du maïs sur un grill Je suis plusieurs émissions scientifiques, en radio et en séries TV, principalement américaines (pour pas dire tous).
L’une de mes préférées est StarTalk Radio, avec Neil deGrasse Tyson (le même qui présente Cosmos). On y rencontre aussi régulièrement Bill Nye, un vulgarisateur, éducateur et communicateur scientifique et beaucoup d’invités dans tous les domaines : Elon Musk (fondateur de Space X et Tesla Motors), Morgan Freeman (acteur), Michiou Kaku (physicien), Mike Massamino (astronaute), Josh Groban (chanteur), et plein d’autres : auteurs, artistes, politiques, scientifiques, entrepreneurs, comédiens…

Aujourd’hui deux épisodes d’environ 50 minutes sur les OGM, présenté par Bill Nye, « the science guy » :


Bill Nye y répond aux questions sur les OGM posées par les internautes. Il explique également pourquoi il a changé d’avis sur les OGM (il était totalement contre au début).


Si je vous partage ça, c’est parce qu’on écoute beaucoup de choses sur ce sujet, avec beaucoup plus de voix d’un côté que l’autre, et sûrement beaucoup de faux aussi.
Il y a pourtant du bon et du mauvais dans les OGM.


Pour ma part, je ne sais pas trop quoi penser des OGM, en eux-mêmes (je ne parle pas de tout ce qui est brevetage du vivant, et pression économique ; voir le premier commentaire sous l’article).

Déjà, il faut savoir que la sélection artificielle, que ce soit des chevaux, des chiens, du blé ou des pommes, c’est de la manipulation génétique aussi.
Même quand on se reproduit, dans l’espèce humaine : en choisissant sa/son partenaire, on choisit indirectement avec quelles gènes on va se reproduire afin de donner à la descendance des caractéristiques que l’on aime voir perdurer (on espère que la descendance les aura, étant donnée qu’il reste une composante aléatoire).

Pour les espèces de céréales ou des animaux, il peut arriver que ce processus, opéré depuis des milliers d’années, donne naissance à une espèce toxique pour l’homme. Je n’ai pas d’exemples, mais la génétique fonctionne ainsi et la sélection artificielle n’est pas à l’abri de ça : certains gènes inhibent la production de toxines, d’autres la codent. Par ailleurs, une toxine pour une espèce ne l’est pas forcément pour d’autres (le chocolat c’est toxique pour un chien, pas pour vous, non ?). La sélection naturelle génère également ces effets, d’ailleurs.


Les OGM permettent de manipuler des gènes directement, donc sans le caractère aléatoire du croisement par reproduction. C’est tout.

Là également, il y a des risques qu’une plante OGM produise quelque chose de toxique en plus de produire plus de blé comme on a voulu faire. Mais d’un point de vu technique, les OGM n’ont pas plus de risque que la sélection artificielle que tout le monde effectue depuis toujours : les chiens, par exemple, ont tous été fait ainsi, à partir du loup (il y a quelques milliers d’années) : en choisissant le chien le plus mignon, grand, beau, petit, rapide, gros, et en le faisant s’accoupler avec un autre chien mignon, grand, beau, petit, rapide, gros, on a créée toutes les races de chien existant aujourd’hui. Et même chose pour les légumes, les fruits, les céréales…

Le but est le même dans les deux cas, que ce soit la sélection passive d’un chien ou la construction active d’une céréale avec des OGM : donner à un être vivant des caractéristiques particulières ; et le support de travail également (le code génétique, qui est manipulé à notre avantage) et la seule chose qui change c’est la méthode opérée.


Comme l’avait dit Matronix dans son article sur le sujet (en Français, cette fois) : Les OGM, ça a bon goût, il y a beaucoup de désinformation au sujet des OGM. Et je pense que les deux épisodes de StarTalk donne déjà quelques points intéressants, et ensuite mettent un peu de poids dans la balance du côté « pour ». Si l’anglais vous rebute, lisez l’article de Matronix, il résume bien la situation aussi.

