Ces icônes qui vieillissent

L’apparition des interfaces graphiques sur les ordinateurs et leur utilisation à la place des interfaces textuelles a eu une conséquence : l’usage d’icônes au lieu de mots pour représenter une action sur un écran. On clique en effet sur l’icône d’un haut-parleur pour gérer le son, et non pas sur un bouton inscrit de « gestion du son ».

Choisir une icône relève d’un important travail : comment faire en sorte que le dessin d’une icône soit bien représentative de l’action qui lui est associée ?
Pour l’icône du son, par exemple : ce que l’icône représente n’est en fait qu’une partie généralement cachée d’une enceinte, le haut-parleur, justement. Pourtant il est communément accepté aujourd’hui.

Ce travail n’est pas simple du tout, mais ici je vais parler d’un autre problème : les icônes qui vieillissent.

Par exemple, l’icône aujourd’hui très répandue pour l’action « enregistrer » est une disquette :

i
Questions :

  • qui sait ce qu’est une disquette ?
  • qui en a déjà vu ?
  • qui en a chez lui ?
  • qui en utilise encore ?

Je pense que la majorité d’entre vous répondront « oui » aux deux premières questions (quoi que : si vous avez moins de 15-20 ans, ce n’est peut-être même pas sûr). Je suis même persuadé qu’une partie en a chez lui (c’est également mon cas). En revanche, je suis sûr qu’une vaste majorité n’utilise plus de disquettes du tout depuis au moins plusieurs années.

Alors comment se fait-il que tout le monde connaisse cette icône, alors qu’une portion grandissante des utilisateurs n’ont jamais utilisé de disquettes et même jamais vu ?
J’ai bien une idée de la réponse : c’est parce que « c’est comme ça ». On vous a dit que c’était le bouton pour sauver votre travail et depuis vous savez que c’est ça, que ce soit sur un jeu vidéo, sur l’ordi, la tablette, le téléphone…

Juste pour info, voilà une photo de quelques disquettes 3½ pouces :

des disquettes 3½ pouces
Comme c’est inscrit dessus, la capacité des disquettes est de 1,44 Mo. Oui, méga-octets. Leur taux de transfert maximal est de 62,5 ko/s. Et celles là sont des disquettes « hautes capacité », les dernières produites (avant il y en avait d’autres : plus grandes, plus lentes, moins capacitives).

L’icône de la disquette était très explicite il y a 25 ans : la disquette était le support de stockage communément utilisé (comme la clé USB aujourd’hui, ou même le cloud), et signifiait qu’on fixait son travail sur un support physique pour pouvoir la conserver pour plus tard ou pour le partager avec quelqu’un d’autre.

Aujourd’hui, l’enregistrement d’un fichier a toujours le même but, mais à aucun moment n’intervient la disquette. Aussi les applications ont-elle ajoutés des boutons pour être en phase : enregistrement PDF, envoie par e-mail, partage direct sur les réseaux sociaux. Mais le symbole de la disquette est toujours là.

Voici quelques autres icônes qui se retrouvent dans le même cas, à des degrés plus ou moins poussés :

quelques autres icônes
Première ligne :

  • le répondeur : il représente deux bobines de bande magnétique sur laquelle étaient enregistrés les messages vocaux laissées sur les anciens téléphones. Le format de stockage pour ça était en effet de la bande magnétique (des petites bobines contenant des dizaines de mètres de ruban très fin).
  • le téléphone : c’est le combiné téléphonique d’un téléphone fixe avec fil (oui on devait rester à côté du téléphone — de la taille d’une brique — pour parler). Bien loin des smartphones…
  • une enveloppe : (en papier) celle là est assez simple je pense pour ne pas avoir besoin d’explications. Qui utilise le courrier postal (coûte 1€ la feuille, arrive après 2 jours, obligé de se déplacer au bureau de poste pour envoyer) pour communiquer entre potes quand on peut le faire via e-mail, sms, ou les réseaux sociaux ?
  • un clavier de téléphone fixe : la disposition des touches numériques sur les claviers de smartphone sont hérités de celle des vieux téléphones fixes. On y trouvait aussi les touches dièse et étoile.

