Le Hollandais Volant

Oui, un scientifique sait apprécier la beauté des phénomènes naturels !

Mercredi 26 décembre 2012

flower.jpg Est-ce que comprendre la nature, la science, tout ça ne vous empêche d’apprécier tout ça d’une façon simple ?

Non, bien au contraire :-)

Prenez par exemple un arc-en-ciel : c’est magnifique, pour tout le monde. Aussi pour l’artiste et pour le scientifique.
Mais ce n’est pas parce que l’on voit ce phénomène physique à nu que ce n’est pas moins impressionnant ou beau : le scientifique, non seulement verra que c’est beau, mais il comprendra aussi pourquoi.

Voilà, j’avais juste envie de partager ça.

Ça fait un moment, surtout quand j’ai lu cet article de Seb, qui raconte la même chose mais pour l’informatique ; et c’est quand j’ai vu cette vidéo de Richard Feynman ce soir, expliquant exactement ça : « Ode to a flower » (via Geofrey Dornes sur G+), et la vidéo de SixtySymbols expliquant l’origine des doubles arcs-en-ciel que j’ai envie eu de parler de ça.

Tout le monde peut voir la beauté d’un phénomène comme un arc-en-ciel, mais personnellement, c’est la compréhension de l’origine de ce qui est beau qui est la véritable beauté du phénomène.

Cela permet finalement d’apprécier certaines choses très simples, comme la flamme d’une bougie, moins simples comme une équation, ou franchement compliquée telle une superposition de fonctions cosinusoïdales en coordonnées polaires.

Parfois il suffit juste de prendre le temps de regarder les choses d’un peu plus près que normalement, pour être émerveillé comme un enfant devant un tour de magie.

Voilà, et encore un Joyeux Noël, en observant la grâce et la forme des flocons de neige, le rythme de vacillement d’une flamme de bougie ou le ciel étoilé de la nuit tombée si tôt en cette saison.

Image de Swami Stream

Le téléchargement de contenus protégés ne sera pas illégal aux Pays-Bas

Dimanche 23 décembre 2012

cd.jpg Ha ben c’est pas trop tôt : aux Pays-Bas, le téléchargement illégal ne sera pas interdit, l’idée d’une riposte graduée est donc écartée. Ça a été voté par le parlement jeudi dernier (même si le gouvernement peut encore court-circuiter ce vote et faire interdire tout de même le téléchargement).

Évidemment, ça serait beaucoup trop si ça en restait là : l’argent non gagné par les industriels sera compensée par une hausse de la taxe copie-privée sur les appareils électroniques : 5€ sur les ordinateurs et les tablettes par exemple.

En gros, c’est bien un peu la bonne vieille idée de la licence globale qui est appliquée : on paye un montant fixe et hop on peut télécharger ce qu’on veut sans être inquiété (alors qu’en France vous payez la copie privée, et votre FAI est tenue de surveiller ce que vous téléchargez, grâce à Hadopi).


Il reste tout de même la mise à disposition de contenus qui, elle, reste illégale.

image de Andredoreto

Le problème du cloud gratuit

Vendredi 21 décembre 2012

cloud.jpg Instagram fait un « scandale » depuis quelques jours : l’éditeur de cette application qui sert à prendre des photos et les envoyer sur le net déclare qu’ils se réservent le droit de vendre vos images et de les utiliser dans des publicités de façon commerciale (bien qu’ils soient revenus sur leurs propos).

Évidemment sans vous reverser le moindre rond ni vous demander votre avis, ni même vous prévenir.

S’il y en a encore qui en doutent : non, aucun service n’est gratuit. Si on ne le paye pas avec de l’argent, on le paye avec nos données qui y sont stockées, ces données sont ensuite revendues par le service qui se fait de l’argent avec (il leur faut bien de quoi vivre et faire fonctionner le service).

Ça ne sert à rien de faire une révolution contre le service en question : tout cela était marqué dans les conditions générales d’utilisation (CGU). Vous savez, la plâtrée de texte légal qu’on vous dit de lire et accepter lors de l’inscription ?

Rappel donc : si vous ne voulez pas que vos photos, données ou autre soient utilisables par des entreprises américaines pour se remplir les poches, N’UTILISEZ PAS LE SERVICE.

Par ailleurs : ceci n’est pas une solution non plus (on ne fait que déplacer le problème), car Flickr c’est comme Instagram : en tout cas pour la version gratuite, qu’on paye avec ses photos qu’on y héberge.

En fait, tous les services web courants (Gmail, Facebook, Hotmail, Twitter, Opera, Flickr, Youtube, etc.) sont basés sur ce principe : la gratuité sur le prix se compense en payant avec ses données et sa vie privée.


