Les pirates, dans le sens des collègues de Jack Sparrow Capitaine Jack Sparrow (pas ceux qui partagent des films sur le net) avaient également un « code » de conduite, appelé le « Code des Pirates ».
Ils sont mentionnés à plusieurs reprises dans les films Pirates des Caraïbes. À un moment on voit le gardien du code apporter un énorme livre censé représenter le code.

En vrai, le code des pirates est bien plus succins : une dizaine de règles tenant en une dizaine de phrases.
En fait, on devrait dire « les codes des Pirates », car selon Wiki chaque capitaine avait un peu son propre code.

On peut les lire et on y note certaines choses intéressantes.

Voici par exemple le code des Pirates de Bartholomew :

  1. Chaque pirate pourra donner sa voix dans les affaires d'importances et aura un pouvoir de se servir quand il voudra des provisions et des liqueurs fortes nouvellement prises, à moins que la disette n'oblige le public d'en disposer autrement, la décision étant prise par vote.
  2. Les pirates iront tour à tour, suivant la liste qui en sera faite, à bord des prises et recevront pour récompense, outre leur portion ordinaire de butin : une chemise de toile. Mais, s'ils cherchent à dérober à la compagnie de l'argenterie, des bijoux ou de l'argent d'une valeur d'un dollar, ils seront abandonnés sur une île déserte. Si un homme en vole un autre, on lui coupera le nez et les oreilles et on le déposera à terre en quelques endroits inhabités et déserts.
  3. Il est interdit de jouer de l'argent aux dés ou aux cartes.
  4. Les lumières et les chandelles doivent être éteintes à huit heures du soir. Ceux qui veulent boire, passé cette heure, doivent rester sur le pont sans lumière.
  5. Les hommes doivent avoir leur fusil, leur sabre et leurs pistolets toujours propres et en état de marche.
  6. La présence de jeunes garçons ou de femmes est interdite. Celui que l'on trouvera en train de séduire une personne de l'autre sexe et de la faire naviguer déguisée sera puni de mort.
  7. Quiconque déserterait le navire ou son poste d'équipage pendant un combat serait puni de mort ou abandonné sur une île déserte.
  8. Personne ne doit frapper quelqu'un d'autre à bord du navire ; les querelles seront vidées à terre de la manière qui suit, à l'épée ou au pistolet. Les hommes étant préalablement placés dos à dos feront volte-face au commandement du quartier-maître et feront feu aussitôt. Si l'un d'eux ne tire pas, le quartier-maître fera tomber son arme. Si tous deux manquent leur cible, ils prendront leur sabre et celui qui fait couler le sang le premier sera déclaré vainqueur.
  9. Nul ne parlera de changer de vie avant que la part de chacun ait atteint 1000 livres. Celui qui devient infirme ou perd un membre en service recevra 800 pièces de huit sur la caisse commune et, en cas de blessure moins grave, touchera une somme proportionnelle.
  10. Le capitaine et le quartier-maître recevront chacun deux parts de butin, le canonnier et le maître d'équipage, une part et demie, les autres officiers une part et un quart, les flibustiers une part chacun.
  11. Les musiciens auront le droit de se reposer le jour du sabbat. Les autres jours de repos ne leur seront accordés que par faveur.

Voyons quelques règles. L’avant dernière, pour commencer :

Le capitaine et le quartier-maître recevront chacun deux parts de butin, le canonnier et le maître d'équipage, une part et demie, les autres officiers une part et un quart, les flibustiers une part chacun.

C’est assez intéressant, alors que beaucoup de monde aujourd’hui réclame un plafonnement des salaires, c’est à dire que l’écart entre le salaire le plus bas et le plus haut ne peut excéder un certain facteur, comme 20 ou 100. Augmenter le salaire le plus haut contraindrait l’employeur à augmenter aussi les salaires les plus bas, ce qui me semble une bonne idée en soi quand-même.
Ceci est à mettre en perspective avec le fait qu’aujourd’hui les salaires les plus haut sont autour de 100 fois (France) et 300 fois (USA) plus gros que les salaires les plus bas…

À noter qu’on retrouve cette règle dans les codes des autres capitaines également, variant parfois légèrement.
Celui de Morgan mentionne que le coût des expéditions (nourriture, entretient des bateau) sont pris sur le butin collectif ; sous entendu avant le partage..

D’autres textes, comme le code du Capitaine John Phillips mentionne ça :

Si un homme perd une articulation alors qu’il est en service, il recevra 400 pièces de huit. Pour un membre, 800.

