Paris, pollution & murs végétalisés

Dimanche 12 avril 2015

trees
La Maire de Paris Anne Hidalgo semble ainsi bien décidée à verdir la capitale ! Une sage décision alors que les pics de pollution sont de plus en plus nombreux.

(source & via)


Paris sous-entendrait-elle que verdir les murs avec des plantes va diminuer la pollution ?

Voyons cela.

En Île de France, chaque jour, les voitures comptent pour 38% des 41 millions de déplacements et d’une moyenne de 6,1 km chacun (source). Ça fait donc un total de 95 millions de kilomètres parcourus chaque jour (ça me semble colossal, mais je ne l’invente pas — ÉDIT : en fait, c’est même le double).

Une voiture produit en moyenne 125 grammes de CO2 chaque kilomètre (ce qui en réalité est une quantité énorme qui exclue même les autres gaz). En Île de France, sont donc produit par les voitures 11,8 millions de kilogrammes de CO2 chaque jour.

Un arbre qui fait 57 cm de rayon à la base (donc déjà un gros arbre : son diamètre est de 1,14 mètres et sa circonférence fait plus de 3 mètres ; mais sa section est de ~1m², d’où ce choix) et qui mesure 20 mètres de haut peut être assimilé à un cylindre de rayon 0,57 m et de hauteur 20 mètres (comme l’avait déjà remarqué Léonard de Vinci)
La masse volumique du bois varie beaucoup, mais on peut la prendre pour environ 700 kg/m³.
Notre arbre pèse donc dans les 14 tonnes (sans compter les feuilles).

Si je considère que cet arbre n’est fait que de CO2 absorbé au cours du temps (ce qui n’est pas absurde car c’est pratiquement le cas), alors il faut 850 arbres pour absorber tout le CO2 produit par jour en Île de France. Et il faut que ces arbres poussent en un seul jour.

En vrai, un gros arbre comme ça pousse en environ 50 ans, soit en 18 250 jours.
Donc, si on veut que la totalité du CO2 émis chaque jours à Paris soit absorbé par des arbres, il faudrait planter 15,5 millions d’arbres par jours, et les couper quand ils atteignent 50 ans.


Il faut 15,5 millions d’arbres plantés chaque jour, pour compenser le CO2 émis en Île de France par les voitures.

Et ceci ne vaut que pour le CO2 (pas l’ozone, le dioxyde d’azote, le protoxyde d’azote, les particules fines, le monoxyde de carbone) et uniquement celui des voitures.

Conclusion : faites pas genre « paris est écolo » avec des murs tout verts. Si vous voulez combattre la pollution, installez plutôt des pistes cyclables et prenez un vélo pour faire vos 3 kilomètres de trajets.


Liens :

image de @doug88888

Le numérique au collège en France (nan, ne vous réjouissez pas si vite)

Samedi 04 avril 2015

old school bus wreckage Traduction des « morceaux choisis » sur la page de PCi : « Les élèves français devront savoir créer des applications simples » :

Le passage suivant :
« L'élève (...) sait utiliser de façon réfléchie des outils de recherche, notamment sur internet. Il apprend à confronter différentes sources et à évaluer la validité des contenus. Il sait traiter les informations collectées, les organiser, les mémoriser sous des formats appropriés et les mettre en forme. Il les met en relation pour construire ses connaissances. »


Devient :
Le futur contribuable utilise Google pour effectuer des recherches. Il apprendra à privilégier les sources approuvées par le gouvernement (.gouv.fr, hadopi.fr, universale.fr…) et à laisser de côté tout le reste (wikipédia, sdz, kat.ph…). Il apprendra tout par cœur vu qu’en Françoisie2.0, c’est comme ça qu’on détecte qui sont les gens dangereux pour la stabilité du régime en place¹ mesure l’intelligence.


Le passage suivant :
« L'élève apprend à utiliser avec discernement les outils numériques de communication et d'information qu'il côtoie au quotidien, en respectant les règles sociales de leur usage et toutes leurs potentialités pour apprendre et travailler. Il accède à un usage sûr, légal et éthique pour produire, recevoir et diffuser de l'information. Il développe une culture numérique. »


Devient :
Le futur contribuable apprendra à utiliser Facebook, Twitter et Google+ en s’interdisant de parler de cul, de hack, de bombes, des juifs, des blondes, de démocratie et des éclipses solaires². Il accède à ces "services" sous la surveillance d’un mouchard pour vérifier qu’il reste bien dans les rangs. Il sera ainsi élevé au rang de « bon internaute made-in-Françoisie2.0 »


Le passage suivant :
« L'élève sait mobiliser différents outils numériques pour créer des documents intégrant divers médias et les publier ou les transmettre, afin qu'ils soient consultables et utilisables par d'autres. Il sait réutiliser des productions collaboratives pour enrichir ses propres réalisations, dans le respect des règles du droit d'auteur. »


Devient :
Le futur contribuable doit savoir que la création c’est bien, à condition de cotiser pour Universale et Hadopi. Il ne partagera piratera point.