Instant auto-pub : je propose un outil, Blogotext, qui vous permet de partager des images, des fichiers, du texte, des liens, des notes (comme des tweets) de façon simple, accessible et en ligne. Le tout restant sous votre contrôle, votre responsabilité.
Tout ce qu’il vous faut en plus c’est un service d’hébergement, comme Webou-Pro, ou un serveur à la maison.
Évidemment ce n’est pas aussi complet que Facebook, Twitter et consorts, mais de 1) vos données resteront à vous et 2) j’y travaille.

image de Paparuchas

1 000 000 000 pour Gangnam Style !

Vendredi 21 décembre 2012

plectrum-style.png Ayé, Gangnam Style est la première vidéo de Youtube (je pense qu’on peut dire d’Internet même) à avoir dépassé le milliard de vues.

Juste pour vous remettre les idées en place : un milliard, c’est le nombre de goutes d’eau que peuvent contenir 2 camions citernes, les grands modèles à la couleur argentée là, qu’on voit parfois ravitailler les stations essences des hypermarchés.

Bon, maintenant tout le monde peut reprendre une activité normale.

image par Links The Sun

Qu’arrive t-il à la lumière quand elle atteint le bord de l’univers ?

Mercredi 19 décembre 2012

nasa-earth.jpg
Ah que j’aime ce genre de réflexions sur les blogs, particulièrement chez Arfy ce soir !

La question est : Qu’arrive t-il à la lumière quand elle arrive au bord de l’univers ?

Je vous pose une question aussi alors : qu’arrive t-il à un homme quand il arrive au bord de la terre ?
Réponse : « la terre n’a pas de bords, c’est une sphère !! »

Explications : localement, on peut représenter la surface terrestre comme un plan (c’est la carte d’un pays, d’un continent ou un planisphère).
Mais en vrai, ce plan est complètement recourbé sur lui-même en une sphère. Un planisphère est d’ailleurs la représentation plate d’une sphère.

Pour l’univers, certaines théories disent la même chose : l’univers est fait d’un espace (un espace-temps même) que nous pensons localement comme orthogonal — tout comme la carte est pensée comme plate — est en fait recourbé de telle sorte qu’il n’a pas de bords non plus.

image de la NASA

Pas sur Facebook ? Vous êtes un terroriste.

Mardi 18 décembre 2012

blog-110827-statue.jpg Ah mais là ça commence à m’énerver, ce délire !
Ça y est, ça a été remarqué : Adam Lanza, le tueur des enfants à Newtown n’avait pas de compte Facebook. Les journalistes (qui se feront remercier par les politiciens) généralisent maintenant tout ça : si vous n’avez pas de compte Facebook, alors vous êtes un vilain suspect terroriste-pédophile-nazi-pirate-voleur.
Oh, et j’oubliais : c’est la faute aux jeux vidéos, aussi hein ? Merde.

Putain, mais en quoi le fait de ne pas avoir de compte Facebook est lié à tout ça ? C’est quoi le délire ?!

Vous savez quoi ? Maître Éolas résume très bien ça en un tweet :

Le pire massacre dans une école aux USA a eu lieu à Bath, Michigan. 38 morts. C'était en 1927. Putain de jeux vidéos.

Alors quoi ? Hitler (qui était quand même l’un des plus gros tueurs de l’Histoire) jouait aux jeux vidéos ? Staline aussi ? Et Saddam Hussein ? Kadhafi ? Mao Zedong ?
Des tueurs/terroristes/racistes/criminels existent depuis toujours. Existent aujourd’hui et existeront demain. Les jeux vidéos peuvent effectivement changer notre façon de voir le monde, mais n’oublions pas que si ce terroriste a tué 20 enfants dans une école, c’est parce que pays est le premier exportateur de machines de mort au monde, et qu’il autorise les gens d’avoir ces trucs à la maison. Alors si vous n’êtes pas content, fallait pas autoriser les armes si vous voulez pas qu’elles tombent entre les mains de quelques malades qui les utilisent pour ce à quoi elles servent : TUER.

Faudrait peut-être remettre en question les vrai problèmes et proposer de vraies solutions avant de faire chier le monde avec vos « c’est la faute aux jeux vidéos et à Facebook ».
Ceci dit, je n’attend rien du tout d’un pays qui interdit l’importation du fromage et des Kinder surprises, mais qui autorise les fusils mitrailleurs…

@tous les journalistes à la noix qui ont fait, font ou referont ces rapprochements à la con : cessez donc de vouloir faire des buzz idiots. Vous dé-crédibilisez encore plus votre métier avec des conneries pareil.

(source : {niKo[piK]})

image de Alex E Proimos

Qu’est-ce que l’eau lourde ?

