Alors qu’on l’a demandé, le gouvernement n’inscrira rien dans la loi pour la promotion des logiciels libres dans l’administration et l’éducation (en ignorant donc totalement l’avis du public).
À la place il promet qu’il préfère faire ça sans passer par des mesures légales. Promesses dans le vide, évidemment, vu qu’il n’y a rien d’écrit.

C’est ironique que pendant ce temps, Satya Nadella (PDG de Microsoft) donne des conférences en grande pompes à Paris.

Mais au fond c’est bien connu : faire des économies dans le budget de l’état tout en relançant l’emploi en France, ça passe par la dépense de millions dans du logiciel cher et fabriqué aux USA, plutôt que par l’embauche de gens ici qui payeront des impôts en France.

Pour ceux qui en douteraient encore, ce n’est pas juste pour le mouvement libriste que ça aurait été important d’avoir du logiciel libre dans les écoles et les administrations, en priorité sur les logiciels propriétaires des entreprises (américaines pour la plupart).

Car ça passe aussi par :
  • des économies sur le long terme (plus de licences MS à payer) ;
  • une indépendance vis à vis de Microsoft et des USA ;
  • remettre les emplois et la boucle économique en France plutôt qu’aux USA (le libre étant ce qu’il est, une nouvelle fonctionnalité ou un nouveau système pourra être développé en France par des développeurs locaux) ;
  • de créer une forme de démocratie : le logiciel libre est démocratique dans le sens où tout le monde peut participer s’il veut, sans avoir à subir le choix de quelques-uns. Et aussi, un truc codé par le gouvernement sur les fonds publics pourra être rendu public puis utilisé par tous les citoyens (ce qui est impossible avec le logiciel proprio).

Mais j’ai un certain espoir quand même : certaines universités, parfois, utilisent un système sous Linux de temps en temps. Parfois même dans des salles de classe entières.

11 commentaires

gravatar
RossWell98 a dit :

Je ne suis pas vraiment d'accord...
J'ai pendant un temps travaillé pour le Ministère de l'Intérieur et ils font passer en priorité des logiciels libres et gratuit, comme Mozilla Firefox, Libre Office, et d'autres, ceux-là étant les plus principaux...
Les logiciels propriétaires sont réservés à ceux qui en ont réellement besoin, et ce n'est qu'une très très petite minorité !

gravatar
RossWell98 a dit :

Ah et j'oubliais Thunderbird !
C'est du postfix et tout le bordel derrière, à moins que ce soit propriétaire ça aussi...
L'article de nextimpact n'est pas a prendre au pied de la lettre!
Faut regarder de "l'intérieur" sans vouloir faire de jeu de mot.

gravatar
Le Hollandais Volant a dit :

@RossWell98 : Postfix est libre il me semble, sinon il ne serait pas inclus dans les distrib linux.

Pour ma part, je regarde ce qui se fait à l’école/univ et à part des exceptions, j’ai toujours vu tout le monde préconiser IE, MS Office…
Avec des gens envoyés par Microsoft pour faire leur pub ("Microsoft propose des prix pour les étudiants") et dénigrer OOo (à l’époque) au passage.

Et pour les administrations, j’ai toujours droit à des fichiers XLS(X) ou DOC(X). Les PDF sont rares (quand ils ne sont pas RAR :p) et les fichiers libres OpenDocument, j’en n’ai jamais vu. J’en conclus donc qu’ils utilisent MS Office…

gravatar
Grub a dit :

@RossWell98 : Je travaille dans une université et je peux t'affirmer que dans l'éducation, non les logiciels proprio ne sont pas réservés uniquement à ceux qui en ont vraiment besoin. Parmi le personnel, tout le monde peut avoir un Windows, voir même un Mac (un des services de l'université n'a d'ailleurs QUE des Macs), et utiliser la suite Microsoft Office plutôt qu'un Linux avec OOo quand bien même ils n'en auraient pas "besoin".
Après, je donne des cours de C2i à des étudiants, et on favorise l'enseignement des logiciels libres, mais ça reste très minoritaire. A chaque fois que je reçois des fichiers textes ou des tableurs de l’administration c'est toujours dans les formats Microsoft.
Et pour des logiciels plus spécialisés, c'est systématiquement les logiciels propriétaires qui sont choisis, et l'accès y est facile même pour ceux qui n'en ont pas tellement le besoin. J'ai déjà vu le paiement de licences à plus de 1000€ pour au final ne se servir du logiciel qu'une ou deux fois...
Après, il y a peut être quelques exceptions dans certains ministères, ou autres administrations publiques, mais je suis convaincu que ça reste minoritaire.

gravatar
jefaispeuralafoule a dit :

