Ce matin, la HADOPI annonce qu’elle étudie diverses solutions pour légaliser le partage non marchant.

En gros : au lieu de punir ceux qui ne font que partager des fichiers comme ça se fait actuellement, ils cherchent à trouver un moyen de rendre le partage légal, tout en voulant permettre aux artistes de vivre.

Vu comme ça, cela s’annonce délicat : un partage non marchant ne peut par définition pas rémunérer, vu qu’il n’y a pas d’argent en jeu.

Selon la HADOPI ce sont deux systèmes différents qui sont possibles.
Soit on utilise une « carte de membre » : on fait payer tout le monde une somme fixe et on laisse les internautes télécharger tout ce qu’ils veulent : c’est l’idée de la licence globale ; soit on fait payer les intermédiaires : les sites, plateformes, réseaux qui permettent aux échanges de fonctionner, et qui font bien souvent pas mal d’argent avec des publicités.

Dans les deux cas, l’argent reçu sera reversé aux artistes et producteurs : les artistes beaucoup téléchargés/partagés seront d’avantage rémunérés.

Je trouve très bien que la HADOPI décide enfin d’écouter tout ce que l’internet leur crie depuis des années : juste navrant que ce soit si tard justement, et que la HADOPI va fermer dans quelques temps…

Ce qui suit, sont mes idées pour améliorer tout ça.

Une rémunération plus juste

Déjà, concernant la rémunération proportionnelle : un artiste dix fois plus populaire sera – à la fin – dix fois plus payé. On va se retrouver comme actuellement avec quelques millionnaires et beaucoup d’artistes qui peinent à vivre de leur métier. Ce n’est pas acceptable.

Il faudrait trouver une autre fonction mathématique, qui soit croissante (plus l’artiste est téléchargé, plus il est rémunéré) mais qui évite des disparités trop importantes et donc du même coup qu’un petit nombre d’artistes pompe tout le budget. Une fonction avec une courbe plutôt aplatie.

Richard Stallman, dans son idée de la licence globale avait proposé une courbe selon la racine cubique du nombre de copies téléchargées. Personnellement je propose de prendre la fonction arc-tangente (certains profs utilisaient ça pour arrondir les notes) : cette fonction croît pratiquement aussi vite au début, mais stagne d’avantage pour les valeur plus grandes. Elle permet alors d’équilibrer encore un peu plus pour les très grands nombres de partages :

la rémunération par la licence globale : trois fonctions idées de partage des fonds : linéairement, par une racine cubique, par une fonction arc-tangente
On mérite mieux qu’une taxe pour tous

Ensuite, et même si je trouve l’idée de la licence globale déjà bonne, elle ferait payer également les personnes qui ne téléchargent jamais quoi que ce soit (pas que cela existe, mais bon).
Quelque chose d’encore plus juste et de plus responsabilisant pour l’internaute serait de lui faire payer lui-même un montant de son choix. Soit avec un « budget téléchargement » qu’il choisit chaque mois (budget fixe) soit avec un prix par téléchargement (montant fixe par téléchargement).
Il est important que l’internaute choisisse lui même : je l’ai déjà dit, la culture est quelque chose de subjectif et il est idiot de faire payer tout le monde la même chose alors que chacun en profite différemment.

Les internautes ne sont pas des voleurs : trouver de l’argent n’est absolument pas un problème. Le problème est plutôt le modèle technique et économique à mettre en place pour que l’argent de ceux qui veulent le donner atterrissent dans les poche de ceux à qui il est destiné (et pas dans les poches des PDG de la Sacem).

Comment comptabiliser le nombre de téléchargements ?

Là aussi divers idées sont possible : on peut utiliser (comme cela se fait pour pour les mesures d’audience de la télé) un panel de familles tirées au sort et qui promettent d’aller sur un site prévu par le gouvernement pour dire ce qu’ils ont téléchargé, puis par quelques calculs statistiques on étend cela à tout le monde.
Mais je pense qu’il est possible de faire mieux : le gouvernement peut par exemple mettre en place une plateforme de téléchargement (style Mega) ou de P2P, ou même un site de streaming (beaucoup de Label ont des partenariats avec Youtube) : le comptage du nombre de téléchargement sera ainsi très simple.
Évidemment, il est important que tout ceci soit fait anonymement.

Un système qui doit absolument rester simple et efficace

Les solutions de téléchargement dites « légales » actuelles sont inutilisables : il faut s’enregistrer, installer tout un tas de logiciels, rester connecté à internet, la qualité du média n’est pas bonne, les saisons ne sont pas complètes. L’internet n’a pas besoin d’un autre système pourri comme ça.

Il faut que la solution soit simple et rapide, comme Daylimotion (qui vient de proposer plein de séries gratuites en HD) ou ThePirateBay : un lien magnet et hop on a notre film.

Il ne faut pas de DRM, il ne faut pas de système de frontières sur l’Internet. Il faut que les fichiers soit dans un format lisible partout, téléchargeables rapidement et en un seul clic, que le média soit de bonne qualité et qu’il y ait le choix.

C’est malheureux à dire (ou pas) mais le système actuellement en place qui réunissent toutes ces conditions sont le P2P, les sites de Streaming illégaux et les sites de téléchargement comme 4Shared ou Mega.
Il ne manque qu’un bouton Flattr et le créateur recevra de l’argent à chaque fois qu’on cliquera dessus.

En fait… Tout est déjà là depuis des années créé par les internautes : on n’attend plus que de travailler avec les industriels et les gouvernements pour faire un modèle complet et décent pour la culture.

Bonne chance Hadopi : faites le pour les artistes et pour leur fan, pour une fois. You can do it.

39 commentaires

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Anon a dit :

"Bonne chance Hadopi"

Si on m'avait dis que j'entendrais ça un jour, et que ce serait pas ironique... xD


Je vois pas le problème de faire payer ceux qui téléchargent pas. On fait déjà payer à tout le monde la stupide taxe sur la copie privé. Sans parler de la redevance TV...

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Le Hollandais Volant a dit :

@Anon : faut savoir voir les bonnes idées quand elles tombent. Surtout quand c’est rare.

Mais j’attends toujours qu’elle publie un démenti disant que le poste en question a été posté par un pirate qui s’est introduit dans leur site pour raconter tout ça.

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Fred a dit :

@Anon : Non, on fait pas payer à tout le monde justement, "seulement" ceux qui achètent des supports ou regardent la télé. Ça serait plutôt à comparer à la sécurité sociale du coup, et c'est là qu'on se rend compte qu'autant la santé peut être considéré comme un point essentiel, autant pour ça, les avis divergeront.

Sinon, pour l'absence de frontières, ça va être dur, la législation sur ce sujet pouvant énormément varier selon les pays...
Je sens que ça va pas se faire avant belle lurette, cette histoire.

