champ-de-ble.jpg Je me souviens qu’il en était déjà question avant, mais là ça devient un peu plus officiel : les agriculteurs n’ont plus de droit de ressemer les semences d’une année sur l’autre.

Tout ça parce que le blé acheté au départ est privé et on n’a le droit de le semer qu’une seule fois. C’est effarant où on en arrive…

Donc ouais : l’ADN des grains de blés a été privatisée et soumise à une licence d’utilisation…

(Et merci Monsato hein, dans un pays qui taxe l’eau de pluie aussi)

image de Tonio Mora

31 commentaires

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seb a dit :

Pour la taxe sur l'eau de pluie, on a un peu la même chose en France quand on récupère l'eau de pluie et qu'on la réutilise pour nos WC ou machines à lavée. On paie un truc en plus parce qu'on ajoute de l'eau à traiter dans le réseau des eaux usées par rapport à ce qu'on prend dans le réseau d'eau potable, ou un truc du genre.
J'imagine qu'on ne paie rien si on utilise l'eau pour l'arrosage de son jardin.

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Anon a dit :

-Ces abrutis d'agriculteurs avaient qu'a pas acheter du monsanto ou autre plante déposée.
-On me fera pas croire que ce genre de truc est légalement possible.
Et même si ça l'était, désobéissance civile indispensable.

C'est sur a 100% que les inspecteurs de mes couilles seront attendu fusil chargé dans les fermes.
Comment, mais COMMENT PUTAIN ces enculés d'élus de MERDE peuvent penser une seule seconde faire passer ce genre de truc ? C'EST UNE BLAGUE ?


Rétablissez la peine de mort s'il vous plait, et rajoutez le délit de stupidité dans le code pénal, je crois qu'on assiste a un bug de l'évolution du genre humain et il est urgent de faire le tri !

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MSPE a dit :

@Anon, je n'aurais pas dit mieux !

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Anon a dit :

"Taxe sur la pluie"


...


Je vais pleurer en vomissant.

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Patrick a dit :

Et bientôt il en sera de même pour le jardin.
Pour que les choses changent il ne suffit pas de râler après coup il faut s'informer et bouger son cul.

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Pascal a dit :

"les agriculteurs n’ont plus de droit de ressemer les semences d’une année sur l’autre".

A se demander, s'il ne faudrait pas instaurer une loi pénalisant les élus qui n'agissent pas manifestement pour le bien commun. Cela éliminerait un bon nombre de corrompus.

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Foxnoob a dit :

D'après cet article Wikipédia, il est dit que 20 % des gènes humains sont soumis a des brevets... Dont 63 % possédés par des sociétés privées, en 2005. Ces chiffres doivent être bien plus élevés maintenant. http://fr.wikipedia.org/wiki/G%C3%A9n%C3%A9tique (à la fin, dans la partie "Cas du génome Humain")

C'est assez dingue comme truc... Bon, dans certains cas c'est peut-être valable, je ne connais pas le milieu et tout ça m'échappe un peu, mais ça reste décourageant.

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Anon a dit :

Le plus drôle c'est qu'ensuite, je suis sûr qu'ils vont trouver un moyen d'y mettre des DRM !

Et pour pousser l'ironie jusqu'au bout des lots d'OMG foirés vont contaminer tout le reste, et toute la bouffe du monde va disparaitre une récolte après.

Magnifique :D

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Seek a dit :

Désespérant de voir arriver le mur et de ne pas pouvoir ni ralentir le bus, ni choper les responsables qui ne sont plus dedans depuis belle lurette, et à qui le choc final va de toute façon rapporter du pognon...

Encore plus d'observer les passagers à moitié aveugles participer à l'accélération dudit bus, en croyant qui plus est que tout est fait dans leur intérêt... ils procureront un peu de satisfaction superficielle à leur petits égos tout en créant des problèmes d'une profondeur et d'une gravité sans précédent et dont les conséquences sur le long terme sont incommensurables...

Les élus et les oligarches sont de mèche pour exploiter la masse et faire des milliards sur notre dos en bousillant et notre liberté, et notre habitat.

