clé usb en or massif Ces gogo qui ne comprennent pas ce qu’il font : appliquer une économie de rareté au numérique, et qui soit encore plus rare que le marché physique. Faut quand même le faire !

Depuis quand les éditeurs de bouquins nous interdisent-ils de revendre un livre qu’on a acheté mais qui ne nous plaît pas ? Jamais !
Alors pourquoi veulent t-il interdire la revente de fichiers achetés ? Déjà que ces fichiers sont bardés de protections et de verrous numériques mis en place parce que l’acheteur est pris pour un voleur, maintenant ils veulent ajouter un verrou légal.

Après l’illimité qui n’est pas de l’illimité, voici la vente qui n’est pas de la vente, mais une simple location. Ben oui : le livre numérique ne nous appartient pas, car on ne peut pas faire ce qu’on veut avec. Au lieu de ça il appartient à Amazon, à Apple, à la boîte chez qui vous téléchargez le fichier, et cette boîte peut vous supprimer le fichier à distance quand il le souhaite.

OK, les artistes et créateurs doivent pouvoir vivre de leur art, mais est-ce que ça doit forcément passer par des moyens qui font chier l’utilisateur ? Depuis quand les créateurs veulent-ils faire chier l’utilisateur, si c’est pour espérer lui revendre le fruit de son travail ? J’ai beau ne jamais avoir fait d’économie, mais permettez-moi de de dire que je pense que c’est une très mauvaise idée.
Qui pousse véritablement le client à se fournir sur The Pirate Bay ? Qui le pousse à rejeter le système économique actuel ? Qui le dégoûte de la culture, non pas à cause des auteurs, mais à cause des éditeurs (les ayants-droits qui ne pensent qu’au fric) qui font chier leur monde ?
Récupérer le livre sur les réseaux illégaux est très simple, et y’a aucune limite artificielle sur le fichier récupéré. Si vous voulez que l’offre légale fonctionne, il faut quelque chose d’aussi simple à utiliser (je ne parle pas du prix) : « Le jour où l’on entendra "C’est plus facile pour moi de regarder un film légalement que de le pirater !" le piratage s’effondrera. » (citation).

Je ne dis pas que le reste du monde fait mieux actuellement, mais c’est pas avec le rejet d’un bloc de tout ce que le numérique permet que la France va rattraper son retard (et accessoirement monter l’exemple, car d’une puissance mondiale, c’est un peu ce qu’on attend : une avance). Parce que oui la France est en retard dans le numérique et sur beaucoup de points, sauf dans la répression et les lois stupides : là elle est la championne !

Arrêter le progrès est impossible : inutile de chercher. Alors changez le monde pour qu’il s’y adapte et avance dans le bon sens, plutôt que d’être un frein au développement. Vos conneries suffisent amplement là.

Du coup, ça me fait douter sur l’issue de la réflexion lancée par la Hadopi sur une possibilité de la légalisation du partage, qui n’était pourtant – pour une fois – pas une mauvaise idée. Dommage…

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30 commentaires

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mat a dit :

Je me plais à imaginer un futur ou les artistes/créateurs laisseront à disposition, grâce à l'ère du numérique connecté, leurs oeuvres avec la possibilité de rémunérer selon les moyens sans donner à ceux qui ne le mérite pas (Il est certains qu'à l'époque des supports physiques, les maisons de production permettaient de diffuser largement la musique).
Le don... ce mot qui aujourd'hui dans les esprits résonne souvent uniquement avec téléthon ou croix-rouge mais pas culture. Il faut dire que le gouvernement ne rend pas service à la culture. Législation, taxes, interdictions,... la culture "légale" ne fait effectivement plus envie si elle doit ressembler à une industrie.
Merci Timo de toujours partager ce genre de chose. Des blogs comme le tien ou celui de Ploum me permettent de garder un équilibre mental que les journaux télévisés ont trop souvent eut tendance à piétiner ;).

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Le Hollandais Volant a dit :

@mat : +1

Actuellement le modèle économique repose sur trois acteurs et un principe :
– le producteur
– le revendeur (qui peut parfois aussi être le producteur)
– le client

Le principe est : « tu veux mon produit, il faut payer le prix que le revendeur a fixé ».

Dans le modèle économique du don et celui que tu décris (et qui me plaît aussi), les deux premiers acteurs doivent être la même personne (physique ou morale, aucune importance).
Le prix, lui doit disparaître pour la culture : produire un livre, ça coûte cher. Produire un PDF ne coûte rien en soi. Il faut faire comprendre comme du dis que le don est un modèle économique et non pas quelque chose qui rime avec Téléthon.

L’argent reçu permettra à l’artiste lui-même de vivre. C’est un échange, un achat, mais dont le montant est libre.

Je trouve assez naze de devoir payer un prix fixe pour une œuvre en papier : je n’ai jamais eu l’impression d’acheter une histoire, mais toujours du papier : pour expliquer ça simplement, c’est par exemple si on achète deux livres identiques : on a le double de papier, on paye le double du prix, mais on n’a toujours qu’une seule histoire. CQFD : le client qui dépense son argent ne voit pas le prix de l’histoire dans ça.

Il faut changer ça : faire naître une prise de conscience que l’important est l’œuvre, pas l’ouvrage.
Par suite il faut se faire rendre compte aussi que c’est l’utilisateur qui doit fixer le prix : combien donnerait-il pour cette œuvre ? Chacun est différent, et chacun ressent ou vit sa lecture différemment. Un prix unique n’est donc pas logique, ni juste.

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Arkham a dit :

La fameuse "réflexion" de la Hadopi sur la légalisation du partage non marchand est juste une blague : ils font mine de s'y intéresser pour tenter de blanchir leur image alors qu'ils s'en carrent totalement.

Pour le coup de la revente de mp3 et d'ebook, rien d'étonnant ...

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jefaispeuralafoule a dit :
Par suite il faut se faire rendre compte aussi que c’est l’utilisateur qui doit fixer le prix : combien donnerait-il pour cette œuvre ? Chacun est différent, et chacun ressent ou vit sa lecture différemment. Un prix unique n’est donc pas logique, ni juste.

Désolé, ce bout là de la réflexion est simplement faux selon moi. Pourquoi?
1° Parce que le net te donne l'exemple même de l'absence de considération du travail d'artiste (détournement de contenu sans autorisation, usage de médias sans même en préciser l'auteur, récupération de contenu en s'en appropriant la rédaction et j'en passe...), et encore plus de manque de générosité. Les bitcoins et autres ne sont encore que de vagues compléments, et destinés à des personnes averties... La majorité des gens? Parlez leur de flattr histoire de rire. Qui connait? Personne. Qui participerait? Allez, un ou deux idéalistes?

Non: rémunérer en fonction du bon vouloir peut mener à deux choses:
- Soit des rémunérations ridicules si l'on instaure pas un prix plancher
- Soit une inflation grotesque et freinant les ventes, ceci en affichant le "voici la moyenne de prix d'achat" et "Voici le plus haut prix d'achat fait". Oui... clairement, c'est du chantage moral en disant "si vous payez en dessous de la moyenne vous êtes radin" et "Il y a des gens prêts à payer très cher mon contenu". Moralement très limite je trouve, pas vous?

Je ne crois absolument pas à la charité de masse, et encore moins quand il s'agit de produits à consommer (virtuels ou non). La problématique actuelle n'est pas tant de payer le produit, mais de constater que, pour préserver un modèle économique adossé à la rareté, on crée des mécanismes absurdes (cf le coup du "rupture de stock" sur un virtuel virtuel!!!).

Ce que je pense crédible? Trois choses:
- Un système s'appuyant sur des notions d'abonnement mais où l'on devient propriétaire, sans DRM, des fichiers (un spotify mais avec téléchargement en somme)
- Une entente plus large des diffuseurs, de sorte à ce qu'il n'y ait plus cette absurdité de catalogues, où par exemple AC DC n'apparaît pas chez X parce qu'il est chez Y.
- La mise à disposition systématique et obligatoire du format numérique d'un média quand on l'achète de manière physique, et cela sans surcoût. Par exemple: le divx HD d'un bluray, les mp3/ogg d'un album en CD, l'ebook non verrouillé d'un livre. Là, cela aurait du sens, et cela serait profitable tant à l'économie réelle (achat physique), que virtuelle (incitation à prendre des formats numériques, donc à terme achats d'équipements et même achats ultérieurs d'œuvres 100% numérisées).