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Tommy a dit :

"Ce matin, la HADOPI annonce qu’elle étudie diverses solutions pour légaliser le partage non marchant"

Le mot clef est donné : étudie.

Jamais l'HADOPI ne proposera un système comme celui que tu viens de proposer (système que je soutiens tout à fait et pour lequel je serais prêt à payer).
Cela ferait disparaître un bon nombre d'intermédiaires inutiles (dits "parasites") qui feraient tout (pression, corruption, ...) pour faire interdire .

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galex-713 a dit :

Faire un système sur un site du gouvernement serait trop centralisé, et poserait le problème de « frontières virtuelles » : dans quel cas je vais sur le site du gouvernement pour comptabiliser le téléchargement ? Quand je suis en France ? Quand je suis français ? Quand l’artiste est français ? Quand l’artiste est en France ? Quand la plateforme est en France ? Quand la plateforme est française ?

Pour le partage il faut quelque chose de décentralisé, de P2P. Et comme l’art est subjectif, il faut une comptabilisation volontaire : pas de comptabilisation de téléchargement, puisqu’à ce point on n’a pas profité du contenu (on ne sait pas si on l’apprécie ou non), mais un vote volontaire, comme dans le cas de Flattr, mais moins centralisé. Puis il faut la redistribution de tout ça en suivant une fonction telle que la racine cubique/arc-tangente (je préfère l’arc-tangente aussi). Et enfin il faut que ce soit international : l’art sur Internet, c’est l’art sans frontière ; l’État n’a rien à faire là-dedans.

Il reste juste à l’HADOPI de se rendre compte de tout ça, et elle proposera la légalisation du partage d’œuvres sous copyright, et disparaitra d’elle même avec la création de l’infrastructure logicielle d’une telle plateforme.

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Baronsed a dit :

Je pense avoir un bon compromis : licence globale, mais avec choix des artistes. Ça permettrait d'éviter que les majors sucrent tout (comme ils le font pour les taxes sur les supports), en reflétant donc les vraies tendances, et ça se justifierait très bien d'un point de vue "républicain" : à la fois un droit et un devoir.

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Anon a dit :

@Fred :

"Non, on fait pas payer à tout le monde justement, "seulement" ceux qui achètent des supports ou regardent la télé."

C'est justement ce que je dis :
Ils veulent faire payer tous ceux qui ont accès a internet, tout comme on fait payer ceux qui achètent des supports.

Ou alors, j'ai mal compris et ils veulent vraiment faire payer TOUT le monde (y compris ceux qui n'ont toujours pas au n'auront pas internet de leur vie), et dans ce cas je trouve ça débile.



L'idée du tracker centralisé, c'est un peu con aussi. Ils ont pas du comprendre que chaque fichier à des dizaines voire centaines de releases.
Pour les films, avec l'encodage, la résolution, etc... qui changent a chaque fois, bonne chance pour faire un système qui comprend que c'est le même fichier.

Ce serait encore plus frustrant de les voir échouer en voulant faire un truc bien que de les voir s'acharner a faire de la merde...

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qwerty a dit :

Trop tard. Je ne consomme presque plus que du domaine public.

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Le Hollandais Volant a dit :

@Anon : justement : ils ont bien des gens qui font les listes de ce que Hadopi doit surveiller non ?
Alors pourquoi ne serait-ce pas possible aussi de détecter les différentes releases d’une même chanson ou film ?

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NSA is watching you. a dit :

Dans le cas des fonctions, il faut aussi tenir compte que la fonction arc-tangente évoluerait asymptotiquement vers une certaine valeur lorsque le nombre de téléchargements devient très très grand, tandis que la fonction racine cubique évolue, elle, vers l'infini (et plus loin encore *facepalm*).

Cela amène une autre question : si on utilise une fonction arc-tangente, que sera la limite? 1 000 000 d'euros? 2 000 000? 350 000 000? Pourquoi une valeur serait-elle plus juste qu'une autre? C'est un autre débat qui s'ouvre.

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mops a dit :

Fantasmez pas trop les enfants, même si ca venait a être fait, ce qui tiens du miracle, ce serait mal fait.

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TD a dit :

@NSA is watching you. : c'est tout à fait vrai. Il n'est pas logique qu'à partir d'un certain point, on gagne la même chose même en vendant infiniment plus. On pourrait proposer un logarithme (décalé bien sûr), dont la croissance a la particularité de toujours baisser mais sans jamais être nulle.

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Gilgamesh a dit :

Je vais me faire de l'argent en partageant des photos avec ma grand-mère, alors que c'est moi l'artiste ?

Pourquoi ne pas obliger les majors à reverser 50% des gains (une fois déduit les coût de fonctionnement) ?

Pourquoi ne pas rendre la culture simplement accessible à tous et aux plus démunis (là, c'est simple: diriger des cons est plus simple que diriger des personnes instruites)

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jefaispeuralafoule a dit :

[citation]Déjà, concernant la rémunération proportionnelle : un artiste dix fois plus populaire sera – à la fin – dix fois plus payé. On va se retrouver comme actuellement avec quelques millionnaires et beaucoup d’artistes qui peinent à vivre de leur métier. Ce n’est pas acceptable.

Il faudrait trouver une autre fonction mathématique, qui soit croissante (plus l’artiste est téléchargé, plus il est rémunéré) mais qui évite des disparités trop importantes et donc du même coup qu’un petit nombre d’artistes pompe tout le budget. Une fonction avec une courbe plutôt aplatie.
[/citation]
Rien que ça je grogne. Désolé, mais je ne vois aucune raison si ce n'est autre que de l'autosatisfaction morale de faire autrement qu'une rémunération proportionnelle. Tout le reste n'est alors que pur fantasme. Désolé: pourquoi doit-on compenser la mévente des autres lorsque soi-même on vend très bien? Par solidarité sociale? N'est-ce pas le principe même des impôts qui sont indexés sur les revenus?

C'est un argumentaire populiste qui me hérisse franchement le poil. Selon les idées énoncées sous la forme d'autres courbes, nul besoin de vendre finalement, il suffit alors d'avoir un minimum d'albums vendus pour déjà avoir un joli pactole, et à l'autre bout de la courbe le surplus de vente ne serait alors plus reversé à celui qui explose les charts! A ce compte là, autant ne pas trop vendre, reste peinard sans faire vraiment de gros concerts, puisque dans le fond, arrivé à un certain seuil, la quantité vendue face à la rémunération ne sera plus réellement équitable.

Désolé: l'équité c'est de rémunérer à hauteur des ventes, puisque c'est la vente qui définit le succès d'un artiste (mettons de côté le téléchargement illégal, puisqu'il est aussi le reflet des tubes qui se vendent bien). Là où il serait bien plus légitime de travailler, c'est de briser le modèle SACEM qui bloque littéralement les petits, et qui rémunère de manière ridicule en terme de parts. De plus, pousser les majors à mieux répartir les bénéfices serait déjà bien plus honnête. L'artiste, lui, est en bout de chaîne, et tout artiste qu'il est, celui-ci rêve évidemment du succès des gros vendeurs, car cela lui donnerait le droit à une vie plus confortable, et à une reconnaissance du public.