Dans cette masse, la plupart n'en ont rien à foutre, trop occupés à courir après la carotte qu'on leur a mise sous le nez, et le peu qui comprennent vaguement le merdier dans lequel on se trouve, se fendent à peine d'un "Putain, c'est vraiment des enculés quand même, pourquoi ils font ça ?" pour oublier la situation 2 minutes plus tard en repartant sur leur iPhone de merde ou leur verre de Coca ou toute autre saloperie du genre qui finance ceux-là mêmes qui leur feront mordre la poussière tôt ou tard (l'envie me prend de considérer ces gens-là comme des collabos).

Et même ceux qui en sont bien conscients sont trop peu pour faire changer les choses et n'ont pas le temps ni les armes nécessaires. On parle quand même d'un combat contre des gens dont le MÉTIER qui les occupent à 100% est devenu de nous niquer par tous les moyens possibles pour qu'on leur rapporte des ronds, quand nous n'essayons que de vivre décemment, et que nous devons riposter sur notre temps libre.

Et donc dans tout ça qu'est qu'on fait, QU'EST-CE QU'ON FAIT BORDEL ?

On fait une liste de noms et on s'organise en petits groupes pour aller les égorger ? Ce week-end ça vous va ?

Et puis merde on va pas les tuer si vite quand même, on pourrait prendre les plus responsables pour les torturer un peu avant... c'est qu'ils nous auront bien bandé quand même non ?!??

Personnellement, je suggère de les rassembler dans une fosse et de les karchériser au napalm.

Sur ce je vous laisse, un sympathique inconnu vient de sonner à ma porte pour m'offrir une jolie veste avec des manches qui s'attachent dans le dos...

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Nurf a dit :

@Seek : il faut jouer avec leur armes. Ils ne pensent qu'au fric ? Très bien, profitons de leur aveuglement pour ne plus leur en donner. Eviter leur marque, eviter leurs enseignes. C'est un devoir citoyen de les tapper au porte feuille. Qu'ils crévent ! C'est nous qui ferons le ménage en réduisant leur bénéfices, leur marges.

Nos vies valent plus que leur profits.

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Seek a dit :

@Nurf :

Je pense aussi que c'est une bonne solution. Le problème, c'est que pour qu'elle soit efficace il faut qu'elle soit appliquée par un grand nombre de gens.

Combien sont prêts à échanger leur iPhone contre un autre smartphone pour une question de principe ? Ou se contenter de jus de fruit à la place d'un Coca pour les mêmes raisons ? Ou pire s'en priver volontairement ? Très peu...

Et pourquoi ? Parce qu'ils vous diront que ce qu'ils ont est mieux, ou plus simple, qu'ils sont habitués et que changer c'est compliqué, ça fait mal à la tête.

Chacun veut le meilleur pour lui (et c'est normal), mais aucun ne trouve une chose meilleure en fonction des conséquences qu'elle engendre. Soit ils prennent en compte ce qui est dit dans la pub (le plus souvent inconsciemment), soit ils suivent la mode (qui est conséquence du matraquage de la première). La pub est l'art de grossir un bénéfice superficiel en faisant abstraction de toute la merde qui a servit à apporter ce bénéfice.

Le premier vecteur de pub étant la télé, je pense que tout homme avec une pensée altermondialiste qui se respecte se doit de ne jamais regarder les chaînes de télé. Quelles qu'elles soient (Regardez ça si vous voulez vous en convaincre).

Un monde où seulement moins de 10% de la population regarderait la télé pourrait avoir un avenir à mon sens.

Mais il est effarant de voir à quel point informer les gens ne suffit plus et paraît même vain. Ils ont beau être pleinement conscients des effets de leur mode de consommation, ils refusent totalement d'en changer. C'est un peu comme le fou des hopitaux psychiatriques qui se cogne la tête lui-même contre les murs, qui ne s'arrête jamais quoi qu'on lui dise, et pire qui devient agressif envers nous lorsqu'on essaye de le sauver de sa propre bêtise.

Prenez le lien que j'ai mis ci-dessus, si vous le faîtes regarder à 50 personnes et que rien qu'une seule arrête définitivement la télé, vous pouvez croire aux miracles.

Non, la seule personne sur qui l'on a réellement de l'influence c'est nous-même et personnellement, je considère qu'il est de mon devoir d'être le plus mauvais consommateur possible. Le dernier de la classe dans la course à la croissance.

