Le Hollandais Volant

Non, non, non, une pompe à chaleur n’a pas un rendement sur-unitaire.

Aujourd’hui

danger high tension logo
Combien de fois faudra t-il le dire : les machines à énergie surnuméraire c’est du charlatanisme (et les charlatans qui les présentent le savent très bien).

Le truc inévitable dans les débats après ça, c’est qu’il vient toujours la question des pompes à chaleur. En effet, on présente les pompes à chaleur comme une machine avec un rendement de 4 ; 5 voire de 10.
Cela est bien-sûr totalement faux. En physique, le rendement n’est jamais supérieur à l’unité. Il l’est sur la carte-bleu peut-être, mais pas en physique.

La grandeur que vous regardez là et qui est plus grand que 1, c’est le coefficient de performance de la pompe à chaleur. Ce nombre correspond à la réduction de la facture d’électricité.

La pompe à chaleur utilise un système mécanique de pompes et de compresseurs pour déplacer un fluide d’un endroit où se trouve de la chaleur (le sol de votre jardin) vers un endroit où on veut que cette chaleur soit (l’intérieur de votre salon). Pour qu’une pompe à chaleur fonctionne, il faut l’alimenter en électricité.
Le coefficient de performance, c’est le rapport entre la chaleur extraite du jardin et restituée à votre salon et de l’électricité que vous avez dû fournir pour effectuer cette extraction.

Si le coefficient de performance est plus grand que 1, ça signifie juste qu’il est plus rentable d’un point de vu économique d’utiliser une pompe à chaleur que d’utiliser un radiateur électrique. C’est tout.

Il n’est pas question de production énergie, mais de transport de chaleur. La pompe à chaleur va chercher des calories (de la chaleur) dans le sol (il y en a toujours, même en hiver) et les déplacer dans votre maison au moyen d’un fluide que l’on va forcer à capter et libérer cette chaleur quand on veut. On ne produit pas d’énergie, on ne revend pas d’énergie à EDF, on ne gagne pas d’argent : on en dépense juste beaucoup moins car on prend la chaleur du sol (que personne n’utilise) pour l’utiliser dans la maison, et ce transport coûte moins cher qu’utiliser un chauffage électrique ou à gaz.

L’utilisation d’une pompe à chaleur ne vous permettra pas de vous passer d’une facture d’électricité (ou alors vous devez pédaler…). Elle réduit juste la dite facture.

Image de Paulina Clemente

[MAJ] Le Parisien qui se croit tout permis…

Jeudi 28 août 2014

are you fucking kidding me Elles me font marrer les entreprises qui découvrent l’Internet. Elles ne comprennent pas que sur le Net tout le monde est un peu à égalité quand il s’agit de déposer un nom de domaine ou d’ouvrir un site, créer un blog et publier du contenu.

C’est le cas du journal « le Parisien », qui attaque le blog « theparisienne.fr » pour contrefaçon.

S’en suit évidemment un gros effet flamby contre le Parisien. Mais ça ne s’arrête pas là : le directeur du journal ment ouvertement pour se défendre (je cite Nikopik, lui-même d’ailleurs dans une affaire du genre) :

  • Quand Jean Hornain prétend que la blogueuse a voulu déposer sa marque The Parisienne, il ment puisque ce n’est pas le cas.
  • Quand il prétend qu’il y a eu discussions infructueuses, il ment puisqu’il a refusé le dialogue. Un des synonymes du mot « discussion » est « échange », or Monsieur Hornain a jusqu’à présent ignoré la blogueuse incriminée.
  • Quand il affirme qu’ils sont toujours ouverts à la discussion, il ment pour la même raison que précédemment. Sauf qu’ils sont maintenant bien obligés de tenter de discuter suite à l’ampleur que prend cette affaire et à la mauvaise image qui est maintenant associée au journal.

Et comme tu dis, les journaux et autres boîtes armées d’avocats n’ont même plus honte de raconter des conneries.

