photo d’un étallage de journaux papier Humanoïde, un magazine de presse high-tech a décidé de défendre son format papier en déchirant une page dans toutes les éditions de son prochain numéro.

Pourquoi ?

Parce que « Une page déchirée, c'est moche, c'est frustrant ».

Laissez-moi vous dire que vous n’avez rien compris !
Si je vous donne un journal au format numérique PDF dont il manque une partie des octets, ça vous énerverait aussi, non ? Ça serait frustrant aussi, non ? Ben ouais.

En fait, ce n’est pas le format qui compte.

Le papier a d’autres avantages que celui de ne pas être vendu pré-déchiré (archivage, pérennité, pas de batteries, etc.)…

Si la presse numérique payante ne décolle pas bien, c’est juste que les gens se sentent arnaqués avec ce qu’ils trouvent : une liste d’octets, impossible à partager ou à lire ailleurs que sur un iPhone ou qui s’efface au bout de quelques jours ou bien si on passe une frontière ou qu’on désactive le GPS (merci les DRM), au même prix qu’un document papier qui ni ne s’efface ni ne refuse de sortir de votre salon.
Un journal, ça s’annote, ça se griffonne, ça se prête, ça se range, ça se retrouve 15 ans plus tard… Une tablette où sont enregistrés les journaux en version numérique, au bout de 6 mois il en faut une autre, et là on dit adieux à tous les vieux numéros (merci les DRM et les formats restrictifs).
Il n’est pas étonnant, dans ces conditions, que les gens ne veulent pas payer pour ça : si du jour au lendemain les journaux papier s’auto-effaceraient après 24h, ou étaient impossible à prêter, refuseraient d’être lus aussi bien chez soi qu’au boulot ou dans le métro, plus personne n’en voudrait non plus. C’est pourtant ce que la majorité des éditeurs numériques font, et pas juste les journaux, mais aussi la musique, les jeux vidéos, les films…
Si les versions numériques sont à chier, c’est juste parce que les éditeurs en ont fait de la merde.

Les offres au formats numérique doivent être mieux que le papier pour fonctionner, pas pires (et surtout pas volontairement pire).
Y a deux solutions à ça : soit un format dégradé mérite un prix dégradé, soit un prix haut doit être justifié par un format et une accessibilité au moins aussi grande que celle du papier.

Vouloir à tout prix ralentir la technologie et continuer d’hiberner au moyen-âge est impossible : le monde avance et les traînards mourront.


Et pour ça :

« la version web […] est volontairement bardée de fausses publicités animées et rapidement épuisantes »

… ça vous étonne, que des gens n’aiment pas vos versions numériques quand vous les bardez vous-même de pub ? Retirez la pub, et vous verrez : ça ne sera pas épuisant.
Encrasser volontairement un format pour dire ensuite « c’est de la merde » ou pour pleurer car « personne n’en veut », c’est totalement idiot comme stratégie.

image de Hindrik

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