Pour le reste, ben, informez-vous et pensez par vous même.

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24 commentaires

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Le Hollandais Volant a dit :

Concernant Monsanto et tout le reste.

Le problème des OGM c’est qu’ils sont fait par des entreprises, des industriels. Le but recherché est un but évidemment économique.

La seule chose qui importe à Monsanto (et qui refait surface souvent, surtout en Europe parce que l’UE résiste à Monsanto) c’est qu’ils puissent imposer des graines OGM à tout le monde. Le résultat serait alors qu’ils fidélisent leurs clients (les agriculteurs), car le produit qu’il vend est soumis à la propriété : vu que c’est une espèce vivante artificielle, elle leur appartient. Monsanto interdit par exemple aux agriculteurs de planter du blé et d’utiliser une partie du blé pour replanter l’année d’après.

Si Monsanto (et d’autres, hein) réussissent à s’imposer partout et à interdire toute forme de culture libre (ils veulent évidemment interdire les espèces naturelles, pour forcer tout le monde à passer par eux), alors ils seront les rois de la bouffe dans le monde entier, avec le pouvoir qui va avec ça : on imagine déjà le gouvernement Américain leur interdire de vendre des semences à l’Iran ou à d’autres pays, alors que les semences de Monsanto seraient par exemple la seule espèce résistante aux pesticide utilisés partout dans le pays durant des années.

C’est ça que je trouve intolérable, et je ne changerai pas d’avis sur ça.

Pour les OGM en eux-mêmes, le débat reste ouvert (pour ma part), et c’est vrai que les deux émissions donnent de bons arguments.

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Lemst a dit :

Le lien pour "Les OGM, ça a du bon" est cassé (il renvoie vers ton site).

Au passage, superbe 404, j'adore !

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HelloWorld a dit :

Il y a aussi le problème des graines stériles des Monsanto : la graine te donneras un légume dont ses graines ne pourront être replantées ... OGM, pourquoi-pas , mais à but purement commercial, ça n'aurais jamais rien de bon.

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procauxfiefs a dit :

@Le Hollandais Volant :

Bonsoir,

les OGM, je ne suis pas fondamentalement contre, mais je pense qu'ils sont inutiles, car il y a tellement de variétés dans la nature, qu'il est possible d'avoir un rendement optimum avec celles-ci en des lieux adaptés; mais, ça n'est pas un processus industriel, donc...

Déjà, en interdisant les brevets sur le vivant, on pourrait éviter toutes sortes d'OGM débiles, et surtout peut-être faire des OGM utiles (comme en Inde par exemple).

Les brevets, qu'ils soient sur le vivant ou sur le logiciel ( ;-) ) sont quand même une atteinte à l'universalisme; mais là je prêche à quelqu'un de convaincu; du moins j'espère...

Philippe

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Simon a dit :

Au delà de savoir si une plante OGM est mauvaise en soi, il y a des gros points noirs qui vont -pour l'instant- avec.

1- Monsanto. Cette entreprise est une des plus dangereuse et nauséabonde du monde. Pour tous les points qui suivent, et d'autres. (Regardez le monde selon Monsanto ! https://www.youtube.com/watch?v=cVngG592xKU )

2- Faire des OGM qui résistent au roundup, ça revient à mettre du roundup partout. On sait que c'est un produit cancérigène et qu'en plus il tue toute la biodiversité dans et autour du champ.

3- Comme l'a dit HelloWorld plus haut, le principe même de coincer les agriculteurs avec des graines monsanto est intolérable. Sur le seul principe économique, c'est brillant... Ils vendent des graines cher, ils vendent le roundup avec, le roundup détruit la parcelle et empêche d'autres graines de repousser, les agriculteurs n'ont plus le choix et rachètent des graines OGM... (Et on se retrouve avec de nombreux cas de suicides chez les paysans indiens, par exemple...)

4- Pour la biodiversité à nouveau, est-il souhaitable d'avoir "LE" maïs qui pousse partout ? Au point qu'il supplante toutes les variétés qui se sont adaptées durant des milliers d'années ? Qu'en est-il des croisements qui ne manqueront pas de se produire ? C'est un risque énorme.