J’aimerais qu’ils se mettent dans la tête qu’on n’est plus à l’ère où la divulgation d’informations est réservée à une élite payée par l’état, mais que tout le monde peut le faire (et on ne s’en prive pas). Ils devraient aussi se mettre dans le crâne que tout ce qui est publié sur Internet y restera indéfiniment : les blogs sont recopiés partout à l’infini, la censure est impossible : il restera toujours quelque part une copie du document censuré (c’est l’effet Streisand, et plus la censure est féroce, plus le document visé sera divulgué). Enfin, sachez que les webmasters et les internautes ne sont pas abrutis (en partie parce qu’on lit sûrement moins vos feuilles de chou que la génération précédente, qui ne pouvait s’informer qu’avec les médias devenu désuet), et les prendre pour des cons se retournera forcément contre vous.

Ça me gave que certains gogos se croient tout permis, partout et tout le temps.

Mais tout ça n’arriverait pas s’ils ne prenaient pas comme marque un nom commun comme « le parisien ». Attaquer les gens parce qu’ils utilisent un nom commun, faut quand même pas être net.
C’est quoi la prochaine étape ? Attaquer la municipalité de Paris pour avoir un nom qui ressemble au journal ?


[MAJ] 30/08/14 : non content de causer droit-d’auteurs, le journal n’hésite pas à utiliser des photos de tout le monde sans rien demander. Pas de bol, la photo n’était pas libre de droits…

image du parisien avec la photo volée
Juste retour des choses, je trouve.

Mais la photo a depuis été changée… sûrement par une autre photo non libre de droits…

En vrac août 2014

Samedi 23 août 2014

chat assis sur un ordinateur portable Il se passe plein de choses, beaucoup de bordel dans le monde politique et social (comme d’hab en fait), donc voilà un petit récapitulatif.

  • Rightscorp, une société du style de TMG qui chope les vilain pirates veut que les internautes payent une amende sinon leur connexion ne sera pas rétablie une fois coupée. Ce serait déjà oublier que (ici en tout cas), tout le monde paye déjà l’amende avant même d’avoir téléchargé quoi que ce soit : ça s’appelle la taxe copie privée. On paye en effet parce que les éditeurs estiment qu’un support de stockage (clé USB, disque dur…) va forcément servir à contenir des contenus piratés.
  • Même principe pour Google et d’autres ayants droit : les ayants droit de combats de catch demandent à Google de déréférencer les futures vidéos de catch. En général, on attends qu’un crime soit commit avant de chercher les coupables et prononcer une sentence, ben dans le monde du Copyreich, non : on puni avant même que le crime ne soit commit. Avant même qu’il ne soit possible.
  • Il semblerait que les élèves un peu trop intelligents et qui remettraient en cause le rôle de la propagande l’éducation dans la rédaction de leur copies doivent mériter un 0/20. C’est marqué dans les barèmes de correction du brevet des collèges.
  • L’armée est sensée défendre un peuple contre les envahisseurs. Là, elle défend les gouvernements contre leur propres citoyens.. Aux USA, comme d’hab, où les policiers portent des armes lourdes. Il semble que ça parte un peu en guerre civile par contre. TF1 en parle de ça ?
  • Étape 1 : Microsoft décide d’installer une de ses filiales à Munich, ville symbole du passage des administrations sous GNU/Linux. Étape 2 : Munich songe à repasser sous Windows. Bien-sûr, tout ceci n’est que pur hasard…
  • À partir d’aujourd’hui, l’Homme a déjà épuisé toutes les ressources que la nature lui permettait jusqu’au 31 décembre. L’Homme consomme plus que ce que la nature peut donner.
  • Parce que Java c’est sans bug, totalement sécurisé et très léger, le gouvernement Français a décidé de conserver cette merde dans le système de vote par Internet.
  • Vous avez une Box Internet avec une offre TV que vous n’utilisez pas mais quand même reliée à votre écran pour y diffuser vos DVD ? Vous payerez quand même la redevance (130€/an) ! En fait, si vous avez un seul appareil contenant un tuner TV, vous payez. Faites comme moi : prenez un FAI sans offre TV et un video-projecteur.
  • En France, Netflix sera un acteur comme les autres : si vous comptiez chercher des films récents, ce n’est pas la peine, la législation Française l’interdit et Netflix ne compte pas se battre. Bref, tout le monde restera sur un autre service, avec des films récents, gratuitement, rapidement et en HD… Mais illégal, paraît-il.
  • Nikopik fait maintenant partie des blogueurs ayant aussi reçu des menaces pour une supposée enfreinte au droit du Copyreich. Visiblement, c’est un gamin qui s’amuse à envoyer des e-mails de menaces.
  • Après la police, la gendarmerie et d’autres, l’armée aura maintenant aussi son système de fichage fermé et opaque. L’excuse ? Le terrorisme, bien-sûr. Parce que tous les citoyens sont à la base des terroristes.
  • Il n’y a qu’aux USA où un collégien peut-être arrêté par la police pour avoir écrit un devoir où il raconte avoir tué le dinosaure de ses voisins. Meh. Même chose pour Steven Spielberg, maintenant critiqué pour avoir tué un tricératops.

