gnu.jpg
Je n’ai jamais bien aimé la licence GPL : elle est contraignante, pour tout ceux qui bossent sur des projets qui ne sont pas sous GPL. Cette licence est tout sauf interopérable donc.

Je le dis tout de suite : j’ai un immense respect pour Richard Stallman (père du « Libre »), et je sais très bien que s’il n’avait pas été là à temps comme il l’a été toutes les technos actuelles n’auraient jamais évoluées aussi vite et aboutir par exemple à l’Internet et le Web que nous avons (sans lui, on en serait encore au Minitel et au papier en fait) ; mais je le trouve que sa façon de décrire le « Libre » comme l’unique solution viable est trop renfermée. Fasciste, même. Ça en devient religieux, où tout ce qui est différent doit être interdit.
GNU fait la même chose : « le non-libre, cay le mal » !

Déjà, je ne trouve pas la GPL pratique (et il semble que je ne sois pas le seul), parce que je n’ai pas le droit d’en faire ce que je veux : je n’ai pas le droit d’en faire un logiciel propriétaire. Il est donc Libre mais pas libre d’utilisation (notez la majuscule). L’utilisation est peut-être libre, comme l’étude du code source et son adaptation, mais pas encore sa redistribution.

En quoi c’est un problème ? Le Libre est censé faciliter l’utilisation et le partage des bouts de codes, des scripts, des programmes et leur adaptation par tout le monde. Alors pourquoi j’ai du contacter un par un tous les créateurs de bouts de code que j’ai voulu utiliser dans mes programmes sous une licence autre chose que GPL ? Ce n’est pas simple… Surtout quand le projet est mort depuis des années, comme le lien de contact de l’auteur…

Un logiciel sous GPL interdit certaines choses : elle interdit d’en faire un logiciel non-libre. Alors certes, ça permet la survie du logiciel en question, mais ça peut rebuter certains à l’utiliser, dans le cas de projets commerciaux et fermés par exemple.

Le Libre n’est pas gratuit non plus : le prix à payer pour avoir le droit d’utiliser ou adapter un logiciel étant de fournir ses améliorations à la communauté. Ok, ça semble logique. Mais… On n’est donc pas libre de faire ce qu’on veut avec notre propre code ? Est-ce toujours aussi libre maintenant, logique ?

Je n’utilise pas la licence GPL quand je peux l’éviter.
Je préfère la licence CC-BY : tout est possible avec le programme/œuvre, à condition d’en citer le nom de l’auteur. BlogoText est en effet sous Licence CC-BY-NC qui en interdit la revente (j’autorise l’utilisation pour une application commerciale), mais la licence était déjà attachée au projet dés le départ donc bon (j’ai pu retirer la clause ND ce qui n’est pas mal déjà).

Pour mes projets perso, je préfère utiliser la licence WTF-PL. La licence, elle, est claire :

 * This piece of software is under the WTF Public Licence. 
 * Everyone is permitted to copy and distribute verbatim or modified 
 * copies of this program, under the following terms of the WFTPL :
 *
 *            DO WHAT THE FUCK YOU WANT TO PUBLIC LICENSE 
 *   TERMS AND CONDITIONS FOR COPYING, DISTRIBUTION AND MODIFICATION 
 *
 *  0. You just DO WHAT THE FUCK YOU WANT TO.

Vous faites donc ce que vous voulez avec le programme. Vous voulez la réutilisez ? la copier ? la vendre ? l’imprimer pour le brûler ? le fumer ? la manger ? Faites, c’est possible !

Ce n’est pas forcément du désintéressement ou de l’indifférence : je le considère plutôt comme une autorisation d’en faire ce qu’on veut, y compris changer la licence de son œuvre dérivée. Cela n’a pas d’importance puisque de toute façon mon code source, la première version dans la nature, elle, sera toujours là et utilisable par n’importe qui.
Je trouve qu’un licence ne doit s’appliquer qu’à l’œuvre elle-même, et qu’une fois modifiée, c’est à l’auteur des modifications de choisir sa licence, pour les modifications. La GPL va à l’encontre de ce principe précis.
On doit pouvoir être libre de choisir d’être non-libre, autrement le choix n’existe plus et la liberté non plus.