On peut se torturer les méninges concernant la rémunération de ceux qui vendent peu, mais dans ce cas qu'on m'explique un truc: où est l'équité dans le fait de mieux rémunérer quand on vend moins? Ca n'a pas le moindre sens, ce serait comme dire "tiens, tu nous laisses 1500 invendus, on a pressé trop de CD... ben on te paiera mieux par unité". N'importe quoi, ridicule même. Dans le contexte de la vente en ligne, c'est encore plus flagrant, puisqu'il n'y a pas de frais directs de média. "1500 téléchargements: 1500 Euros de rémunération" et "700 téléchargements 1000 Euros" (je caricature). Pourquoi? Pourquoi l'artiste resterait sur un modèle qui le rémunère moins bien quand il a du succès?!

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jefaispeuralafoule a dit :

@TD : J'irais au-delà. Dès le départ c'est injuste que ce ne soit pas proportionnel. Je ne vois pas en quoi il serait légitime de moins bien rémunérer chaque unité vendue (quelque soit le support/mode de distribution). Ce serait comme dire aux artistes (je me répète) "Mieux tu vendras... moins bien tu seras rémunéré par unité vendue". Je suis artiste, je vous montre un énorme majeur, et je vais voir une plateforme qui me paiera à l'unité. A qui ça peut profiter? Aux petits artistes? Faux: aucune chance! Cela va profiter à ceux qui vont alors s'engouffrer là-dedans, caser quelques merdes vendues aux gens ne faisant pas gaffe, et roulez jeunesse, car pourquoi s'emmerder à faire des concerts, des clips, bref un boulot de comm' quand en deçà d'un certain volume de vente chaque unité est mieux rémunérée?

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Anon a dit :

@Le Hollandais Volant :

Les listes sont, j'imagine, envoyées par les majors. Donc forcément ils vont se bouger pour les remplir.
Ce qui est chaud c'est de retrouver les copies illégales (enfin non-marchandes maintenant on dirait :D), parmis tous les fakes, les virus, les fichiers renommés, vidéo modifiée, fichiers compressés, sans parler de la crypto...

Dans le meilleur des cas ils n'auront qu'une vague estimation des vues réelles.

Le seul moyen que je vois serait de s'associer avec les gros sites, et d'échanger la tolérance contre les statistiques.
Mais c'est pour de l'argent, donc en moins de deux le systeme sera corrompu.
Les sites mettront en avant les artistes des labels qui ont le mieux payé, tous les moyens seront bons pour maquiller les chiffres.

Et ensuite, la qualité des oeuvres qui marchent va encore baisser, une partie des utilisateurs préfèrera les réseaux libres et opaques, et on sera revenus au point de départ.



M'enfin je m'emballe, parce qu'ils vont foirer de toutes façons. N'oublions pas que nous parlons d'hadopi.
Niveau rigolade on a encore rien vu.




@jefaispeuralafoule :
Tout a fait d'accord, aucune raison de payer plus les mauvais.
Le mérite de ce système sera justement de donner a chacun les mêmes moyens de se faire connaitre.

Les mauvais artistes pourront échapper a la sélection des labels, c'est déjà pas mal, si avec ça ils savent toujours rien faire il va falloir qu'ils se remettent en question et c'est tout.

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Le Hollandais Volant a dit :

@Anon :

Le seul moyen que je vois serait de s'associer avec les gros sites, et d'échanger la tolérance contre les statistiques.

Ce n’est pas bête non plus.
Mais certains sites (Mega, TBP…) voulaient faire eux aussi leur système de rémunération des artistes. Ils risquent d’entre en conflit.

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V a dit :

Je ne vois pas en quoi ce serait si génial, le Copyreich y trouve toujours son compte : on fait payer les gens, et sûrement contre leur gré, pour des « produits » qui n’ont pourtant aucune valeur aux yeux du marché puisque tant de gens les dupliquent sans rien leur payer.

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jefaispeuralafoule a dit :

@Anon :

Tout a fait d'accord, aucune raison de payer plus les mauvais.
Le mérite de ce système sera justement de donner a chacun les mêmes moyens de se faire connaitre.

Les mauvais artistes pourront échapper a la sélection des labels, c'est déjà pas mal, si avec ça ils savent toujours rien faire il va falloir qu'ils se remettent en question et c'est tout.

sûrement pas: dès lors qu'on rémunère de manière non proportionnée aux ventes, le mauvais y trouve plus son compte que celui qui se casse le cul, puisque rester dans la médiocrité paiera plus.

Et les majors? rien à cirer, elles répartissent différemment les mêmes sommes, et sont toujours gagnantes... donc aucun intérêt où que ce soit.

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galex-713 a dit :

@jefaispeuralafoule : « Non proportionnelle » ? Non, inversement exponentielle tu veux dire ? Parce que si je te prend un cube au lieu d’une racine cubique, là le bon y trouve son compte, et le mauvais non.

Sauf que le nombre de ventes n’est pas proportionel à la qualité mais à la popularité, c’est ça le problème. Une redistribution en racine cubique/arc-tangente résoud ce problème en supprimant ces avantages du petit cercle d’artistes ultra-populaire, tandis que les autres restent méconnus : on ne cherche pas à favoriser les mauvais mais à compenser les méconnus.

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JeromeJ a dit :

/!\ Commentaire peu constructif.

Je ne suis pas d'accord mais j'ai la flemme d'expliquer en longueur pourquoi (je le ferais plus tard) mais je tenais à faire savoir que je ne suis que très peu d'accord perso.

À la limite, le truc qui se rapprocherait le plus de ce que tu proposes serait pour moi qu'on déduise l'argent du vol organisé qu'on subit déjà pour nos abonnements à internet.

Cordialement.

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Hegurka a dit :

Et ne rien faire, ce serait pas mal non plus. Avec plein de règles qui essaient de faire plaisir à tout le monde, l'art ça va devenir de la merde. On finit par omettre complètement l'Art. Laissons les artistes faire de l'art et les marchands faire leur commerce. Jusqu'ici ils s'en sont tous sortis : les artistes essentiellement misérables à part quelques chanceux et les marchands essentiellement pétés de tunes.
Sinon on va tomber dans l'art soviétique ou encore tous les chômeurs prétendront être des artistes. Dans un cas comme dans l'autre on aurait mieux fait de ne pas jouer le jeu de ces sent-la-pisse d'hadopi et d'Universal ramasse-merde (si je peux me permettre de vendre ma Kaamelott).