Le passage suivant :
« L'élève utilise les espaces collaboratifs et apprend à communiquer notamment par le biais des réseaux sociaux dans le respect de soi et des autres. Il comprend la différence entre sphères publique et privée. Il sait ce qu'est une identité numérique et est attentif aux traces qu'il laisse. »


Devient :
Le futur contribuable utilisera Facebook et Twitter et sait que ces "services" sont sous surveillance gouvernementale, et que c’est pour cela qu’il a le droit de les utiliser (mais pas trop non plus car internet est responsable des avions qui s’écrasent³).



  • ¹ Concernant la « stabilité du régime en place » je n’invente rien : c’est Cazeneuve qui le dit lui-même sous la forme « atteinte à la paix sociale » en novlangue®.
  • ² De l’interdiction de parler de cul, de hack, de bombes, des juifs, des blondes, de démocratie et des éclipses solaires : il faut savoir qu’en Françoisie2.0, les sites de proxénétisme, de partage, d’humour pas drôle, de xénophobie, de terrorisme et de critique des politiciens sont ou vont être censurés sans consultation judiciaire. Les éclipses solaires sont quant à elles censurées dans les écoles.
  • ³ Sachez enfin que l’A320 qui s’est écrasé s’est écrasé à cause d’Internet, selon nos élus. On a dû cliquer trop vite sur « accepter cette licence logicielle fera crasher un avion ».

image de Katsrcool

Flattr c’est terminé pour moi

Mardi 24 mars 2015

J’utilise Flattr depuis quelques années : c’est un système de dons, qui permet aux internautes de gratifier les créateurs d’un don ponctuel.
Je pense que c’est un moyen sympa d’aider la création et les créateurs directement, sans passer par un contrat avec un industriel qui va alors s’accaparer tous les bénéfices.

Sauf que… Il reste l’intermédiaire « Flattr ».

Depuis le début j’utilisais Flattr avec Paypal : j’ai un compte Paypal depuis encore plus longtemps et, mis à parti leur positions vis à vis de certains comptes (ils bloquent les transactions vers les hacktivistes, par exemple) je n’ai pas grand chose à leur reprocher d’autre.

Flattr a décidé de ne plus utiliser Paypal, mais plutôt de passer par Moneybookers (Skrill). Le système est le même, c’est juste un autre site.

Je me suis donc inscrit sur Moneybookers… Déjà, il faut vérifier la carte bancaire… Puis revérifier… Puis re-revérifier avec des codes, retraits de montants aléatoires, encore des codes.
Et au final, le transfert d’une somme de 20€ me coûte 2,95€ de frais de transfert (hors commission Flattr (10%), hors commissions de Moneybookers (2%)). C’est la goûte d’eau : j’en ai assez de tout ce monde qui se gave pour rien : frais de dossiers disproportionnées par ici, commissions abusées par là…

Je ne pense pas que ceux qui m’ont fait un don sur Flattr aiment voir leur argent aller dans les poches des banques : ce ne sont pas eux qui proposent des sites web avec des tutos, des outils, des scripts à télécharger ou des articles de blog.
J’arrête ces conneries : Flattr, tout ça, c’est terminé. Merci de ne plus me flattrer. Les dons du mois en cours et ce qui se trouve encore chez eux seront donnés à LQDN et à Framasoft (environ ~15€).


Je remercie sincèrement tout ceux qui m’ont fait un ou plusieurs dons depuis le début, vraiment, ça me touche et ça montre que certains reconnaissent le travail et le temps investi sur l’ensemble du site et qui valorisent tout ça au point de vouloir aider à maintenir tout ça en place (oui, vos dons ont permis ça).

Mon site continuera bien-sûr à exister : je ne manque par d’argent pour ça et la motivation ne me manque pas non plus.