La paternité de l’œuvre, elle n’a pas besoin d’être mentionnée : elle est implicite dans l’existence même de l’œuvre.

image de David d’O

43 commentaires

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qwerty a dit :

+1. perso.le créative commons nous donne plus de choix.

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Silversthem a dit :

La licence beerware est sympa aussi ^^


Fait ce que tu veux mais si tu me croise, paye moi une Bière.

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Sbgodin a dit :

Salutations estimé codeur,

La vraie question est : aurait-on un noyau linux et les logiciels GNU s'il n'y avait pas eu quelqu'un d'inflexible ?

Déjà, je ne trouve pas la GPL pratique (et il semble que je ne sois pas le seul), parce que je n’ai pas le droit d’en faire ce que je veux : je n’ai pas le droit d’en faire un logiciel propriétaire.
Confidence pour confidence, c'est justement son but. Le cœur du problème est le renard libre dans un poulailler libre. À ce titre, les licences telles que GPL, CC interdisent la privatisation du logiciel. Imagine que quelqu'un reprenne Blogotext et le privatise. Pas de problème, tu l'acceptes. Imagine que ce soit, mettons, Microsoft/Facebook avec sa force de frappe. Pas de soucis, ils sont libres. Imagine qu'ils aient un poids tellement fort qu'ils deviennent les "leadeurs du marché", avec tous les développeurs dorénavant aux basques du mastodonte. Toujours libre, et aussi toujours propriétaire. Le projet libre est alors mort. BlogoText nécessitera un login Facebook/msn, les commentaires seront propriétés de l'éditeur. Mais oui, mais le blog est sous licence libre. Mais non, ça ne marchera plus parce que le mastodonte se sera assis sur ta face.

Alors pourquoi j’ai du contacter un par un tous les créateurs de bouts de code que j’ai voulu utiliser dans mes programmes sous une licence autre chose que GPL ?
Ce n'était donc pas un problème lié à la GPL.

Le Libre n’est pas gratuit non plus : le prix à payer pour avoir le droit d’utiliser ou adapter un logiciel étant de fournir ses améliorations à la communauté. Ok, ça semble logique. Mais… On n’est donc pas libre de faire ce qu’on veut avec notre propre code ? Est-ce toujours aussi libre maintenant, logique ?
Il n'y a pas systématiquement obligation de fournir les améliorations. Je peux parfaitement modifier du GPL sans redistribuer mes modifications. Par contre, si tu transmets le logiciel (sous forme compilée ou service dans certains cas) alors tu dois distribuer les sources.

Ce n’est pas forcément du désintéressement ou de l’indifférence : je le considère plutôt comme une autorisation d’en faire ce qu’on veut, y compris changer la licence de son œuvre dérivée. Cela n’a pas d’importance puisque de toute façon mon code source, la première version dans la nature, elle, sera toujours là et utilisable par n’importe qui.
Le renard libre dans le poulailler libre, encore. Ce n'est pas toujours adapté à la situation. C'est pour ça qu'il y a du choix.

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Cellix a dit :

Bonjour,

Tout à fait d'accord avec Sbgodin.
@Timo: Pour ce qui est de la WTF-PL, ce qui s'en rapproche le plus, c'est de le Domaine Public... Regarde ce qu'il se passe en ce moment avec le projet de numérisation de livres de la BNF par les organismes privés. On verra, dans quelques temps, si ces œuvres, pourtant à l'origine du Domaine Public, seront toujours disponibles à tout un chacun...

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Julien et Nel a dit :

Dans le cas de la WTF-PL, on peut faire n'importe quoi avec ton code. Cependant tu gardes encore le contrôle sur la version originale, mais pour ma part j'utiliserais une licence qui indique la paternité du projet. Le domaine public ce n'est pas vraiment conseillé, c'est une des pires choses à faire ... la tu fais tomber ton code sur le contrôle d'un état et libre à lui d'en faire ce qu'il veut après. Donc il vaut mieux utiliser une licence genre "CC-BY", le code reste libre ainsi d'être modifier et d'être distribuer.

Une question que je me pose juridiquement, c'est quoi qui a le plus de poids devant un juge :

- La licence ?

Ou

- Le droit d'auteur ?