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jefaispeuralafoule a dit :

@galex-713 : Et? J'ai en horreur le Rnb... et ça se vend bien. C'est populaire. Hé bien, qu'ils/elles ramassent les fruits de cette popularité!
En quoi faut-il maintenant systématiquement jouer l'assistanat de partout bordel? En quoi le système devrait sortir tout le temps les gens de la médiocrité? A EUX de se faire LEURS opportunités.

Et PS: le petit cercle de vedettes, nous le légitimons en achetant leurs disques. Les boutiques regorgent de titres, il y a possibilité (et ça s'est déjà fait) de booster des gens via le net, alors qu'on arrête de fantasmer sur une connerie digne de la PAC en Europe. Pour moi, ne pas payer proportionnellement aux ventes, c'est comme balancer du lait dans les égouts parce qu'il y a des quotas à la con.

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galex-713 a dit :

@jefaispeuralafoule : Mais tout le monde ne peut pas avoir une popularité proportionnelle à la qualité de ce qu’il fait : il y a toujours quelques-uns ultra-populaires et d’autres moins, masqué par les plus populaires ; c’est un moyen de ne pas défavoriser ceux qui le sont moins ; c’est au final plus équitable : un artiste peut être dit « populaire », malgré le fait qu’il y a un artiste, dit juste « très populaire », qui vend trois mille fois plus de titres que lui. La réalité n’a rien de proportionnel, pourquoi vouloir rendre son estimation si artificielle ?

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Anon a dit :

@galex-713 :
Ça fait partie du métier d'artiste, savoir se vendre.
On peut vivre très confortablement avec une communauté petite mais soudée.
5000 personnes qui te filent un euro par musique ça arrive très vite.


Puis avec les concerts, évènements etc...
Y'a largement de quoi faire, je pense.

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jefaispeuralafoule a dit :

@galex-713 : Défavoriser?!
Heuu... WTF! ça va cinq minutes, mais c'est un jugement qualitatif ou juste de la bonne conscience qui pousse à croire que ça servira à quelque chose?

Masqué? Par qui? Par quoi? Les disques des morues du Rnb ne me masquent pas la vue sur ce qu'il y a dans les bacs, il y a tellement de moyens aujourd'hui qu'il me semble complètement absurde de coller sur le dos des grosses ventes une mévente des autres.
Dans les années 60, les boites de production tenaient effectivement le monde (Barclay par exemple). Si l'une disait "tu ne seras jamais pressé sur galette vinyle", hé ben tu étais cuit. Aujourd'hui, quand même, il y a de quoi faire.

Et je le répète: je trouve complètement inepte de jouer la fausse stimulation des artistes en les rémunérant plus à moins de ventes. Pourquoi?! Pour les "sauver"? Jusqu'à quel point? Et pourquoi quelqu'un qui a du succès, sur qui les sociétés de production investissent pour la pub et les passages en radio devrait être moins rémunéré? Ca n'a pas le moindre sens.

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seb a dit :

Avec le bol qu'on a, l'HADOPI va fermer avant de pouvoir mettre en place sa seule idée de son histoire.

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Meewan a dit :

Un serveur centralisé pour le streaming et download légal géré par l'état ? Timo, ça fait combien de temps que tu as pas utilisé un service de l'administration française ? Ils sont déjà pas capable de tenir la charge en fin de mois pour les serveurs de l'ANPE (a moins que ça ai été corrigé) alors une application gourmande en bande passante, ils ne mettrons jamais les moyens pour faire quelque chose de correcte.

De toute façon, comme l'a dit mops, quelle que soit la solution mise en place ce sera mal fait.

La seule solution technique qui pourrait marcher(et je ne parle même pas de répartition entre les acteurs économiques) et le tracker bitorrent (ou un équivalent p2p quelconque) car c'est ce qui demande le moins de capacité technique a l'état. (des serveurs dimensionné pour permettre le téléchargement a 60 millions de personnes est trop compliqué pour qu'on puisse le laisser a une administration étatique).

La seule chose qui fait marcher megaupload, 4share... c'est que si ça ne marche pas ils perdent de l'argent, une administration n'en a rien a faire par essence.

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Anon a dit :

@Meewan :

Très juste, sans parler des magouilles pour désigner le prestataire technique qui va s'en charger.
Le meilleur exemple, c'est le site de pole emploi.
Personne me fera croire que les soit disant professionnels embauchés pour coder cette merde infâme n'ont pas été pistonnés.

Ça pourrait aussi être leur solution pour contrer le piratage : légaliser, mais forcer a passer par un service tellement mal foutu que les gens passerons a autre chose. xD

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olo a dit :

mode feignasse mais

si tout ceux qui ont internet payent, chaque payant devrait avoir une carte pour voter pour son artiste (ou a la rigueur 5 artistes) par mois non ? et comme ca ils s'occupent uniquement du coté taxe/rémunération et laissent genre tpb et les autres sites en place tel quel faire leur dl

et comme ca même si tu dl pas tu peut quand même faire profiter ton artiste préféré d'une partie de la taxe, beaucoup plus "fair" et "équitable", mais pas parfait bien sur, que la taxe pour la copie privée !

ensuite il pourra toujours avoir de la magouille/influence mais ca sera du même niveau que les élections :p a y réfléchir cela pourrai être beaucoup plus juste même

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j-c a dit :

@jefaispeuralafoule :
C'est bien gentil, mais pourquoi tu veux qu'on fasse une exception pour les créateurs uniquement parce que tu émets l'hypothèse non justifiée que le mérite est directement proportionnel à la popularité ?
Dans l'économie traditionnelle (c-à-d principalement des biens rivaux), les "vendeurs" ne sont JAMAIS rétribué directement proportionnellement à leur popularité.
Et là:
1) Personne ne s'en ai jamais plaint.
2) Pourquoi ce qui est normal pour les biens rivaux est anormal pour les biens non rivaux ?

Par exemple, on peut faire le petit calcul suivant:
j'ai construit une maison que je vends 100'000 euros à une seule personne. Elle coute en réalité 90'000 euros, mais je fais un bénéfice de 10'000 euros.
Une seconde personne arrive et dit être aussi intéressée. Du coup, les prix montent, jusqu'au moment où un des deux acheteurs potentiels abandonne parce qu'il estime que le prix est trop cher.
Disons qu'avec 2 personnes, le prix monte à 110'000 euros.
Imaginons maintenant qu'il y a 10 personnes soient intéressées. Disons que ça augmente proportionnellement. Du coup, cela veut dire que le prix devrait monter à 190'000 euros.
Et maintenant 20 personnes, ça donne 290'000 euros.
On voit facilement à quel point c'est absurde: les gens ne vont pas soudainement avoir un prix limite totalement différent en fonction du nombre d'autres candidats. Si je me dis: "je suis prêt à monter jusqu'à 150'000 euros", ce n'est pas parce que quelqu'un d'autre arrive que je vais me dire "en fait, non, je suis prêt à monter jusqu'à 160'000 euros".
Ou en d'autres termes: plus on s'éloigne du "prix réel" de la maison, plus les acheteurs vont décrocher rapidement, selon une courbe qui ressemble à ... une arc-tangente.