Encore une fois, ce ne sont pas les OGM en eux-mêmes qui posent un problème, c'est l'utilisation qu'on en fait. Je ne suis pas du tout contre la recherche dans le domaine parce qu'on fait et fera des avancées intéressantes qui pourront un jour servir le bien commun.

En attendant, tant que l'OGM ne sera qu'un outil pour asservir les paysans et générer un maximum d'argent, je reste sur un *NON* bien tranché.

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Non2 a dit :

Merci Papy, là au moins les problèmes liés aux OGM sont exposés clairement, sans mélange des genres, et en plus en français, ce qui ne gâte rien.

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John Doe a dit :

Le "problème" tel que je le vois est que les OGM sont utilisés "à l'envers".

Plutôt que de faire du maïs résistant à la pyrale (ou tout autre animal/toute autre maladie), Monsanto (notamment) fait du maïs résistant aux herbicides/pesticides (qui sont aussi vendus par la même boite).

L'OGM qui permet de faire pousser une plante plus vite, mieux, sans maladie, sans pesticide, c'est l'idéal de l'agriculteur (et sans danger, à priori, pour le consommateur).

Là c'est l'inverse: on pourrit le consommateur, le sol, etc. (mais ça fait beaucoup plus de revenus pour certains).

J'irai voir les vidéos plus tard (des fois que ça me fasse changer d'avis :))

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HolyCow a dit :

Moi je me pose une question vis à vis de l'échelle de temps.

Comme tu l'as dis dans l'article, l'évolution c'est de la sélection, de la manipulation génétique.
Mais cette sélection est lente (corrigez moi si je me gourre) et avant d'éventuellement s'étendre, si elle procure un avantage, elle n'est pas omniprésente.
Du coup le reste de l'écosystème à un temps pour s'adapter également si besoin dans une sorte d'équilibre (qui n'empêche pas la disparition d'espèces).

Maintenant dans le cas ou on introduit une grande quantité d'OGM dans un écosystème comment va réagir cet équilibre ? À quel point cela va-t-il perturber le reste de la faune et de la flore locale et avec quelles conséquences ?

C'est une vraie question, je n'ai pas d'avis tranché sur les OGM, par contre j'ai tendance à penser que vouloir calibrer, homogénéiser le vivant, ce que l'on fait déjà sans les OGM dans l'agriculture, n'est pas forcément une bonne idée.
Plus on standardise et utilise une espèce cultivable, plus le nombre d'organismes vivants en contact augmente, et plus la probabilité d'extension d'une mutation qui offrirai un avantage vis à vis de cette espèce doit augmenter non ?

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papy a dit :

Je développe mon précédent commentaire sur la vidéo "les ogm, c'est quoi?" https://www.youtube.com/watch?v=Sq7gIq7_uYQ, ça apportera des éclaircissements, c'est bien expliqué, il y a 3 chapitres

OGM et Recherche fondamentale

OGM et Médecine

OGM dans l’Agroalimentaire

Quatre vingt dix neuf pour cent des plantes agricoles transgéniques sont aujourd’hui des plantes à pesticides, c’est-à-dire
soit des plantes qui produisent elles-mêmes la toxine leurs permettant de résister à un insecte ravageur,
soit des plantes pouvant absorber un herbicide sans mourir.

L’exemple le plus connu de la première catégorie est le maïs bt. Il ‘agit d’un maïs transgénique hébergeant un gène d’une bactérie du sol (Bacillus thuringiensis) qui détient le secret de fabrication de la toxine insecticide permettant de tuer la pyrale, un papillon crépusculaire dont la chenille cause des dégâts importants dans la tige du maïs.