En gros, si quelqu'un utilise la licence contre un auteur, l'auteur peut-il faire jouer son droit d'auteur ?

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iTux a dit :

Ton problème, ce n'est pas la GPL mais la gauche d'auteur, un concept présent dans d'autres licences.
Pour ce qui est du code, je ne trouve pas que le CC-BY soit adapté, puisqu'il faut citer tous les auteurs de tous les bouts de code, le même problème s'est posé avec les premières versions de la licence BSD. En revanche, c'est une excellente licence pour la musique et les vidéos.

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Christophe a dit :

La liberté est toujours accompagnée de contraintes. J'accepte la GPL, et même je l'utilise, justement parce que ces contraintes me garantissent que le code que j'écris ne sera pas utilisé dans un projet non libre.

Le choix existe toujours. Il n'y a pas qu'une licence.

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Le Hollandais Volant a dit :

@Sbgodin :


Confidence pour confidence, c'est justement son but.


Je sais, et c’est pour ça que je trouve ce but restrictif.


Imagine que quelqu'un reprenne Blogotext et le privatise. Pas de problème, tu l'acceptes. […] Imagine qu'ils aient un poids tellement fort qu'ils deviennent les "leadeurs du marché"[…]. Le projet libre est alors mort. BlogoText nécessitera un login Facebook/msn, les commentaires seront propriétés de l'éditeur. […]


Mais c’est déjà possible : je ne demande que ça, que mon script soient répandus partout. Il restera toujours mon projet source, mon blogotext 2.0.0.3, qui LUI sera libre (ou sous CC-BY, si tu préfère).
Le projet source, original, le projet sur lequel se serait basé Microsoft/Facebook, lui restera toujours là. Copier n’est pas voler, tu te souviens ?


Ce n'était donc pas un problème lié à la GPL.


Si le projet avec été libre de reprise sous n’importe quelle licence, je n’aurais pas perdu 6 mois à chaque fois. Les auteurs ont étés très sympas, m’ont pointé la doc ou donné des conseils, des bugs connus. Si le projet avait été de Microsoft, j’aurais sûrement pas eu la même réponse : ils n’ont pas la même philosophie vis à vis d’un code source…


Par contre, si tu transmets le logiciel (sous forme compilée ou service dans certains cas) alors tu dois distribuer les sources.


C’est ce que je veux dire : mes améliorations distribuées doivent être libres, sans que j’en ai le choix

@Cellix :


@Timo: Pour ce qui est de la WTF-PL, ce qui s'en rapproche le plus, c'est de le Domaine Public... Regarde ce qu'il se passe en ce moment avec le projet de numérisation de livres de la BNF par les organismes privés. On verra, dans quelques temps, si ces œuvres, pourtant à l'origine du Domaine Public, seront toujours disponibles à tout un chacun...



L’œuvre qui est dans le domaine public, c’est le bouquin original, son contenu, l’information qu’il contient. Sa forme numérisées, pour moi, ne l’est pas forcément.
Ce que je trouve scandaleux cependant, c’est qu’il est interdit que j’aille à la bibliothèque avec mon appareil photo, que je photographie toutes les pages et que je libère mes photos. Je ne fais que copier ce qui est dans le domaine public : interdire ça est un scandale.

Les œuvres de beethoven sont dans le domaine public depuis longtemps. Pourtant, si je fais une reprise en 2013, ma reprise ne le sera pas. Tu vois la nuances ?

LA BNF peut très bien scanner tous les bouquins et faire payer l’accés aux œuvres numérisées (après tout ça coûte cher), tant que les œuvres originales sont et restent libres d’accès et d’utilisations.
Si ça n’est pas le cas comme tu sembles le projeter, alors là ce sera une intolérable et scandaleuse privatisation d’un bien public. Mais ça ne le sera pas.

@Julien et Nel :


Dans le cas de la WTF-PL, on peut faire n'importe quoi avec ton code. Cependant tu gardes encore le contrôle sur la version originale, mais pour ma part j'utiliserais une licence qui indique la paternité du projet.