Sinon les Connards Professionnels nous ont gratifié d’un excellent article sur les banques.

Image de Byron Chin

Cosmos : A Spacetime Odyssey

Samedi 16 août 2014

Cosmos est une série TV culturelle débutée en 1980 par Carl Sagan. Ce fut durant longtemps une des émissions documentaires les plus vues sur Terre (par plus de 500 millions de personnes dans 60 pays différents).

À sa mort en 1996, sa veuve ainsi que Neil deGrasse Tyson décident de continuer la série. En 2014, le projet est diffusé à la TV sous le nom Cosmos : A Spacetime Odyssey.

J’aimerais partager cette série avec vous : ce sont 13 épisodes d’environ 45 minutes chacun qui parlent de l’univers, de l’espace-temps, de la vie, de l’évolution, de l’homme, de l’exploration spatiale, des trou noirs et des grandes découvertes scientifiques (pourtant pas les plus connues) : de G. Bruno et Copernic à Faraday, en passant par Newton, Herschel, Halley ou encore par le français Mouchot.

Outre l’incroyable travail de vulgarisation fait dans cette série, les images et les animations d’explications sont magnifiques et très prenantes.

Il existe une version disque aux USA (zoonée (!)) disponible en import plus ou moins simplement, sinon on trouve aussi l’émission ailleurs sur la toile — et les sous-titres (à défaut de pouvoir le trouver en France autrement à ce jour).

Si vous aimez les émissions scientifiques, les documentaires sur l’univers ou la place de la vie et de l’homme en son sein, je vous conseille d’y jeter un œil. Ça vaut vraiment le coup :

cosmos a spacetime odyssey
Un résumé des épisodes est disponible sur Wikipédia, si un épisode en particulier vous intéresse.

Renard… Panda… Firefox… Logique ?

Vendredi 15 août 2014

un renard de feu qui dort Le navigateur Firefox a pour logo un panda roux, et bien que le nom « fire fox » peut se traduire littéralement par « renard de feu », ce n’est pas un renard.

Certains de crient à l’illogique des anglais ou du navigateur pour ça.


Ben voyons voir un peu :

  • Un cochon d’inde : c’est un rongeur qui n’a rien d’un cochon et ne vient pas d’Inde mais d’Amérique du Sud. Logique ?
  • Le lion de mer : ce n’est pas un lion. Même chose pour pour le léopard des mer, le cheval de mer, l’éléphant de mer. Logique ?
  • Le thé rouge n’est pas du thé mais une toute autre plante. Logique ?
  • La chauvesouris : pas une souris et pas chauve. Logique ?
  • Le Poisson chat : pas un chat. Logique ?
  • Le hollandais volant : pas hollandais, pas volant. Logique ?
  • Le petit-suisse : pas suisse, mais normand. Logique ?
  • L’étoile du berger : pas une étoile. Logique ?
  • La pile rechargeable : pas une pile, mais un accumulateur. Logique ?
  • La tomate cerise : pas une cerise. Logique ?

Alors non, le nom « Firefox » pour un panda n’est pas plus inapproprié que que celui pour cochon d’inde pour un rongeur venu des Andes.

image de Raphaël Quinet

D’où sort tout l’argent de Facebook ou Google ?

Vendredi 08 août 2014

facebook hq photo En 2013, Google a généré un chiffre d’affaire de 60 milliards de dollars (13 milliards de bénéfices net) et Facebook de 8 milliards (2,8 milliards de bénéfices).

D’où vient tout cet argent ? Qui paye Google et Facebook ?