Il y a quelques points que j'aimerais revoir avec toi:
1° Les coûts
Ce n'est pas neutre, même sur le long terme, car mine de rien il faut une expertise relativement peu standard, notamment quand il s'agit des outils bureautiques. C'est vrai que sortir du modèle MS fait économiser pas mal d'argent, mais s'en défaire, c'est aussi devoir migrer tous les postes déjà équipés, former les utilisateurs, mettre en œuvre du support interne (documentation, assistance au changement...)
Il y a également un coût annexe peu visible mais qui n'est pas neutre du tout: le support et le maintien des documents existants. Quelques exemples:
- Fichiers .doc mal interprétés par tout ce qui n'est pas pur MS.
- Fichiers .xls à macros qui peuvent nécessiter d'être entièrement refaits
- Fichiers .mdb Access qui là n'offrent que peu d'alternatives (à ma connaissance évidemment)
- Fichiers .ppt
Etc etc. Revoir tout ceci n'est pas à coût zéro, loin de là.
2° Le suivi de version, la maintenance "quotidienne"
Le libre est une chose indispensable, efficace... mais qui peut aussi amener à des problématiques délicates. Quid des choix de composants libres qui, finalement, sont peu maintenus voire abandonnés faute de communauté? C'est tout sauf une caricature (pour l'avoir vécu en projet), et cela amène alors à des surcoûts de réécriture pour devoir s'amender d'un composant devenu incompatible.
3° Le public n'usant pas du libre? FAUX
Ayant pour clientèle le monde des services publics, il est complètement faux de dire qu'il n'y a pas des choses du libre chez eux. Bien au contraire, mes plus gros comptes font justement cette démarche à petits pas pour avoir une transition en douceur.
4° Le PDF, ou le cauchemar absolu
Pourquoi je dis que c'est un cauchemar? Parce que chacun y va de sa recette de cuisine:
- Imprimante virtuelle PDF plus ou moins fiable
- Intégration d'adobe acrobat souvent vécue comme une pollution système
- Archivage des fichiers convertis mal suivi
- Convertisseurs donnant des documents "inexploitables", au titre que les textes ne sont alors plus modifiables via un vrai acrobat... on est alors face à une belle liasse de JPG reliés sous le format pdf... Plutôt pénible.
Et je ne parle même pas des pdf "saisissables" qui, une fois mis à disposition, se révèlent au mieux buggés (mal construits) au pire inutilisables car incompatibles avec la version xyz de la visionneuse pdf installée localement!

Dernier point: MS a réussi à imposer ses formats en tant que "norme", parce que "tout le monde" arrivait à prendre chez lui une version piratée du pack office. Logique utilisateur: "j'ai été formé et j'utilise au quotidien MS Office. Pourquoi je me ferais chier à tout réapprendre pour faire un courrier chez moi? Suffit que je me chope un CD/DVD d'office et hop je pourrai faire la même chose chez moi!". Implacable, légitime même.

Après, ces commentaires ne visent pas à légitimer l'hégémonie MS en matière bureautique. Ils n'ont pour seul but que d'expliquer la résistance au changement.

NOTA: Qu'on ne me parle pas de l'ouverture des documents MS via les outils tiers. C'est généralement une catastrophe compréhensible, puisqu'il s'agit d'outils ayant bossés sur du reverse à partir de documents, et non via des spécifications MS.

gravatar
JackNUMBER a dit :

On peut comprendre que le gouvernement ne veuille pas l'inscrire dans la loi, si ils ont besoin d'un logiciel propriétaire (GIMP ne vaut vraiment pas Photoshop par exemple, ne serait-ce que pour les fichiers de sortie pour l'imprimeur) ça va faire débat.

En revanche sur le point de l'emploi, les économies et le partage d'un code produit par l'état, je suis complètement d'accord.
J'irai même plus loin car à mon avis l'État français devrait s'investir d'avantage dans le numérique (je parle de pas de la FrenchTech, hein), pour par exemple proposer des solutions légales pour les ransomwares (le rôle de l'État est de protéger ses citoyens et par extension leurs biens).


PS : j'utilise OpenOffice et je sors des fichiers .doc, je me dis que le destinataire n'aura pas forcément le même outil que moi.

gravatar
liliput a dit :

Comme RossWell98 je ne suis pas vraiment d'accord avec ton article Timo. Quand il s'agit de faire des économies, on en fait. Donc de plus en plus ils remplacent office par LibreOffice et Thunderbird par exemple. Versions qu'ils modifient eux-mêmes pour répondre à leur besoin, notamment au niveau de la sécurité. Firefox est également préféré au lieu de IE. Par contre le constat n'est pas le même dans partout à tout les niveaux de l'administration. Là où il y a du fric c'est microsoft et companie. Aussi il est marrant de voir que sur certains site de l'administration des pages ne peuvent s'ouvrir qu'avec IE : http://www.concours.justice.gouv.fr/WD120AWP/WD120AWP.EXE/CONNECT/CANINS51_12?CLIENT=MINJUST&SYSIN=2016-SRV-1&CANDIDAT=CLASSIQUE alors qu'ils privilégient Firefox.
(tiens bizarre, sur windows10 le lien ne fonctionne pas avec IE mais sur edge oui. ???)