Impossible : la paternité réside avec la création de l’œuvre. Quel que soit la licence : CC, GNU, Domaine public, WTFPL, etc. la paternité existera. C’est logique : une œuvre (ou un code) ne peut pas sortir de nul part.
Il faut et il suffit que le vrai auteur soit en mesure de prouver sa paternité (par exemple avec une enveloppe datée et scellée contenant un CD/clé/carte SD avec le projet dessus). La date faisant alors office de preuve comme quoi ma version à moi est antérieur à la reprise de l’autre personne.

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flop25 a dit :

+10 000 pour Sbgodin
Sinon, sans rentrer dans un débat d'arguments etc comme l'a très bien fait Sbgodin, cet article me donne l'impression d'avoir été rédigé par un gentil bisounours qui va refaire les mêmes erreurs que ces prédécesseurs car le monde n'est pas à son image

Et je passerai aussi sur la clause Non Commerciale méga floue et complètement inadaptée

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Sbgodin a dit :

@Le Hollandais Volant :

Mais c’est déjà possible : je ne demande que ça, que mon script soient répandus partout. Il restera toujours mon projet source, mon blogotext 2.0.0.3, qui LUI sera libre (ou sous CC-BY, si tu préfère).
Le projet source, original, le projet sur lequel se serait basé Microsoft/Facebook, lui restera toujours là. Copier n’est pas voler, tu te souviens ?

J'espère que Blogotext en sera a plus que 2.0.0.3 ;-) Et il est en CC-BY-NC. Je vais continuer le scénario. Le méchant a privatisé le projet. Même pas mal. Le méchant fait mieux que toi. Même pas mal, ah tiens, les contributeurs s'en vont un peu là-bas. Le méchant corrige une faille de conception, le truc bien velu et compliqué. Oups, il va falloir que je bosse dur. Le méchant mène une campagne contre toi, ou bien un fanboy, ou bien quelqu'un qui trouve que tu fous rien. Hé, les gens, revenez ! Mon truc est libre.

Mouais, c'est libre mais tout pourri par rapport à celui du méchant. En plus, toutes tes contributions seraient absorbées par le méchant sans retour. Alors on aura le choix entre la version business-corporate-lead-architect en full premium ou la version libre (**tousse**) mais à vos risques et périls, soyons sérieux deux minutes madame.

Avec tout ça tu seras encore debout ? Tu en serais bien capable. C'est, à mon avis, la philosophie qui sous-tend la BSD. Le seul soucis c'est que tes utilisateurs se retrouveront à la rue : soit la merde proprio déloyale mais qui marche, soit la version libre qui marchôte.


Un détail : attention à la paternité et aux droits moraux. C'est un droit inaliénable en France. Pas aux États-Unis. Ça se vend. Comme l'illustre la CC0, il n'est pas possible de placer une œuvre en domaine public, au sens strict, en France.

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Julien et Nel a dit :

@Le Hollandais Volant :

Le droit de paternité n'est pas le même dans tous les pays.

Si il l'est automatiquement en France, ce n'est pas forcément le cas pour tous les pays.

Sinon à quoi servirait le "By" de la CC ?

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Le Hollandais Volant a dit :

@Sbgodin : C’est oublier que blogotext est d’abord et avant tout un projet perso dont je me sert moi même. C’est bien pour ça que je ne met pas en place un système de vote pour les fonctionnalités, mais je décide moi même celle que j’intègre et celle que je refuse… Je n’ai pas peur de la concurence, car je n’en ai pas (j’ai déjà soumis des patchs, idées, bugs à l’équipe de PluXML par exemple). Mon but c’est juste de rendre le web meilleur, et c’est pas en ajoutant des clauses supplémentaires à mes produits que je vais y arriver : ça n’empêchera personne de violer la licence de toute façon et j’ai autre chose à faire que de trainer les gens en justice pour ça. Je préfère coder.
(tout comme VLC, Gimp, LibreOffice ont autre chose à foutre que de poursuivre toutes les versions vérolés et bourrées de virus qui circulent…)

Je bossais dessus bien avant que je fasse une page de téléchargement, et c’est quand on m’a demandé où j’avais retrouvé l’archive originale que j’ai décidé de le proposer, avec les patchs qui allaient bien à l’époque.

Tant que je l’utiliserais moi même je suis sûr que je bosserais dessus. Après je ne garantirais rien du tout et je pourrais le laisser tomber comme j’ai laissé tombé BT version 1.