Ça ne changera presque rien, et dans dix ans quand je me casserai la gueule avec tous les autres puisque je fais aussi partie de ce monde que je le veuille ou non, j'aurai au moins le réconfort de me dire que j'ai fait un effort pour être le moins responsable possible, même si je crains que ça sera bien le seul réconfort que j'aurai...

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Anon a dit :

@Seek :

Tu as raison.

Ce qui pourrais marcher, c'est la propagande : battre le marketing a son propre jeu.

Les indépendants, que ce soit les blogueurs, les petits studios de dev, les pme, ont souvent prouvé leur capacité a rendre viral des pubs / modes / etc...

Il suffirait peut être, par exemple, de créer un même qui ridiculise tout ce qui doit l'être.
La seule chose qui pousse les gens à changer, a mon avis, c'est la peur du ridicule.

Le jour ou personne ne pourra échapper a des slogans comme "Avec mon iphone j'ai vraiment l'air trop conne !"
ou "avec coca je bois du caca" (Dsl je suis nul en marketing), tous ces lobotomisés se précipiteront vers les produits éthiques.

Aux grand maux les grands remèdes.
Les menaces marchent pas, les explications scientifiques marchent pas, rien ne marche, sauf le marketing.
S'il faut revenir a une communication stalinienne pour faire changer les choses, faisons le. Il suffit de quelques blogueurs influents pour amorce le changement, j'en suis persuadé. Ils l'ont déjà prouvé.

Les articles sont repris par les sites généralistes, qui sont repris par la presse en ligne, qui sont repris par facebook, qui sont repris par la téloche, qui est reprise par la pub classique.


Ou sinon on demande a sebsauvage de menacer quelqu'un d'important et y'aura bien un linuxien anarchoterroriste pour faire un attentat ! :)

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Arnegundis a dit :

@anon : c'est légal en France depuis une dizaine d'années, de mémoire et là, l'application passe au niveau européen :-(
C'est clair que nos ancêtres doivent tous se retourner dans leurs tombes... Et nous, nous n'avons plus qu'à organiser une bonne révolution si nous voulons survivre...

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Anon a dit :

@Arnegundis :
Ou plutôt si on souhaite qu'eux ne survivent pas.

J'aurais pas cru dire ça un jour mais je crois bien qu'a l'occasion j'vais aller couper quelques têtes (de blé) avec le Bové.

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Seek a dit :

@Anon :

Tu viens de concrétiser une idée qui m'avait vaguement traversé l'esprit, mais sur laquelle je n'avais jamais pris le temps de m'arrêter.

Et je trouve que c'est une idée magnifique : stigmatiser l'état d'esprit qui veut faire du chiffre sans prise en compte des conséquences, le tourner en ridicule, et ramener tous ceux qui l'alimentent limite à l'état de parias, tout ça avec les armes de l'ennemi.... ça me plaît beaucoup.

Rendre les valeurs humaines "à la mode", si l'on peut dire.

Car oui, j'ai un cerveau et un coeur, et oui je m'en sers pour savoir comment sont créées les choses que je consomme et dans quelles conditions, et je choisis en conséquence si mes moyens me le permettent. Et non, je n'ai pas à en avoir honte, et c'est même vous qui devriez vous terrer dans un coin, vous qui ne voyez pas plus loin que ce que les autres vont dire si vous n'avez pas le dernier gadget pour mongolos ou qui ne cherchez à briller qu'à travers votre crétinerie, vu que vous ne voulez pas faire l'effort de développer d'autres talents. Et même si je ne suis pas parfait (qui pourrait s'en vanter), au moins je fais un effort.

Je pense que nous sommes très nombreux à vouloir crier quelque chose de semblable à la face du monde, mais se servir du marketing viral pour faire passer le message est vraiment une idée géniale.

Et c'est même sûrement une des meilleures, pour peu que le fait de devenir à la mode ne fasse pas trop enfler notre égo et ne nous rende pas aveugles.

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libre pensee a dit :

Malheureusement, à terme TOUT sera breveté !
Soit parce que ce qui existe dejà, mais disponible pour tous, génére beaucoup d'argent - donc à capter pour le seul benefice de certains groupes ou individus ; soit parce que cela pourra générer du profit futur - donc à breveter au cas où, et pour bloquer les concurrents.