gravatar
liliput2 a dit :
Et pour les administrations, j’ai toujours droit à des fichiers XLS(X) ou DOC(X). Les PDF sont rares (quand ils ne sont pas RAR :p) et les fichiers libres OpenDocument, j’en n’ai jamais vu. J’en conclus donc qu’ils utilisent MS Office…

Cela ne veut pas dire qu'ils n'utilisent pas LibreOffice. Le problème ici viens de la compatibilité. Comme à certains niveaux de la hiérarchie ils utilisent office, ceux qui utilisent LibreOffice conservent le format .DOC pour conserver la compatibilité avec Office.

gravatar
Le Hollandais Volant a dit :

@jefaispeuralafoule :

1) le coût : pourquoi faudra former les gens travaillant avec du libre ? Parce l'école les forme à du Microsoft.
Il suffit de former les élèves au libre pour que les administrations n'aient plus à en payer le coût.
Et ça diminuera les coûts de licences pour les écoles. Le passage au logiciel libre partout passe surtout par les écoles. Quant à former les profs, c'est un autre problème : je suis personnellement d'avis de faire de l'informatique une matière à part, tout comme on a de l'art plastique ou du sport. Avec évidemment des profs compétants, donc où la notion du libre et des alternatives à Microsoft ne sont plus un mystère.

Concernant la maintenance : à voir s'il est plus avantageux de payer des dev français à maintenir les outils que payer Microsoft pour les licences. Sachant que Microsoft paye approximativement 3€ d'impôts en France (comme Google, Facebook et les autres- en caricaturant).

S'il n'y a pas de communauté, c'est qu'il n'y a pas d'utilisateurs. Je pense que la réciproque peut être vraie (la demande engendre le développement, quitte à payer les dev).

2) Oui, la transition vers des formats internes adaptés aux besoins de l'administration ne se fera pas sans mal.
Mais quabd je vois des fichiers Excel bardé de macros, datant de 2003,je crois qu'il est possible de faire mieux. Surtout que les macros sont tout sauf faciles à maintenir, d'un ordi à un autres parfois.

C'est comme utiliser un JPEG pour partager un texte : il y a mieux. Et même s'il y avait pas mieux, faire un truc mieux serait avantageux sir le long terme.

3) Ok, donc ça avance à petit pas. C'est bien.

4) Le pdf, pour un usage simple reste à mon avis le format le plus solide entre les systèmes. Je connais plus de problèmes avec le TXT qu'avec le pdf (encodage, retours chariot qui varient d'un os à l'autee...).

Pour les formulaires dans les pdf, oui c'est une connerie. Un formulaire web me semble plus adapté. Mais il y a un manque de ce côté là (et c'est surtout parce que l'administration transpose les formulaires à remplir à l'encre au format numérique et l'e-mail sans reconsidérer quoi que ce soit- quoi que c'est de mieux en mieux avec les sites en ligne qui s'améliorent peu à peu, faut le dire).

Enfin, concernant l'hégémonie des formats Microsoft, ce dernier est malin de ne pas traquer les pirates. Très malin, c'est uniquement grâce à ça, que cette domination persiste.

gravatar
jefaispeuralafoule a dit :
Il suffit de former les élèves au libre pour que les administrations n'aient plus à en payer le coût.
Et ça diminuera les coûts de licences pour les écoles. Le passage au logiciel libre partout passe surtout par les écoles. Quant à former les profs, c'est un autre problème : je suis personnellement d'avis de faire de l'informatique une matière à part, tout comme on a de l'art plastique ou du sport. Avec évidemment des profs compétents, donc où la notion du libre et des alternatives à Microsoft ne sont plus un mystère.

Faux, et hors de propos. Quand on forme des gens on ne les forme pas à un produit implanté à 10%, on les forme à des produits implantés à 90... Question de bon sens. Dans le privé, MS domine, et quand on doit embaucher quelqu'un, on lui demande de connaître les produits MS pour qu'il soit opérationnel aussi rapidement que possible.
C'est pénible? Oui. Légitime? Aussi! Désolé: un expert du libre peut me convenir pour le développement, mais de là à prendre tout le monde à partir du seul critère qu'il repousse MS... non.
C'est bien chouette et nécessaire de faire découvrir le libre, en revanche il faut bien se rendre compte que ça ne se fait pas comme ça, surtout qu'on s'est informatisé plus vite que le libre ne s'est démocratisé.