Seconde ligne :

  • une pile : là aussi on s’en souvient, mais à l’heure actuel tous les appareils sont rechargeables et les piles tendent être moins utilisées. Elles continuent cependant d’être l’icône des batteries sur les smartphones et les ordis.
  • une bobine de film photographique : avant pour faire une photo, on achetait du papier photographique qu’on plaçait dans un appareil photo et on devait tourner une petite manivelle pour dérouler la bobine et prendre une nouvelle photo. Le film photo réagissait à la lumière (comme un capteur CCD, mais de façon chimique). Il fallait ensuite donner le film au photographe pour qu’il développe les photos sur du papier (opération qui se faisait avec des produits chimiques dans une pièce toute noire).
  • un réveil mécanique : aujourd’hui, on utilise un smartphone pour se réveiller (les moins jeunes utilisent peut-être un radio réveil, qui fait radio en plus de réveil). Encore avant on avait cet objet entièrement mécanique dont on remontait le ressort avec une petite manivelle (ou une clé) au dos et une petite aiguille venait frapper deux cloches situées sur le dessus, à l’heure désirée.

Certaines icônes tirent leur origines d’objets pratiquement disparus aujourd’hui : le répondeur ou le combiné téléphonique par exemple. Les icônes continuent pourtant d’être très répandus, et même d’être l’icône « standard » pour leur applications propres.
D’autres sont plus faciles à identifier même pour les plus jeunes (email, par exemple) mais là encore, on a tendance à oublier que l’usage de ces objets s’est dévié : le courrier ne sert plus trop pour communiquer entre particuliers (pas dans ma génération en tout cas, et très certainement pas non plus celles à venir).

Et des icônes comme ça, il y en a plein d’autres : une carte routière (pliable), une disque vinyle, une loupe, un poste radio, un carnet de contact… ou même tout simple un dossier pour les fichiers.

Il est probable qu’un jour viendra où tout le monde utilisera encore ces icônes sans avoir la moindre idée de l’existence d’objets matériels à leur effigie.

Plus comique, viendra t-il un jour où on entendra « pourquoi t’as une icône “enregistrer sous” sur ton bureau ? » ou « Bonjour, je cherche des icônes Gmail en papier, vous avez ça ? » ? Ça serait amusant, je trouve.


Mais oui, demandons à Google et Facebook pour nous protéger des terroristes !

Ça y est, Valls et les autres se tournent vers les géants du net pour leur demander de déréférencer les sites terroristes et organiser un contre-discourt anti-djihadistes.

Pourquoi pas, même si dans l’idée, quelque soit le discourt, demander aux gens de diffuser une idéologie par la force (j’imagine qu’au final, les géants du net n’auront pas bien le choix), ça s’appelle de la propagande.

Et sinon, fermer les sites djihadistes et aller chercher et arrêter ceux qui sont derrière, ce n’est toujours pas d’actualité ?

C’est sûr que quand il s’agit de protéger le Copyreich, on sait fermer Megaupload et poursuivre Kim Dotcom.

Mais pour protéger les citoyens, fermer (pas seulement bloquer) un site et mettre en prison ceux qui sont derrière, nan c’est pas possible et on se contente d’un blocage DNS qui ne sert à rien (mais qui offre un potentiel très intéressant pour les gouvernements en manque de pouvoir et de censure dans un monde qui va plus vite qu’eux).

Quand avouerez vous que la sécurité des citoyens, vous vous en foutez.
Quand avouerez vous que votre but (avec l’excuse à la fois du terrorisme et chti'n'enfants), c’est le flicage de masse ?

Je ne suis pas contre une coopération du secteur privée et du secteur public. Au contraire : tout ce qui peut être mis en œuvre devrait être fait. Mais il faudrait premièrement ne pas se tromper d’ennemi : le terrorisme tue moins que les policiers (58 fois plus de chances d’être tué par un policier que par un terroriste, aux USA, alors qu’en France, la police tue une personne par mois, soit environ autant que le terrorisme depuis 2000).