Il parle aussi des animaux transgéniques à des fins alimentaires


Il y a plusieurs problèmes avec les OGM dans l'agroalimentaire

Plantes produisant un insecticide de façon permanente
Exemple : maïs bt

Plantes accumulant un herbicide
Exemple : soja au roundup

Risques d’allergies dues aux protéines codées par les transgène
Exemple : introduction dans le soja du gène de l’albumine 2S de la noix du Bré

Présence dans tous les OGM d’un gène de résistance aux antibiotiques utilisé comme « gène marqueur »

Problèmes liés à la perturbation du métabolisme de l’OGM
Cas des plantes à valeur nutritive modifiée et des animaux transgéniques

Et

la dissémination, la pollution des sols (via produits phytosanitaire), l'appauvrissement des sols (culture intensive), développement de la résistance des insectes et des plantes aux pesticides et insecticides, perte de diversité dans les plantes cultivées, ...

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Le Hollandais Volant a dit :

@HolyCow :

Du coup le reste de l'écosystème à un temps pour s'adapter également si besoin

Le reste de l’écosystème évolue aussi, avec la même "lenteur".

À quel point cela va-t-il perturber le reste de la faune et de la flore locale et avec quelles conséquences ?

À priori avec les mêmes conséquences que planter massivement n’importe quelle autre espèce (OGM ou non) : si on plante du blé sur une surface immense, tous les rats et rongeurs vont peut-être adorer, mais les papillons ne vont pas aimer.

J'ai tendance à penser que vouloir calibrer, homogénéiser le vivant, ce que l'on fait déjà sans les OGM dans l'agriculture, n'est pas forcément une bonne idée.

Exact ! Dans la nature, les abeilles par exemple, ont de quoi butiner durant tout le printemps : d’abord les premières petites fleurs (jonquilles, perces neiges…), puis les cerisiers, puis en juin d’autres arbres à fruit, au cours de l’été des tournesols et les arbustes et en fin de saison il reste également des fleurs. Les fleurs ne poussent pas toutes en même temps, et ça permet aux insectes et à toutes les espèces de vivre et d’avoir de la nourriture en continu (y compris toute la chaîne alimentaire).

Si on plante uniquement du maïs ou des tournesols, les insectes (abeilles, papillons…) peuvent butiner uniquement sur une petite période et mourir de faim le reste du temps : c’est un problème de la culture d’une seule espèce, et comme tu dis, pas besoin des OGM pour ce problème.

plus la probabilité d'extension d'une mutation qui offrirai un avantage vis à vis de cette espèce doit augmenter non ?

L’évolution a lieu tout le temps : l’ADN qui se réplique dans nos cellules ne se répliquent pas toujours à 100% : il arrive qu’un gène soit changé par accident : c’est une mutation. Si cette mutation intervient dans les cellules sexuelles, il y a une chance qu’elle engendre un individu "mutant" avec une caractéristique nouvelle.

Les mutations ont lieu tout le temps, mais elles ne sont conservées que si elles apportent un avantage.
Un ours brun qui a une mutation et dont le pelage est blanc depuis la naissance aura du mal à survivre en forêt, et il sera rapidement dévoré avant de pouvoir transmettre ses gènes. Si au contraire l’année de sa naissance, il fait particulièrement froid et neigeux, il pourra se confondre plus facilement dans la neige et donc échapper aux prédateurs et plus facilement attraper des proies et donc aura plus de chances de survie que tous les autres ours. Il aura donc plus de chances d’atteindre l’âge adulte et de se reproduire et transmettre ses gènes muté. Au bout de plusieurs générations, si la période froide et neigeuse persiste, la majorité des ours seront blancs : les bruns ne pouvant chasser et échapper aux prédateurs (car trop visibles).

C’est l’environnement qui détermine si une mutation est favorable ou non, et si l’homme modifie son environnement, il a un effet sur les espèces qui dépendent de cet environnement aussi.

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Stephanoux a dit :

Bonjour,

Les OGM posent trois gros problèmes :

1- Les utiliser revient de facto à privatiser le vivant. Les agriculteurs qui sont déjà pieds et mains liés par la grande distribution, verront la seule liberté qui leur reste (celui de planter ce qu'il veulent comme ils le veulent) passer de leurs mains à celles de 2 ou 3 grands groupes.