Ça paraît assez grossier, mais ce n’est pas différent d’un système d’assurances maladie, financé sur le pot commun.
On peut alors supposer que pour se retrouver avec une part plus importante du butin, il vaut mieux se protéger les uns les autres pour éviter de se retrouver à payer une compensation pour l’équipier qu’on aurait laissé tomber.

D’une façon générale, une chose intéressante est à voir ici que même les crapules ont un code de conduite avec un minimum d’éthique. Certes, c’est destiné à avoir un peu d’ordre dans le déroulement d’opérations criminelles, mais c’est tout de même à noter (et certaines règles, comme le plafonnement des salaires manquent cruellement au code du travail à mon goût).

Tout ça rejoint vaguement mon avis à propos du sabre-laser : même si une arme à feu est plus efficace sur tous les plans, il y aura toujours l‘honneur et le fait de se battre « comme un homme », c’est à dire à mains nues en duel.
Je pense qu’on s’accordera à dire que bon nombre de films auraient un scénario bien plus pauvre si les héros commençaient par abattre froidement à distance les antagonistes et à ne plus se poser de questions, alors que Hollywood préfère plutôt mettre les armes de côté et prévoir une demi-heure de baston dans le film (un exemple récent pour moi serait les Expendables 2, où c’est exactement ce qui se passe à la fin).

5 commentaires

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Erfingo a dit :
Oh oui. J'ai souvenir aussi que, lors du combat, le capitaine devait être obéit au doigt et à l'oeil, mais en dehors, les décisions se prenaient avec tout l'équipage.
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Froidemort a dit :
Bonjour,

Oui, ces idées sont presque toutes bonnes... Mais on voit qu'elles sont bonnes car :
- les pirates sont dans un systèmes économique homogène (ils ont tous le même métier avec des risques identiques ou presque) ;
- Les pirates sont dans un réseau de taille limité où le contrôle est aisé et accessoirement le système de justice est clair ainsi que les droits "fondamentaux" ;
- Le budget est accessible et vérifiable par tous les membres de l'équipage, et les parts sont quantifiables immédiatement, on sait également avec transparences les investissements et les dépenses.

Bref, tous ces points ne sont pas du tout remplis dans un système réel, surtout quand l'entreprise, et à plus forte raison l'État, croît en taille et en type de marché. Du coup, la solution est de créer un système sain plutôt que de s'employer à biaiser le marché...
C'est assez bizarre de vouloir limiter un salaire (outre déjà le fait que si c'est appliqué à quelqu'un d'autre qu'un dirigeant... bonjour la tête des gens ^^), si les actionnaires (qui sont ceux qui ont investit dans l'entreprise, il ne faut pas oublier...) acceptent la rémunération du dirigeant (qui est une sorte de salarié, ne l'oublions pas non plus), c'est acté, et puis c'est tout, pas question de mettre une limite, cette dernière doit être fixée par les actionnaires. (et on ne peut que critiquer la décision, mais à mon sens, on ne se permet pas de se substituer à une décision d'actionnaire... Sauf si excès ou tromperie, mais cela amène un dialogue/ un jugement, pas une loi)
Ce genre de mesure n'amènera que deux choses :
- Difficulté pour une entreprise d'embaucher un dirigeant ;
- Fuite des entreprises françaises, et perte d'intérêt pour une entreprise de s'installer en France.
(après d'autres raisons sont responsables des points ci-dessus)
De toute façon, on craque immédiatement en France, à cause de la règle 1... En France, on ne consulte pas le flibustier ^^ !
En démocratie directe oui, en démocratie liquide oui, en démocratie participative à tendance oligarchique, non. Bref, le système des pirates, c'est bien, mais ce qu'il faut retenir, c'est que c'est un système qui doit être centré sur des corps de métier, avec un système clair de droits et devoir, et avec un dirigeant clairement responsable (dans tous les sens du terme).

En fait le débat du salaire des dirigeant est un faux débat... Et masque deux choses :
- Les PDG des grosses entreprises n'ont pas de responsabilité de résultat réel ni même de responsabilité en cas d'échec sur une décision, c'est sur ça qu'il faut travailler !
- La capitalisme de connivence fait des dégâts autrement plus violent que la simple rémunération des PDG du CAC 40, surtout quand on sait que la position de certaines entreprise n'ont été rendu possible que par de l'interventionnisme et cette fameuse connivence... Il faut travailler aussi sur ce point, afin d'enlever les biais de marché, et revenir à de simples règles pratiques limités au respect des droits des entreprises et des consommateurs ou salariés.