Si vous voulez me faire plaisir ou continuer à soutenir le site, vous pouvez le faire simplement en partageant mes liens à ceux à qui ces liens peuvent aider ou plaire : que ce soit les articles de mes blogs (1, 2, 3), mes tutos (ici, ici, ), mes outils en ligne ou n’importe quelle page.
Vous pouvez aussi aider l’internet en soutenant LQDN, Framasoft et d’autres projets du genre.

Une chose n’a pas changé depuis le début : je suis toujours aussi heureux de savoir que mes pages aident des personnes ailleurs dans le monde : c’est vraiment très gratifiant (et ça va bien au delà de mon égo, croyez-moi ou pas, certains savent de quoi je parle). Pas besoin de Flattr pour ça.

Un VPN va devenir obligatoire après ça…

Mardi 17 mars 2015


La France veut tout pouvoir déchiffrer, tout pouvoir inspecter et tout pouvoir automatiser, dans leur lutte contre le terrorisme.

Le but est louable, les moyens employés ne le sont pas.

Les droits de l’Homme déclarent (article 12) que chacun a droit à une vie privée et que personne n’a le droit de la violer de façon arbitraire. Cela signifie entre autre que le gouvernement n’a pas à mettre son gros nez dans mes affaires personnelle.

Vous laisseriez la police fouiller votre boîte aux lettres ?
Vous laisseriez le maire de votre ville inspecter votre ticket de caisse ?
Vous laisseriez un élu regarder tous vos SMS ?
Vous laisseriez les gendarmes regarder combien vous gagnez par mois ?
Vous laisseriez un député exiger la liste de vos bouquins empruntés à la bibliothèque ?

NON !

Ce sont vos données. Vous les cachez car c’est votre vie privée ET VOUS AVEZ RAISON.


Et sur le net c’est exactement pareil : non je ne suis pas un terroriste, non je ne planifie pas de faire sauter une banque, non je n’achète pas de drogues ni d’explosifs sur Internet. Mais ce n’est pas pour ça que je n’ai pas de choses à cacher : j’ai le droit d’envoyer des emails de façon privée, j’ai le droit d’acheter des trucs sans que le gouvernement sache, j’ai le droit d’envoyer des SMS à qui je veux, j’ai le droit de recevoir de l’argent (peu importe de qui) tant que je le déclare sur ma fiche d’impôts, j’ai le droit de lire tous les livres numériques que j’ai envie.

Voilà exactement pourquoi j’utilise un VPN, un tunnel chiffré entre mon PC et un serveur quelque part dans le monde (Russie, Thaïlande, Canada…) hors de portée de Manuel Valls et son pote François Hollande. Ces gens n’ont pas à savoir tous mes faits et gestes, et encore moins sans l’accord d’un juge et d’une action menée en justice (surtout que la mode est à se passer de système judiciaire, en ce moment).


image anonyme

L’apologie de l’anorexie maintenant…

Lundi 16 mars 2015

Aller hop, et bientôt la censure de ça aussi. Oh et celle de la malbouffe aussi, tiens.

Et puis merde : criminalisons aussi tous ceux qui publient des recette de cuisine avec :

  • de la viande (choquant pour les végan) ;
  • du porc (choquant pour les musulmans) ;
  • des frites + burger (choquant pour José Bové et d’autres vieux autarciques) ;
  • des suchis (stéréotypant pour les asiats) ;
  • du sel, du gras, du sucré (choquant pour les membres de l’association des diabétiques de St-Gertrude-les-Asperges) ;
  • des ustensiles de cuisine en bambou (choquant pour les pandas) ;
  • de la bouffe (choquant pour les anorexiques)


Et puis… question…
Si vous voulez punir l'apologie de l'anorexie sur Internet… Pourquoi vous laissez l’apologie de l’anorexie à la TV ? Avec toutes les publicités pro-minceur, pro-0% et tout le reste ? Hein ?

Censure généralisée : les élus la réclament

Mardi 10 mars 2015

Il fallait s’y attendre, maintenant que le gouvernement peut bloquer des sites web sans l’avis d’un juge, ils veulent étendre ça aux sites qui disent du mal des élus. C’est un député socialiste qui demande ça.

Expliquez-moi comment un pays peut-être dit « libre » si on ne peut pas se plaindre de ses élus (ne rêvons pas : hier c’étaient les menaces, aujourd’hui ce sont les injures, demain ce sera la simple plainte ou remise en question d’un politicien) ?