Sorti de ces trois idées, inutile de rêver: les gens ne paieront pas, même si le coût unitaire est très réduit. La preuve? 0.99 Euros/titre, ce n'est pas cher non? Pourtant... les plateformes légales n'ont pas tant de succès qu'on veut bien nous le dire, la preuve en est que la promotion des artistes via la télévision ne mentionne que très rarement l'aspect téléchargement et achat numérique. De fait, je crois qu'il faut avant tout se dire que l'économie de rareté a fait son temps, mais qu'il faut aussi comprendre que le prix n'est pas la cause du piratage, c'est l'envie de gratuité totale qui l'est!

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mat a dit :

@jefaispeuralafoule : Tu n'as pas tord, les humains ne sont pas encore très décidés à s'adapter à ce genre d'offre. Perso, j'ai testé cette forme de rémunération la première fois avec les HumbleBundle et bien qu'ils affichent une moyenne de prix payé et qu'au delà de ce prix, l'on obtient des jeux supplémentaires, ça de me dérange pas car j'ai souvent payé 15$ pour mes packs (mes faibles moyens font qu'avec un PC de 2008, les petits jeux passent mieux que les "super high texture with extra shaders" dont les opus occillent entre 40 et 60 €) et la moyenne varie souvent autour de 7$.
Mais ce genre d'offre (un pack de 4 à 8/9 jeux qui ont quelques années mais qui reste bons à un prix libre non nul) est clairement un petit pas en avant pour la promotion de la culture des jeux-vidéo à l'ère du XXIème siècle.
Pour la musique, la littérature ou encore le cinema, c'est clair qu'on a pas encore changé de siècle.

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..galex-713 a dit :

Je ne dis pas que le reste du monde fait mieux actuellement, mais c’est pas avec le rejet d’un bloc de tout ce que le numérique permet que la France va rattraper son retard (et accessoirement monter l’exemple, car d’une puissance mondiale, c’est un peu ce qu’on attend : une avance). Parce que oui la France est en retard dans le numérique et sur beaucoup de points, sauf dans la répression et les lois stupides : là elle est la championne !

Ça me rappelle quand on entend dire d’un air condescendant « Les pays en voie de développement ont 100 ans de retard sur les pays développés ». Les pays développés ont plus ou moins un demi-siècle de retard sur eux-même ou du moins sur leur technologie. Leur système politique ne sait pas traiter avec leur évolution sociale exponentielle qui fait craquer les limites des administrations. Alors que les pays « en voie de développement », l’informatique et internet étant une ressource plus rare, savent en profiter correctement, savent ce qui signifie « hors-ligne », « copie », ou « filtrage de l’internet » quand le réseau mobile (plus répandu que le fixe en raison de son maigre coût) se contre-fout de la neutralité d’Internet sur des appareils « jouets » et « moyen de télé-contrôle et télé-surveillance », et qui ignorent ce que peut être « Facebook », l’Internet « débile » fait pour rigoler sur des blagues sans pertinence. Eux ils ont une avance sur eux-même, tout le contraire d’ici.

@jefaispeuralafoule : Je suis en partie d’accord avec toi, cependant :
L’économie du don est à développer : pour l’instant tu parles de « radinerie » quand beaucoup (surtout ceux qui en profitent le plus) sont contents de pouvoir soutenir ce qu’ils apprécient. C’est principalement un problème de transition culturelle : le peuple n’est pas aujourd’hui encore habitué à cela, mais à force du développement de la culture libre, ça progresse, et il finira par accepter cet élément dans sa culture comme un fait normal et faisant partie de son économie. Après ça dépend de l’endroit : aux États-Unis par exemple, le don et la charité sont très bien vus et assez répandus, en France moins. Mais ça pourrait changer : on peut entrevoir ici un réel modèle économique fonctionnel qui pourrait tenir malgré le développement du libre et du travail collaboratif dans la structure sociale.

À propos d’évolution de la culture : ça me rappelle un propos de Benjamin Bayart dans sa conférence « Internet, démocratie, dangers » :

Dans les dangers, il y a la question de la culture, qui est toujours intéressante, alors pour ceux qui n’ont pas repéré, on va dire du mal des marchands de musique, des marchands de films, et de la loi HADOPI.

Tout support d’échange est substrat de culture. Il faut que l’on se mette d’accord sur la définition de la culture. Soit vous en prenez une définition extrêmement moderne qui dit que si c’est en vente à la Fnac, c’est de la culture, et donc comme j’y ai trouvé des cahiers blancs et des stylos… un cahier c’est de la culture ; soit vous en prenez une définition un peu plus ancienne, et en fait, on appelle « culture » la référence commune que partagent un groupe d’êtres humains et qui lui permet de communiquer. Si nous pouvons communiquer, c’est parce que nous parlons la même langue. Si nous parlons la même langue, c’est parce que nous avons la même culture. Si quand je dis « un mulot » vous comprenez que c’est une souris et pour les plus cultivés d’entre vous, vous comprenez que c’est une référence à un sketch des Guignols de l’info, c’est bien que nous avons des références culturelles en commun. La culture, ce sont ces références-là. La culture, ce n’est pas forcément des trucs compliqués, ça peut être des références compliquées savantes et intelligentes, je ne sais pas, si vous aussi vous avez lu Rabelais on peut disserter sur ce que raconte Gargantua ou ce que raconte Pantagruel, ce qui s’appelle culture, ce sont ces éléments communs. La culture, ce sont ces éléments communs. Par définition, à partir du moment où vous avez un moyen de faire communiquer des êtres humains ensemble, ils vont créer une culture. Ils vont créer un vocabulaire, il vont créer des références… Basiquement tout à l’heure quand je disais un « kikoolol », il y a vingt ans, j’aurais sorti ça à mes parents, aucune chance qu’il sachent ce que c’est. Aucune. Aujourd’hui, ils commencent vaguement à avoir entre-aperçu des choses qui se racontent sur MSN par leurs petits-enfants ou par leurs enfants et ils arrivent à se dire que « tiens, peut-être effectivement ça doit faire référence à ça ». On commence à avoir ces éléments de culture commune qui apparaissent.

Un élément échangeable, un élément qui s’échange, est par définition un élément culturel, et réciproquement, un élément culturel est par définition un élément qui s’échange.

La conséquence de la guerre que nous font tous les gens marchands de culture c’est que si ils gagnent, imaginons qu’ils y arrivent : on ne s’échange plus de musique ou de films qui soient basiquement sous copyright, dans un monde où l’on peut s’échanger de la vidéo facilement, où on peut donc faire passer ses idées d’une personne à l’autre en disant « tiens, regarde, telle scène de tel film, ça me rappelle le prof ce matin, c’est trop marrant ». En supposant que l’on ne fasse pas passer ça par des scènes de films que ces gens-là vendent, on va le faire passer par autre chose. Je ne sais pas par quoi, mais on va forcément le faire passer par quelque chose. Il y aura bien une culture commune qui s’établira. Si techniquement il n’est pas possible que ce soit la culture issue de l’industrie du divertissement, ce sera autre chose. Ce sera des vidéos que l’on a trouvées gratuitement sur Internet et que l’on a le droit de diffuser, ce sera de la musique que l’on a trouvée ailleurs que chez un marchand de musique. La conséquence immédiate de tout ça : quelle valeur a un film dont vous ne pouvez pas parler ? Iriez-vous au cinéma voir un film dont vous ne pourriez pas discuter après ? Je veux dire, hormis si vraiment l’actrice a des gros seins… hormis quelques cas très précis… où l’on revient quand même sur la question du porn… Iriez-vous voir un film que vous ne pourriez pas raconter, dont vous ne pourriez pas parler ? De nos jours, si vous parlez de quelque chose sur Internet, vous n’allez pas faire une dissertation par écrit à la machine à écrire comme en 1930 ! Vous allez le raconter avec des images, vous allez le raconter avec des bouts de vidéo, vous allez le raconter avec des bouts de bande-son, avec des montages rigolos. Si vous ne pouvez pas faire ça, ça ne vous sert à rien. Quelle valeur a ce film s’il n’est pas une référence commune ? Iriez-vous vous emmerder à vous enfermer pour 10€ dans une salle obscure à regarder quelque chose qui n’est pas une référence commune ? Un film qui cite des références à plein d’éléments qui ne vous parlent pas parce que vous n’avez pas vus les films d’avant, et que de toute façon vous ne pourrez raconter à personne donc qui pour vous ne sera pas un élément de communication utile. Si ces gens-là arrivent à faire en sorte que l’on ne puisse plus s’échanger leurs contenus alors leurs contenus n’a plus de valeur. Le contenu de l’industrie du divertissement n’a de valeur que parce que nous l’échangeons. Parce que nous l’échangeons alors il a de la valeur. Parce que l’on fredonne la même chanson, parce que l’on cite les paroles de la même chanson, parce que l’on cite les mêmes bouts de films, parce que quand je vous dis « les cons ça ose tout c’est même à ça qu’on les reconnaît » vous êtes nombreux à voir de quel film je parle, c’est pour tout ça que ces contenus ont une valeur.