Dimanche 16 décembre 2012

green-landscape.jpg Tout le monde sait que l’eau est une molécule qui se note H2O : deux atomes d’hydrogène pour un atome d’oxygène. Heu… Ok : presque tout le monde, mais peu importe.

L’hydrogène est l’élément le plus simple. L’atome est composé d’un proton et d’un électron. Il a une masse atomique de 1 u.

Parmi les atomes d’hydrogène, il y en a certains qui ont un neutron (en plus du proton). Il n’a toujours qu’un proton, donc c’est toujours de l’hydrogène, mais la conséquence directe et que la masse atomique est de 2 ua.
Cet isotope (cette variante) là de l’hydrogène est appelée deutérium (symbole D ou ²H), et il est stable.

Chimiquement, cela reste de l’hydrogène donc il possède globalement les mêmes propriétés. Il peut donc se retrouver dans les molécules ordinaires, comme l’eau.

Si l’on dispose d’une eau formée uniquement de molécules où tous les hydrogènes sont remplacés par du deutérium, alors on obtient de l’eau lourde (D2O): chaque molécule possédant donc deux neutrons en plus que de l’eau ordinaire, il pèse plus lourd ; 10% plus lourd que l’eau normale. Cette différence est largement suffisante pour être remarquable : un glaçon d’eau lourde coule dans de l’eau normale.

On trouve 0,015 6% de deutérium dans l’hydrogène, donc 1 D pour 6 400 H. Statistiquement, on trouve donc 1 molécule d’eau avec un seul deutérium pour 3 200 molécules (eau semi-lourde), et une molécule contenant deux atomes de deutérium pour 41 000 000 de molécules d’eau normale.

Des procédés existent cependant pour obtenir de l’eau lourde pure, donc de l’eau 10% plus lourde que l’eau normale

De même, certains isotopes de l’oxygène sont eux aussi plus lourds que l’oxygène normal, comme par exemple l’oxygène 18 (deux neutrons en trop). Si on a deux hydrogènes normaux sur un atome de 18O, on obtient de l’eau "lourde" aussi (mais pas la même et donc pas celle réellement dénommée par la terminologie « eau lourde »).

Vous l’aurez compris, il est donc techniquement possible de faire de l’eau super-lourde, formée avec deux atomes de deutérium et un atome de 18O : une eau possédant donc une masse molaire de 22 au lieu de 18, soit près de 25% plus lourd que l’eau normale.

Notez qu’il existe un autre isotope de l’hydrogène : le tritium, possédant deux neutrons, et étant donc trois fois plus lourd que de l’hydrogène normal. Cet hydrogène est cependant très rare, instable et radioactif. Là aussi, il est imaginable d’avoir une molécule telle qu’elle contienne un atome d’oxygène 18 et deux atomes de tritium, soit une molécule avec au total un excès de masse de 30% (une telle molécule aurait une chance sur 50 milliard de milliard de milliard de se former) !

Vous imaginez, une bouteille d’eau de 1L qui pèse 30% plus lourde que normalement (eau qui vous tuerait de toute façon à cause de la radioactivité du tritium) ?

image de paul bica

La technologie c’est cool, mais…

Vendredi 14 décembre 2012

broken-computer.jpg Qui n’a pas un ordinateur chez soi ? Un smartphone ? Un autre appareil connecté à l’Internet ?
Sûrement personne de qui me lit ici…

Ces appareils qui sont censés nous rendre service sont bien pratiques, mais ils posent aussi quelques problèmes. D’énormes problèmes si vous voulez mon avis.

Conseil : ne vous fiez pas au numérique. Et c’est bien en tant que fan du numérique que je vous dis qu’il est très dangereux de s’y fier à 100%.

Les smartphones & vie privée.

Vous avez un smartphone ? Alors vous êtes géo-localisable à tout moment et partout sur la planète, par toutes les applications que vous avez sur votre téléphone.
De plus, toutes les données sur votre téléphone peuvent être supprimées par votre opérateur ou le constructeur de votre appareil, voire l’éditeur d’une des applications que vous avez installées.
Toutes vos données sont susceptibles d’être transmises à tous les éditeurs d’applications.
C’est ainsi qu’une grande partie des applications se permettent de fouiller dans la liste de vos contacts, dans vos emails, vos SMS, d’écouter vos appels… C’est ainsi que votre iPhone enregistre tout ce que vous dites à Siri, puis transmet tout à Apple (mais Google doit bien faire la même chose).
Faîtes gaffe à ce que vous installez… Par ailleurs, pensez à utiliser un anti-virus sur votre téléphone

Il suffit que votre téléphone soit dans un endroit fréquenté par quelques bon hackers pour que ce dernier puisse lire tout ce qu’il y a dessus. C’est la DCRI qui explique ça…

Vous avez des comptes utilisateurs sur des sites web ?