Après, ça veut pas dire que je ne suis pas reconnaissant des bugs qu’on me remonte : tout le monde y gagne à ce que je corrige une faille, que ce soit moi ou les autres.

Oui, je sais pour la CC0, c’est bien ce qui m’avait fait sourir la dernière fois aussi…

@Julien et Nel : c’est pas faux, mais si tu lis la licence complète de la CC, tu verra qu’elle ne remplace pas les lois et droits de chaque pays, mais s’y soumet.

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Vincent a dit :

La pour le coup gros -1 de ma part.
Oser dire que ça n'est pas si libre parce qu'on ne peut pas le fermer et gagner de l'argent dessus me semble complètement aberrant. Ce que tu nous sort là (après je peux me tromper) est un discours de capitaliste, il faut dire aussi que la GNU GPL n'a pas vocation à soutenir le capitalisme et l'économie du logiciel propriétaire. Imagine si quelqu'un fait un logiciel libre mais décide de le rendre propriétaire ça serait dangereux pour les utilisateurs qui auront dans le moins pire des cas le droit d'utiliser un logiciel non mis à jour s'il n'est plus maintenu ou au pire une attaque au justice de la part du développeur. Ce discours que tu tiens la me rappelle l'article sur les publicités avec Free, j'apprécie beaucoup tes articles mais j'ai clairement pas du tout les même idées vis à vis de la société capitaliste que toi. Pour moi gagner de l'argent ne devrait pas être la finalité d'un être humain, il devrait juste se contenter d'un niveau de vie correcte mais simple plutôt que d’amasser des profits sur le dos des autres. Ce n'est pas un reproche que je te fais mais juste une remarque expliquant pourquoi on est pas d'accord à moins que tu es une autre explication à me donner. Je suis ouvert à toute réponse.

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karchnu a dit :

Je suis ton blog depuis peu, et là j'avoue que c'est le premier article sur lequel je tombe et où je suis pas du tout d'accord avec toi.

J'ai le même avis que Sbgodin.

Pour rappel, le but de la GPL, ce n'est pas tant de protéger le code et le projet, mais avant tout ses utilisateurs.

Si le projet devient privateur du jour au lendemain, on n'aura pas fait notre travail de protection des utilisateurs. La GPL prend alors tout son sens.

Si on s'en fiche, on a toujours la licence BSD et WTF.

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Le Hollandais Volant a dit :

@Vincent :


Ce que tu nous sort là (après je peux me tromper) est un discours de capitaliste.


Un capitaliste n’utiliserait pas une licence encore plus libre que la GPL.


Pour moi gagner de l'argent ne devrait pas être la finalité d'un être humain


Pour moi non plus, hein.
Mais tout le monde n’adhère pas à cette vision, et interdire une vision opposée n’est pas mieux que d’imposer la dictature…

La liberté, c’est de laisser les autres faire ce qu’ils veulent mais si ce n’est pas ce qu’on voudrait nous même.

@karchnu :


Si le projet devient privateur du jour au lendemain, on n'aura pas fait notre travail de protection des utilisateurs. La GPL prend alors tout son sens.



Un projet libre un jour ne peut pas devenir privateur le lendemain. La copie libre restera toujours libre quoi qu’il arrive.
Au pire, on n’aura plus les mises à jours, mais c’est tout.

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Sbgodin a dit :

J'ai une question bête. La réponse me semble si évidente que je dois forcément me tromper quelque part. La licence CC-BY-NC n'a pas la clause SA (Share Alike). Donc, pas de clause virale comme la GPL. Ça veut donc dire que je peux créer une œuvre dérivée et ne pas la publier sous cette licence. Par exemple, je peux privatiser ou GPL-iser l'œuvre dérivée. Où est l'erreur ?

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Le Hollandais Volant a dit :

@Sbgodin : l’erreur est que la CC-BY-NC n’autorise pas l’utilisation commerciale et oblige la mention de l’auteur.

La GPL étant plus ouverte sur ces deux points (ne forcant pas des deux choses) elle n’est pas compatible.

Tu peux néanmoins faire une œuvre dérivée sous GPL avec deux clauses supplémentaires : mention de l’auteur et interdire l’usage commercial.