Donc la conséquence immédiate de la guerre qu’ils nous livrent, c’est que si l’industrie du divertissement gagne et arrive à faire en sorte que l’on ne puisse plus échanger ses contenus, elle en sera la première victime. Les contenus qu’elle possède n’auront plus de valeur. La seule valeur réside dans l’échange que nous pouvons en faire.

Il y a plein de questions derrière, qui sont des questions utiles et intéressantes. Comment on fait pour rémunérer les créateurs ? Comment on fait pour essayer de calmer la tristesse des actionnaires de Vivendi qui vont perdre de l’argent ? Il y a plein de questions utiles et intéressantes dedans. Mais il y a une réponse dont je suis certain, c’est que l’on continuera à avoir de la culture, même si c'est sans ces gens-là. Je ne suis pas inquiet, la disparition de la création et la disparition de la culture, ce n’est juste pas possible. Donc il y aura forcément une création culturelle. La grande question est de savoir s’il y aura une création culturelle faite par nos marchands de modèles en plastique ou faite autrement. Et il est à souhaiter pour eux que nous continuions pendant longtemps à échanger leurs contenus entre nous, et donc à donner de la valeur à ces contenus.

S’ils ne nous laissent pas libres d’échanger leur contenu « culturel », et ce faisant d’en faire intrinsèquement de la culture, ce ne sera plus de la culture, et la culture sera autre chose : la culture libre, ou l’anarchie complète de production et de partage.

Sorti de ces trois idées, inutile de rêver: les gens ne paieront pas, même si le coût unitaire est très réduit. La preuve? 0.99 Euros/titre, ce n'est pas cher non? Pourtant... les plateformes légales n'ont pas tant de succès qu'on veut bien nous le dire, la preuve en est que la promotion des artistes via la télévision ne mentionne que très rarement l'aspect téléchargement et achat numérique. De fait, je crois qu'il faut avant tout se dire que l'économie de rareté a fait son temps, mais qu'il faut aussi comprendre que le prix n'est pas la cause du piratage, c'est l'envie de gratuité totale qui l'est!

Si on télécharge et partage illégalement quand même, malgré un coût unitaire bas, c’est non seulement parce que ce n’est pas bas, mais élevé, quand on sait le nombre extraordinaire d’« unité » que l’on se procure et que l’on échange aujourd’hui — l’explosion et la frénésie culturelle due à Internet en première cause — coûtera — le prix s’accumulant très vite par rapport à l’augmentation exponentielle du partage — un prix conséquent, mais c’est aussi parce que c’est souvent loin d’être la valeur réelle de ce qu’on se procure : d’abord parce qu’avant l’achat on ne peut pas avoir une première impression — le téléchargement impliquant la possession d’un exemplaire infiniment duplicable pendant durée arbitraire pour un nombre d’écoutes arbitraire — et ensuite car souvent on télécharge quelque chose et ensuite on aime pas (ou l’on s’en lasse) et on supprime, ou alors on a pas l’argent, ou au contraire on en devient fou, mais on l’ignorait avant d’en avoir une copie (et si l’on a plein d’argent à dépenser frénétiquement dans un désir de consommation et de dépense… tout en se donnant bonne conscience… mais maintenant on a payé moins cher que la valeur réelle et c’est fini, le prix est payé et ne peut l’être de nouveau) et on aimerait vraiment le partager mais… on peut pas :> du coup c’est plus de la culture et ça a plus du tout de valeur en fait… La valeur, au niveau de l’art, est quelque chose de très complexe à évaluer, mais on peut faire un rapprochement avec un prix assez facilement en laissant l’obtenteur de l’œuvre payer après avoir obtenu, profité de voir partagé l’œuvre.

Ici on ne parle pas de charité, mais d’un désir de communication fort, celui-là même qui nous pousse à faire de la culture, à dire « eh ya ce jeux-vidéo/film/morceau vraiment trop trop bien faut absolument que tu l’écoutes (tellement j’adore trop et j’ai envie que tu me comprenne et qu’on puisse communiquer en utilisant ce nouveau potentiel élément de culture comme référentiel pour renforcer notre lien social) ». Mais au fond, ce même désir de renforcement de lien social, d’entre-aide et de partage est assez proche voir même lié à ce qu’originellement Jésus de Nazareth appelait la caritas : c’est pas tout à fait de l’amour mais ça a le point commun de la motivation sociale intégrée au plus profond de l’être humain. Le désir de partager et de communiquer est motivé socialement au même titre que la charité, dans l’évolution de l’être humain. Si l’être humain est social, c’est dans son intérêt, parce que les primates sociaux survivaient mieux que ceux qui ne l’étaient pas.
Car quel est le moteur de la générosité ? Qu’est ce qui nous donne envie, nous donne un désir fort d’être généreux quand nous le sommes ? C’est l’envie de communiquer, de partager, d’avoir en commun. C’est ce même désir naturel qui explique l’effervescence nouvelle de la culture grâce à Internet, c’est celui-là même qui motive le développement collaboration, le mashup, le partage, la rediffusion. C’est ce besoin naturel qui est propre à l’homme qui le pousse à cela. Et si l’on peut communiquer la valeur que pour nous a la culture en la partageant, en la diffusant, en l’améliorant, en la faisant évoluer, on est encore plus intéressé par manifester sa valeur avec quelque chose permettant d’aider celui qui la crée à vivre, à manger, à jouir de la production physique humaine. Pourquoi des artistes de rue reçoivent plus d’argent dans le gobelet quand ils jouent mieux ? Pourquoi on accepte de donner de l’argent en général ? Ça fait plaisir de dépenser son argent de façon pertinente. Je préfère largement donner de l’argent à la FSF, à La quadrature du net, à l’April, à la FFDN ou à une autre association du libre plutôt que d’en dépenser pour une licence Microsoft Windows dans l’achat d’un ordinateur. Parce que Microsoft ne mérite pas cet argent, il mérite même qu’on encourage les autres à ne pas lui en donner. Les associations qui combattent pour notre liberté elles méritent un soutien, qu’il soit d’ordre technique, social, politique, organisationnel, publicitaire ou financier. Ça fait plaisir d’aider ce que l’on aime. Même que ça fait envie. Au même titre qu’on a envie, ou même besoin de partager ce dont on raffole. Et le partage massif que nous permet Internet nous sensibilise de plus en plus à cette envie de partager, de communiquer, d’aider.

Ce ne sont pas les œuvres d’art qui sont les enfants des artistes mais les artistes qui sont les enfants des œuvres d’art.

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Ralayax a dit :

Mmmh, je ne pense pas que Internet et de par lui le libre échange de données soit vraiment négatif pour les artistes..

-- D'ailleurs c'est quand même fout que nos politiques ultralibéraux cherchent à réguler à ce point ce phénomène, comme quoi le libre échange c'est vraiment qu'une excuse pour faire plaisir à leurs potes --

A vrai dire ce phénomène de libre échange des données a aidé beaucoup d'artistes à émerger qui n'auraient jamais eu une chance à travers les maisons de disques, les boîtes de production ou bien la télévision..
(regardez cette vidéo qui parle notamment de ça https://www.youtube.com/watch?v=MxGs3c14WLE )

En fait Internet a tendance à la fois à permettre d'obtenir vite une renommée et de part le fait un certain revenu, et également à empêcher d'engranger un max de pognon comme le faisaient et comme le font encore les grandes boîtes de production.
Parler de protéger la culture est donc à mon avis quelque peu hypocrite parce qu'on néglige tout une partie du phénomène. Avant c'était totalement impossible de devenir connu, mais quand on réussissait c'était la richesse quasi assurée, maintenant c'est beaucoup plus simple mais ça rapporte moins.