Concernant la maintenance : à voir s'il est plus avantageux de payer des développeurs français à maintenir les outils que payer Microsoft pour les licences. Sachant que Microsoft paye approximativement 3€ d'impôts en France (comme Google, Facebook et les autres- en caricaturant).

Affirmation hors de propos. Qui te prouve que le produit que tu légitimes en libre est maintenu et développé en France? De plus, je ne parle pas du développement (ce qui n'a pas de sens en open et en MS...), mais bien des gens assurant le support local (ce qu'on appelle l'IT).
Parlons peu mais parlons bien: le libre est bien, mais il n'est pas gratuit, et ça peut faire très cher du gratuit dans certains cas!

Mais quabd je vois des fichiers Excel bardé de macros, datant de 2003,je crois qu'il est possible de faire mieux. Surtout que les macros sont tout sauf faciles à maintenir, d'un ordi à un autres parfois.

Parlons coûts de création technique: l'utilisateur s'est fait aider pour créer sa macro. Elle lui suffit amplement. Là, on va devoir retrouver une compétence pour refaire la même chose sur un produit parce qu'il est en libre? Et qui va payer le temps passé à le faire? On ne migre pas pour le plaisir de migrer, mais pour que cela soit vraiment rentable. Or là, avec les fichier présents, le coût engendré par la migration est tout sauf anodin, quand il n'est pas tout simplement démesuré.
Hé oui: on a formé des gens pour se faire des petites bases au format ACCESS, et les faire perdre ces petites bases bien pratiques leur évitant des SSI facturant un bras, on ne s'en privait pas. Là on fait quoi? On jette tout? Ca n'a pas le moindre sens, si ce n'est créer du travail pour des SSII.

Pour les formulaires dans les pdf, oui c'est une connerie. Un formulaire web me semble plus adapté. Mais il y a un manque de ce côté là (et c'est surtout parce que l'administration transpose les formulaires à remplir à l'encre au format numérique et l'e-mail sans reconsidérer quoi que ce soit- quoi que c'est de mieux en mieux avec les sites en ligne qui s'améliorent peu à peu, faut le dire).

Ce qu'on perd de vue aussi, c'est qu'on râle sur les dépenses de l'état, et la transition numérique est du genre coûteuse. De là, quand on serre les budgets, on a la dernière roue à savoir du web qui, au mieux fait fermer des services et disparaître des emplois (c'est le but non avoué de la manœuvre), au pire ne sert qu'à être redondant avec ce qui existe déjà.
Dans ces conditions, normal que cela mette du temps, et je ne parle même pas du temps entre la proposition initiale, le temps de développement et de fiabilisation, jusqu'à la mise en production.

gravatar
Le Hollandais Volant a dit :

@jefaispeuralafoule :

Quand on forme des gens on ne les forme pas à un produit implanté à 10%, on les forme à des produits implantés à 90...

Je vois plutôt l’inverse : les institutions (y compris scolaires) utilisent des logiciels déjà implantés, justement pour ne pas subir les coûts d’une formation.
Dans tous les cas, c’est pas comme ça qu’on sortira de la boucle, au grand bénéfice de Microsoft.

C'est bien chouette et nécessaire de faire découvrir le libre, en revanche il faut bien se rendre compte que ça ne se fait pas comme ça, surtout qu'on s'est informatisé plus vite que le libre ne s'est démocratisé.

C’est bien ce que je dis dans l’article : il est plus simple de payer Microsoft pour nous fournir des produit tout fait que de payer des dév locaux pour faire des logiciels "maisons" et de les libérer pour le public. Le fait de les libérer est plutôt un effet de bord, mais qui est normal d’avoir lieu : le logiciel est fait avec de l’argent public, il appartient au public.

Affirmation hors de propos. Qui te prouve que le produit que tu légitimes en libre est maintenu et développé en France?

Je parle du cas où la République se mettait à participer lui-même au développement des alternatives libres (disons LO/OOo par exemple). Évidemment, s’ils sous-payent des enfants au bengladesh ce n’est pas vraiment bien ni réellement le but souhaité quand on demande le Libre dans l’administration.

Là on fait quoi? On jette tout? Ca n'a pas le moindre sens, si ce n'est créer du travail pour des SSII.

En attendant, on paye Microsoft plutôt que le SSII.
L’un dans l’autre, ça reste à voir qui facture le plus. Sachant qu’avec Microsoft, on passe à la caisse tous les XX années quand il faut mettre à jour le parc informatique (à ~100€ par poste informatique dans les écoles/administrations/ministères, ça fait beaucoup).

Le but est aussi de gagner de l’argent là dessus (je sais que le libre n’est pas toujours gratuit, mais dans le cas de LO/OOo ou Linux, il l’est), et de ne pas avoir à attendre que MS fasse une fonction dans Office pour pouvoir l’utiliser (le côté libre et "je fais mes propres add-ons)..

Les commentaires sont fermés pour cet article