Une œuvre en CC-BY peut ainsi très bien se retrouver dans un projet payant/fermé/proprio.

Dans le cas des CC, tu peux rendre CC-BY-NC une œuvre dérivée basée sur une originale en CC-BY, l’une englobant l’autre.

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Julien et Nel a dit :

Sinon ça me fait penser qu'il faudra que je rédige la version complète pour la /LLDGP1.

Dans mon cas, j'interdis le changement de licence et l’accès au code doit rester gratuit. Cependant, les personnes peuvent utiliser commercialement le script : Faire un blog commercial ou utiliser des publicités. Mais quelque soit la licence, c'est la loi du pays qui prévaut sur la licence. Si on oubli d'utiliser le "BT" en France, il n'y a pas de soucis.

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Sylvhem a dit :

Il me semble qu'utiliser une licence Creative Commons pour diffuser est une TRÈS mauvaise. Cette licence n'a en aucun cas été pensée pour la diffusion de logiciel mais pour la diffusion d’œuvres de l'esprit plus classiques comme les textes, les images, etc (comme la GNU GFDL d'ailleurs). Je crois me souvenir que ça peut poser des problèmes à l'utilisation. Je m'étais d'ailleurs toujours demandé pourquoi Blogotext était sous une licence si inappropriée, j'ai maintenant la réponse ;).
Si tu veux utiliser quelque chose de moins restrictif que la GPL, je te conseil plutôt de te tourner vers une licence à copyleft à effet non viral comme la MPL ou carrément vers une licence non-copyleft comme la GNU LGPL ou la BSD.

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Sbgodin a dit :

@Le Hollandais Volant : +1 pour BSDv2

Pour revenir à la CC-BY-NC, elle ne comporte pas la Share Alike. Ça veut donc dire que l'œuvre dérivée peut être licenciée autrement, non ?

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Julien et Nel a dit :

@Sbgodin :

Ceci dépend des pays, mais effectivement si on ne met pas le sa ... ça permet de changer la licence sur la version forkée.

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Pouhiou a dit :

Je ne code pas, mais pour mes romans (et mes pièces de théâtre) j'utilise la CC0.
Je suis du genre à croire que quand je publie mes histoires (créer du code ressemble foutrement à créer une histoire, pour ce que j'ai pu en parler avec des amis dev) alors je lâche le contrôle sur elles. Cela ne m'empêche pas de les commercialiser, ni de diriger certains projets qui se font avec. Mais si d'autres font mieux, privatisent, commercialisent : c'est qu'ils ont trouvé une manière de le faire. In fine, ça ne peut pas nuire à ces histoires.
J'ai aussi beaucoup ce que dit Nina Paley, qui fait avec la CC0 un "voeu de non violence légale".
Elle est prête à se battre pour la reconnaissance de la maternité d'une oeuvre et contre les enclosures... mais ces armes-là "légales" sont sales. L'article est passionnant : http://www.framablog.org/index.php/post/2013/01/21/Nina-choisit-la-CC0
Et merci de ton article qui a su créer débat dans les commentaires ;)

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pierreghz a dit :

> Un capitaliste n’utiliserait pas une licence encore plus libre que la GPL.

Et si… Darwin, qu’est-ce ? Le stack TCP/IP de Windows 95 ? Tout code sous licence BSD décent attire les programmeurs qui ont autre chose à faire que de constamment réinventer la roue, comme vous l’écrivez si bien.

Les capitalistes adorent les licences qui n’imposent pas de restrictions, qu’ils en fassent bon usage ou non, c’est laissé à l’appréciation du consommateur, mais ça n’a pas l’air de déranger le consommateur moyen que du logiciel open-source se retrouve dans un logiciel propriétaire.

C’est amusant, on a choisi le même jour pour vanter les mérites du domaine public…

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Le Hollandais Volant a dit :

@pierreghz :


le consommateur moyen que du logiciel open-source se retrouve dans un logiciel propriétaire.



Le consommateur moyen s’en fiche effectivement…
Et c’est là l’actuel boulot de Stallman : sensibiliser les gens…

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Erik a dit :

Il est donc Libre mais pas libre d’utilisation (notez la majuscule).