2- Les OGM appauvrissent la diversité (les paysans mexicains peuvent en témoigner) ce qui est surement un des points les plus inquiétant et qui nous menera à terme a une catastrophe alimentaire sans précédent. Il faut insister sur cet aspect là qui est absolument fondamental. Le brassage des gênes est, pour toutes espèces, la meilleure garantie pour sa survie au long terme.

3- Contrairement au discours de Monsento, il y a nul besoin d'OGM pour lutter contre la faim dans le monde. Les problèmes alimentaires viennent directement de la façon dont on produit la nourriture :

- Monoculuture industrielle et à grande échelle qui privilégie les rendements et les actionnaires plutôt que les vrais besoins.
- Gaspillage astronomiquement honteux entre la production et le consommateur final.

Et enfin et surtout, la P.O.L.I.T.I.Q.U.E. La faim dans le monde est, d'une certaine façon, VOULUE. À ce sujet, je conseille vivement la lecture du livre de Jean Ziegler "Destruction massive" - géopolitiqe de la faim". À vous faire vomir même à jeun.

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Le Hollandais Volant a dit :

@Stephanoux :

1) Ce n’est pas intrinsèque aux OGM. C’est l’usage que les industriels en font. Un OGM, si quelqu’un avait un microscope et des moyens, il pourrait en faire y compris des OGM libres.

2) La sélection manuelle (celle qu’on fait depuis le début de l’agriculture il y a environ 10'000 ans) le fait aussi : on a pas eu besoin d’attendre les OGM pour cultiver d’énormes surfaces avec une seule espèce et oublier les espèces les moins performantes.

3) Je suis d’accord là dessus.

Si on fait le bilan, les OGM ne sont pas le problème en tant que tel.
C’est la politique des entreprises qui les font et la politique mondiale, le problème (on en revient toujours au même, en fait).

C’est également le but des deux podcasts et de mon article : faut-il continuer à combattre les OGM en tant que tel ? Ou faut-il plutôt combattre les entreprises qui veulent privatiser la faim dans le monde ?

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Nick Named a dit :

Bonjour,

Je suis bien intéressé par votre débat et les points de vues développés.
Je voudrai y mettre ma petite graine.

1)En théorie;

En théorie les OGM pourraient être bénéfiques à l'humanité. Réunir dans une même plante les avantages des différentes variétés de la même espèce semble intéressant.
On peut obtenir des plantes spécifiquement adaptées aux climats, sols, plus résistantes au stress hydrique, à certaines maladie ou certains nuisibles , avec un meilleur gout, un meilleur rendement ou tout simplement plus "belles".
Cette utilisation serait assez proche de la sélection génétique réalisée par les agriculteurs depuis plusieurs milliers d'année, et pour laquelle on a un feedback positif.
Donc en théorie, la manipulation OGM pourrait être une évolution logique de la sélection génétique, et bénéfique pour tous.

2)En pratique;

Ce n'est que mon avis, mais le développement des OGM à l'heure actuelle n'a rien à voir avec la sélection génétique réalisée par les agriculteurs.
On modifie le génome de plante en y incorporant des gênes ne provenant pas forcément des mêmes espèces, voire des gênes d'origine animale ou encore totalement créés pour l'occasion. Ce phénomène ne se produirait a priori que très rarement dans la nature. Les seules hypothèses que j'entrevoie sont les suivantes:
-échange de matériel génétique par le biais de bactérie.
-mutations génétiques successives
Dans les deux cas ça me semble statistiquement très peu probable. Si vous avez d'autres hypothèses je suis preneur.
Alors bien sur ces modifications pourraient survenir naturellement; mais que peut-on contre les catastrophes naturelles?
En revanche les catastrophes créés par l'humain on devrait pouvoir les empêcher.
Donc vu les pratiques actuelles, on devrait appliquer un principe de précaution, et ne rien faire pousser en dehors d'espace clos hermétiquement, des sortes de salles blanches inversées afin de ne pas rependre de du matériel génétique potentiellement instable ou néfaste pour les autres espèces.