Si les revenus de Google sont aujourd’hui monstrueusement diversifiés, tout comme la firme (qui fait maintenant aussi bien de la robotique, du lancement de satellites en orbite, des voitures sans pilotes et de la bio-ingénierie) il a commencé par le même modèle économique que Facebook le fait encore aujourd’hui : la publicité.

Les services que proposent Google et Facebook aux internautes sont des services gratuits : on ne paye pas pour s’inscrire ni pour utiliser le site (en tout cas, pas avec de l’argent, et pas le grand public).

Le modèle économique de la publicité fonctionne dans une sorte de boucle, et celui qui la paye, c’est l’internaute, vous et moi par exemple (même si je bloque la publicité, personnellement).
Il faut savoir que quand vous achetez une bouteille de Coca-Cola par exemple, une partie du prix sert à financer les campagnes de publicité faites par la firme. Ces campagnes sont par exemple les pancartes dehors, les spot à la télé et… les encarts publicitaires sur le web. Sur le web, Coca-Cola paye des sites pour qu’ils affichent une image « buvez Coca-Cola ! ».

Ce site web, ça peut être Google ou Facebook, surtout qu’on parle là des deux sites les plus visités au monde, avec chacun plus d’un milliard de visites par jour. Coca-Cola n’est pas la seule entreprise à payer Google et Facebook pour qu’ils parlent d’eux. En fait, toutes les marques le font. Toutes les entreprises ont besoin de se faire connaître et sont prêtes à payer beaucoup d’argent pour ça.

Là où ça devient encore plus intéressant dans le cas de Facebook, c’est que ce dernier sait exactement qui sont chacun les utilisateurs. Quand vous « likez » la page de Coca-Cola, Facebook sait que vous aimez ce produit et va donc vous afficher les derniers produits de la marque. Pour Facebook, ce profilage des utilisateurs est d’une grande valeur : vu que Facebook sait exactement qui aime quoi, il va pouvoir dire à Coca-Cola qu’il peut cibler la publicité pour la rendre beaucoup plus efficace, et donc demander beaucoup plus d’argent à Coca-Cola.

En donnant à Facebook vos informations comme le nom de vos amis, vos styles musicaux, votre boisson favorite ou même votre lycée fréquenté, vous contribuez à la puissance de Facebook : chaque information est utile pour Facebook qui peut alors faire des statistiques en enquêtes en direct non plus un échantillon de personnes, mais sur toute la population (en France, ce ne sont pas 1'000 ou 5'000 personnes qui sont sur Facebook, mais 26'000'000, soit pas loin d’un français sur deux). Ceci lui permet de faire des analyses très poussés et très précises (bien plus que ne pourra jamais le faire l’INSEE) sur la consommation, le niveau d’études, la localisation et plein d’autres paramètres.
Facebook vends ensuite ces études aux entreprises qui peuvent alors faire des publicités plus efficaces et augmenter leurs bénéfices à leur tour en vendant d’avantage de produits à nous, consommateurs et porte-feuilles.

C’est la vente de ces informations et leur traitement statistiques servant à cibler la publicité qui génère de l’argent à Facebook et les autres. Facebook prend donc de la valeur aux yeux des investisseurs, et c’est pour ça que ce qui était un simple site web est à ce jour un empire estimé en bourse à 189 milliard de dollars.

image de Marco Paköeningrat

#Netflix : aux FAI, fermez-la et fibrez !

Vendredi 01 août 2014

photo d’une pelure d’orange Orange dit qu’il ne fera rien pour permettre à Netflix (service de séries + films en illimités pour 10€/mois) de s’installer en France. Ce qui en langage clair donne : « si vous avez Orange, Netflix sera volontairement bridé et impossible à avoir, même si vous payez pour du 100 méga ». Orange dit qu’il préfère un Netflix franco-français (Net-Flic, plutôt, non ?). Ce qui est assez logique, vu qu’Orange possède Daylimotion qui diffuse également des vidéos, et qui va bien dans la tendance actuelle de renfermement de la France sur elle-même (mais ça c’est mon avis).

Ça commence à faire les FAI qui veulent faire plus que FAI.