Précisément. La liberté du logiciel et la liberté du développeur sont des principes antagonistes. Pas systématiquement exclusifs, puisque souvent les développeurs sont contents d'utiliser la licence qu'ils utilisent. Mais par essence, la liberté du code et la liberté du développeur ne sont pas confondues. C'est la racine du problème que Sbgodin appelle le renard dans le poulailler et c'est un problème connu depuis longtemps qui opposait la GPL à la BSD.

Si ton projet offre la liberté au développeur, celui-ci peut avoir une bonne idée, une idée essentielle au futur de ton projet et la breveter. Ce faisant, il peut privatiser/propriétariser SA version de ton projet et condamner ton projet à décliner car il t'empêche (par brevet) de mettre en oeuvre une fonctionnalité similaire dans ton projet libre. Du coup, la liberté du développeur a prévalu, et la liberté de ton code est morte. Pour les gens qui s'intéressent un peu à la philosophie et à la politique, c'est identique aux notions de démocratie et de dictature (d'autoritarisme, en fait, mais je trouve que "dictature" claque mieux). La démocratie est comme la liberté du développeur : elle porte en elle la potentialité de dégénérer en dictature. A l'inverse, une dictature est rigide mais pour peu qu'il y ait des bienfaits à apprécier dans la dictature (il y a quand même de belles choses qui sont sorties de la GPL), elle garantit la pérennité et la stabilité du système.

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Baronsed a dit :

C'est simplement une histoire de cohérence.

Par exemple, la plupart des gens aujourd'hui sont tolérants (relativement à autrefois...). Tu es pour la tolérance des opinions ? Alors tu peux vivre avec des gens ayant des avis différents, sans en faire grand cas. Toutes les opinions sont permises, donc... sauf précisément celles qui consistent à s'imposer par la force (et dont l'acceptation, la mise en œuvre, conduiraient à une négation de la tolérance - contradictoire donc) !


La GPL a bien intégré ce principe.
On voit bien que le logiciel propriétaire est dangereux pour les libertés (je ne pense pas qu'il soit la peine de m'étendre ici ; les exemples ne manquent pas : Kindle, Mac, etc.).
C'est pourquoi, avec du code sous GPL, on peut faire tout ce qu'on veut. Absolument tout, même un usage commercial... sauf précisément l'utiliser pour prendre la liberté de quelqu'un d'autre !


Reprenons le raisonnement de base : quelqu'un publie un code sous GPL. Tout le monde dispose alors des 4 libertés fondamentales. Celui qui connaît peu ou pas le logiciel libre s'inquiète alors de l'hypothèse qu'une entreprise puisse reprendre le projet et, je cite, "se faire de l'argent sur son dos".
Sauf qu'en pareil cas, avec la GPL, les améliorations, adaptations et corrections seront redistribuées sous cette même licence... bénéficiant récursivement, si je puis dire, à tout le monde.
C'est ainsi que se créent les dynamiques autour du logiciel libre. Le risque d'abus commercial est compensé par la clause copyleft (1).



Réfléchis à cela :
- avec du copyleft, les logiciels propriétaires doivent bien souvent réécrire du code - par construction. Ils ne bénéficient donc que de leur code, et pas des avantages des logiciels libres.
- sans copyleft, ils disposeraient d'une vaste banque de code dans laquelle piocher sans restriction, leur facilitant la mise en place de systèmes restreignant les libertés.


Il y a néanmoins des cas ou les licences permissives envers le propriétaire sont plus adaptées que les copyleft : standards, protocoles, formats et normes en tous genres. Ils doivent pouvoir être implémentés par tout le monde. Prenons le cas du PNG : tout le monde, libres ou microsoft, à intérêt à ce que la visionneuse d'image windows puisse lire le PNG.



"Le Libre est censé faciliter l’utilisation et le partage des bouts de codes"
Ça, ce serait plutôot l'open source. Le but final du libre est de rendre la liberté à l'utilisateur.


Quoi qu'il en soit, je crois qu'il y a une forte incompréhension entre toi et bien des lecteurs. Je n'aurais jamais cru lire ça ici :


Un logiciel sous GPL interdit certaines choses : elle interdit d’en faire un logiciel non-libre. Alors certes, ça permet la survie du logiciel en question, mais ça peut rebuter certains à l’utiliser, dans le cas de projets commerciaux et fermés par exemple."
Sérieusement, j'ai eu mal de lire ça : si tu trouves normal ces logiciels et les abus qu'ils propagent (et oui, c'est quasi-intrinsèque à leur nature propriétaire)...