Bref, je pense que tu tires tes conclusions d'un raisonnement p-e valide pour des biens rivaux, mais ce n'est plus le cas des biens non-rivaux. Par exemple, étant donné que le bien non-rival peut être dupliqué à l'infini, cela veut dire qu'une personne peut être payé 2 fois pour avoir fait le même travail ("tout travail mérite salaire", mais "tout salaire mérite travail", alors que dans le cas d'une rémunération directement proportionnellement à la popularité, le "mérite" augmente p-e (mais il n'y a AUCUNE raison pour qu'il augmente directement proportionnellement à la popularité), mais ce n'est pas le cas du travail)

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jefaispeuralafoule a dit :

@j-c :
gnééé??? Tu as fumé quoi pour dire un truc aussi inepte?
Depuis quand la musique ou l'art est une valeur spéculative? Je te rappelle qu'un album de M.x ou de Mme Y sont généralement venus au même prix ou presque, et que ce tarif ne fait pas l'objet d'une quelconque spéculation des acheteurs. L'acheteur doit s'acquitter du tarif instauré par le vendeur. Point barre.
La spéculation n'a aucun rapport avec la vente de média que je sache. C'est même tout le contraire, car la présence massive d'un produit sur le marché se caractérise par un investissement initial non pour augmenter la valeur unitaire, mais au contraire la réduire à la vente tout en maintenant une marge haute.

Comment mélanger les torchons et les serviettes dans une soupe indigeste.

Ensuite second point: quand tu construis un bâtiment (selon cet exemple intenable), tu as une valeur matérielle aisément identifiable: valeur du terrain + valeur du bien placé dessus. On appelle ça le cours du marché. Un CD/DVD n'a PAS de cours de marché. Ce qui en fait varier le prix (offres promo par exemple) ce sont les choix marketing pour augmenter les ventes unitaires d'un artiste, pour se débarrasser de stocks (promos sur les DVD pour vider les entrepôts), voire pour tenter de faire disparaître du support pressé en trop grosse quantité (mévente d'un artiste).

Dernier point: l'indexation de la rémunération est forcément proportionnée aux ventes, ensuite il y a aussi négociation par rapport aux mise en vente à prix cassés, aux frais engagés par la société de production, bref ce n'est pas une ligne parfaitement droite. Mais la ligne ne s'aplatit certainement pas!

Pour finir... la duplication du produit n'a pas le moindre lien: que ce soit un support physique ou numérique (serveur internet), rien n'a un coût zéro. C'est quoi ce cirque de croire que ça ne coûte rien? Et la pub? Le studio? Les diffusions? Les concerts? Les démarchages pour les mises en vente dans les boutiques physiques? Les communications avec les médias? Vous débarquez d'où là pour croire qu'on puisse faire ça gratos ou presque? Un artiste devient rentable par seuil, à savoir une fois que les frais d'enregistrement du CD, puis ceux engagés pour la communication sont recouverts par les ventes et les gains générés par l'artiste. En deçà, c'est la maison de production qui paie les pots cassés.

Et cette connerie communiste de "quantité de travail". Quelle blague. Quelle connerie. On plane littéralement là. Si X vend 1000 disques, et son voisin 1 million, pourquoi le voisin devrait filer à X une partie de ses gains? En quel honneur? Par équité sociale? Mon raisonnement est tout aussi économique: si une société parvient à vendre dix fois le prix de son concurrent la même prestation, c'est qu'il y a des gens pour la payer, non? Alors je ne vois pas pourquoi la société filerait une part de ses bénéfices à son concurrent. A l'état sous forme d'impôt ça oui OK... mais certainement pas autrement.

On atteint des sommets: les très gros vendeurs de disques finançant ceux qui vendent moins par acquis moral. Tiens et pourquoi ne pas déduire une somme fixée par avance sur la vente des tableaux? Pourquoi ne pas créer un barème tarifaire pour le prix des toiles? Après tout, puisqu'on est dans l'art et le "travail", autant le faire sur tous les médias n'est-ce pas? Allez hop:
- Indexons les rémunérations du cinéma afin que les petites œuvres sans succès puissent perdurer
- Taxons les grosses ventes d'objets de collection. Après tout, c'est de l'art, et il n'est alors pas normal qu'une collection de bougies en forme de vierge Marie soit mal rémunérées face à une série de Botticelli.

Franchement... Remets les pieds sur terre.

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j-c a dit :

@jefaispeuralafoule :

Je n'ai jamais dit que la musique ou l'art est une valeur spéculative.
J'ai dit: dans le monde des biens rivaux, les gens ne sont JAMAIS payés directement proportionnellement à leur popularité.
J'ai expliqué pourquoi.
C'est tout.
Tu peux remplacer ma maison par TOUT les biens rivaux, ça fonctionnera toujours de la même façon: les gens ne sont JAMAIS payés directement proportionnellement à leur popularité.

Prouve moi que les gens sont souvent payé directement proportionnellement à leur popularité (je suis sympa, je dis "souvent", même pas "toujours") et alors je voudrais bien prendre ton raisonnement au sérieux.

"que ce soit un support physique ou numérique (serveur internet), rien n'a un coût zéro":
Non, ça a réellement un coût zéro. Je n'ai pas acheté un disque dur pour y mettre ma musique, je n'ai pas pris un abonnement internet pour diffuser de la musique. Que la musique soit là ou pas, je l'aurais quand même payé. Ensuite, j'ai "en bonus" la possibilité de diffuser de la musique en p2p, sans que ça ne me coute rien.
Et si tu dis que ça me coute de l'énergie pour cliquer sur le bouton, alors, tu dis également que l'air que tu respires n'est pas gratuit (en d'autres termes, tu n'as pas compris le sens de gratuit).

"C'est quoi ce cirque de croire que ça ne coûte rien?":
ce que je dis est exact: la duplication ne coute rien. La production, la promotion, les services, ..., oui, ça, ça coute, mais ce n'est PAS la duplication. C'est comme si je te disais: il faut que tu me paies parce que tu as regardé dans ma direction et que l'achat de mes vêtements n'est pas gratuit.
Oui, l'achat de vêtement n'est pas gratuit. Cela ne veut pas dire qu'un regard n'est pas gratuit.

"Vous débarquez d'où là pour croire qu'on puisse faire ça gratos ou presque?":
Je ne prétends pas que la musique doit se faire gratos. Je dis que ce n'est pas parce que vous voulez être payé pour vos frais de production que ça implique que la duplication n'est pas un acte qui ne coute rien.