Ne comptez pas sur la sécurité de votre mot de passe : même si vous avez des mots de passes différents et ultra-compliqués partout, vous devez avoir confiance au site en question. Parfois il suffit de leur passer un coup de fil pour réinitialiser le mot de passe. Même le mot de passe de quelqu’un d’autre.
Certains ont tout vu disparaître car les entreprises en question (Google, Apple, Amazon…) n’ont pas de standards de sécurité suffisants, et que des pirates ont réussi à utiliser l’ingénierie sociale pour accéder à des informations qui n’étaient pas les leurs.

Vous avez des fichiers chez Google ? Microsoft ? Dropbox ?

C’est simple : du jour au lendemain ces fichiers peuvent partir en fumée. Google, Microsoft ou Dropbox et tous les autres se réservent le droit de fermer votre compte à tout moment, sans recours ni explications possibles. J’y ait eu droit avec Adsence, ça laisse une sensation étrange et désagréable, croyez-moi.
Lisez ceci (jusqu’au bout) pour vous en convaincre.
Vous avez un compte email chez GMail ou Hotmail (ou ailleurs) ? Faites un backup !

Ne vous fiez jamais au matériel !

L’informatique, c’est pratique (ça rime, c’est pas pour rien). Mais le jour où votre ordinateur tombe en panne, que votre disque dur — contenant des années de fichiers, photos et souvenirs personnels — crame, alors on n’a plus qu’à changer de vie et devenir dresseur d’otaries au Groenland.
Faites des sauvegardes, et pas sur le même disque dur (tant qu’à faire). Un disque dur externe peut représenter un investissement, mais préférez-vous courir le risque de perdre toutes vos photos depuis des années ?
Faites des sauvegardes ! Faites des sauvegardes !

Faites gaffes à ce que vous postez sur les réseaux sociaux…

Oh, et tant qu’on y est… Ce lien est vieux mais tellement parlant : à partir des informations publiées sur Facebook ou Youtube, on peut construire votre biographie avec une incroyable précision.
Tout ce que vous publiez quelque part est susceptible d’être vu par tout le monde. Des gens biens, mais aussi des gens mal-intentionnées.

Faites attention…

En conclusion donc : ne vous fiez pas aux ordinateurs, aux sites web, aux logiciels. Utilisez-les, mais utilisez-les correctement. Soyez conscient des risques et prenez des mesures pour éviter de perdre vos données, fichiers ou laisser filer vos informations sensibles dans la nature…

image de vironevaeh

Page de discussion pour Respawn

Mercredi 12 décembre 2012

source-code.png J’ai eu beaucoup de retours pour mon petit code de récupération de pages web en PHP, publié hier et ici : Respawn 0.0.1.

À propos du nom : « Respawn », c’est expliqué sur ce post.

Depuis la version 0.0.1, je passe ce soir à la version 0.0.2, avec les améliorations de Cyril :
– les pages téléchargées contiennent un bouton de retour à l’interface de Respawn (en bas et en transparent).
– il y a un bookmarklet JS (le lien « respawn » sous le formulaire).

Et un bug remonté par Tontof que l’on vient de corriger :
– si on utilisait le lien site.com ça ne marchait pas. Il fallait utiliser le lien site.com/ (avec le slash à la fin). C’est corrigé là.

D’autres idées ont aussi été proposées, comme celle de récupérer tous les fichiers d’une page web dans un seul fichier (le CSS dans une balise <style> même chose pour le JS et les images liées encodées en BASE64).
Ça ferait quelque chose comme les archives de pages Web « .mht », utilisées par IE et Opera.

Bug connus (dans les versions <=0.0.2) :
– une page ne doit pas subir de redirections, sinon le script s’arrête. Exemple : tentez de récupérer « www.lehollandaisvolant.net/ » et ça plantera. Mon site redirige vers la même chose sans le « www. » inutile devant.

Téléchargement :
respawn-002.7z
(sha1 : fa0545a44b0bd827432e34eae4c1d87f55e64a1e)


Cette page sert de page de discussion pour le script. Toutes les propositions sont les bienvenues. Je reste également dispo par email :-).

image publiée par 4chan

Le 12, tu sors.

Mercredi 12 décembre 2012

disgusted-mother-of-god Cet article est posté le 12/12/12 à 12h 12min 12s.

Une telle chose a été possible une fois par an durant les douze dernières années, mais ne sera plus possible avant l’an 2100.