Personne n’en a rien à foutre que les FAI français s’occupent de faire leur propre Netflix, ce n’est pas leur boulot ! Si on a un abonnement à l’Internet, c’est pour en faire l’usage qu’on veut, pas celui qu’ils veulent.

Alors, Orange, tais-toi et occupes-toi de planter de la fibre partout pour que tout tes clients aient le débit pour lequel ils payent et puissent voir Netflix si ils veulent et comme ils veulent.

Ce n’est pas à toi de choisir si oui ou non on a le droit d’avoir Netflix. Tu transporte des octets et puis c’est tout : c’est pour ça que tes clients te payent.

image de Bruce Guenter

Ça y est, les pratiques de merde sont là aussi en HTML5…

Lundi 28 juillet 2014

fffffuuuuuuuuuuuu
C’est le genre de conneries qui me gave : les tous petits trucs qui font qu’on a l’impression qu’il y a un connard quelque part sur Terre qui a dit un beau jour « tiens, ajoutons cette option qui va fait chier tout le monde, tout le temps ».

J’avais déjà mentionné plutôt gentiment qu’on devait toujours éviter d’empêcher de zoomer un site web sur mobile : empêcher le visiteur de zoomer, c’est juste chiant et ça ne sert strictement à rien du tout.

Maintenant, je parle de l’attribut « autocomplete="off" » sur les champs des formulaires qui est utilisé n’importe comment (allez voir la page de connexion de Pixmania.com, pour constater ce crime contre le HTML).

Ce code sert à quoi ? Il dit au navigateur qu’il ne doit pas activer la suggestion du contenu quand on commence à taper du texte dans un champ de texte d’un formulaire. En général, la suggestion dans les formulaires est plutôt utile dans le champ d’un pseudo, d’une adresse email ou d’un site web : ces données ne changent pas à chaque fois qu’on se connecte à un site et dès qu’on commence à taper son email, la suggestion s’affiche et on gagne du temps. En revanche, cette option doit être présente (et à "off") dans les champs où le contenu varie tout le temps : captcha ou code à usage unique par exemple.

Et bien devinez quoi ? Certains le mettent à "off" et partout : même sur les champs texte d’adresse email et de pseudo (ce qui oblige les gens à se farcir la frappe de l’adresse email en entière). L’utilité est aussi grande qu’un feu tricolore en pleine ligne droite sur une route isolée en plein désert.

Je ne sais pas comment les gens arrivent à vivre sans savoir utiliser les outils développeurs et virer en direct ce putain d’attribut autocomplete du code source (manip à faire à chaque fois qu’on rencontre une page codée par un cochon) : ces gens subissent les conséquences des codeurs qui savent pas coder à longueur de journée. Ça me fait presque de la peine :(.

Dans le même genre, on retrouve les sites qui empêchent le clic droit, empêchent les raccourcis claviers ou empêche le redimensionnement des champs texte.

Le paradoxe de Braess, ou comment aller plus vite en allant plus lentement

Dimanche 27 juillet 2014

Je viens de tomber sur cet article qui explique qu’en ayant réduit la limite de vitesse sur le périf parisien de 90 km/h à 70 km/h, la nombre de bouchons a diminué de 40%, et qu’au final la circulation est plus fluide. Ils comptent laisser cette limitation de façon définitive à partir de janvier 2015.

Ceci est un exemple du paradoxe de Braess appliquée au réseau routier, qui dit en gros que pour accélérer le trafic d’un réseau il faut en retirer les portions les plus rapides.

Comment c’est possible ?

Pour expliquer ceci, il faut conjecturer que tous les automobilistes adoptent un comportement égoïstes et pensent d’abord à arriver rapidement à leur point de destination plutôt que penser au trajets des autres et à la fluidité du trafic : chaque automobiliste va d’abord et avant tout emprunter les routes les plus rapides pour lui, tant pis si ça ralentira tout le monde avec des bouchons. En effet, les gens prennent généralement l’autoroute, mais s’ils préfèrent les petits chemins, ce n’est jamais pour que les autoroutiers aient moins de bouchons, n’est-ce pas ?