Et deuxièmement, faudrait arrêter de faire semblant de combattre le terrorisme avec des blocages DNS et de la propagande gouvernementale. Le cas Megaupload et même d’autres montre que quand on veut fermer un site et emmerder ceux qui les tiennent, on peut. Même quand ils ailleurs : la coopération internationale fonctionne bien pour ça (et pour Panama aussi, tout le monde s’entend). Faudrait peut-être la faire marcher aussi pour le terrorisme. Ah oui : par contre on n’est pas comme le Copyreich : nous on paye pas les flics pour agir où on veut. Enfin, si, on les paye avec nos impôts… pour recevoir des coups de bâton et des grenades en retour


Les problèmes n’existent que si un député les voit

Ça m’énerve ça : il faut toujours qu’un sénateur ou un député soit face à un problème pour qu’il daigne vouloir faire quelque chose et faire avancer la situation. On avait déjà eu la même chose avec le problème de la publicité sur les e-billets (classé sans suite par Bercy et donc toujours présent à ce jour), ou encore avec ce député qui découvre que tous les réseaux Wi-Fi sont fermés à cause de la Hadopi qu’il a lui-même voté.

À croire qu’il n’y a jamais de problème dans ce pays si un sénateur ne tombe pas par hasard dessus.

Car toi, tes problèmes, tu peux bien les gueuler dans la rue, ils ne changeront rien. Ou si : t’empêcher de gueuler dans la rue.

Vous comprenez maintenant pourquoi je souhaite que les élus soient payés au SMIC ?

Pour qu’ils se rendent compte, eux aussi, comment ça fait de vivre avec 1 141,61 € par mois avec lequel tu dois tout survivre et payer factures, loyer, bouffe, voiture, loisirs, école, enfants et j’en passe. Et qu’ils se bougent le cul pour faire progresser la situation.


À propos de l’ITER et la recherche scientifique

J’avais déjà fait un article, il y a 5 ans, sur l’ITER, le Réacteur Thermonucléaire Expérimental International.
À la lecture d’un article un peu découragé à son propos — le projet faisant face à des problèmes budgétaires — je me décide à refaire un petit point.

L’ITER retardé de nouveau, ça me fait penser à l’histoire du Superconducting Super Colider, un accélérateur de particules absolument immense (beaucoup plus gros que le LHC) que les USA avaient commencé au début des années 1990 mais qui n’a jamais été fini faute d’investissements de la part du congrès Américain.

Rétrospectivement, beaucoup de gens s’accordent à dire que le problème était la communication : les scientifiques derrière le projet, et défendant leur cause devant les politiques, au lieu de vulgariser et faire passer les avantages à investir dans la recherche scientifique, et en particulier sur les retombées économiques plusieurs ordres de magnitude supérieurs aux coûts que ça produirait, avaient jugé convenable de parler du boson de Higgs. Inutile de dire que la découverte d’une particule prédite par le modèle standard de la physique quantique n’est pas le meilleur moyen pour persuader une assemblée de politiciens de lâcher des sou-sous.

Le LHC n’a lui pas été abandonné et son développement a permis au CERN de créer le Web.
Et sans eux, pas Google, pas Facebook, pas Twitter, pas Wikipédia, pas Netflix, pas Youtube, pas Amazon ni toute l’économie monstrueuse qui va avec tout ça : on estime que les inventions faites par et pour le LHC et le Cern génèrent 1 500 fois plus que son coût initial — qui est de 2 € par mois et par européen, juste pour remettre les choses à leur places — et ça, chaque année depuis 20 ans. Sans compter que des accélérateurs plus petits fonctionnent dans les hôpitaux, pour produire des atomes et ions destinées à sauver des vies. C’est loin d’être rien…

Revenons à l’ITER.
Le réacteur thermonucléaire expérimental international (ITER, si on traduit en anglais) a pour but de voir si la fusion thermonucléaire est envisageable à long terme. Ce n’est pas lui qui va produire l’énergie de demain, il s’agit d’un prototype expérimental.
Si c’est concluant, alors on aura entre les mains la puissance du Soleil, avec une énergie propre avec comme « déchet » un produit utile, propre et rare : de l’hélium (et comme combustible de l’hydrogène, donc de l’eau : soit rien qui nécessite de faire des mines profondes et qui expose les gens à des rayonnements et des produits toxiques).

