1984, c’est le titre du roman de George Orwell et décrivant une société futuriste (pour l’époque où il a été écrit) où la société est ordonnée en une petite classe dirigeante et d’un peuple totalement soumis, aussi bien physiquement qu’intellectuellement.
L’ensemble sous les yeux de « Big Brother » qui surveille tout et contrôle tout.

Malheureusement, certains semblent véritablement penser que ce roman est un guide à suivre, un tutoriel.

S’il est déjà possible de repérer n’importe qui par son téléphone mobile et suivre ses déplacement avec les caméras partout, les dépenses bancaires, etc. c’est encore Google et quelques autres entreprises (Motorola, Philips…) qui veulent aller plus loin : avec l’authentification électronique d’une puce plantée dans la peau ou d’une gélule électronique d’authentification à distance.
Ceci va beaucoup trop loin pour moi : imaginez qu’on soit numériquement traçable où qu’on aille, que nos moindres déplacements, faits, paroles et visions, soient tous envoyés à une entreprises privée* et de plus être identifiable de façon certaine, partout et constamment ?

J’ai pourtant l’impression que tout ça ne soit en train de devenir une norme…

Richard M. Stallman n’a peut-être pas totalement tord de refuser d’avoir un téléphone portable, de refuser de payer par carte bancaire, de refuser de fréquenter les hôtels où il faut décliner son identité sur les registres…

Perso je préfère encore le bon vieux mot de passe. Oui, je suis sûrement vieux jeu.

* En fait c’est déjà le cas avec les smartphones :-/

25 commentaires

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Leuleu a dit :

La question est: Est-ce vraiment mal ? Est-on si spécial pour que l'on protège notre "vie privé" ? Franchement, on a pas des vies sensas, faut pas se leurrer, ces firmes n'ont que des données brutes qu'elles analysent en statistique, il n'y a aucune personne qui est devant son écran et qui suit nos fait et geste et nos pas ! On est pas dans Brazil pour rester dans les ref culturelles.

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sil a dit :

A défaut de pouvoir protéger sa vie privée, je préconise de publier sur internet autant d'informations que possible, plus fausses les unes que les autres. Il faut mentir sur son âge, sur ses diplômes, sur son travail, sur son lieu d'habitation, sur ses hobbys. Il faut surtout s'assurer que les informations disponibles sont les plus hétérogènes possibles.

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Cellix a dit :

@Leuleu : Si tu veux continuer à être considéré comme un animal, libre à toi. Parce que même si tu ne vois aucun intérêt aux vies qu'on mène, les multinationales, elles, en voient pour mieux te vendre leurs produits, mieux te manipuler, etc. et tout cela, sans qu'on en soit conscient. c'est un premier pas vers le retour à l'esclavage...

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Timothée a dit :

Mon avis rejoins un peu celui de Leuleu, est-ce que le mal vient du fait qu'il existe des technologies qui permettent (directement ou indirectement) d'espionner tout un chacun ou du fait qu'on les utilise ? Non, le problème est qu'elles sont utilisées à mauvais escient. Comme toute "arme", le danger vient de celui qui la possède... Alors se planquer chez soi pour se protéger soi même est certes une solution, mais ça n'empèchera pas l'abus qu'il est fait de ces technologies... (cf: cet article)
Enfin je ne prétends pas savoir comment changer les esprits des gens la dessus, je suis comme toi, je constate (Et je suis persuadé que M. Stallman a fait bien plus sur le sujet que simplement se protéger lui-même)

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qwerty a dit :

Perso, je préfère 1984 que le meilleur des mondes en tant que monde à vivre ! Un monde oú on contrôle la population par le sexe, la drogue et les manipulations génétiques, non !
d'ailleurs, voici un très bon article dessus : http://etudiant-libre.fr.nf/news-111.html (désolé, je place mes pions ;-))

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Le Hollandais Volant a dit :

@Leuleu : protège ? Notre vie privée serait protégée si ces entreprises ne gardaient aucun log, aucune trace de nous.
Ces entreprises gagnent de l’argent en vendant nos infos. C’est leur modèle économique.

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Paparano a dit :

J’aurais plus peur que des gouvernements s’emparent de ces données que des privés, les privés veulent du profit, les gouvernements sont plus enclins à emprisonner, torturer ou tuer, mais oui, c’est un peu effrayant.