PSY gagne $8M en laissant les autres le parodier

Mercredi 12 décembre 2012

3money.jpg À l’heure où la vidéo officielle de Gangnam Style approche du milliard de vues sur Youtube (en faisant la vidéo la plus vue de YouTube depuis quelques semaines déjà), son chanteur, PSY n’a jamais poursuivi tout ceux qui on repris la musique pour la parodier (et des parodies, il y en a).

Le résultat est assez intéressant : il a gagné plus de 8 millions de dollars en laissant les autres créer des parodies, parodies qui lui rapportent de l’argent par le biais de Youtube. Brillant.

Qui a dit que taper sur les méchants pirates était bénéfique ? Sûrement pas les artistes…

Combien d’exemples faudra-t-il pour que la création soit autorisée par défaut et non plus juste tolérée par les « ayant droits » ?
C’est pas comme si, en fin de compte, taper sur les pirates était néfaste pour les artistes…

Source : Psy Makes $8 Million by Ignoring Copyright. His OWN Copyright. Quite Brilliant, Really et Psy makes over 8 million USD from “Gangnam Style”


image de BlatantWorld

De moins en moins de TP à l’école…

Mardi 11 décembre 2012

En discutant avec des collégiens, j’en suis arrivé à parler des cours et des programmes, dont évidemment les TP de sciences.
J’ai été littéralement outré de savoir que certains n’en avaient pratiquement plus.

Peut-être imaginez-vous que faire de la science peut se faire avec juste une calculatrice, un crayon et un papier, mais non. Les sciences physiques, comme la peinture, la biologie ou les langues doivent venir avec la pratique.
Vous imaginez, vous, un cours de sport sans faire sport, uniquement avec un prof qui dicte les règles du jeu et les élèves qui copient ? Avec ça ils sont censés devenir des sportifs de haut niveau. Désolé, mais ça ne marche pas comme ça.
Et ben ce qu’ils font en physique, c’est exactement la même chose. La physique est une science expérimentale, et bordel, le programme de collège est pourtant assez simple à porter en TP : loi d’Ohm, réfraction de la lumière, dissection d’une lampe, combustion du charbon, Sérieux ! Je comprend qu’on n’utilise pas des spectroscopes à infra-rouge de 35'000€ au collège, mais le reste… J’ai eu la chance d’avoir pu manipuler le bec bunsen. Actuellement c’est interdit car trop dangereux. Merde, c’est moins dangereux que votre gazinère à la maison.

Je remarque que mon indignation rejoint un peu celle des auteurs de ces vidéos : Problems with High School Physics Open Letter to the President: Physics Education, qui dénoncent une baisse générale des niveaux de sciences et surtout l’arrêt du programme à la physique classique, laissant au passage de côté toute les découvertes faites les 150 dernières années, donc les découvertes qui ont actuellement le plus d’applications…

Fuuuuuuuuuuu.

Pour compléter, je me permet ici de comparer les explications sur l’une des premières relations mathématiques mises sur un problème physique apprise au collège, la Loi d’Ohm.
La première explication est celle donnée par un manuel de physique de collège datant de 2008, la seconde est issue d’un bouquin cent ans plus vieux, sorti en 1908 et à destination des candidats de ce qui deviendra plus tard l’ENSAM (école nationale supérieure des arts et métiers), donc a un niveau bien plus élevé que le collège.

Extrait d’un manuel de Collège actuel :

La loi d’Ohm

Dans un circuit électrique, si l’on modifie la tension du générateur, l’intensité du courant varie aussi. Tension et intensité sont des grandeurs bien distinctes mais clairement liées l’une à l’autre.
Nous savons aussi que la résistance des dipôles régule l’intensité du courant.
Existe-t-il une relation mathématique simple entre tension, résistance et intensité ?

1 Caractéristique d’un dipôle
Observations et interprétation : on réalise le montage (fig1 [ndla : résistor+voltmètre, générateur, ampèremètre en série]) et on fait varier la tension du générateur.
On trace le graphique (fig2 [ndla : on voit une droit passant par l’origine]) en reportant les valeurs de la tension U en ordonnée et celles de l’intensité en abscisses.
Le voltmètre mesure la tension U au bornes du dipôle. L’ampèremètre mesure l’intensité I qui la traverse.

Conclusion : La caractéristique d’un dipôle est le graphique représentant les variations de la tension U entre ses bornes en fonction de l’intensité I du courant qui la traverse.
Dans le cas d’un résistor, la caractéristique est une droite qui passe par l’origine.

2 La loi d’Ohm
Observations et interprétation : on trace les caractéristiques des trois résistors à partir des résultats de mesure (fig3 [ndla : trois tableaux de mesures de U, I et U/I pour trois résistors différents]). Ce sont des droites qui passent par l’origine (fig4 [ndla : les 3 caractéristiques sont tracées]) : les variations de U et de I sont donc proportionnelles.
Dans les trois cas, le quotient U/I est pratiquement constant et égal à la valeur de la résistance.