Bref, l’ITER est très différente d’une centrale nucléaire habituelle (et ne mérite pas du tout les attaques des groupes écolos qui ne savent pas de quoi ils parlent), qui oui, coûte cher, mais dont les retombées sont très prometteuses, voire cruciale pour les siècles à venir.

Sans compter que si ça ne marche pas (ça peut arriver), alors l’investissement n’aura pas été vain non plus : tout comme le LHC, la Nasa, et les autres gros projets, l’ITER a et va mobiliser des ingénieurs et des chercheurs pour répondre à des problèmes. Les solutions pourront et seront alors utilisables et utilisées par d’autres, et pour le bien de tous. Comme j’ai dit : beaucoup d’hôpitaux utilisent des technologies inventées pour le LHC dans le but de sauver des vies ! Pour la Nasa, citons le fait — qui est loin d’être le seul — qu’elle a envoyé des satellites en orbite qui vous permettent d’avoir le GPS, la télé, la météo, et donc de vous protéger en cas de vigilance orage, cyclone ou typhon (ok, pas en France ça).

Et n’oubliez pas : si Einstein, Bohr ou Feynman n’avaient pas été financés par l’argent public, la physique quantique ne serait pas inventée, ce qui signifie donc qu’on n’aurait ni smartphones, ni PC, ni écran-plats, ni CD, ni jeux-vidéos, ni TNT-HD couleur, ni ampoules LED ou écrans LCD, et bien d’autres choses, en particulier dans le domaine médical.

À vous de choisir.


Politique socialiste de mon cul

Putain de politique de merde.

Les citoyens lambda qui essayent de gagner de quoi finir leur mois sur internet, on veut les fliquer un maximum pour s’assurer qu’ils payent bien les 1,60 € d’impôts et de cotisations sur les 3,06 € de gagnés.

Par contre, quand les industriels et les politiciens millionnaires sont pris la main dans le sac avec les Panama Papers ou l’affaire Luxleaks, on ne dit rien, on les laisse faire.
Pire, on traîne en justice ceux qui les dénoncent.

Fait chier.


Gouverné par des illettrés de l’informatique

Alors que le service des impôts devrait libérer son code source, cette libération de code devrait également être étendue aux autres services administratifs.

Mais c’est sans compter le Sénat, dont certains membres manifestent encore leur incompétence sur les sujets débattus (incompétence qui va pourtant se répercuter sur 65 millions de personnes).

En effet, selon un sénateur :

Transmettre le code source d’un logiciel permet (...) d’accéder aux informations qui régissent ce logiciel, il n’y a plus besoin de le pirater !

Et aussi :

le projet de loi Lemaire permet aux administrations de refuser la diffusion de certains documents administratifs (dont les codes sources) dès lors que leur divulgation porterait atteinte “à la sécurité des systèmes d'information des administrations”. Selon le député Luc Belot, […] il s’agit de protéger la sécurité informatique des administrations.

(source)

Ils n’ont encore rien compris (ou personne leur a expliqué, mais s’ils avaient demandé, on n’en serait pas là).

Ce raisonnement est complètement crétin : c’est pas parce qu’un algo est caché qu’il est sécurisé.
Si une application est mal foutue, ce n’est pas en cacher le code source qui la rendre plus sécurisée. Ça donne l’illusion de sécurité, mais ce n’est justement qu’une illusion.

Prenons un exemple : quand vous avez une porte protégée par un digicode, le clavier du digicode n’est ni protégé par un verrou ni gardé par un policier. Tout le monde y a accès et tout le monde peut essayer de deviner le code. La sécurité du digicode ne réside pas dans le fait que le clavier du digicode soit accessible ou non. La sécurité réside dans le fait que le code secret soit bien secret. C’est tout.

Dans le code de la cryptographie c’est pareil : le logiciel, le formulaire, le code source n’ont pas besoin d’être secrets, si les clés de chiffrements (les mots de passes, si vous préférez) sont suffisamment sécurisées.
En pratique, ces clés de chiffrement sont très longues et très compliquées. Elles sont générées de façon très complexe, en utilisant des variables aléatoires, impossibles à reproduire même en utilisant le même programme dans les mêmes conditions. La sécurité (et la difficulté d’un bon système de chiffrement) réside là : dans l’unicité du mot de passe grâce au caractère l’aléatoire qu’on injecte dans les clés, puis dans le fait que ces clés soit bien secrètes.