D'ailleurs actuellement N*stl* essaye de monopoliser pour lui seul le commerce de la nigelle (plante librement cultivée et vendue dans de nombreux pays et qui a de plus en plus d'utilisateurs).
Voir ici : http://www.globalresearch.ca/n*stl*-is-trying-to-patent-the-fennel-flower/5332329
(N*stl* is attempting to create a nigella sativa monopoly and gain the ability to sue anyone using it without N*stl*’s permission ... ). Une pétition est dispo : http://action.sumofus.org/a/n*stl*-nigella-sativa/5/2/?sub=fb

Sinon question HS : est ce quelqu'un sait si les infos sur le "TTP ou TAFTA" sont vrais ? (Si oui, c'est une sal***e pire que l'Acta et autres liberticides informatiques.)

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Valeryan_24 a dit :

Ça fait bizarre de passer de la position "utilisateur défenseur du libre et pourfendeur des majors" à celui du "vilain vendeur privateur", mais je travaille dans une entreprise de sélection et production de semences, donc le sujet me passionne aussi, alors je vais essayer d'éclaircir un peu la situation. Désolé, ce sera un pavé, je vais le diviser en 3 messages pour plus de lisibilité !

C'est d'actualité, en ce moment on est justement en plein rush sur les tournesols, maïs (semis, malgré la pluie persistante) donc beaucoup de présence en champ, mais la recherche végétale prend énormément de temps : il faut une dizaine de génération au moins à partir d'un croisement pour obtenir une variété pure et stable, dans le cas des hybrides il faut au préalable sélectionner les lignées parentales avant d'effectuer des tests d'aptitude à la combinaison et des essais variétaux.

Le nombre d'années nécessaires peut être réduit grâce aux serres, aux contre-saisons hivernales en Amériques du Sud, à des outils biotechnologiques (culture d'embryons immatures, haploïdes doublés, là je deviens déjà trop technique...) ou la sélection assistée par marqueurs - à ne pas confondre avec les OGM systématiquement mais cela reste très onéreux : en personnel, matériel, temps - et on parle de végétaux : un essai, une production, c'est une année complète (pas 15 jours en labo comme en microbiologie), et c'est très dépendant des conditions climatiques.

C'est pour partie destiné à de l'alimentation animale et humaine, donc règles très strictes en matière de traçabilité, absence de toxicité (allergènes, mycotoxines...), on travaille pour améliorer les résistances naturelles (aux maladies, pathogènes) et diminuer l'usage de pesticides (agriculture durable, plan Ecophyto 2018, directive européenne sur la qualité des eaux), réfléchir non pas seulement sur l'intensification de la conduite technique mais globalement sur la rotation des cultures...

On est capable, pour chaque dose de semences vendue, de remonter plusieurs générations en arrière et d'identifier chaque champ de production, l'agriculteur, l'itinéraire technique, le bulletin d'analyse, pas de cheval à la place du gazon !

Donc on a besoin des Certificats d'Obtention Végétale pour vivre (en gros nos brevets), on ne gagne de l'argent que sur la vente des semences, et comme le progrès génétique est constant, la concurrence rude, la durée de vie commerciale d'une variété est courte (3 ans en moyenne donc 3 campagnes de vente seulement, sauf pour les top du marché, un peu plus longtemps).

Au-delà du temps à créer et fixer une variété, il faut aussi ensuite obtenir une "autorisation de mise sur le marché" européen - 2 années de tests exigeants réalisés sous l'égide du Ministère de l'Agriculture, visant à vérifier que votre produit répond à deux critères :
DHS = Distinction (votre variété doit être différente, visuellement et génétiquement) de celles de la concurrence, Homogénéité et Stabilité (variété stable, homogène, toutes les graines semées dans un champ ou d'une année à l'autre donnent des plantes identiques)
VAT = Valeur Agronomique et Technologique (votre hybride ou lignée doit apporter un progrès, une amélioration par rapport à l'existant : rendement, régularité de productivité en fonction des conditions pédoclimatiques, résistance aux maladies, tenue de tige, richesse et profil en huile / protéines etc...)

Des contrôles sont réalisées ensuite chaque année pour vérifier l'identité de la variété produite et vendue, et aboutissent à un certificat (d'où l'expression semences certifiées).