Je fais aussi un petit aparté en lien avec le point précédent, de dire que le moteur d'emploi en France n'est pas créé en majorité grâce aux entreprise du CAC 40... Ce sont les TPE/PME qui le font ! Du coup, aujourd'hui je pense que la priorité est de rendre à ces entreprise leur rôle sans qu'elles ne subissent une pression fiscale qui les tue à petit feu (demandez l'avis d'un expert-comptable... C'est triste à pleurer), et un dédain infini du MEDEF et de l'État... Et d'ailleurs une TPE/PME ressemble plus au modèle du bateau pirate :).

Je précise que je ne soutiens pas nécessairement les salaires versés actuellement aux dirigeant. Il faut voir au cas par cas. Et également prendre en compte le marché.
C'est à dire que de base, je ne blâme ni une décision des actionnaires, ni le fait qu'un dirigeant ait un salaire très élevé, je dis juste que les problèmes sont d'abord et surtout ailleurs, et que les salaires, ou plutôt leur explication, des dirigeants se règleront avec le traitement de ces problèmes.
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Le Hollandais Volant a dit :
@Jambon : Merci, je vais voir tout ça !

@Froidemort :
C'est assez bizarre de vouloir limiter un salaire (outre déjà le fait que si c'est appliqué à quelqu'un d'autre qu'un dirigeant... bonjour la tête des gens ^^)


Le plafonnement du salaire (telle que je le vois) se ferait plutôt par rapport à X fois le salaire le plus bas. Si celui du patron augmente, les autres augmentent aussi. Je pense que c’est comme ça qu’il faut le voir.
Il est clair qu’il faille limiter le salaire maximal en se basant sur le salaire le plus bas dans la même entreprise, pas sur une quantité d’argent fixée (une TPE n’atteindrait sinon jamais le salaire maximal et une très grande entreprise risquerait de se retrouver avec trop d’argent même en payant tout le monde au salaire maximal).

Il ne s’agit pas de limiter pour limiter, mais de proposer un moyen pour redistribuer les richesses mieux que ce qui se fait aujourd‘hui (c’est à dire une redistribution quasi-absente — il y a bien la participation aux bénéfices (obligatoire légalement), mais elle est franchement ridicule).

Pour les actionnaires, ces derniers ont des droits, oui, c’est normal, mais là aussi à un moment il faut arrêter au peu aussi.
Certes, l’entreprise n’aurait pu démarrer sans l’actionnaire. Mais l’actionnaire n’aurait rien sans ceux qui produisent non plus. Ça marche dans les deux sens et on a tendance à l’oublier. Aussi, si l’entreprise fonctionne correctement, elle sait s’autofinancer et n’a virtuellement plus besoin d’investisseurs. À ce moment là, ils n’y a plus de raisons que ces derniers restent : les bénéfices sont alors entièrement dus à ceux qui produisent.
Je pense qu’une fois qu’un investisseur a récupéré X fois son investissement, ils devraient se retirer, au moins partiellement et laisser une plus grosse part des bénéfices à ceux qui produisent.

(Je précise quand même : là où je travail, je suis dans la production, donc mon avis est largement orienté)

En France, on ne consulte pas le flibustier


Déjà, oui…
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Maat-Yeux a dit :
Salutation,

Par PEUR de chuter du haut de leur "pyramide de Maslow" ou par addiction des jouissances,
certains placent des frontieres morales . "Comme partout" vous le savez !
Comme certaint investisseurs qui mettent leur argents que dans des films
et pas dans du developement humanitaire VITALE.

Je pense et d'autre aussi , que pour le bien d'une "structure" comme notre civilisation (famille, entourages, villes, ect...),
bref TOUT les occupants du bateaux pirates, que la solution ,alias (lois, regles, lignes de conduite, ect) va servir d'organe a ce corps.

Comme on constate sur certains coins du Globe, l'égoisme & la corruption ne sont pas source d'une structure solides , pire en cas de gros conflits avec d'autre structures.

Apres dans cette pyramide de Maslow y'a toujours des personnes comme Jack Sparrow
qui trouvent des moyens de controle sur l'equipage par amour et pour le bien de tous, (c'est SPARROW, normal)

On peut pas aimer tout le monde "je sais" mais respecter oui! sinon on deviens grossierrement un cancer et surtout un mauvaise exemple pour les générations plus jeunes.
Jeune génération de moussaillons qui par la suite ferons couler le navire.
Pour exprimer cela, je me base sur le fait que les génies de notre espèce sont des personnes qui oeuvre dans le bien commun
"comme Mr Einstein" Mais comme dans une ruche! (pauvre reine) ils sont pas en majorité donc leurs pourcentages de bienfaits aussi.

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