On peut donc écrire U/I = R ; ou encore U = R × I : c’est la loi d’Ohm.

Conclusion : Énoncé de la loi d’Ohm : la tension U aux bornes d’un dipôle ohmique de résistance R et l’intensité I du courant qui la traverse vérifient la formule U = R × I.
Avec U en volt (V), R en ohm (Ω), I en Ampère (A).


Extrait d’un texte datant d’un siècle :

c. Résistance. — Tous les métaux ne se laissent pas également traverser par le courant électrique ; ainsi, des fils de même section droite, mais de densités différentes, ne laissent pas passer la même quantité d’électricité, dans le même temps, à travers leur section droite : on dit qu’ils sont inégalement conducteurs. ou inégalement résistants au passage du courant. L’unité pratique de résistance est l’ohm (du nom du physicien qui a étudié les résistances des conducteurs) : c’est la résistance opposée au passage du courant par une colonne de mercure de 106 centimètres de long et de 1 millimètre carré de section droire, à la température de 0° ; ou la résistance d’un fil de cuivre rouge électrolytique de 48 mètres de long et de 1 millimètre de diamètre. On la désigne par la lettre R dans les formules.

Formule d’Ohm (Relation entre les constantes du courant [ndla : les constantes du courant sont définies un peu avant, ce sont l’intensité, la force électromotrice et la résistance]). — Le physicien allemand Ohm a trouvé, par l’expérience, la relation qui lie les trois constantes du courant qui circule dans un fil donné. — Elles est exprimée par la formule suivante : I=E/R, dite formule d’Ohm.

Résistance. — La résistance R d’un fil conducteur peut être donnée par la formule R=rl/s ; dans laquelle l est la longueur, s la section droite du fil et r une constante qui dépend de la nature du fil.
Quand : l=1, et s=1, on a r=R : c’est la résistance d’un fil de longueur et de section droite égales à l’unité : on donne à r le nom de résistance spécifique du fil ; l est exprimée généralement en mètres et s en millimètres carrés.
L’expérience montre que la résistance spécifique r varie d’un métal à l’autre ; elle est plus grande pour les alliages que pour les métaux purs.


Outre les différences dans les mots employés, je trouve le bouquin actuel trop simplifié. Il est peut-être assorti de graphiques et de tableaux, mais les explications manquent cruellement.
Le bouquin actuel limite la résistance comme un quotient arbitraire de la tension divisé par l’intensité, un truc de math sorti du non-être.
Le vieux livre n’a peut-être pas de tableaux et de graphiques pour cet exemple, mais au moins il explique d’où sort la loi d’Ohm et ce qu’elle représente vraiment : une relation entre des grandeurs, et non pas le résultat d’un calcul.
En plus, je trouvent très clair la définition pratique de la résistance électrique : « Tous les métaux ne se laissent pas également traverser par le courant électrique ; on dit qu’ils sont inégalement résistants au passage du courant »


Et un grand merci à P’tit Louis, pour m’avoir scané et envoyé les pages de son bouquin de physique :-)

La dimension 4, hypercube et compagnie

Samedi 08 décembre 2012

fourth-dimension.jpg
C’est à partir de la discussion sur SCMB que j’avais envie de faire un petit article ici, à propos des objets en dimension 4.


C’est quoi une dimension au sens mathématique ?


La dimension d’un espace c’est le nombre de coordonnées qu’il faut pour repérer un point dans cet espace.
Ainsi, en dimension 1 (une demi droite donc) il suffit d’une seule coordonnée pour repérer un point de cette demi-droite par rapport à l’origine.

Dans un plan, un point est repéré par deux coordonnées : X et Y :

plan cartésien
Dans un espace en 3D, comme le monde dans lequel on vit, il faut 3 coordonnées pour se repérer : X, Y et Z généralement.

Dans un espace en 4D, il faut donc en toute logique 4 coordonnées, que je prendrais à W, X, Y, Z. Notre espace étant en 3D, il n’est pas possible de faire une représentation rigoureuse d’un espace en 4D. Il n’est pas possible de le dessiner, car un tel espace ne fait pas parti de notre monde.
Pour autant, ce n’est pas pour ça qu’on ne peut pas faire des calculs avec.