"Et cette connerie communiste de "quantité de travail".":
Euh ? Le communiste dira au contraire que la quantité de travail n'est pas importante pour définir le salaire. Le "mérite dû au travail", c'est un concept libéral: ce sont eux qui disent par exemple: "je n'aime pas les communistes, j'ai travaillé pour obtenir cette voiture et eux, ils veulent la communautarisé sans avoir travaillé pour la mériter".

"Si X vend 1000 disques, et son voisin 1 million, pourquoi le voisin devrait filer à X une partie de ses gains? En quel honneur? Par équité sociale?":
Simplement parce que cette façon de procéder économique est néfaste à la société. Parce que ce modèle économique répartit mal les richesses parce qu'elle est conçue pour récompenser le créateur directement proportionnellement à sa popularité, on a les petits acteurs qui ne peuvent plus s'aligner et qui crèvent de faim. Ce n'est pas un hasard s'il est très difficile de vivre en étant artiste.

"si une société parvient à vendre dix fois le prix de son concurrent la même prestation, c'est qu'il y a des gens pour la payer, non?":
Oui, c'est le problème actuel: les gens résonnent selon un raisonnement issu de biens rivaux. Pour les biens rivaux, on a le mécanisme de "main invisible" qui régule le marché. Ce mécanisme ne fonctionne plus lorsqu'on a des biens non-rivaux.

Pour ces deux derniers points, je te répondrais aussi:
Si tu justifies le comportement par l'existence de fait, alors, je te ferais remarqué qu'il y a des gens qui sont prêt à diffuser gratuitement de la musique sur p2p. Pourquoi cela devrait être interdit. Ce n'est interdit qu'à cause d'un tout petit morceau du droit d'auteur qui dit "et le créateur a le droit d'avoir un monopole sur la diffusion de son œuvre". Ce droit n'est pas issu d'une considération morale, c'est juste une rustine parce que sinon le système fondamentalement mal conçu (où le créateur travaille gratuitement puis essaie de se faire rembourser en faisant payer une action qui ne coute rien) ne marchait pas.
En quoi ce petit morceau du droit d'auteur est plus normal ou moins choquant que d'établir une règle de répartition.

Bon, je constate que tu réagis très émotionnellement. Je n'aime pas ce genre de discussion où je suis face à quelqu'un qui réagit avec ses tripes et qui refuse de remettre en cause ses a priori, donc, je n'insisterai pas.

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galex-713 a dit :

@jefaispeuralafoule : Je suis en effet d’accord sur le fait que l’analogie de j-c est assez inadaptée et hors-contexte, néanmoins :


L’acheteur doit s’acquitter du tarif instauré par le vendeur. Point barre.
La spéculation n’a aucun rapport avec la vente de média que je sache. C’est même tout le contraire, car la présence massive d'un produit sur le marché se caractérise par un investissement initial non pour augmenter la valeur unitaire, mais au contraire la réduire à la vente tout en maintenant une marge haute.

[…]

Ce qui en fait varier le prix (offres promo par exemple) ce sont les choix marketing pour augmenter les ventes unitaires d'un artiste, pour se débarrasser de stocks (promos sur les DVD pour vider les entrepôts), voire pour tenter de faire disparaître du support pressé en trop grosse quantité (mévente d'un artiste).

Ici tu parles du marché de la musique aujourd’hui, alors que maintenant nous débattons d’un éventuel futur marché de la musique rentable, décentralisé et qui ne se base pas sur des principes archaïques, mal compris, ou autrement absurdes. Si le fait est que les morceaux de musiques aujourd’hui sont effectivement tous vendus au même prix (relativement bas), je ne pense pas que ce soit là la meilleure façon de faire : une rémunération en fonction de la qualité, et non de la quantité de produits indépendants n’est-elle pas une meilleure approche ? Elle encouragerait les bons artistes et pas les mauvais, ou ceux qui ne sont pas appréciés, au delà de la popularité et donc de la quantité. Il devrait alors être selon moi normal qu’une œuvre moyennement aimée par 20 personnes reçoive moins d’argent qu’une œuvre qui rend fou 20 personnes. Aujourd’hui c’est déjà en place via ceux qui, s’ils aiment l’œuvre qu’il viennent de télécharger alors qu’elle a été distribuée illégalement, vont l’acheter juste pour signaler qu’il l’apprécie (mais ça doit être encore pas si fréquent que ça selon moi, et puis c’est une logique d’appréciation binaire), et de meilleure façon via Flattr (très malheureusement centralisé, et avec rémunération proportionnelle, en plus de ne fonctionner qu’avec les monnaies « conventionnelles »).

Puis les problèmes liés aux supports physiques ne sont plus d’actualité : aujourd’hui le CD est mort en faveur du numérique dématérialisé, je crois que tout le monde ici l’a largement compris. Il n’est donc pas question de discuter de problèmes liés à un marché de la rareté, ou à quoi que ce soit de lié à des principes matériels.

Ensuite, oui, ça ne coûte rien, rien d’autre que du plaisir de créer, de créer de l’art :

Premièrement, je crois que les concerts, ou tout autre évènement, peut tout-à-fait se rentabiliser soi-même, et contribuer à rémunérer l’artiste (et puis l’équipe technique aussi, tant que la troisième révolution industrielle de l’imprimante 3D n’a pas mis toute technologie physique à disposition de tous).
Le profit de la culture est auto-suffisant. On est libre d’utiliser toute œuvre comme on le souhaite.

Deuxièmement, pour ce qui est de la vente physique, comme j’en ai parlé, c’est obsolète et archaïque, tout le monde ne l’a donc pas compris ? Ici nous parlons de partage légal qui rémunère les artistes et proposant une alternative satisfaisante, donc fournissant les œuvres sous forme numérique dématérialisée. On ne discute plus des problèmes de distribution physique : fini ! Ces contraintes sont aujourd’hui inutiles et relèvent du gaspillage de temps et de ressources inutile.
La modification et le remixage de masse œuvré par la communauté n’est possible qu’avec une dématérialisation numérique des œuvres. On est libre de pouvoir modifier toute œuvre comme on le souhaite.

Troisièmement, je réunirais plutôt publicité et communication avec les médias sont le même titre de « marketing ». Or c’est un moyen de diffusion qui est centralisé. C’est aussi archaïque et obsolète que la distribution physique. C’est une sur-couche, qui s’ajoute à l’information humaine normale : quand ce sont ceux qui écoutent et suivent qui popularisent, et partagent. Nous parlons d’un système dont le partage est le cœur, et dont le partage est par la même occasion vecteur de publicité. « Hey, j’ai compilé une liste de lectures de cool musiques que des potes m’ont passé, t’en veux ? ». La communauté se charge de filtrer, de compiler, de lister, de distribuer et de promouvoir : ça marche tout seul ; c’est l’ordre naturel des choses dans une société, composée d’animaux sociaux dotés de langage et d’intelligence ; ça a toujours fonctionné comme ça, et ce n’est pas pour rien. C’est au cœur de l’autorégulation et de la publicité naturelle d’Internet : si j’aime, je partage ; si j’aime pas, je partage pas, sauf pour critiquer.
Le partage est l’essence même de la troisième plus importante valeur de la trinité des principes à appliquer à toute relation humaine : Liberté, Égalité, Fraternité. On est libre de partager toute œuvre comme on le souhaite.