Le député (Guy Delcourt, député du Pas-de-Calais) demande l’extension de la censure en raison du développement d’Internet (ça fait juste 15 ans que c’est là ce truc « Internet », hein) et du fait que les procédures judiciaires sont trop lourdes pour traiter tous les cas d’injure.

Rappelez-moi là aussi qui sont ceux qui votent les lois qui composent ces procédures judiciaires (et qui contribuent à rendre tout ça plus lourd que nécessaire) ?

Aussi, il y a une raison pour laquelle ces procédures sont lourdes : c’est pour garantir que chaque étape soit bien constitutionnelle et qu’il n’y a pas d’abus de pouvoir, tout ceci pour garantir le système démocratique et rester dans un État de droit et libre. C’est pareil que pour le vote : c’est lourd, c’est long, mais tout ceci est nécessaire.

Ensuite, si ça fait trop de dossiers pour tout le système judiciaire, ben… fallait pas fermer la moitié des tribunaux il y a quelques années (sous le règne de $arko)…


La tournure que prend ce système de censure administrative ne me plaît pas du tout. Ça fait à peine un mois que cette merde a été votée (pour bloquer rapidement les sites terroristes à la base) et ils veulent déjà l’étendre à toutes les sauces : antisionisme, piratage, pédophilie, injure…
Un député c’est une personne qui décide à votre place ce qui est légal ou illégal : il ne leur faudra que le temps pour faire voter toutes les extensions nécessaires et bloquer n’importe quel site qui ne leur plaît pas.

image de Newsfrontier

« François contre Internet ».

Mardi 24 février 2015

TF1 vous présente le nouveau jeu télévisé : François contre Internet.

françois hollande tout mouillé
Le principe est simple : François jette un dé et en fonction du résultat, on utilise un prétexte pour faire chier les internautes. Je rappelle la règle :

Le dé tombe sur :
  • 1 ou 4, le prétexte est le terrorisme ;
  • 2 ou 5, le prétexte est la pédophilie ;
  • 3 ou 6, le prétexte est l’antisémitisme.

*François jette le dé*

Et ce sera… un 6, l’antisémitisme ! Bravo François ! On applaudit bien fort.


Donc voilà, notre gagnant repart avec 3 lois destinées à stigmatiser l’Internet comme responsable de l’antisémitisme.
François, je vous le rappelle, s’est déjà servi de son joker 49/3, mais il lui reste l’avis du public qu’il n’a toujours pas utilisé depuis 2012 ! Quel courage ce François.

Mon avis sur le gaz de schiste

Lundi 16 février 2015

puits de pétrole Le gaz de schiste, c’est du gaz naturel contenu dans des couches d’argile plus ou moins en profondeur. La différence avec le gaz habituel, c’est l’argile justement : cette roche est imperméable et demande une grande quantité d’énergie pour en extraire le gaz (là où les autres roches sont bien plus simples à dégazer).

Je ne sais pas (parce que je n’ai pas encore lu) ce que va faire si on exploite ce gaz, en fonction des procédés, surtout. Mais même sans ça, je pense que c’est une connerie.

Pourquoi ?

En fait, ce que je ne comprends pas (enfin si : le moteur de tout ça, c’est le fric et le profit de Total, Shell et les autres destructeurs de planète), c’est pourquoi ces fumiers continuent de se focaliser sur les énergies fossiles, alors qu’actuellement le nucléaire est déjà plus propre (le nucléaire, à production d’énergie égale, émet moins de radioactivité dans l’air), faut déjà le faire, mais surtout qu’on a toutes les technologies nécessaires pour capter les énergies produites par le soleil (vent, marrée, solaire voltaïque et solaire thermique) et par la Terre (thermique, pompe à chaleur).

Les énergies fossiles, on le sait : à un moment on n’en aura plus. Pourquoi fermer les yeux sur ça ?

Et au delà des voitures ou des avions qui n’avanceront plus, ça sera également toute la synthèse chimique qui aura des problèmes : plus de pétrole, c’est plus de plastiques.
Regardez autour de vous : plus de plastiques, c’est plus de vêtements synthétiques, plus de peinture, plus d’encres, plus d’emballages (c’est peut-être pas mal, ça), plus de produits ménagers, plus de colorants dans la bouffe (ça aussi, c’est pas pire)… Si vous retirez tout le plastique de chez vous, il ne reste que le bois, le verre, le métal et la pierre. Oui, comme au 18e siècle, et autant dire que ça ne fait plus grand chose d’utile…

Un grand scientifique a dit un jour qu’il ne faut pas brûler le pétrole, mais qu’il faut le garder pour la synthèse chimique. Ce scientifique, c’était Mendeleïev, l’un des pionnier de la chimie il y a 150 ans.