De plus on parle de la disparition des films à gros budget si le partage libre continue, mais la puissance de l'informatique permet d'avoir de moins en moins besoin de budget pour créer un film ou une musique (cf blender et autres logiciels libres).



Je pense que un système basé sur la charité simple aura du mal à fonctionner, parce que je pense que la plupart des gens se diront "Oh, c'est facultatif, bon bah j'ai pas besoin de payer alors". Là où un système de dons peut marcher c'est si le créateur met en évidence la corrélation entre le boulot qu'il va faire *mettons* le mois d'après et les dons qu'il a reçu le mois d'avant par exemple.
Le don sera motivé par le "J'ai envie qu'il continue alors je paye !".

Il faut motiver un don pour que ça marche. Cependant on peut trouver pleins de motivations : "j'aurais automatiquement les mises à jours" (minecraft), "il va continuer à faire des vidéos"
Même dans le cas d'un système payant obligatoire, il faut motiver le paiement : "c'est super simple de télécharger mon jeu/musique/film et je peux recommencer quand je veux !" (humblebundle).

La simple obtention de l'information ne peut plus constituer la motivation de paiement, cette industrie basée sur le contrôle par la distribution va forcément péricliter, surtout si elle essaie d'entretenir la rareté.
Si on trouve une motivation aux gens pour payer, alors un nombre suffisant de gens soutiendront les artistes qui contrairement aux actionnaires ne semblent pas avoir besoin de 15.000€ nets par mois pour subsister.

Bon, comme d'habitude mes idées sont toutes mélangé-caca-parangé ^^

Sur ce bon(ne) nuit/journée/apétit/appart ! :) :)

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galex-713 a dit :

@Ralayax : Vu le début de ton commentaire, ça me donne légèrement l’impression que t’as un peu l’air de croire qu’ici on pense différemment de toi ou qu’on croit que de quelque manière que ce soit les politiques racontant n’importe quoi à propos d’Internet auraient raison… mais puisque tout ici m’a l’air assez explicite à ce sujet (sauf jefaispeuràlafoule qui se plaît à exprimer un point de vue souvent contraire à l’avis commun ici, à casser l’idéalisme par une sorte de simili-réalisme tranchant et par la même occasion à nous faire écrire pleiiiiins de commentaires qui justifient tout ça, avec une argumentation toujours plus solide, et toujours plus de réponses toujours mieux argumentées et mieux construites : merci à lui btw).

Puis bon tu ne fais qu’exprimer l’avis général, ce qui est assez peu constructif…



…oui je fais la même chose moi mais en général je trouve une excuse, comme dire que je suis pas d’accord avec un tout petit truc de rien du tout, ou dire que je ne suis pas d’accord avec jefaispeuràlafoule ou encore manifester mon librisme considéré extrémiste.
’fin bon après je critique pas parce que je suis complètement d’accord avec toi et que j’ai l’impression de m’entendre moi… avec les arguments d’il y a quelques années… quand j’étais nouveau… genre « non mais vous rendez vous compte que les politiques racontent des absurdités ? C’est incroyable ! Et que des logiciels libres de très bonne qualité sont gratuit et à disposition de tous ? C’est incroyable ! » (j’exagère bien sûr, mais c’est pour faire la synthèse de l’état d’esprit enthousiaste, révolté et fier qui est souvent propre à la découverte de ce genre de choses).

Sinon je crois en un système de don facultatif et du coup ne fonctionnant pas en causant une mauvaise conscience et relative et adaptée aux moyens de celui qui paye, à l’instar de Ploum.

PS : ah c’est malin de balancer une vidéo intéressante de une heure et demie, maintenant déjà que j’avais 3000 choses à faire, et qu’un link de Timo commençait à peine à me réconcilier avec youtube via les bloggueurs vidéos je me retrouve avec une heure et demie de plus à caser T-T (ceci est un compliment et un remerciement masqué)

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Guenhwyvar a dit :

@jefaispeuralafoule :

0.99 Euros/titre, ce n'est pas cher non?

Pour du flac, c'est un peu cher, si. Pas honteusement, mais un peu. Pour du mp3 128 kbps avec DRM, c'est inadmissible.

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Hegurka a dit :

Je crois qu'on s'écarte de l'idée de base de Timo : "La revente d'eBooks et de mp3 peut être interdite ?". C'est le problème soulevé, non pas le prix originel mais le fait de ne pas pouvoir revendre quelque chose qu'on a acheté. Le problème est que sur internet on paie, on n'achète pas ; on peux "utiliser" (lire, écouter), on ne peut pas "être propriétaire". C'est fou effectivement, mais ça vient de la possibilité de reproduction d'un produit "payé", possibilité qui vient elle-même de l'"immatérialité" du produit en question.
C'est chiant quoi ! Car ça justifie tous les excès des politiques et des Universal-de-mes-deux, et leurs arguments sont imparables : vous payez le droit d'utiliser un produit mais ce produit étant, de façon illimitée, reproductible, nous vous interdisons d'en faire un commerce - interdiction justifiée au nom de la défense des artistes, au nom de la défense des grandes entreprises (qui nous embauchent, n'oublions pas), au nom de la morale publique, au nom de n'importe quoi, etc.
Et comment vous interdire ce commerce ? En conservant la propriété du produit - et en matière d'art, c'est facile puisqu'il s'agit, aussi, de quelque chose d'immatériel : le droit d'auteur !
Alors raisonnez autant que vous voulez, idéalisez tout ce que vous voulez, vous êtes déjà présumés coupables, et si vous essayez de nous piquer notre fric on vous condamne.

Bingo ! A vous de jouer maintenant.

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Naabster a dit :

@Hegurka :
Effectivement tout la différence ce situe sur l’immatériel..

Je te revends mon e-book, mais n'ai je pas gardé une copie (de sauvegarde...), volontairement ou non, sur un disque ou autre support, perdue au milieu de centaines de milliers d'autres fichiers.

Et les arguments des ayants-droits sont effectivement "imparables" dans ce cas là.

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Ralayax a dit :

@galex-713 : Oui effectivement


Puis bon tu ne fais qu’exprimer l’avis général, ce qui est assez peu constructif…



…oui je fais la même chose moi mais en général je trouve une excuse, comme dire que je suis pas d’accord avec un tout petit truc de rien du tout, ou dire que je ne suis pas d’accord avec jefaispeuràlafoule

Oui en fait ce post était plus ou moins une réponse à jefaispeuràlafoule ^^

j’ai l’impression de m’entendre moi… avec les arguments d’il y a quelques années… quand j’étais nouveau… genre « non mais vous rendez vous compte que les politiques racontent des absurdités ? C’est incroyable ! Et que des logiciels libres de très bonne qualité sont gratuit et à disposition de tous ? C’est incroyable ! » (j’exagère bien sûr, mais c’est pour faire la synthèse de l’état d’esprit enthousiaste, révolté et fier qui est souvent propre à la découverte de ce genre de choses).

Arg je suis grillé :D Oui effectivement je suis assez nouveau dans ma découverte du libre et de la blogosphère ^^


@Guenhwyvar : Perso je trouve ça vraiment cher, surtout pour un étudiant (qui gagne à peu près rien, pour peu qu'il aie des études prenantes), parce qu'après la bouffe et le loyer c'est presque impossible d'acheter un CD à 13€ sur internet. Ça les prive quand même d'un assez gros public !

Bon et pour revenir au sujet principal, ce n'est pas parce qu'un bien est immatériel que l'on veut empêcher sa revente, c'est parce qu'il est copiable (ce qui me paraît assez logique).
Donc pour autoriser la revente d'un ebook ou d'une musique, il faudrait la rendre incopiable (DRM). A la rigueur je comprendrais une communication sur le fait qu'on ne puisse que revendre des musiques avec DRM, ou en soumettant une vérification de non copie....
...mais ça ne marchera jamais ^^ Une revente avec DRM ne marchera jamais (vous imaginez un pote qui vous vend du DRM inside ^^) et une vérification de non copie.. Je vous laisse rigoler !