On n'est pas du tout dans le même cas de figure qu'un artiste qui protège son titre à la Sacem et veut des sous à vie dès qu'il est joué quelque part - j'entends souvent la comparaison avec l'amalgame semenciers = salauds de majors - il y a aussi de petites sociétés de sélection : je bosse dans une PME de 60 employés, indépendante mais actuellement en difficulté économique, pas chez Monsanto - et agriculteurs = gentils clients opprimés, c'est beaucoup plus complexe...

Il ne s'agit pas d'empêcher ces derniers de semer ce qu'ils veulent, il s'agit de protéger et faire vivre la recherche, et aussi veiller à ce que les graines récoltées et qui partent en utilisation alimentaire ou industrielle via des contrats sont bien issues de semences certifiées - ce qui permet, en cas de problème, de remonter jusqu'au champ initial.

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Valeryan_24 a dit :

Des sources de semences non protégées sont disponibles (Kokopelli, banque de gènes ou autres...), que les agriculteurs peuvent resemer librement d'une années sur l'autre sans aucun problème, ils ne sont en aucun cas forcés d'acheter chez les semenciers. Après, dans le cas des hybrides et des espèces non autogames, l'intérêt est limité, on perd dès la 2nde année en homogénéité et en performance (inbreeding), je ne vais pas rentrer dans le détail de la génétique.

Il existe ainsi le GNIS (http://gnis.fr/), cet organisme est là pour protéger à la fois les consommateurs et les semenciers (le critère DHS développé plus haut, empêcher qu'un concurrent "copie" une variété et la vende), vous avez donc ensuite le Service Officiel de Contrôle qui s'assure que la semence commercialisée est bien conforme à celle inscrite au Catalogue, le Service de Protection des Végétaux (DRAF) qui vérifie l'absence de maladies ou parasites dans les parcelles - éviter notamment de propager des mauvaises herbes (ambroisie) / insectes / champignons (mildiou) dans d'autres pays ou zones exemptes de contamination... Et comme signalé précédemment, les essais pour valider les inscriptions au Catalogue Officiel sont menés très sérieusement, dans les différentes zones de production de chaque espèce, avec des conditions pédoclimatiques différentes, en comparaison avec les standards actuels du marché, selon un protocole bien défini, le catalogue français est l'un des plus stricts et des plus réputés d'Europe.

Il y a tout un système mis en place, incluant la recherche - publique avec l'INRA, le CNRS, les Universités ou Ecoles d'ingénieurs..., ou privée avec les semenciers - les instituts techniques (Cetiom, Arvalis...) et officiels dépendant du Ministère de l'Agriculture pour valider les autorisations de mise sur le marché des semences ou les évaluer (agronomiquement, techniquement, d'un point de vue agro-industriel : qualité et composition de l'huile par exemple), les chambres d'agriculture, les Pôles de Compétitivité pour la recherche appliquée (Industrie et Agro-Ressources, chimie verte...), les coopératives agricoles, organismes stockeurs, agriculteurs et producteurs de semences, les éleveurs et sociétés de nutrition animale, les transformateurs, les industriels, les distributeurs etc... pour pouvoir produire des aliments, des matériaux isolants, des huiles végétales naturelles (oléiques, riches en Oméga 3) pour remplacer les dérivés pétrochimiques (lubrifiants, tensioactifs que vous retrouvez dans des usages quotidiens) ou les huiles hydrogénées / acides gras trans dangereux pour la santé humaine...

Et par contre oui, préserver la biodiversité est capital, toutes les espèces ne rentrent pas dans le cadre du Catalogue Officiel, donc le "combat" de Kokopelli est intéressant, mais ne tombons pas dans le cliché pour autant en vilipendant les semenciers et fonctionnaires qui ont un rôle utile !

Je ne développerai sur les OGM (trop long, vaste sujet, implications éthiques en plus de scientifiques), mais le risque n'est pas tant pour notre santé que pour l'équilibre écologique (dissémination de transgène à des espèces sauvages, contournement des résistances à des herbicides ou insectes...). Sauf que comme tout progrès, il existe et ses intérêts (notamment thérapeutiques) sont réels, alors plutôt que là aussi de rejeter cette technique en bloc, il faut l'encadrer et informer objectivement.