Je m'y oppose pour pas mal d'autres raisons, en vrac;

Sanitaires:
-les OGM résistants (avec insecticides/fongicides/pesticides intégrés) sont consommés par l'animal qui va les concentrer dans son organisme; je doute de l’innocuité de la chose lorsque l'humain les consommera à son tour
-pis encore ces OGM résistants , perturbateurs endocriniens, sont directement consommés par les humains. Ce qui est mauvais pour l'humain ET très particulièrement pour sa descendance.
-certaines études démontrent déjà la grande toxicité et particulièrement à faible dose de certaines variétés (notamment certains mais Monsanto)

Politiques et économiques:
-la recherche scientifique des grands groupes va dans les sens du profit et non de l'amélioration des conditions de vie de l'humain, ce qui est logique économiquement, mais vu les dangers potentiels plus que discutable (plantes nécessitants des produits phytosanitaire brevetés pour pousser ou l'utilisation de certaines machines pour les récoltes par exemple); c'est accentué par l'intégration verticale dans l'agro-industrie
-l'absence de cadres et d'objectifs réglementaires sur la recherche et le développement. Actuellement n'importe quel labo US peut produire n'importe quoi et le vendre, et le lobby politique US pousse les autre pays du monde à l’accepter. Aucune vérification de réalisée avant la mise sur le marché (contrairement aux médicament par exemple, même si le système est lui aussi gangréné par le lobbying).

Contamination biologique:
-les OGM se propagent et contaminent des cultures traditionnelles, sans retour arrière possible, ce qui de facto brevète les plantes hybrides de la génération suivante
-de ce fait, certains agriculteurs "tradi" on vu leurs champs détruits pour non respect de la propriété industriels par ce qu'ils avaient été contaminés par des parcelles OGM voisines
-dans certains cas on peut même parler de bioterrorisme (cf le monde selon Monsanto et l'épandage par avion de graines/pollen sur des cultures traditionnelles)


3)Conclusion

Donc pour faire court, je pense qu'en théorie c'est bien et en pratique c'est mauvais.
Le point de non retour semble si proche qu'il faut absolument stopper la culture et la commercialisation, et je dirai même la recherche en dehors d'un cadre très stricte.
Ce qui ne veut pas dire qu'à l'avenir ce ne soit pas une bonne chose si l’on repense le cadre politique et régelmentaire. Mais je ne suis pas trop optimise vue la situation actuelle, ce qui est un autre débat..

4)Remarques;

On parle principalement ici des OGM monstroplantes.
Quel est votre point de vue concernant les OGM animaux?

Je voulais vous faire part d'un sujet parallèle lié au lobbying de l'agro-industrie: le catalogue officiel des espèces et variétés végétales.
Pour des raisons non légitimes il est aujourd'hui interdit de vendre la très grandes majorités de semences et variétés de plantes existantes.
Cette situation rejoint celle des OGM et profite largement aux industriels, au détriments des agriculteurs et de l'humanité en général. Vous trouverez un littérature importante sur ce sujet. Pour une première approche je vous invite à jeter un oeil sur le site de l'association Kokopelli.

Voilà, j’espère avoir apporté un point de vu qui vous sera intéressant.
Bien bonne journée à toutes et à tous.

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Le Hollandais Volant a dit :

@Nick Named :

Ce phénomène ne se produirait a priori que très rarement dans la nature.

C’est pas super commun, mais ça existe oui.

échange de matériel génétique par le biais de bactérie.

On le fait déjà, il me semble, mais avec des virus et pour soigner des choses comme des cancers, ou pour localiser ces cellules cancéreuses.

les OGM résistants (avec insecticides/fongicides/pesticides intégrés) sont consommés par l'animal qui va les concentrer dans son organisme; je doute de l’innocuité de la chose lorsque l'humain les consommera à son tour

J’y pense aussi.
Il faut voir quelles sont les molécules qui passent ou non la barrière de la digestion : les OGM (les gènes) en eux-mêmes sont quasiment détruits. Effectivement il faut voir ce que font les nouvelles molécules/protéines synthétisées par ces plantes nouvelles.
Ceci dit, des plantes qui produisent des molécules toxiques ça existe partout dans la nature (les pommes, les amandes et le bambou par exemple contiennent du cyanure en quantité notables).

