plus dense.

La nature est bien faite, hein ?

image par Lemon