Il y a d'autres sujets polémiques, par exemple la récente interdiction suspensive par l'UE de traitements de semences insecticides étant co-responsables (avec d'autres raisons, comme un virus d'origine nord-américaine) de la mort des abeilles : c'est une bonne chose, même si pour l'expérimentateur ou l'agriculteur on diminue la protection des semences et leur bonne levée, car les abeilles sont absolument indispensables à la pollinisation, donc au rendement des plantes, entre autres à notre alimentation, et même à la survie de l'espèce humaine à terme.

D'autres dérives (boursières, y compris la spéculation sur les graines alimentaires, les biocarburants qui détournent certaines espèces de leur utilisation en nutrition, causant une flambée des prix dans des pays en développement) sont très néfastes également.

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Valeryan_24 a dit :

Sinon :

- Je travaille par plaisir et passion car j'ai la chance (tout le monde n'est pas dans ce cas, loin de là) de faire un métier épanouissant et que j'aime, mais aussi pour gagner ma vie, soyons honnête. Or si je ne contribue pas à rapporter de l'argent, des contrats, articles scientifiques, de la notoriété... à mon entreprise, je lui suis inutile et je n'ai plus de job. Si la recherche n'est plus rentable, moins de chercheurs et des chômeurs en plus, c'est pas plus compliqué. L'agriculture française est très compétente, mais on trouve aussi de bonnes terres en Europe de l'est, où la main d'œuvre est meilleur marché et le "piratage" (je n'aime pas ce mot) plus facile...

Bien entendu que le but de gagner de l'argent, d'avoir le plus possible de ventes et de développer notre activité, mais ce n'est pas le seul objectif, on a aussi le sentiment de (je le mets entre guillements car ça sonne un peu grandiloquent) "faire progresser la recherche végétale".

- sans vanter l'intensification à outrance, il faut bien produire pour nourrir et fournir les agro-ressources, huilières ou textiles : comment croyez-vous que les assiettes se remplissent ? Les variétés les plus productives sont issues de la sélection, ce sont celles que veulent les agriculteurs pour augmenter leur marge brute, il y a des lois à respecter.

Bref, les deux conceptions ne sont pas opposées, c'est comme pour le logiciel libre / propriétaire, la musique libre / des majors, il n'est pas question d'interdire à chacun de cultiver ce qu'il veut, mais s'ils veulent des variétés performantes et protégées, il y a un prix à payer, c'est tout et c'est la règle. De plus on parle d'alimentation, donc il y a des contraintes sanitaires à suivre.

- La recherche appliquée et la recherche fondamentale sont complémentaires, cf mon exemple sur les Pôles de Compétitivité. Les deux sont liées et ont des finalités communes, certains projets R&D que l'on a menés ont contribué à améliorer le végétal existant, donc nos semences vendues, mais aussi la connaissance scientifique (articles publiés, thèses, étudiants qui en bénéficient, et l'INRA...), on en profite aussi car on ne peut pas s'équiper en interne de tous les appareils analytiques ou de biologie moléculaire existants, on est loin du cliché "public fait de la recherche fondamentale pour la connaissance", "privé fait de l'appliquée pour le business".

Et dans le public aussi, les enseignants-chercheurs doivent rapporter des contrats avec des entreprises / des brevets / des articles, les labos ne tournent pas sans argent (achat de matériel, déjà compliqué par la législation sur les appels d'offre), employer des doctorants (d'où l'intérêt par exemple de contrats avec entreprises et bourses Cifre...), c'est ainsi ; même si le but est bien de faire progresser la science, encore une fois ce n'est pas antinomique. C'est comme la rémunération dans l'opensource, non seulement c'est compatible avec l'esprit mais c'est nécessaire.

La vocation de la recherche publique, appliquée ou fondamentale, est en effet d'abord d'utilité scientifique et collective, tout comme, c'est vrai aussi, pour une boîte privée elle est d'abord à des fins de débouché commercial ; si ensuite on peut faire profiter (sans problème de non-concurrence) la communauté par le biais de reversement - contribution upstream - sous forme d'articles, posters scientifiques, on le fait avec plaisir, mais ce n'est pas le but premier.