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nonos a dit :

Perso, j'obligerais à ce que ce type d'outil de surveillance soit administré en suppositoire,
au moins les choses seraient claires.

Il faut légiférer !

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Erik a dit :

@Leuleu :
Est-ce vraiment mal ? Si tu parles de la division de la société entre une minorité d'exploiteurs qui ont tous les bénéfices et une majorité d'esclaves qui se fait exploiter... mais ne peut pas vraiment se rebeller parce que les mécanismes de contrôle social (manufacture du consentement) et de répression les empêchent de s'organiser... oui, sans aucun doute, c'est vraiment mal. Et puisque tu aimes les références littéraires, je te renvoie à "La République" de Platon, livre 4, partie 1. Si tu es anglophone, tu le trouveras gratuitement en audiobook sur Librivox.

il n'y a aucune personne qui est devant son écran et qui suit nos fait et geste et nos pas !

Ceci est plus ou moins faux. En grande partie, on laisse des machines faire le travail, mais bien sûr que nos faits et gestes sont enregistrés en permanence. En Europe, le projet "Indect" fait cela ou va faire cela. La vidéo-verbalisation se démocratise aussi dans des villes toujours plus nombreuses. Les caméras de contrôle de vitesse sur les autoroutes sont reliées à des systèmes (Palantir, par exemple) qui associent ton numéro de plaque à ton identité et font donc un suivi à la culotte. Microsoft a aussi déployé un système (dont le nom m'échappe) dans New York qui fait de la reconnaissance de visage derrière les caméras de vidéo-surveillance et enregistre les mouvements de millions de personnes. Si tu as 2-3 heures à consacrer au sujet, je te recommande d'aller sur le compte Vimeo de Fabrice Epelboin. Il explique bien les choses.

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iTux a dit :

@Paparano : Sauf que les gouvernements ont le pouvoir sur les privés et donc sur les informations que ces derniers gardent.

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Walane a dit :

Je pense que ce sont les trucs "cools" pour les gens qui vont finir par nous bai***...

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John Doe ;) a dit :

@iTux :

C'est plutôt l'inverse, les gouvernements n'ont AUCUN pouvoir face aux grosses multinationales privées.

Pour rappel, Google a racheté Motorola Mobility il y a 2 ans (même combat).

Les puces électroniques existent depuis longtemps dans certains pays.
En Espagne par exemple, pour payer ses consos dans certaines boîte de nuit..

Sans oublier les fameuses Google Glasses qui seront partout d'ici peu, et sans compter les possibilités de hacks qui élimineront définitivement toute notion de vie privée.

Alors, oui, 1984, c'est pour bientôt !

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iTux a dit :

@John Doe ;) : Ah oui, j'avais oubliés les lobbys :/
En même temps, tant que rien n'est obligatoire (ou presque) tout ira bien pour ceux qui le souhaitent, ceux qui vendent gratuitement leur vie à FaceBook n'ont qu'à se plaindre à eux-même.

Ceux qui veulent aujourd'hui payer sans contact : pareil.

Ceux qui voudrons un tatouage d'identification : aussi.

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minty a dit :

Ce qui est rassurant c'est qu'il y aura toujours quelqu'un qui voudra surpasser l'autre. Personne ne sera en mesure de nous contrôler tous.

L'Homme est malheureusement trop intelligent, on ne peut rien construire avec lui, il continuera toujours de critiquer, détruire, reconstruire...

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Guenhwyvar a dit :

@John Doe ;) :

Sans oublier les fameuses Google Glasses qui seront partout d'ici peu

Alors là, j'en doute fortement… Ça m'étonnerait que ça dépasse un jour le statut de gadget excentrique…

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romario a dit :

Sur le sujet de la vie privée, je vous invite à lire le blog koolfy.be, le sujet est abordé dans ses articles sur TOR.

Je vous cite un passage (source) :

D’autre part, une question de vie privée se pose. Je ne vais pas m’étendre sur cette problématique certes secondaire, mais tout du moins aborder cet argument de « qu’est ce que tu peux bien avoir à cacher ? ».
La réponse est souvent « rien. ». Il n’y a pas besoin d’avoir quelque chose à cacher pour ne pas avoir envie que ça soit public.
Le secret médical en est un exemple. Avoir un cancer n’est pas illégal, mais il appartient à l’individu de choisir quand comment et à qui l’annoncer, ou ne pas l’annoncer.