Actuellement, ce qui me chagrine, c’est que rien à grande échelle n’est fait, ni même essayé, pour faire en sorte de se passer des énergies fossiles. On continue de brûler des restes de dinosaures pour transformer la Terre en une serre géante qui va tous nous détruire, alors que la Terre reçoit tous les quart-d’heure plus d’énergie que l’homme en a besoin pour toute une année de la part du Soleil.

Il y a pourtant des moyens plus ou moins viables (totalement viables si on les additionne, j’en suis convaincu) : si le nucléaire est pour l’instant et selon moi la meilleure solution (à condition que ce soit effectivement mieux géré que par Tepco ou EDF, qui masque des fuites radioactives survenues en 2014) et seulement à défaut de ne pas encore avoir un parc de centrales à énergie renouvelable suffisant ; il faudrait également investir massivement dans l’éolienne ou le solaire : il y a des régions du monde ou le soleil est plus qu’abondant (les déserts, mais pas que) et en mer, il y a du vent toute l’année, tous les jours. Et ne me parlez pas des barrages hydrauliques en béton : la production du béton génère plus de CO2 que tous les transports réunis (dans le monde).

Quant au transport de l’électricité produite dans le désert, c’est un problème (technique) oui. Mais on peut très bien changer la donne : ils peuvent déjà transporter du gaz d’un pays à l’autre, avec des gazoducs. Ils peuvent produire de l’hydrogène dans le désert et le transporter. On a déjà des voitures et des bus à hydrogène qui fonctionnent très bien. Et je ne vois aucun soucis à brûler massivement de l’hydrogène « propre » pour produire de l’électricité « propre ».

L’hydrogène coûte cher à produire (en énergie)… mais il ne coûtera rien si c’est l’énergie solaire qui s’en charge.
Et brûler de l’hydrogène, ça ne libère qui de l’eau (eau qui était de toute façon déjà dans l’atmosphère ou dans les océans, pas piégé dans les roches du sol).

Selon moi, l’énergie de l’avenir c’est l’hydrogène : il est impossible qu’on vienne à manquer d’eau sur Terre et on ne manquera pas non plus d’énergie pour la transformer en hydrogène, si on utilise le soleil pour ça. Et si un jour on songe à voyager dans l’espace, l’hydrogène compose 92% des atomes de l’univers. Si on manque de ça, c’est qu’on aura vraiment élu les mauvaises personnes…

Quoi qu’il en soit, s’ils se mettent vraiment à rechercher du gaz de schiste un peu partout, j’aurais honte. Honte de l’espèce humaine. On aura vraiment l’air de cons, si il s’avère un jour qu’il existe de la vie ailleurs : comment voulez-vous leur expliquer sans pleurer qu’on provoque des guerres et qu’on fouille dans la boue à la recherche de pétrole alors qu’on a tout ce qu’il faut avec le solaire, qui nous livre chaque instant 30 000 fois plus d’énergie qu’on en consomme ?

image de POD

Micro-gravité ou apesanteur, dans l’ISS ?

Samedi 14 février 2015

iss et endeavour Ceci est une réponse à Bruce, de la chaîne e-penser, à propos de sa vidéo « Pourquoi les astronautes flottent dans la station spatiale internationale ».
Bien que la probabilité qu’il passe ici soit aussi grande que celle pour le chat de Schrödinger de devenir un lapin (qui n’est pas nulle bien que très faible), je poste ça ici plutôt que sur Couleur-Science justement par ce que c’est en commentaire à sa vidéo (et que je ne peux pas poster sur Youtube).


Dans la vidéo, Bruce se pose la question du titre : Pourquoi les astronautes flottent dans la station spatiale internationale ?

Il dit, tout au long et avec conviction, que ce n’est pas de l’apesanteur (ni de l’impesanteur) mais qu’il s’agit plutôt de micro-gravité.

Je ne suis pas d’accord avec ça. Et il se contredit d’ailleurs.

Il dit, à juste titre, que l’attraction gravitationnelle de la Terre est telle que l’accélération de la pesanteur est (à un tout petit peu près) la même dans l’ISS à 400 km d’altitude que sur Terre. Autrement dit, la gravité est la même dans l’ISS que sur Terre. Alors pourquoi qualifie t-il la gravité dans l’ISS de « micro-gravité », si c’est la même que sur Terre ?