Regardons cet exemple avec des routes et des villes (A, B, C, D) :

situation paradoxe breass
Le but est d’aller de la ville A à la ville D.
Les chiffres indiquent la durée qu’il faut pour aller d’un bout à l’autre de la rue :
  • la route jaune est une voie rapide : il faut 1 minute pour aller d’un bout à l’autre.
  • la route verte est une voie lente : il faut 6 minutes pour y aller
  • la route rouge est une voie rapide, mais très étroite et dangereuse : il faut autant de minutes pour y aller qu’il y a de voitures dessus en même temps.

Si vous êtes tout seul sur la route, il faudra emprunter le chemin ABCD, et vous mettrez alors 1+1+1 = 3 minutes pour aller de A à D. Ceci est effectivement plus rapide que de passer par le chemin ACD en empruntant la voie verte et où vous mettrez 6+1 = 7 minutes.

À présent, imaginons qu’il y a beaucoup de trafic : 4 voitures doivent emprunter la route pour aller de A à D. Évidemment, ils vont tous passer par le chemin ABCD, pensant que le passage sur la voie rapide jaune va les aider à aller beaucoup plus vite. Or, avec 4 voitures sur les routes rouges, il faudra 4 minutes pour aller d’un bout à l’autre. Pour aller de A à D, il faudra donc 4+1+4 = 9 minutes.
Ceci est déjà beaucoup plus long qu’avec une seule voiture, mais ça sera toujours plus rapide que passer par la voie verte (où il faudra 6+4 minutes = 10 minutes).

On se dit que la voie rapide jaune, malgré le fort trafic aide tout le monde à aller plus vite malgré les voie lentes rouges qui mènes à elles. En fait, il s’agit d’une fausse impression.
Regardons ce qui se passe quand on bloque cette route et qu’on oblige les gens à choisir une autre route :

situation paradoxe breass
Dans cette configuration, si vous êtes le seul sur la route, il vous faudra 6+1 = 7 minutes pour aller de A à D. Ceci est beaucoup plus long que les trois minutes qu’on avait quand la voie rapide jaune était ouverte.

Mais maintenant ajoutons les autres voitures et revenons à un trafic important de quatre voitures. On peut supposer que vu que les chemins ACD et ABD sont symétriques, les automobilistes voyant qu’une des routes est déjà congestionnée vont emprunter l’autre route. Pour une partie des voitures il faudra donc 2+6 = 8 minutes et pour l’autre partie des voitures il faudra 6+2 = 8 minutes pour aller de A à D.

On remarque qu’avec quatre voitures, cela prend plus de temps d’emprunter une route avec la voie rapide qu’emprunter un détour si cette voie rapide est fermée.

Ceci est très intéressant : en supprimant les voies les plus rapides (les plus utilisées, en fait), le trafic routier est plus fluide ! Non pas vraiment à cause de la voie rapide, mais plutôt parce que les voies menant à la voie rapide sont lentes (mais tout aussi empruntées).

Ceci a d’ailleurs été remarqué (source PDF (fr)) sans l’avoir fait exprès, à Séoul en Corée du Sud (une mégapole six fois plus grande que Paris) : la ville avait 3 tunnels en 2002 et il passait 168'000 véhicules chaque jour. Lorsqu’ils ont fermé un des tunnels pour remettre une rivière à cette endroit, le trafic des autres tunnels à diminué, le trafic s’est dilué dans toutes les routes partout autour et les tunnels n’accueillaient « plus que » 30'000 véhicules par jour.

À l’origine, ce paradoxe a été établit pour la congestion des nœuds du réseau pour Internet : si on met un gros câble en fibre optique très rapide entre deux points, toutes les données voudront l’emprunter et ça se fera sans problèmes pour le gros câble… mais avec des problèmes pour les petits câbles tout autour, et au final c’est tout le trafic qui est perturbé. La solution est donc de ne pas construire de « voie rapide », mais plutôt de faire plein de voies « normales » en parallèle.

C’est également pour ça que le partage de gros fichiers via la technologie P2P est si rapide par rapport à des solutions comme Mega ou 4Shared : si un fichier est très demande, les sites Mega ou 4Shared seront saturés, mais avec le P2P, le fichier étant partagé directement d’un internaute à un autre sans passer par un point central, c’est tout le réseau qui est utilisé pour partager le fichier, pas seulement le réseau de Mega ou 4Shared.

(L’exemple et le schéma de cet article sont inspirés de cette vidéo)