Gerd Wiesler, personnage du film
La Vie des autres (Das Leben der Anderen) est un film allemand dont l’histoire se déroule en 1984 en Allemagne de l’Est. Un agent de la Stasi se voit confier la mission de surveiller un écrivain. C’est le ministre de la culture Est-Allemand qui veut que cet écrivain soit surveillé, pour des raisons purement personnelles (le ministre convoite la femme de l’écrivain et veut éliminer ce dernier).
Quand l’écrivain n’est pas là, la Stasi entre chez lui et installe des micros partout. Sachant qu’il écrit sur des sujets politiques sensibles, l’écrivain utilise une machine à écrire chiffrée et interdite.

Pourquoi je parle de ça ?

Parce qu’avec la loi sur le Renseignement, en train d’être votée en France, le gouvernement actuel se dote des mêmes moyens que la Stasi, élevées à l’échelle technologique du XXIe siècle.

Le renseignement Français pourra espionner toute les communications de tout le monde : courrier, SMS, email, postes sur les réseaux sociaux, logs GPS, position en temps réel, etc. Tous les moyens de chiffrements personnels seront dont également contrôlés. Cela se fera évidemment de façon généralisée, sans l’intervention d’un juge et plus personne n’aura de vie privée comme le prévoyait pourtant la déclaration des droits de l’Homme (article 12).

Mais il paraît que la vie privée n’est pas un droit (selon le ministre) et que c’est pour contrer le terrorisme, donc pour notre bien, et que tout ceci n’est pas débattable car il n’y a rien à débattre (allez, circulez, circulez).


Dans le film, rappelez-moi pourquoi l’écrivain était placé sous écoute, déjà ? Ah oui, ça n’avait rien à voir avec le terrorisme.
Et rappelez-moi aussi quelle forme de gouvernement était en place en RDA à ce moment là ? Ah oui, un régime totalitaire proche de celui de Staline.

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Quelques liens :

2 commentaires

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Réchèr a dit :

Une petite précision :

Le concept de vie privée est indiqué dans l'article 12 de la "Déclaration universelle des droits de l'homme". Elle n'est pas spécialement mentionnée dans la "Déclaration des Droits de l'Homme et du Citoyen de 1789".

Ce n'est pas le même document.
http://www.un.org/fr/documents/udhr/
http://www.conseil-constitutionnel.fr/conseil-constitutionnel/francais/la-constitution/la-constitution-du-4-octobre-1958/declaration-des-droits-de-l-homme-et-du-citoyen-de-1789.5076.html

Ce qui est dommage, c'est que le bloc de constitutionnalité du droit français inclut la déclaration de 1789, mais pas la déclaration universelle. En gros, on ne peut pas dire que la surveillance de masse est anti-constitutionnelle. (Mais ça n'empêche pas de dire que c'est une idée inutile et dangereuse).

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Le Hollandais Volant a dit :

@Réchèr : il me semblait que c’était l’inverse, mais tu as raison…
Ça change pas mal les choses, en effet :(.

L’article 5 est cependant "un peu" bafouée : je vois pas en quoi les autorités ont le droit de savoir le contenu d’un email envoyé à ma famille, si c’est pour dire que je viens manger chez eux.

L’article 6, idem : ce n’est pas normal que les parlementaires se soient exclus de la surveillance.

L’article 9 également : mon commentaire concernant l’article 5 ne peut pas être invalidé en disant « oui mais, pour savoir que tu ne prépares pas un attentat, il faut bien que le gouvernement lise ton email ». Ça serait de la présomption de culpabilité, ce que cet article justement réprime.

L’article 10 : même chose. Je ne trouble personne en envoyant des sms ou des email. Je vois pas pourquoi je devrais être surveillé pour ça.

L’article 15 est intéressant. Bizarrement, je pense savoir ce qu’on va me répondre si je me rend à ma mairie et demander combien a coûté en impôts le dernier rond point qu’ils ont fait refaire avec une fontaine et d’autres joyeusetées peu utiles.

Bref, on peut trouver plein d’exemples plus ou moins tirés par les cheveux montrant que la surveillance de masse n’est pas respectueuse du peuple et ne sert que les intérêts des gouvernements.

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