D’un point de vue industriel, je ne vois pas trop l’intérêt de produire une plante qui va tuer tous leurs clients. Au contraire : actuellement l’industrie (pharma, en l’occurrence) produit plutôt des molécules qui maintiennent en vie les patients le plus longtemps possible mais sans les guérir, histoire que le patient achète de façon continu et que l’argent rentre.


les OGM se propagent et contaminent des cultures traditionnelles, sans retour arrière possible, ce qui de facto brevète les plantes hybrides de la génération suivante
Donc pour faire court, je pense qu'en théorie c'est bien et en pratique c'est mauvais.

+1 : c’est en effet la voie prise par les industriels qui pose problème ici.

Le point de non retour semble si proche qu'il faut absolument stopper la culture et la commercialisation, et je dirai même la recherche en dehors d'un cadre très stricte.

Pour ma part, je pense que c’est tout le système de brevets qu’il faut revoir, spécialement celui du vivant. Ce n’est pas vraiment normal qu’un industriel puisse clamer sa propriété sur quelque chose qui se reproduit tout seul hors de son contrôle : c’est trop "facile".

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airdur a dit :

Les OGMs publiques ca serait bien...

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Pascal a dit :

Bonjour,
Si on fait le parallèle avec le logiciel, les ogm façon "Monsanto Company" reviennent à privatiser le vivant dans les mains de quelques entreprises et par les brevets qu'elles détiennent. Ce n'est donc pas réellement la technique qui est en cause, bien que les commentaires un peu plus haut me laisse pantois, mais la pression économique sur les agriculteurs qui est en cause. De plus, les semences OGM, ça se baladent et l’agriculteur qui fait des semences libres, peut se retrouver avec des semences propriétaire à l'insu de son plein gré :) et les risques de procès qui en découlent.

Au passage, pour ceux qui ne connaissent pas, l’association française qui fait distribue des semences issues de l'agriculture biologique et biodynamique dans le but de préserver la biodiversité semencière et potagère. Ici : https://kokopelli-semences.fr/?lang=fr-fr

Les semences sont toutes reproductibles et réutilisables chaque année avec un peu de patience et d'organisation.

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Stephanou a dit :

@Le Hollandais Volant :

1)Je crois qu'on ne peut combattre les industriels qui font les OGM, sans combattre les OGM en tant quel tel. Les deux sont intrinsèquement liés, aussi inséparables que l'ours blanc et la banquise. Même si un jour la technologie le permet, les Monsantos de ce monde n'auront aucun interêt à voir emmerger des semences OGM "libre". Cela irait directement à l'encontre de leur "business model".

2) Tu as raison mais ce qui est pratiqué depuis des millénaires est une opération "mécanique", par définition facilement "démontable" ou modifiable, contrairement aux manipulations de gênes qui touchent l'essence même, le coeur du vivant.

Dans la nature, si un croisement ou un hybride ne nous convient pas ou plus, il suffit d'arrêter de planter et de pratiquer le croisement qui a donné naissance à la plante. Avec un OGM, impossible de revenir en arrière tant il y a risque élevé (pour ne pas dire systématique) de contamination.

J'en reviens à mes mexicains (voir paragraphe "Des effets potentiels sur la biodiversité"): http://www.infogm.org/Contamination-du-mais-mexicain-la

En petite conclusion, j'ai découvert récemment le mouvement de défense des semences libres, par opposition aux "hybrides F1" qui donnent la plupart des fruits et légumes que nous consommons. Il est interessant de noter que ces hybrides produites "mécaniquement" commencent à perdre leurs propriétés dès la 2eme génération. Ce qui rend impossible toute contamination du champs mitoyen sur lequel pousse des semences libre (de droit) et peut-être plus génétiquement authentiques.