Exemple : en physique, l’état d’un corps (solide, liquide, etc.) est déterminé par la pression, la température et le volume donné à ce corps. On a donc 3 variables qu’on peut associer à un repère, comme ici :
TransitionPhase.png
Mais comment on aurait fait si on avait plus de 3 variables ? Par exemple avec la loi des gaz réels de Van Der Waals : pression, température, volume, covolume-molaire. Il faut une dimension en plus pour pouvoir la dessiner.
Il n’est pas possible de dessiner un graphique en 4D, mais dans un autre monde, un monde en 4D, ça le serait.
Les calculs, eux restent possible : les variables sont des variables comme les autres : c'est juste la représentation qui est impossible

Voilà, cette explication préliminaire donne l’intérêt des espaces munis de repères à plus de 3 dimensions. Toute équation avec par exemple 5, 6 ou 36 paramètres peut se représenter dans un repère à autant de dimensions, dans un monde à autant de dimensions lui aussi.


La dimension 4


D'emblée je vous dis que ce dont je parle n’est pas le temps. Oui, en physique, le temps est une dimension (en relativité par exemple on ne parle plus d’un « point de l’espace » mais plutôt d’un « évènement de l’espace-temps », repéré par X, Y, Z dans l’espace et par l’instant T dans le temps), mais ce n’est pas pour cela que c’est la quatrième. Dans notre espace-temps, c’est l’une des quatres dimensions, mais dans un espace-temps à onze dimensions, il y en aurait une de temps et dix de l’espace.

Ce dont je parle, c’est réellement un espace à quatre dimensions spatiales, où chaque point est repéré par quatre coordonnées.

Tout comme un plan est un espace avec au maximum deux dimensions, notre monde est un espace avec trois dimensions.
Mais pourquoi s'arrêter là ? On peut très bien imaginer un monde avec quatre dimensions, qui contiendrait le notre comme un cas particulier (tout comme le plan est un cas particulier de l'espace).

Ce monde n'est pas le notre, je suppose que jamais nous ne pourrons voir notre monde en 4D. Mais nous pouvons l'imaginer (je pense que la puissance du cerveau est infini sur ce plan).


Segment, carré, cube, hypercube !


Hypercube_construction_fr.png
Le segment, est la base en dimension 1. Le carrée est la figure la plus régulière en base 2 : il est obtenu par duplication du segment puis en les reliants. Idem pour le cube : on prend deux carrés parralèles qu’on relie point à point.
L’hypercube ? Facile : on prend deux cubes et on les relie, sommet à sommet aussi.

Pour reprendre l'idée de Flatland (lien plus bas), en s'imaginant prisonniers d'un plan, si on regarde un carré on voit juste son côté. Si l'on sort du plan, on voit alors tout le carré et ses entrailles.
Par extension, un visiteur de la dimension 4 pourrait voir les entrailles des objets et êtres de la dimension 3.
Cela vous donne, je l'espère, une idée de ce que permet la dimension 4.

C’est comme si la droite était un carré vu selon un axe parralèle à une des dimentions. Le carré aussi par rapport au cube, et le cube par rapport à une des quatres dimensions de l’hypercube.

Cependant… Ce que vous voyez là sur l’image, c’est bien un segment, c’est bien un carré mais ce n’est pas un cube et encore moins un hypercube.

On voit une représentation en 2D (à plat) d’un cube. Pourquoi est-ce différent ? Parce que par définition, le cube a ses faces de même forme et de même surface. Ce n’est pas le cas sur ce dessin. La perspective permet de mieux se représenter un objet d'une dimension supérieure dans une dimension inférieure, mais cette représentation n’est pas l’objet en lui même.
Pour obtenir un vrai cube, il faut le sculpter et non plus le dessiner.

L’hypercube ici, c’est encore pire : c’est un objet en 4D dessiné dans un plan en 2D. Si on essaye de faire une représentation en 3D, on obtient quelque chose comme l’Arche de la Défense, à Paris.
Mais cela reste encore une simple représentation : l’hypercube réel n’est pas comme ça : si on arrivait à voir en 4D, tous les cotés, faces, cubes seront de même longueur, surface, volume.

Cet hypercube n’est qu’une représentation en 3D du véritable hypercube.
Tout comme on pourrait imaginer l’ombre d’un cube sur un plan (on verrait alors quelque chose comme le cube sur l’image ci-dessus), on peut voir l’Arche de la Défense comme la forme 3D représentant une ombre tridimensionnelle d’un hypercube.

Comment voir en 4D ?

Il n’est pas impossible de s’imaginer des choses en 4D voire en 5D, 6D… Comme j'ai dit, je pense que la puissance de l'imagination est infinie.

Si vous voulez vous y tenter, je vous propose le film réalisé par l’ENS de Lyon : Dimensions. C’est un film en licence CC et téléchargeable gratuitement. Il est aussi possible de commander un DVD.