- Pour la protection, ben c'est identique : comme pour les logiciels ou la musique, si vous voulez du propriétaire vous acceptez les licences / CGU / contraintes / prix / Certificats d'Obtention Végétale qui vont avec, sinon pas de piratage mais se tourner vers des solutions libres ou sans redevance. Les variétés protégées des semenciers ne sont pas les seules disponibles (il y a de vieilles variétés parfaitement accessibles), par contre si on les veut (pour leur rendement et qualités...), il faut rémunérer l'obtenteur, c'est tout !

C'est un peu décousu et long mais le cœur y est !

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Anon a dit :

@Valeryan_24 :

Merci pour ce point de vue, très intéressant.

Bien sûr qu'il n'y a pas que des gros labos, et heureusement d'ailleurs.
Sans les passionnés on avancerais pas.

Le problème c'est ceux qui ont tellement de pouvoir qu'ils peuvent contourner les lois.

Monsanto et compagnie, c'est des pressions sur les agriculteurs, des tests bâclés, des contaminations de champs entier (pour ensuite faire payer la victime pour son utilisation)...


Je suis loin d'être contre le progrès, au contraire, mais ceux qui se pressent pour gagner de l'argent plus vite sont dangereux pour tout le monde.


Pour le danger sur la santé humaine, à mon avis ça ne peut pas être pire que les pesticides.
Et si on arrive a trouver une alternative parfaite aux pesticides (je suis pas pro donc je suppose que ça n'existe pas encore) on aura déjà fait un gros pas en avant...



Petite remarque pour timo :
Dans tes liens tu met une image montrant un OGM "boycotté" par les insectes.
Mais c'est justement le but, non ? Ne pas se faire bouffer les récoltes sans avoir a tuer les nuisibles a coup de produits chimiques ?
Je trouve le commentaire peu pertinent...

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Seek a dit :

@Anon :

Au contraire, il me semble que la plupart des OGM sont résistants contre l'insecticide.

Je crois que Monsanto a une espèce de maïs résistant au round-up, donc l'agriculteur achète le maïs OGM, le round-up, et en asperge encore plus ses champs sans risque de tuer son maïs... triple bénéf' pour la firme.

Trois bons docus pour approfondir :
Le monde selon Monsanto
Notre poison quotidien
Les moissons du futur

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Voluntarist a dit :

Mais… Pourquoi râler sur la « privatisation » quand Monsanto est une corporation au régime légal privilégié aux yeux de l’État et que c’est l’État qui sert de gros bras ? Monsanto profite odieusement d’un système, mais avant de râler sur les profiteurs, je trouve qu’il est relativement important de râler sur ceux qui le permettent, le perpétuent et tuent pour cela.

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BistroBarBlog a dit :

Article à lire : http://bistrobarblog.blogspot.fr/2013/05/article-lire-et-diffuser-svp.html
« La Commission Européenne va criminaliser presque toutes les semences et plantes non enregistrées auprès des gouvernements [...] C'est le souhait ultime de tous les gouvernements, bien sûr : criminaliser tout action en vue d'une autonomie et rendre la population complètement dépendante des monopoles des corporations pour sa survie. C'est vrai aussi bien aux USA que dans l'UE. Voilà ce que font les gouvernements : ils prennent le contrôle, un secteur à la fois, année après année, jusqu'à ce que vous finissiez par vivre en esclave sous un régime dictatorial mondial. »

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qwerty a dit :

Après avoir relu la tête au frais, ce sont que l'ADN des produits MONSANTO. Ouf. Rien de neuf sous le cocotier, j'avais parlé de cette dérive dans mon TPE. C'est une pratique relativement ancienne.
Un bon reportage là-dessus https://www.youtube.com/watch?v=zv-UvuNRh_Q

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Romandie a dit :

USA: Monsanto l'emporte devant la Cour suprême face à un petit fermier
WASHINGTON - La Cour suprême des Etats-Unis a sans grande surprise donné raison lundi au géant américain de l'agrochimie Monsanto, dans un litige qui l'opposait à un petit fermier de l'Indiana (nord), accusé d'avoir enfreint ses brevets dans l'utilisation des graines de soja transgéniques...
http://www.romandie.com/news/n/_USA_Monsanto_l_emporte_devant_la_Cour_supreme_face_a_un_petit_fermier49130520132030.asp

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