Si je prends le dictionnaire, la micro-gravité est un état où les forces gravitationnelles sont très faibles (en particulier par comparaison à ce qu’on ressent sur Terre). Le terme lui-même dit d’ailleurs ce qu’il veut dire : « petite gravité ».
Cela peut se produire si on est dans un espace « vide », loin de tout astre massif, ou alors si on est situé exactement entre deux astres identiques : chaque astre nous attire vers lui avec autant de force et au final ces deux forces s’annulent et on ne tombe ni vers l’un ni vers l’autre (c’est cependant un état d’équilibre instable et un simple éternuement vous ferait basculer vers l’un et pas l’autre).

Du coup, sur l’ISS, ils ne sont certainement pas en état de micro-gravité.


L’apesanteur alors ?
L’apesanteur, comme dit son étymologie, désigne un état où il n’y a pas de pesanteur, où l’on n’a pas de poids. En fait, plus scientifiquement et selon la définition de Wikipédia (qui dit aussi et à juste titre que l’apesanteur et l’impesanteur sont deux termes pour la même chose, la seconde est simplement préférée pour sa prononciation moins ambiguë), l’apesanteur désigne un état où l’on ne sent plus l’accélération de la pesanteur.

Dans l’ISS (ou lors d’un vol parabolique, ou dans tout autre phase de chute libre), les gens et les objets "flottent". Donc, c’est comme si ils n’étaient pas attirés par la Terre : c’est comme s’ils n’avaient pas de poids. Pas de pesanteur.
N’est-ce pas là la définition d’« apesanteur » ?

Donc je le dis : dans l’ISS, ils sont en état d’apesanteur et non de micro-gravité (considérant les définitions actuelles d’« apesanteur » et de « micro-gravité »).


D’où vient son erreur alors ?
D’une mauvaise traduction, probablement : le terme anglais « microgravity » se traduit en français par « micro-pesanteur » (selon Wiki).

En toute rigueur, dans l’ISS, ils sont en état de micropesanteur (pesanteur très faible) et pas d’apesanteur (pesanteur égale à zéro). Mais confondre les deux est moins grave que confondre apesanteur et micro-gravité.


Pour résumer :
  • microgravité (fr) : qualificatif d’un point de l’espace ou d’un état où la gravité est très faible ;
  • microgravity (en) et micropesanteur (fr), ces deux termes étant traductions l’une de l’autre : qualifie un état où la pesanteur est très faible.
  • apesanteur ou impesanteur (synonymes, le second étant à privilégier pour sa prononciation moins ambiguë) : qualifie un état où la pesanteur est nulle (le terme est donc plus fort que micropesanteur).


Enfin, pour terminer sur une citation, prenons celle de François Pérusse, dans l’épisode « la science et vous » :
Professeur, nous avons une question qui revient souvent. L’attraction sur d’autres planètes, la gravité…
— Attention, l’attraction et la gravité sont un complément, et non pas deux choses pareil. Commet par exemple, il peut y avoir une attraction sans gravité. Comme eurodisney : c’est vraiment une attraction sans gravité.
— C’est ça, c’est pas grave d’aller à Euro-Disney.
— Par contre, les danseuses nues sont une attraction assez grave.
— Ça peut le devenir, oui.


MÀJ : la réponse de Bruce
En fait, le poids (donc la pesanteur, c’est la même chose) est une conséquence de l’accélération de la pesanteur. Cette accélération est généralement due à la gravité. Cette accélération peut aussi être dû à un mouvement accéléré du référentiel : c’est l’expérience de pensée d’Einstein dans son ascenseur : si on est dans un ascenseur dans le vide et qu’on est plaqué au sol, on ne peut pas savoir si c’est parce que l’ascenseur accélère vers le haut ou si c’est parce qu’on passe à côté d’un astre : les deux produiraient le même effet.
L’ISS est en orbite, mais il tombe quand même. Il tombe juste en courbe, et cette courbe possède le rayon de courbure de son orbite : c’est un cercle (ou une ellipse, mais le résultat est le même). Vu que sa trajectoire est une courbe, il accélère. Non pas en intensité, mais en vecteur. D’où la génération d’une accélération et donc un poids.

Or, vu que l’ISS est en orbite, cette accélération là (due à la courbure de la trajectoire) compense exactement l’accélération de la pesanteur due à la gravité terrestre. Les deux vecteurs s’annulant à tout moment, le poids sur un pèse personne est nul.

image de Jason Mayor