Vous pouvez aussi lire le livre Flatland, d’Abbott : il trace la vie d’un personnage vivant dans un plan 2D et qui est amené à passer quelques temps en 3D. L’auteur y invite finalement le lecteur, habitant d’un monde en 3D, de s’imaginer un univers en 4D.
Le livre date de 1884 et est donc tombé dans le domaine public depuis longtemps. Je vous en partage une édition ici : abbot_flatland.pdf. Je vous préviens quand même que le livre peut aussi être vu comme une critique de la société Victorienne (ce n’est donc pas juste un manuelle de math).

Flatland a aussi été adapté en deux films : Flatland et Flatland the film, ce dernier est en ligne sur Youtube.

Je n’ai pas de méthode directe pour apprendre à imaginer un 4D (je n’y arrive pas encore moi-même), mais les deux méthodes décrites ici (dans Flatland et dans Dimensions) sont similaires : se mettre à la place de créatures en 2D voulant apprendre la 3D, puis transposer tout ça à nous : se mettre en 3D et voulant apprendre la 4D.

Voilà d’autres explications (en anglais et en vidéo) :

Images : 1, 2, 3

image de Kenoir

img/Hypercube_construction_fr.png

C’est quoi la magnitude d’un séisme ?

Vendredi 07 décembre 2012

earthquake.jpg Alors que le Japon a subi aujourd’hui un nouveau tremblement de terre (magnitude 7,3) avec un petit tsunami (1m), on peut se demander ce qu’est cette « magnitude 7,3 » et à quoi il correspond concrètement.

En fait, il s’agit de mettre directement un nombre sur l’énergie libérée par le séisme, basé sur les déplacement de terrain et la nature de la roche, ce nombre est sans unités.

L’échelle de Richter n’est plus utilisé : elle était basée sur l’amplitude de déviation de l’aiguille de sismographe, or il est possible que cette dernière sature. De plus, la formule utilisé par Richter n’est physiquement pas homogène et ne marche que pour les séismes en Californie (à cause de la nature du sol et de la vitesse et l’angle de propagation des ondes sismiques, intégrées dans les constantes de calibration de la formule).

Bien que le nom « Échelle de Richter » est resté le nombre donné dans la presse est en fait calculé avec l’échelle de magnitude du moment (utilisant, lui, tout ce qui concerne les mesures de déplacement de terrains et de nature de la roche).

On notera qu’une augmentation de 1 dans la magnitude correspond à une multiplication par 31 de l’énergie libérée et par 10 de l’amplitude des mouvements des secousses.
Il en découle donc que la l’énergie libérée par un séisme de magnitude 9 est 27 000 fois plus importante qu’un séisme de magnitude 6. De plus, un changement de 0,2 dans la magnitude correspond à un séisme deux fois plus puissant en terme d’énergie libérée.


Sources :

image de martinluff

C’est Pas Sorcier, et ça ne le sera plus…

Jeudi 06 décembre 2012

Oh… France 3 a annoncé la fin de la production de nouveaux épisodes de C’est Pas Sorcier, l’une des rares émissions intelligentes encore en diffusion (pour enfants, mais aussi pour les adultes et tout le monde).

C’est une émission de mon enfance, que j’ai suivie durant des années. J’adorais regarder quand ça parlait de sciences, mais les épisodes sur les autres thèmes étaient tout aussi passionnants.

Bien que les dernières émissions avec plus de technologie et moins de maquettes n’a pas eu le même succès (à mon avis, et sur moi en tout cas) que les anciens épisodes, je trouve que c’est très dommage.

:-/

Norvège : Réacteur nucléaire au thorium.

Dimanche 02 décembre 2012

nuclear-plant.jpg Ah, enfin !

La Norvège veut mettre en place des réacteurs nucléaires au thorium, c’est pas trop tôt.

Comparé aux réacteurs nucléaires à l’uranium/plutonium, les réacteurs au thorium n’ont pratiquement que des avantages :
  • Réacteurs stables : il faut fournir un peu d’énergie pour que le réacteur nucléaire se mette en marche et produise de l’énergie. Il n’y a donc pas d’emballement possible du réacteur : il n’y a que besoin de couper le courant et tout s’arrête (alors que dans une centrale classique, le courant permet d’éviter l’emballement).
  • Combustible en grande quantités : le thorium est très présent à la surface de la Terre (plus que l’Uranium)
  • Peu de déchets : les déchets sont radioactifs durant seulement 10 à 15 ans pour la plus grande partie, et seule 0,01% est radioactive durant des milliers d’années.

Voici une vidéo sur le sujet Kirk Sorensen: Thorium, an alternative nuclear fuel.

Certains voulaient aussi utiliser cette source d’énergie dans des voitures : 8 grammes de thorium suffiraient pour faire rouler une voiture. Durant toute sa durée de vie.

(source)

image de thebmag