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jefaispeuralafoule a dit :

@Guenhwyvar : Et c'est quoi un tarif "acceptable"? Je trouve ça génial... quelque soit le prix ça sera toujours 'trop cher'. Ca ne fait que conforter ce que je disais...

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Le Hollandais Volant a dit :

@jefaispeuralafoule : c'estvun tarif fixé par le client, de façon honnête.
Sachant que s'il ne donne rien, c'est qu'il estime que ça ne vaut rien, et donc devrait ne pas le prendre.

Pour certains, même 100€ le mp3 est une goute d'eau, pour d'autres, 1€ est déjà cher.

Il faut demander aux gens ce qu'ils peuvent donner. Mais le mieux c'est de leur laisser donner. Je sais que tu ne crois pas à l'honnêteté de l'homme et donc à ce modèle, mais moi si.

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Ralayax a dit :

@jefaispeuralafoule : Personnellement, ça m'arrive d'acheter des titres que j'aime bien à 1€,
mais d'une ça me dégoûte de pas pouvoir choisir où va l'argent (genre j'ai pas envie de donner que 10c à l'artiste et 90c à la plateforme de distribution).
Et de deux coûte vite assez cher, pour une musique je serais prêt à payer 40c en FLAC et 20c en MP3 reversés directement à l'artiste avec téléchargement en P2P pour minimiser les coûts de distribution.

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jefaispeuralafoule a dit :

@Hegurka :
En effet, mais le prix et le concept de dématérialisation vont ensemble. En effet, le prix de vente est une chose fixée de manière complètement arbitraire, car dans l'économie numérique, il n'y plus la notion d'objet et de production. Là, comment faire pour maintenir un dispositif obsolète de pénurie artificielle?

C'est en ça que les vendeurs tentent d'emprisonner le fichier numérique dans des cochonneries DRM.

Au-delà de ça, demandons nous aussi ce qu'est un "bon prix". Quel qu'il soit, il y aura toujours quelqu'un pour dire "trop cher"... alors combien? Combien pour un morceau? Combien pour un livre?

Là où moi je tique, ce n'est pas tant sur le prix, mais sur le fait que ce prix ne permette pas d'acquérir le bien, mais clairement et simplement d'en avoir juste l'usufruit. Cette notion est essentielle!
- Quand on détient un bien, on peut en faire "ce qu'on veut", à savoir le revendre, le stocker...
- Quand on en a l'usufruit, on ne peut pas le revendre, car on n'en a que l'usage.

Je ne vois pas vraiment de sortie saine pour ce problème, au titre qu'il y a énormément de soucis sur la libéralisation des fichiers. Quand un format est ouvert, on sait pertinemment qu'il sera dupliqué et distribué. C'est d'ailleurs ça qui a fait le succès du mp3: propriétaire en format certes, mais pas de DRM, compatibilité maximale avec tous les équipements, donc distribution et copie illicite particulièrement facile. Ne perdons pas de vue que Napster a connu son âge d'or grâce à ce format sans DRM, et que c'est là que le P2P a pris son envol.
Je sais que je vais contre l'idée générale que le libre ne va pas à l'encontre de la production artistique. Cependant, je me dis surtout et avant tout que chaque utilisateur qui copie de manière illicite ne s'interroge pas: c'est disponible, gratuit, facile à récupérer et à dupliquer, donc on prend sans état d'âme.

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jefaispeuralafoule a dit :

@Le Hollandais Volant :
Réponse simple et précise: alors pourquoi l'immense majorité des associations ont du mal à avoir des budgets pour l'entraide? Pourquoi l'immense majorité des passants ne donnent pas les dits centimes pour aider leur prochain?

Laisser à l'acheteur le choix du montant? Mais le plus bas possible bien entendu! La "générosité" existe, c'est indéniable, mais le commerce et le capitalisme sont amoraux. Je dis bien amoraux et non immoraux, à savoir que les mécanismes économiques se foutent de la morale, ils respectent des règles où la moralité n'ont aucun cours. C'est nous qui voulons instaurer une "moralisation" de l'économie. Je ne rêve pas d'un monde où les gens seraient généreux et honnêtes, car cela se révèle ingérable voire inepte. Je rêve plus à des règles moins perverties par des excès comme le verrouillage excessif des formats, ou encore des pratiques débiles comme la limitation du nombre de copies personnelles.

Ce qui m'intéresse bien plus, c'est de trouver une transition intelligente et plus juste, afin que le client et le vendeur soient satisfaits. A aujourd'hui, les vendeurs sont réticents parce qu'ils voient leurs produits dupliqués et distribués sans rien gagner dessus, et les clients légitimes ne sont pas satisfaits car ils paient, par des brides débiles, le fait que d'autres abusent de la copie illicite.

je le redis: il faut trouver un concept qui d'une ne fera pas du client un prisonnier avec des fichiers à durée de vie limitée, mais qui offrira aussi aux vendeurs un business model viable.

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Hegurka a dit :

@jefaispeuralafoule : Pas d'accord pour le succès du .mp3 : c'est son faible volume qui l'a lancé. A ce moment-là, fin des années 90, on s'en contre-foutait des histoires qui nous préoccupent ici. Il y avait encore peu de monde sur internet, le but du jeu c'était la vitesse de transmission, le rapport volume/temps, et le .mp3 est justement arrivé sublimement :)
Mais c'est rien, pour le reste je suis à peu près d'accord avec toi !

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Le Hollandais Volant a dit :

@jefaispeuralafoule :

Réponse simple et précise: alors pourquoi l'immense majorité des associations ont du mal à avoir des budgets pour l'entraide? Pourquoi l'immense majorité des passants ne donnent pas les dits centimes pour aider leur prochain?

Les associations qui promettent d’aider les africains n’ont plus la confiance des gens depuis bien longtemps.
Concernant les passants, comme j’ai déjà dit, il ne s’agit pas de s’asseoir et de demander du fric, mais de produire quelque chose qui fasse faire ce déclic chez le passant pour qu’il contribue à une contrepartie. Qu’il arrive à voir que ce qu’on lui propose possède une valeur. On n’en est pas encore là, et pour y arriver il faut commencer par changer la société.

Ce qui m'intéresse bien plus, c'est de trouver une transition intelligente et plus juste, afin que le client et le vendeur soient satisfaits. A aujourd'hui, les vendeurs sont réticents parce qu'ils voient leurs produits dupliqués et distribués sans rien gagner dessus, et les clients légitimes ne sont pas satisfaits car ils paient, par des brides débiles, le fait que d'autres abusent de la copie illicite.

Moi aussi ça m’intéresse.
Mais pour que le producteur soit content, il faut quoi ? Que chaque copie lui rapport X euros ? Ou bien qu’il reçoit au total XXXX euros ?

Les modèles marchent : http://sebsauvage.net/rhaa/index.php?2007/10/23/11/21/37--artiste-sans-maison-de-disque
4M d’euros en 3 jours.

4M d’euros, c’est assez pour vivre avec 10'000 euros par mois pendant 30 ans.
Alors OK ce sont des exemples, mais il s’agit de faire de la musique de qualité.

mais qui offrira aussi aux vendeurs un business model viable.

Les vendeurs ? Pour moi il n’y a pas besoin de vendeur. C’est le producteur, l’artiste qui doit recevoir l’argent, et c’est à lui de payer les éventuels intermédiaires : sans artistes, les maisons de disques n’existeraient pas, les revendeurs non plus. Ce n’est pas l’inverse (même si ces derniers racontent le contraire).

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jefaispeuralafoule a dit :

@Le Hollandais Volant :
C'est con à dire, mais ton exemple est complètement à côté de la plaque... As tu pris la peine de regarder QUI est à l'origine? On parle d'un best selle, à savoir Radiohead. Eux, ils ont capitalisé sur un nom, un succès déjà mondial, et donc sur des investissements pub, comm' et j'en passe déjà réalisés par le passé; Maintenant, trouve moi un seul artiste moins connu qui peut prétendre avoir réussi le même pari. Mano Solo s'est littéralement cassé la gueule en tentant la même expérience. N'est pas million seller qui veut mon cher.