Quatrièmement, tu parles de diffusions, et aujourd’hui grâce à l’informatique et Internet, ça ne coûte plus rien de diffuser quoi que ce soit. De quoi a-t-on besoin ? Eh bien « seulement » d’un accès au réseau d’électricité (trivial), un ordinateur (trivial), un accès Internet (trivial) et pis c’est tout. Mais — me diras-tu — l’électricité n’est pas gratuite ? l’ordinateur est coûteux et il faut un serveur, cette machine hyper-puissante et tout autant coûteuse qui fait beaucoup de bruit et qui est tout le temps allumée. Et un hébergement ! Ce qui est très coûteux aussi ! Puis la bande passante n’est pas gratuite !

Le premier élément est cet essentiel accès au réseau d’électricité. Mais une grande partie de la population mondiale a aujourd’hui accès à l’électricité. De plus en France c’est assez peu cher, grâce à notre fantastique réseau de machines à exploiter la force la plus puissante de l’Univers : la force nucléaire forte, et ça de façon non-polluante pour l’atmosphère. On a de la chance, d’ailleurs, l’élément suivant, l’ordinateur, qui se trouve être celui qui fait que nous avons besoin d’électricité, est peu gourmand en électricité, par rapport à ce qu’il en fait. En effet il existe beaucoup d’architectures de micro-processeur qui consomment très peu. Ton smartphone est un ordinateur, et il consomme 7 Watt. Des ordinateurs libres d’utilisation comme ton PC, il en existe avec la même architecture processeur que ton smartphone, qui consomme 7 Watt. Un gros panneau solaire suffit largement (il en existe en kit pour les RaspberryPi, mais je ne les trouve plus…), si tu ne te soucies pas de la pollution et que ça ne te dérange pas tout ce qu’on aura pollué en fabricant ce panneau solaire… Tu peux sinon t’orienter vers une éolienne si ta région est adaptée, ou vers de l’énergie biomécanique : une bonne vieille dynamo. Donc l’électricité peut être gratuite, et sinon elle est peu coûteuse en France.
Donc cet élément suivant est l’ordinateur : en effet on a besoin d’un serveur ! Mais un serveur est un ordinateur normal, à la seule différence qu’il fournit des services, et qu’il est donc préférable de le laisser allumé en permanence. Mais encore une chose : un grand nombre de personnes sur Terre possède un ordinateur personnel, et quasiment tout le monde dans les pays « développés », sans oublier les projets comme Jerry qui font des ordinateurs complètement (ou presque, ça dépend des fois) à base de matériaux recyclés, donc (parfois) à prix nul, afin de rendre ça accessibles à certains (comme dans les pays « en voie de développement »). Après peut-être que tu n’aimes pas l’idée de laisser ton ordinateur personnel allumé tout le temps ? Il n’a pas dû être pensé pour ça : il pourrait faire du bruit à cause de ventilateurs bruyants, consommer trop, chauffer trop, etc. Alors soit tu achètes un ordinateur à bas-coût. C’est un peu moins puissant oui, mais toujours largement assez pour faire office de serveur : c’est très con un serveur, ça sert, et c’est tout. Tu mets des données et quand on lui demande des données il envoi des données. C’est très simple et demande très peu d’instructions processeur sur les ordinateurs modernes. Tu as par exemple l’illustre RaspberryPi : un ordinateur de la taille d’une carte de crédit, ne nécessitant pas de ventilateurs, et fonctionnant grâce à un micro-processeur ARM ne consommant que 7 Watt, qui ne coûte qu’entre 25 et 35 USD selon les modèles. Mais si tu ne veux pas y dépenser un peu de temps et d’argent, tu peux — comme moi — récupérer chez mémé/moman un très vieil ordinateur qui a une carte graphique tellement pourrie qu’il est aujourd’hui inutilisable avec les interfaces graphiques modernes, et en faire un serveur. Après une tour risquant de consommer beaucoup et de faire beaucoup de bruit avec ses ventilateurs (bon après yen a — comme moi — que ça dérange pas), privilégie un ordinateur portable : étonnament ça remplit très bien la fonction de serveur personnel. Donc un ordinateur n’est pas si coûteux, et de toute façon on en a déjà un, donc il se peut qu’on aie même pas à payer quoi que ce soit.
Évidemment il faut mettre des logiciels sur ce serveur pour le faire fonctionner : des logiciels serveurs, comme des serveurs Web, FTP, mail, bittorrent etc. Mais tout ces logiciels, ils sont libres ! Sisi ! Et il n’y a quasiment pas d’alternative privatrice (des fois oui, mais elles sont vraiment pourries : buggées, incomplètes, lentes, compliquées…) ! Et étant libres, et populaire (car oui, tout le monde utilisant ses services utilisent presque toujours les mêmes logiciels libres), ils sont gratuits ! Et pas moins performants ! Ils sont complets, sûr, et améliorables ! Donc les logiciels sont gratuits, d’excellente qualité et largement populaires (donc support facile à trouver sur n’importe quel forum).
Enfin nous avons cet accès Internet, primordial à cette diffusion. L’accès Internet n’est pas gratuit (bon on a bien les accès ouverts gratuits et quelques réseaux WiFi mesh… mais c’est des cas spéciaux…), mais pas si cher que ça quand même, 30€ par mois. Et par la nature même d’Internet, par la symétrie de ce réseau, n’importe quel accès Internet suffit ! Et la bande passante ? Pour les accès de particuliers en France, elle n’est pas facturée, mais le débit est limité tout de même ! Pourtant, la diffusion ne consomme pas tant que ça : déjà que les données ne sont pas si lourdes, si on sait les compresser correctement (je pense à Vorbis en 64KB/s, qui est tout à fait écoutable, sans parler d’Opus). Sans oublier que de plus en plus de monde en France bénéficie d’un accès Internet via FTTH, la fibre optique en effet, en plus de permettre un débit énorme s’il est bien exploité (10Gbit/s, mais bon ils le brident là, et on a du 20Mo/s en entrée et 1Mo/s en sortie, mais mon serveur sert toujours de nombreuses vidéos HD à une vitesse très sympa sans aucun problème) en entrant comme en sortant ! En effet la fibre libère des contraintes de débits asymétriques du cuivre des câbles du téléphone. Le fibrage de toute la France à même été promis pour dans quelques années (même si je doute que ce soit possible) ! Et si la ressource est très demandée, on prendra un protocole exploitant la force des principes à la base même d’Internet : le P2P. Ainsi si en suivant un modèle client–serveur, plus une ressource est demandée, plus elle est difficile et lente à obtenir, en suivant le modèle P2P, plus une ressource est demandée, plus elle est facile et rapide à obtenir. Et ainsi les problèmes d’engorgement sont réglés (bittorrent télécharge automatiquement les morceaux les plus rares, ainsi le partage sur le réseau s’équilibre de lui même). Donc l’accès Internet n’est pas gratuit, mais il est peu coûteux, presque tout le monde l’a et il est illimité en France !
La technologie actuelle permet largement à tous de s’exprimer pour pas d’argent (ou quasiment pas, puis ça dépend des lieux, mais même là ça change). On est libre de diffuser des œuvres faites soi-même.