Pour reprendre une phrase de Cory Doctorow dans son livre « Little Brother » :

« Ce n’est pas parce que je n’ai rien à cacher que j’aime chier en public. »
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Hadrien01 a dit :

Non ce n'est pas bientôt. Ça existe déjà.

En Corée du Nord, ceux qui ont eu la chance d'être logés par le régime dans la capitale ont dans leurs appartements une radio qu'ils ne peuvent éteindre. Elle commence tous les matins à 7 heures, et le son minimum fait que on l'entend au moins distinctement dans la cuisine.

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Shill a dit :

@John Doe ;) :
Exact, et c'est bien le problème que n'avait pas prévu Orwell. Dans son livre il envisage une surveillance permanente réalisée par des Etats, qui n'ont plus rien de démocratique certes, mais qui portent encore ce nom.

Ici, élément salvateur ou non, nous verrons, nous assistons à une prise de pouvoir des entreprises privées, et c'est un point sur lequel le bât blesse particulièrement : si l'Etat est censé servir les intérêts de ses citoyens, ce n'est pas le cas de l'entreprise privée, qui sert ses propres intérêts. Alors imaginez, vous qui avez lu 1984 dans lequel un semblant de modèle social est préservé, oui imaginez ce que peut engendrer ce pouvoir entre les mains de ces entreprises...

Attention : Ne nous laissons pas mener par le bout du nez jusqu'à une interdiction de déplacement sans puce RFID, qu'elle soit dans nos mobiles ou sous la peau.

/Shill

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Shill a dit :

@Leuleu :
C'est essentiel ! Le droit à la vie privée est un fondement de la liberté !
Ce n'est pas pour rien que la distinction entre vie privée et vie publique est l'un des premiers éléments que cherche à effacer un système totalitaire : c'est la garantie de garder le contrôle sur le peuple !

Selon Larousse (5.2):
"Les traits principaux de l'organisation fasciste sont la politisation totale de la cité, le monolithisme et l'autoritarisme du pouvoir, la structure pyramidale de la société, l'élitisme mystique.

La politisation totale implique que tous les gestes des citoyens aient un sens que seuls les gouvernants sont aptes à saisir.

La distinction entre vie privée et vie publique est abolie, tandis que les idées dominantes doivent être imposées à tous, le cas échéant par la violence.
"

La suite est intéressante aussi. A bon entendeur...

/Shill

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galex-713 a dit :

J’ai récemment assisté à une excellente conférence qui contrait les idées préconcues de « Ma vie privée n’intéresse personne » et de « Je n’ai rien a me reprocher », par le fondateur de LDN (Lorraine Data Network, un FAI associatif membre de la Fédération FDN) je crois. Elle n’est pas encore en ligne (on m’a dit que les vidéos devaient encore être remasterisées) mais ça devrait venir sur le site web de l’Ubuntu party.

Sinon ouais, la société d’aujourd’hui ressemble clairement à 1984… dont je n’ai en fait entendu l’histoire qu’indirectement, mais je prévois de demander à un ami de me le prêter bientôt (ça devrait être limite une lecture de base niveau culture sociétale). Je suis d’ailleurs entièrement d’accord avec rms sur ce point (mais j’ai pas de portable surtout pour la frustration de voir tout ce qu’on devrait pouvoir faire mais que l’on ne peut pas faire sur ces systèmes de sous-exploitation).

Sauf qu’en effet là le pouvoir n’est pas à l’État mais aux entreprises privées capitalistes, qui tendent à se comporter comme des sociopathes (trouble de la personnalité antisociale). Donc c’est plus une anti-société qu’une société… une société de manipulation et d’excès… qui n’est absolument pas stable. On a plein de contre-mouvements qui se créent (le libre, les RepRap, les FAI associatifs, toussa…) et ça ne risque pas de diminuer tant que les choses n’iront pas mieux de ce coté là (et même là…).

Ya quand même des trucs intéressants sur stallman.org

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