Autre chose: et pourquoi celui qui met à disposition les services, qui investit dans la publicité et la communication n'aurait pas sa part? Quel est ce foutu fantasme de l'artisan qui, dans son coin, va réussir à se promouvoir? Le net permet effectivement une certaine notoriété rapide sans trop investir, mais pour tenir dans la durée, il faut des capitaux. Et là, on en revient donc au même problème: pourquoi celui qui va financer les infrastructures devrait alors l'avoir dans l'os et ne rien toucher? Le vendeur n'a rien de mauvais, et le business en "direct" peut être une mauvaise chose dans le média. Exemple? Si tu n'as pas un catalogue mutualisé, où vas-tu aller chercher ta musique ou un artiste inconnu en découverte? Tu préfères te cogner 50 boutiques (virtuelles ou non) pour composer "ton" panier parce qu'il contient des morceaux des uns et des autres, ou une voire deux boutiques maxi?

Quel est ce besoin de dénigrer les vendeurs en fait? Tu sais aussi bien que moi que le coût zéro sur le net n'existe pas. Tout se paye: les infrastructures, la bande passante, la maintenance des serveurs, les licences logicielles...

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Le Hollandais Volant a dit :

@jefaispeuralafoule : les artistes qui ont débutés sur le net ne manquent pas. Exemple récent : Lindsay Stirling : démontée et refusée par les majors, elle fait maintenant une tournée mondiale, après que le succès soit venu sur Youtube.

Autre chose: et pourquoi celui qui met à disposition les services, qui investit dans la publicité et la communication n'aurait pas sa part?

Une part de 90% du prix comme ça se fait actuellement ? Une part qui englobe la charge de faire signer à l’artiste un document qui lui dit de laisser tomber tous les droits d’exploitation des œuvres qu’il fait ?

Où vas-tu aller chercher ta musique ou un artiste inconnu en découverte?

Youtube. ThePirateBay.

Ces modèles montrent qu’il est possible de faire quelque chose de performant pour pas grand chose. Les artistes devraient investir dans TPB et le P2P plutôt que cracher dessus : tout y est. Certains le font, et TPB fait même de la publicité pour les artistes (en première page par exemple).
Ils pourraient coupler TPB à un système comme Flattr et ça marchera. Les internautes ne sont pas des criminels, ils sont juste fainéants et veulent quelque chose de simple.

Tout se paye: les infrastructures, la bande passante, la maintenance des serveurs, les licences logicielles...

Je ne paye pas mes licence logicielles : mes logiciels sont majoritairement libres et tous sont gratuits.
Quand à la bande passante et la tenue d’un site… Je sais bien que certains (comme la présidence Française d’il y a deux ans) dépensent plus de 1,15 Million d’euros pour un site web sous Wordpress et mal configuré, mais autrement un site web ne coûte pas si cher que ça, surtout quand on ne serait-ce qu’un peu d’argent.
Les miens de site ne coûtent qu’à peine plus d’une cinquantaine d’euros par an au total, et je suis loin d’avoir l’hébergement le moins cher. Mon site est loin d’être populaire, j’avoue, mais ça ne coûte pas des centaines de milliers d’euros pour faire un site, c’est à la porté de pratiquement n’importe qui.

Je ne dénigre pas, je veux simplement dire que si les intermédiaires sont chers, alors on peut très bien s’en passer.

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Walane a dit :

Joli couop de gueule

+1 pour la citation venant de moi :D

On sent bien une certaine peur de ces personnes, ils cherchent absolument à vendre mais ne voient pas à quel point c'est casse couilles pour les consommateurs.
"Le client est roi" AHAH grosse blague...

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Lakmé a dit :

Merci à toi Hollandais Volant pour tes réflexions et pour ton blog en général. Très intéressants aussi les échanges dans les commentaires.

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jefaispeuralafoule a dit :

@Le Hollandais Volant :
Je comprends tout à fait le propos et je suis d'accord sur certains aspects. Seulement voilà, ayant côtoyé nombre d'artistes (formation initiale dans la musique), je peux hélas te garantir que le cas que tu cites n'est malheureusement pas la règle. Ce qui attire majoritairement les foules, c'est la mise en avant ponctuelle. Le net offre évidemment d'autres opportunités, cependant celles-ci sont bien ponctuelles, et les "étoiles" de la toile ne perdurent que très rarement. On ne peut guère comparer la réussite d'une personne à l'échec de milliers d'autres, et ça n'est pas un jugement qualitatif mais bien quantitatif.
Autre point: Gangnam chose a eu un succès dément sur le net: la vidéo la plus regardée de l'histoire. Qu'est-ce d'autre qu'une opération marketing menée de main de maître? Qu'on arrête de nous faire croire qu'il s'agit d'un buzz simple, d'un "miracle"... Le clip est clairement produit par une structure ayant des moyens, et donc l'opération de communication a été très bien gérée et menée à son terme. On est loin de l'artisanal, du miracle internet, non?

Parler de découverte par youtube et thepiratebay m'impose deux réflexions:
- youtube est un volume délirant de données, de vidéos en vrac, et le hasard peut créer le buzz, mais c'est aussi un outil marketing dément, où les majors savent comment s'y prendre pour créer du "hit". Exemple: nombre de sociétés plus ou moins bizarres s'engagent à faire monter artificiellement le nombre de vues pour générer de l'audience et de la présence dans les pages d'accueil. De fait, le raisonnement du "je découvre" est donc dévoyé à travers de vraies fausses vues.
- thepiratebay: là c'est pire. Entre les contenus pirates, les contenus légitimes, et les contenus "douteux", difficile de faire le distinguo à moins de s'interroger clairement sur la source. Seulement voilà, cela impose aussi et surtout de télécharger via du .torrent, ce qui n'est pas aussi intuitif ni aussi simple qu'on peut l'imaginer à notre niveau. Evidemment que c'est "aisé" de l'aborder, mais ça reste un outil tiers, se connectant à des serveurs bien souvent associés à du piratage de masse, avec la tentation de prendre "plus" que du légal... et donc de se mettre hors la loi avec à la base une envie de fichier légitime.
Et en point d'orgue: ces deux mass médias ont un coût de structure délirant. Exploiter une solution tierce n'amène qu'un compromis, pas une solution pérenne. Pourquoi? Parce que l'un comme l'autre n'ont pas pour optique de promouvoir qui que ce soit, mais bel et bien de dégager du trafic pour leurs propres fins. On n'est pas dans un monde de bisounours que je sache.

Complément: oui un site web est assez "simple" en théorie, mais là tu parles d'un aspect blog. Refais la même analyse quand il va s'agir de gérer de la vente de produits, de la sécurisation des contenus et des transactions, et là, étrangement les coûts évoluent. Et prenons également le fait que ta bande passante consommée n'est clairement pas à mettre en regard avec celle d'un site qui file du contenu multimédia en téléchargement. M'est avis que si tu mettais un fichier de x Mo en ligne et que chacun de tes utilisateurs le téléchargeaient, ta note de bande passante évoluerait en conséquence, non?

Ce qui me fait clairement douter, c'est qu'avant tout ces infrastructures sont très riches, complexes, et dépassent notablement le cadre d'un blog, si riche qu'il soit. Ca n'est pas si anodin comme analyse, parce qu'il faut renouveler sans cesse le contenu (attrait des clients), enrichir le catalogue, communiquer, mais également mettre à disposition de la technicité (recherche de contenus, échanges d'informations, gestion de compte client...) et là, c'est du monde des professionnels, pas celui de l'amateur éclairé.

Enfin, je rebondis sur les 90% que tu cites.
Prenons la promotion d'un chanteur...
- Campagne de communication
- Coût studio et mixage
- Mise sous presse des premiers singles/CD
- gestion des contacts avec les médias (interviews, lives TV...)
- Organisation et financement des concerts...
Ca coûte un fric dingue! Alors que la part soit excessive, ça oui c'est énorme, mais dans l'absolu, une major place des dizaines de milliers d'Euros avant toute vente, et au final, avec le risque de ne pas avoir de retour sur investissement. Bien entendu, on peut dire "y a le net, y a moins cher"... Certes, on trouvera toujours plus "simple", sur le papier tout du moins. Dans les faits, la production et la mise en vente d'un produit de consommation de masse comme la musique représente toujours beaucoup de fric.