La totalité des grands systèmes de chiffrements utilisés partout, que ce soit RSA, AES, et leur implémentations comme TLS (utilisé sur les sites « https » comme celui de votre banque) ou PGP/GPG et bien d’autres, sont en fait open-source et souvent également libres. Ça ne les a jamais empêchés d’être suffisamment forts pour être utilisés à grande échelle (et de continuer à donner beaucoup de fil à retordre à la NSA).

Si vous voulez retenir quelque chose, retenez ça : en sécurité informatique ce n’est pas l’algorithme qu’il faut cacher. Ce sont les clés (mots de passe) qu’il faut cacher.

De la même façon, cacher le code d’un programme utilisé par les administrations ne rendra pas le système moins vulnérable. Au contraire : s’il y a des failles de sécurité dans un programme lisible par des millions de personnes, alors des millions de cerveaux seront plus à même de les déceler que les 4 ou 5 stagiaires qui font les programmes.

ÉDIT : pour répondre à certaines questions dans les commentaires et pour éviter de dévier.
On parle ici de codes sources financés par l’argent public. Il n’est pas admissible que ceux qui payent pour ça n’y aient pas accès. L’État Français ce sont les citoyens, pas une poignée d’élus.

À ce titre, la question (selon moi) à débattre en général n’est pas si on doit libérer le code source, mais plutôt comment s’y prendre.
Le rôle du sénateur c’est justement de dire si oui ou non il veut rendre au peuple ce qui lui revient de droit. Il n’est pas là pour causer technique comme il le fait.
Pour la seconde question, comment s‘y prendre, c’est ensuite le rôle d’experts et d’ingénieurs en informatique de faire le travail, et d’y parvenir.


Consulter les internautes pour chaque projet de loi ?

Un député veut que les internautes soient consultés sur chaque projet de loi

C’est une bonne idée d’inclure les citoyens dans le processus parlementaires. Ça se fait d’ailleurs de plus en plus, même si c’est toujours très peu pour l’instant, et encore faut-il que les parlementaires eux-mêmes en tiennent vraiment compte. Car quand ils avaient lancé une consultation sur le libre dans l’administration, l’avis des internautes était absolument sans appel. Mais les élus ont balayé ça d’un revers de la main et ont tout ignoré.

Ensuite, je vois une autre chose.

Pourquoi vote-t-on pour des élus ? Parce qu’inclure chaque citoyen dans le processus de vote des lois était impensable en en 1789. Un référendum sur chaque texte est matériellement impossible : pas assez de papier, de temps, de personnes pour compter les voix… Bref, il était normal, technologiquement, de ne faire qu’un référendum ou vote tous les quelques ans.

Aujourd’hui, on a internet : on peut voter pour un texte en un mouvement de doigt et ça prend 2 secondes.

Et si les gens ont assez de temps pour envoyer 1, 2 ou 3 par SMS pour sauver un guignol de la télé-réalité alors il a assez de temps pour participer à la vie citoyenne et accomplir son devoir civique.
Si il n’a pas envie, c’est son problème, mais qu’il ne vienne pas râler ensuite, c’est tout.
S’il ne sait pas assez de choses pour participer en politique, c’est son problème aussi : dans l’ère de l’information, l’ignorance est un choix, premièrement. Et deuxièmement, on n’a pas besoin d’avoir bac+12 en politique pour savoir si un texte représente soit un avantage pour nous, ou si c’est au contraire un entubage bien profond. Et c’est justement ça la politique : choisir ce qui nous arrange le plus, selon nos idées et nos convictions et c’est la majorité qui aura le dernier mot.

Ce principe de vouloir faire voter tout le monde sur chaque projet de loi, chaque grand texte, c’est l’aboutissement d’internet afin de mettre en place une démocratie. La technologie de notre temps permet de faire participer tout le monde à la vie citoyenne. Ça n’était pas le cas par le passé, ça l’est aujourd’hui.

Il n’y a plus de raisons de rester en république alors qu’on pourrait être en démocratie.