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Le Hollandais Volant a dit :

@Stephanou : il existe bien des libristes du logiciel, je vois pas pourquoi ça serait impossible pour les ogm.

Et combattre une technologie uniquement à cause de l'usage qui en est fait, je trouve ça stupide. C'est comme si on interdisait tous les ordinateurs et toute l'informatique partout parce que quelques gens font des virus. Ça n'a pas de sens.

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Nick Named a dit :

@Le Hollandais Volant :

Bonjour Hollandais,

Je voudrai compléter ma réflexion sur le sujet par rapport à ce qui tu dis:

Je suis d’accord pour dire que nous avons déjà sur la planète bon nombre de plantes produisant des composés dangereux. Mais la plupart sont connues et on sait déjà écarter par empirisme ce qui n'est pas consommable sans risque.
Comme tu le dis, ce sont moins les gênes modifiés qui me posent problème que le produit de leur transcription. Ce produit peut être potentiellement dangereux. Des études démontrent déjà que pas mal d'OGM sont des perturbateurs endocriniens avec tous le problèmes identifiés qui vont avec: risques accrus de cancers, très gros problèmes pour les fœtus dont on sait qu'ils auront plus de chance de développer des malformations intra-utérines et après la naissance des chances accrues de cancers, allergies, asthmes etc... J'en oublie sans aucun doute. Mais encore une fois on est d'accord je pense pour dire que cela est lié l'orientation du développement des OGM, et à l'absence d'études toxicologiques et épidémiologiques, avant de les lâcher, sans contrôle, dans la nature.

D'un point de vue industriel, je pense que la stratégie assumée n'est pas de rendre malade les gens. Ce serait pénalement condamnable si on en trouvait trace. Mais on peut quand même constater que ceux qui font les OGM (les industriels de la chimie donc, cf Monsato et le PCB) produisent également les médicaments pour soigner les problèmes qui en découlent (avec l'efficacité relative dont tu parles). Pour ceux que ça intéresse, voire le documentaire The Idiot Cycle pour compléter la réflexion sur ce point. C'est un poil cynique à mon gout, mais je pense qu'on peut dire qu'ils créent la demande (le malade) avec les OGM pour de médicaments qu'ils vendent. Avec une intégration horizontale directe ou par le biais de participations croisées et autre montage financiers, on tombe dans le schéma économique parfait.

Revoir le système de brevet du vivant me semble une demi mesure. L’abolir totalement la marche à suivre. Je suis même plutôt partisan de l'abolition de toute propriété intellectuelle, au sens large, mais là c'est encore un autre débat.

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jefaispeuralafoule a dit :

L'hybridation est un phénomène totalement courant dans la nature, et le fait de croiser des plantes est quelque-chose de totalement maîtrisé. Typiquement, on a le concept de greffe qui, si l'on y réfléchit, est une sacrée magouille pour obtenir des plantes non prévues. On manipule bien depuis des siècles les fleurs pour créer de nouvelles couleurs, alors concernant les végétaux alimentaires, ça n'a rien de délirant.

Par contre, ce qui me pousse à rejeter les OGM, c'est plutôt:
- Qu'on rend stériles les plantes afin d'en tirer du profit de manière massive. En empêchant que l'exploitant use des graines reprises sur sa production, celui-ci devient donc prisonnier des semis fournis par Monsanto par exemple
- Qu'on manipule des animaux pour obtenir des choses bizarres, comme croiser une chèvre avec une araignée pour que la chèvre produise une protéine de la toile dans son lait.
- Que nos connaissances sont trop fragmentaires pour ne pas prendre des précautions et que seul le profit est pris en compte, au lieu de la sécurité sanitaire qui, techniquement, devrait être la première des priorités.

Sorti de cela, le concept d'OGM est délicat à manipuler, car je pense que plein de choses pourraient les rendre utiles, comme possibilité d'obtenir des plantes plus résistantes en zones arides par exemple.

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