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goulougoulou a dit :

> les paysans, excusez, les agriculteurs perçoivent des 10zaine de milliards d'euros de subventions de l'Europe. Si l'on regarde ces subventions, qui correspondent en gros à 20 ou 25.000 euros / an ( par personne ou salarié ), on peut penser que les agriculteurs français ne sont finalement que des fonctionnaires de l'Europe,...
> les journalistes ou plus exactement les journaux reçoivent de 10zaine de millions d'euros de subventions de l'Etat français, cela correspond aussi aux salaires des journalistes. On peut penser que les journalistes français sont des fonctionnaires de l'Etat,...
> il fut un temps où les "artistes" percevaient des allocations chômage conséquentes, eu égard à la faible activité annuelle qu'ils pouvaient avoir. On pouvait penser qu'en réalité ils étaient, eux aussi, payés par l'Etat. Et que dire des subventions au cinéma français qui permettent de payer grassement nos acteurs,...
>>> alors pourquoi ne pas subventionner les auteurs-compositeurs-interprètes-artistes-..., simplement comme les agriculteurs, les journalistes ou les acteurs ??? Et nous fiche enfin la paix avec le tout répression numérique français ou européen par le biais de lois faites pour des "amis marchands" par des "amis députés ou sénateurs",...
Finalement le PS poursuit allègrement la politique du naboléon en ce domaine comme dans les autres... Personnellement, j'attends les prochaines élections pour faire de beaux courriers aux candidats PS de mon coin, leur expliquant pourquoi ils peuvent aller se faire f....

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galex-713 a dit :

Télécharger du .torrent est plus compliqué ? Bon, en effet, techniquement, c’est un peu plus compliqué : on lance le gestionnaire de torrent à la place du gestionnaire de téléchargements, souvent inclus dans le navigateur Web, quand celui-ci n’a pas encore (VLC veut lire des vidéos en les distribuant en P2P, les navigateurs Web aussi, grâce au standard HTML5 P2P qui partage les pages Web en P2P afin d’empêcher le ralentissement du serveur et d’avoir un téléchargement fluide, etc.) de client torrent. Sinon en terme d’utilisation : on clique sur le lien, bittorrent s’ouvre et me demande si je veux télécharger « un_tel_fichier.webm », alors moi je clique sur Ok et ça commence ; et quand ça a fini ça m’ouvre le répertoire dans lequel est le fichier pour que je fasse ce que je souhaite avec (le lire par exemple, double-cliquer dessus). Non, c’est assez simple pour monsieur ou madame Michu ça.

Tout se paye: les infrastructures, la bande passante, la maintenance des serveurs, les licences logicielles...

Quoi encore cet argument là ? Celui-là même que je continue encore et encore à démonter avec la même réponse ? Mais ça ne coûte rien !
Les infrastructure ? Faut un ordi : qui n’a pas d’ordi ? Bon au pire, si on en a pas, ou qu’il prend trop de place, ou qu’il fait trop de bruit, ou qu’il consomme trop, on prend une RaspberryPi : taille d’une carte de crédit, consommation maximum de 7W, pas de bruit ni de chaleur. Assez puissant pour faire tenir un serveur Web, FTP, Mail (SMTP(S)/POP3(S)/IMAP(S)), torrent, IRC, Jabber, VoIP (SIP/H323) et SSH… le tout très sollicité… j’ai déjà essayé. L’électricité est peu chère en France grâce à nos centrales à fission nucléaire d’Uranium. Si t’as pas d’électricité (pas d’argent du tout peut-être ? étudiant ?), tu peux le faire fonctionner avec un ou deux panneaux solaires aussi, et tu paye plus tes 7W maxi.
La bande passante ? Ici en France, les FAI sont généreux : ils ne font pas payer la bande passante, il te demandent 30€ par mois et puis c’est tout. En échange ? De la fibre ! De plus en plus ! La couverture du territoire a été promise pour les années qui viennent (même si c’est pas possible et que ça prendra plus de temps on est d’accord) ! Et que donne la fibre ? Alors pour l’instant du 500Mb/s en download, et du 50Mb/s en upload (50Mb/s ça fait déjà un truc comme un peu plus de 5Mo/s), mais la fibre permet 160Gb/s dans les deux sens au max (la fibre libère des contraintes qui nous faisaient faire de l’asymétrique avec le cuivre) ! C’est énorme ! Ça fait 80Go/s ! Pour 30€ par mois ! Déjà que 5Mo/s ça permet de télécharger des vidéos de bonne qualité assez lourdes sur mon serveur en quelques secondes ! Et qu’en est-il quand on compresse correctement les vidéos avec du Vorbis pour le son (de 3 à 6 fois plus léger que le MP3 pour une qualité équivalente pour un non-audiophile), ou même Opus qui défonce tout en alliant pleins d’algorithmes de codecs différents selon la qualité voulue ! Et pour la vidéo VP8 (libéré par Google, utilisé dans le WebM, léger et de bonne qualité) ou DivX (compression de vraiment bonne qualité, relativement libre, jusqu’à 64 fois plus léger qu’avec ce qu’on nous refourgue en DVD/bluray) ! Et qu’en est-il du P2P qui suit les principes de base d’Internet et qui va rendre tout plus fluide à mesure que c’est plus demandé, contrairement au modèle client–serveur ?
La maintenance des serveurs ? Ben 1h à l’installation, 2h de configuration pour un néophyte complet et 15 minutes pour quelqu’un avec un minimum d’expérience… Après faut laisser allumé puis c’est tout… voilà :p Si t’as quelque chose à dire, pastebin les fichiers de configuration de ton/tes serveurs et je t’aide, comme le font les milliers de gens serviables sur les forums prévus à cet effet.
Et enfin… les licences logicielles… mais… mais… WTF ! On a que des logiciels libres en ce terrain là ! Ya quasiment pas d’alternative privatrices (sauf quelques une de qualité atroce) ! Et tout fonctionne à merveille ! Mais tu les tortures tes serveurs ou quoi ? Me dis pas que t’as foutu Windaube Servtroll Ultrasuperméga3000 édition supertropbienquiroxxeduponeycroyeznousonveutjustevotrebienvotrefricetvosdonnées (BSoD bonus) sur tes pauvres machines sans défenses (parce que si t’as foutu ça dessus je confirme qu’elle sont sans défenses tes machines) ?

Puis bon, que le succès soit éphémère ou difficile… Ok… Mais déjà aujourd’hui (et même au Moyen-Âge), les artistes vivant de leur art ont été rares. Internet ne va peut-être pas les rendre plus nombreux voire systématiques (dommage, parce qu’on est prêts à y croire et à sortir notre abonnement Flattr et bitcoin nous, magnanimes connaisseurs de ce système novateur et utopique), mais les rares qui l’étaient, comme le montre Timo, peuvent devenir indépendants.

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jefaispeuralafoule a dit :

@galex-713 : Et du raccourci en veux tu en voilà...
On commence par quoi?
- Le fait que personne n'accepte de financer la mise à jour des réseaux qui coûtent des fortunes?
- Qu'on ne veut surtout pas se préoccuper des problématiques d'infrastructures au-delà des agglomérations?
- Que les dites solutions en rasbidule et autres ont un coût et que la multiplication des clients créent directement des coûts de structures supplémentaires? Parce que ta solution à base de ce bidule cheap va tenir la charge au-delà d'une trentaine de personnes connectées?
- Que la gestion d'une haute dispo coûte un bras en personnel et équipement?
- Concernant la fibre: connais tu le coût du mètre linéaire de fibre optique? Ce que ça coûte en travaux pour l'intégrer? Que la dite fibre pose des problèmes différents et une complexité supérieure au cuivre à la mise en œuvre?

Toujours les mêmes non réponses: TOUT coûte. Le gratuit, le "coûte rien", c'est juste du fantasme. Va expliquer toutes ces solutions "magiques" aux collectivités, aux PME, bref pas aux opérateurs, et va ensuite identifier le coût global de la mise en place. On est dans le monde REEL bordel.

C'est dingue: on ne raisonne pas à 10 users comme avec 10.000 il me semble.

Et le super troll de la mort: Windaube? Mais quel est le lien entre ce que je dis et le fait que les serveurs soient sur un OS ou un autre? Les serveurs Linux s'administrent tout seuls peut-être? On touche le fond là.