Enfin je dois remarquer le fait qu’une répartition non-proportionnelle nécessite un réseau centralisé… ce qui pose touts les problèmes de la centralisation… Or j’ai du mal à voir comment répartir les dons de manière à suivre une racine cubique ou une arc-tangente de manière décentralisée sur une framework P2P… Du coup finalement je suis d’accord avec toi ^^.

PS : Dsl j’ai répondu avec du retard par rapport à l’écriture de ma réponse : j’ai été déconnecté d’Internet et j’ai dû rentrer chez moi où — venant de déménager — il n’y a pas d’accès Internet, et aucune autre solution qu’attendre l’installation d’un accès à Internet n’est envisageable, ma carte WiFi nécessitant un pilote logiciel privateur ^^".

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j-c a dit :

@galex-713 :

D'accord avec 99% de ce que tu dis.

2 remarques:

d’accord sur le fait que l’analogie de j-c est assez inadaptée et hors-contexte

Hm, j'aurais du être plus clair: ce dont je parlais n'était pas du tout une analogie.
jefaispeuralafoule disait "c'est scandaleux de traiter les créateurs comme ça: c'est normal qu'ils soient rémunérés directement proportionnellement à leur popularité".
J'ai juste répondu: "euh, non, ce n'est pas normal. Personne n'est jamais rémunéré directement proportionnellement" et j'ai ensuite expliqué pourquoi.
Ce n'était pas une analogie: le modèle que j'ai détaillé n'a rien à voir avec celui de la musique.

Au final, on pourrait répondre à jefaispeuralafoule la chose suivante: "tu n'es qu'un sale communiste: de quel droit tu veux que les créateurs populaires donnent une partie de leur revenus pour obtenir une rémunération directement proportionnelle pour chacun, alors qu'on pourrait inventer un modèle où ils pourraient l'avoir quadratiquement proportionnelle à la popularité".

Enfin je dois remarquer le fait qu’une répartition non-proportionnelle nécessite un réseau centralisé…

Si le créateur est transparent et le client sensibilisé au problème, ça peut marcher.
Par exemple, sur flattr, je favorise les gens qui ont reçu peu de flattr par rapport à ceux qui en ont reçu beaucoup. C'est un peu aléatoire, forcément. Mais ce que je veux dire, c'est que si les créateurs étaient transparents et disaient "pour telle œuvre, j'ai reçu jusqu'à présent tel montant", alors, on pourra choisir de payer plus le créateur A que le créateur B lorsqu'on constatera qu'on estime l'œuvre de A tout aussi importante que l'œuvre de B mais que A a, pour l'instant, reçu moins d'argent que B.

Je pense que ce comportement n'est pas étrange. Après tout, c'est ce qui se passe pour les dons dans la rue: on voit rarement les gens faire un don aléatoire à quelqu'un qui n'a rien demandé et n'en a pas besoin.

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galex-713 a dit :

@j-c : Mais t’as touts les problèmes de la centralisation : fragilité, subjectivité, censure possible, infrastructure lourde, pourcentage pour la rémunérer, dépendance, manque d’autonomie et de résilience…

Après si t’as une idée de fonctionnement décentralisé (et de préférence local : comme Internet, on coupe en deux et ça change rien à part qu’on peut plus contacter/donner à ceux de l’autre coté)…

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j-c a dit :

@galex-713 :
Je n'ai pas compris:
je dis que si les créateurs sont transparents et les acheteurs sensibilisés à payer de manière responsable, on obtient une courbe de type arctangente sans qu'il y ait besoin de système centralisé.

P-e que tu réagis au fait que j'ai dit "flattr", mais ce n'était qu'une illustration du fait que le comportement peut être individuel. J'ai parlé de flattr parce que c'est un système qui me permet de choisir ce que je donne et de connaitre (plus ou moins) l'argent qu'à déjà reçu la personne.
Et en soit, flattr n'est pas un système conçu pour obtenir une courbe arctangente.

Si le créateur affiche son revenu bitcoin et que je lui fais un don en bitcoin, par exemple, on arrivera de nouveau à une courbe de type arctangente, sans que ça soit centralisé.

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galex-713 a dit :

Ah mais tu dois te baser sur quelque chose pour déterminer à partir de quel point donner plus ou moins, quand ça s’inverse, par rapport à quoi c’est beaucoup. Or en quelque sorte, tu centralises une moyenne de ce que tu connais, mais c’est pas en arctangente parfaite car tu ne connais pas la moyenne réelle, mais la moyenne de ce que tu connais.

Si A donne à un artiste B très très populaire, mais que A ne connaît que des artistes très très populaires, il ne va pas donner moins voir même il va donner plus, si il connaît plus d’artistes plus populaires : ça dépend de ce à quoi on est habitué.
La seule façon d’obtenir une vraie arctangente c’est de tout connaître, et le seul moyen pour ça est de centraliser tout. Enfin… centraliser une liste de touts ceux-là en tout cas.

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galex-713 a dit :

Ah bah non, elle déconnait HADOPI en fait…. En gros comme les infrastructures par où qu’elles passent nos données ils sont pas « non-marchands », ben nos échanges ils sont pas « non marchands ». Donc faut échanger de façon décentralisée et indépendante, parce que Google–youtube il va être aux pieds du gouvernement. Sauf que « infrastructure », ça peut inclure Youtube, mais aussi Orange/Free/SFR et les autres FAI, qui sont presques tous « marchands » (et les FAI associatifs ne possèdent pas leurs teuyaux), ainsi que touts les autres intermédiaires, comme EDF…

Perso je trouve que c’est une bonne nouvelle : comme la prohibition a forcé les mafia a se développé, ça va nous forçer à fabriquer NOTRE Internet (comme le promeut Benjamin Bayart, ou les projets comme FreedomBox) avec NOS teuyaux et ondes électromagnétiques (comme le promeut les association comme RéseauLibre ou The Free Network Foundation ou les projets comme PirateBox) et NOS logiciels (comme le promeut le mouvement du logiciel libre, des projets comme GNU, Debian ou plus-ou-moins Ubuntu et des personnes comme Richard Stallman).

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