Microsoft, si t’aimes l’open-source…

L’UE ne veut pas mettre l’Open-Source en avant pour le format des données « officielles » à destination de tous (dont les citoyens).

L’Europe avait déjà par le passé imposé un format plus ou moins ouvert, au moins gratuit et sans restrictions, avant de faire quelques pas en arrière (notamment sur la définition d’un format « ouvert » qui n’a pas arrêté de changer) pour décider qu’un format de données suffisant soit qu’il fasse partie des recommandations « FRAND », c’est à dire en gros « pas trop cher ». Oui, c’est très vague et loin du gratuit.

On est loin de l’Open-Data, n’est-ce pas ?
Et ça limite l’accès aux données aux seules personnes capables de débourser quelques euros pour pouvoir acheter un logiciel et un système d’exploitation spécifique, ou un droit d’accès au fichier concerné.

Maintenant je m’adresse à Microsoft : Microsoft, toi qui depuis quelques temps déclare ton « amour » au logiciel libre, à l’open-source, au gratuit et à la transparence, alors que tu as toujours méprisé ça par le passé, c’est le moment d’ouvrir ta gueule et de dénoncer cette décision de l’Europe.

Mais je pense que tu ne feras pas ça.
Un format fermé et payant c’est ton modèle. Et si désormais Windows 10 est « gratuit », ton nouveau modèle économique n’est ce pas — justement — des applications à prix accessible sur ton Windows Store ?


1000 articles

Juste un petit mot pour dire que ce blog totalise avec celui-ci 1000 articles. C’est énorme.

Le site vient également de passer le cap des 7 années d’activités (soit un article tous les 2,6 jours en moyenne), et ça aussi c’est énorme. Pour moi, mais aussi en soi, sur le web : je ne compte plus le nombre de blogs naître, mourir ou être laissé à l’abandon entre temps…

1000 articles c’est aussi 15 690 commentaires, dont la très vaste majorité constructifs, dans un français correct et apportant un gros plus aux articles et au site tout entier. Merci beaucoup pour ça.

Si vous me suivez sur le blog, sachez que ce site regroupe également des dizaines de pages « tutoriels » (dont certaines sont cachées :P) ; une trentaine d’outils gratuits en ligne ; et aussi une section de 15 186 liens partagés au fil du web assortis de mes commentaires.

L’ensemble, depuis le début, totalise plus de 75 000 000 de pages vues, ce qui est là également beaucoup plus que ce que j’aurais jamais pu imaginer en mettant le site en ligne le tout premier jour.
Pour un blog personnel où un internaute lambda ne fait que réagir à l’actu et partager quelques astuces, je trouve ça considérable également, mais je ne saurais dire pourquoi ou comment c’est arrivé ni ce que ça me fait : c’est gratifiant, touchant, effrayant… tout ça à la fois.

En ce qui concerne l’avenir, je ne compte pas changer mes habitudes : je continuerai à poster des choses, de façon irrégulière et au gré de mon humeur, donnant mon avis, qu’il plaise ou non, sur l’actualité et le monde.

Je ne sais pas trop quoi dire de plus, donc je m’en tiendrai à ça.
Quoi qu’il en soit, encore une fois, merci à vous tous :D


Non, ce n’est pas une menace ça, ça s’appelle la démocratie !

Les prochaines élections sont dans 1 an. Nous nous souviendrons de leur vote en 2017
Les anti-loi El Khomri menacent les députés PS de ne pas voter pour eux en 2017

(via)

Juste : non, ce n’est pas une « menace » ça.
C’est simplement la démocratie (ou la république, plutôt).

Les députés et politiques sont là pour représenter la volonté populaire. Pas celui des porte-feuilles en costard.

« Tout flatteur vit au dépend de celui qui l’écoute », vous vous souvenez ? Nous, citoyens avons plus de pouvoir qu’on ne le pense : les « élus » ne sont à leur place que grâce à nous.

Il n’y a pas besoin de s’indigner de la façon de faire de Travail.lol : c’est juste le processus de vote, dans son principe le plus simple, le plus basique.

Bon, après il faut transformer la république en démocratie, et ça ce n’est pas totalement gagné tant on a laissé le pouvoir à ceux qui le voulaient, mais il y a des idées et même de sérieuses initiatives.