Petit complément qui me gonfle: toutes tes jolies solutions web chose, HTML5 et consoeurs... on s'en branle! Ce qu'il faut, c'est que le client final ne soit pas emmerdé par la technologie. Or, actuellement, le HTML5 ne résoud rien, vu qu'il fonctionne de manière différente d'une machine à une autre. Pire: ces salades de codecs libres/non libres ne font qu'envenimer la situation pour Mme Michu qui ne comprendra rien quand elle va voir son navigateur lui annoncer fièrement "on ne gère pas ce codec, démerdez vous".

Le monde réel se fonde sur des principes élémentaires, à savoir:
- Qui paye
- Combien ça va coûter;
La communication, les infrastructures, les bandes passantes, l'installation des équipements de remplacement ont un coût qu'on ne veut surtout pas voir. Utiliser youtube? Qui se préoccupe du coût d'installation des câbles transatlantique? Qui se soucie de savoir qu'il y a des millions de dollars au fond de l'océan pour nous permettre "la gratuité"?
Le net, comme tout ce qui s'adosse à une technologie, génère de la richesse à partir de "virtuel", mais en s'adossant à quelque chose de bien réel, et qui n'a rien du tout de gratuit.

Exemple:
- Le METRE linéaire de tranchée de voirie se facture en gros 250 Euros.
- Ajoute y le mètre linéaire de fibre
- Ajoute y les répétiteurs et autres équipements tiers
- La main d'œuvre.
On arrive à combien AU METRE installé? Et qui va payer la note? Quid des zones rurales où là il n'y a rien ce qui veut dire qu'il faut AUSSI prévoir des travaux spécifiques (travaux pour passer sous les routes par exemple) et ce sur des kms de distance?

Si c'était si simple et si peu onéreux, les FAI se feraient un plaisir de les faire pour la guerre du débit (vu que c'est un argument fort de leur commerce), et de continuer à nous facturer au prix fort ces bandes passantes. Or, ça n'est pas comme ça que ça marche.

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galex-713 a dit :

J’ai parlé de Windows Server en tant qu’exemple d’utilisation naïve de solutions propriétaires rares et peu répandues sur un serveur. C’est surtout utilisé par des gens qui ignorent la situation. Mais je parlais de logiciels privateurs en général.
Ça s’administre pas tout seul en effet un serveur libre. Un serveur privateur tu l’administre tout seul avec un support plein d’ignorants prêts à se faire engueuler par téléphone (il sont payés pour pas être traités comme humains), donc tout seul, sans personne, tout seul. Alors qu’un serveur libre, tu vas trouver des dizaines de milliers de personnes pour t’aider et tout t’expliquer, sur tout les sujets, avec une grande sympathie, bonne humeur, compréhension, avec humanité, sur une multitude de forums, sans oublier les évènements de support IRL comme le Premier samedi du libre à Paris, que je ne rate jamais.

Pour ce qui est des codecs, ya des solutions : proposer plusieurs versions, libres et non libres. C’est inclus dans HTML5 ça.
Puis pour le fait que « ça marche pas partout pareil », c’est juste vrai pour certaines implémentations, mais si je prend la dernière version de WebKit et la dernière version de Gecko, je vois plus-ou-moins la même chose. D’ailleurs [ya plus que WebKit et Gecko en course], c’est pas assez simple pour monsieur ou madame Michu ça ? Deux implémentations ? Gecko utilisé par Mozilla surtout dans Firefox, WebKit utilisé dans Safari, Chromium, Google Chrome, Opera (fini Presto ! WebKit ! WebKit pour tous !), et j’en passe. WebKit se basant sur KHTML utilisé par Konqueror (qui est donc plus ou moins pareil aussi).
HTML5 n’est pas « stable » ? Mais c’est normal ! Avant les ordinateurs parlaient des langues mortes, aujourd’hui ils parlent des langues vivantes, et c’est mieux !.

- Le fait que personne n'accepte de financer la mise à jour des réseaux qui coûtent des fortunes?
- Qu'on ne veut surtout pas se préoccuper des problématiques d'infrastructures au-delà des agglomérations?
- Que les dites solutions en rasbidule et autres ont un coût et que la multiplication des clients créent directement des coûts de structures supplémentaires? Parce que ta solution à base de ce bidule cheap va tenir la charge au-delà d'une trentaine de personnes connectées?
- Que la gestion d'une haute dispo coûte un bras en personnel et équipement?
- Concernant la fibre: connais tu le coût du mètre linéaire de fibre optique? Ce que ça coûte en travaux pour l'intégrer? Que la dite fibre pose des problèmes différents et une complexité supérieure au cuivre à la mise en œuvre?

Déjà c’est vrai que la fibre va pas apparaître comme par magie partout en France au bout d’un bout de temps. Mais comme le dit Benjamin Bayart (dsl la vidéo je l’ai mal encodée avec gstreamer et chez moi ya que Totem (et les logiciels GNOME) qui la lit ^^"), on se débrouille pour enlever leur monopole d’action à Orange, SFR, etc. pour redonner le pouvoir au secteur public de le faire. Ya déjà des trou perdus au milieu de nulle part qui ont de la fibre haut débit… même mieux qu’en banlieu parisienne… bizarre

Des coûts de structures supplémentaires ? Non mais comme le dit Benjamin Bayart (ouais je sais je deviens chiant avec tout le temps Benjamin Bayart… ^^") le réseau croît peut-être en utilisation (et pour un tel réseau, c’est normal !), mais sa structure elle est assez solide pour n’avoir à changer le matériel devenu obsolète qu’un truc tout les… 4 ans ! Et c’est pas cher de changer le matériel informatique. Quant-aux câbles : une fois mis, s’ils sont mis correctement (une poussière peut tout faire foirer), la vitesse de la lumière en monomode, c’est difficile à dépasser, étant la plus grande vitesse atteignable dans l’Univers. Donc on oublie l’obsolescence, ce qui les rend un peu plus intéressant à installer pour les institutions publiques, vu les « externalités positives » que ça apporte, ça fait passer un endroit de la vie à la mort de mettre de la fibre là ou ya pas d’Internet ! Et si ya pas d’Internet mais pas encore de fibre ? On voit déjà des tas de FAI associatifs remédier aux zones blanches via des réseaux de relais WiFi : une grande antenne WiFi bien haut au milieu du village, un bloc d’addresses IP emprunté à FDN, et hop de l’Internet pour tout le monde pour rien !
Tu dis que ça tient pas 30 personnes ? Ça peut, avec un logiciel bien optimisé comme ngynx, en tenir plusieurs dizaines de milliers en même temps : que fait un serveur ? Copier des données du disque dur dans le câble réseau, ya des instructions processeurs de copie directe pour ça sur n’importe quelle architecture processeur pas trop vieille (après 1970/80 on va dire). Un serveur c’est vraiment con comme travail. Après bien sûr si t’y fous Windows Server avec MS je_sais_plus_le_nom_de_leur_serveur_web_tellement_j_en_entend_pas_parler(IS ?), une tonne de Java niveau serveur et une bande de pseudo-professionels de l’informatique ou de charlatans du Web
La gestion d’une haute dispo’ requiert un ordinateur fonctionnel, une bonne connexion, et optionnellement (c’est bon, pas essentiel) quelqu’un derrière un e-mail pour réparer les soucis techniques de conception de site Web et de serveurs disponible trèèèèès souvent. Mais une seule personne chaleureuse, polie, attentive, bien informée, compréhensive et sympathique peut valoir 1000 fois plus, même si elle ne répond qu’après une journée. Si tu veux tout un système super-résilient et que t’es prêt à dépenser un max pour plusieurs ordinateurs, des dédiés à chaque serveur et à chaque bout de base de donnée dans ton propre datacenter indépendant niveau FAI et avec un système d’ordis prenant la place d’autre en cas de surcharge… ben fais toi plaisir, mais tout dépend d’à quel point t’es gros : on parle de petits artistes indépendants ou de gros fournisseurs de Minitel 2.0 ?
La fibre, en effet, est vraiment atrocement coûteuse à installer et demande beaucoup de travaux, on est d’accord. Et tout le monde ne l’a pas, et peut-être (probablement) ne l’aura pas. Mais moi je l’ai et c’est bon pour moi alors je m’en fiche de ce qui sera installé chez ceux que je connais pas (encore). Après tu peux te faire ton FAI, c’est pas dûr, tu peut aligner pleins de relais WiFi sur des kilomètres à quelques dollar le relais et ramener du réseau chez toi… lent mais présent.

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Styx a dit :

Comme partout virer les intermédiaires !

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