Enfin, ce serait bien de ne pas employer des termes complètement inappropriés ("fasciste" -> sérieusement ?! 00). Entre ceux qui font de la censure, de la propagande, de la corruption et tuent l'art à petit feu, et nous, c'est qui les "fascistes", exactement ?
Développer, avec force rigueur et réflexion, une philosophie, et s'y tenir tant qu'on ne l'a pas prouvée fausse ou contradictoire, on appelle ça de l'intransigeance. Dans le cas contraire, je pense qu'on se ferait taxer de rigolos, non ?


(1) : c'est d'ailleurs relativement à ce point que toi et Julien-et-Nel laissez une clause NC sur vos CMS. On en a déjà discuté, mais c'est bien dommage, car vous condamnez d'office une grande partie de cette dynamique. Des tas de logiciels libres sont faits en entreprise.

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Sbgodin a dit :

@Baronsed : La NonCommercial sur Blogotext, c'est historique. Timo a repris un code existant, contacté son auteur et obtenu l'autorisation de reprendre la suite. Notre estimé hôte serait plutôt d'avis de faire du BSD, qui n'a pas la clause virale de la GPL.

Voici le texte de licence de la version 0, telle que reprise à l'origine par Timo :


# BlogoText is free software, you can redistribute it under the terms of the
# Creative Commons Attribution-NonCommercial-NoDerivs 2.0 France Licence

Il a ensuite retiré le ND à partir de la version 28 :


# BlogoText is free software, you can redistribute it under the terms of the
# Creative Commons Attribution-NonCommercial 2.0 France Licence

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MarianneH a dit :

Merci Baronsed (et merci aussi SBgodin). C'est exactement ce que je pense, et mieux écrit que ce que j'aurais pu faire.
Timo, tu déconnes sur ce coup. Stallman est un jusqu'au boutiste (le terme fasciste dépassait évidemment ta pensée) ? mais toi, avec ce slogan soixante-huitard selon lequel il est interdit d'interdire, tu es aussi extrémiste dans ton genre. Tout nu contre les tanks ? c'est beau et courageux, et c'est en plus le meilleur moyen de se faire exterminer. C'est sûr qu'avec une philosophie pareille, le Libre ne risque pas de survivre longtemps.
Mais 100 ans plus tard, on se souviendra enfin de l'inventeur génial, et on le célébrera même dans une fiction...

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Le Hollandais Volant a dit :


C'est sûr qu'avec une philosophie pareille, le Libre ne risque pas de survivre longtemps.


Je ne me bats pas uniquement pour le Libre, mais pour un web meilleur.
Pour tous. Qu’ils soient libristes ou pas.

Récement j’ai répondu à un commentaire qui disait « ce n’est pas militer pour libre que d’aider un ami à décrasser Windows ». J’ai répondu qu’en effet, non, ce n’est pas militer pour le libre, mais c’est être un ami qui donne un coup de main.
(oui j’ai déjà eu à fait à des gens sur les forums de Débian qui se foutent de toi quand tu demandes de l’aide pour installer les lib MP3 ou un navigateur norvégien qui est — sacrilège — "non libre".


avec ce slogan soixante-huitard selon lequel il est interdit d'interdire


Je n’interdit pas d’interdire : mais je reproche juste de dire quelque chose de "libre" quelque chose qui ne l’est pas selon ma définition. La GPL m’a posé pas mal de problèmes, comme si elle n’avait pas été là en fait (c’est mon problème, vous me direz), et du coup une partie des libs "libres" ont dû être forquées par moi même (oui c’est le problème de ma licence).

Un autre exemple : personne ne demande à ce que Windows soit retiré des ordinateurs en magasin (#venteLiée). Ce que tout le monde demande, c’est la possibilité d’avoir l’ordinateur SANS Windows, ou un remboursement honnête et sans histoires. D’une part parce que c’est illégal de vendre Windows+ordinateur ensemble (du moins, la façon dont c’est fait est illégale) et d’autre part parce que je ne veux pas payer des trucs en trop pour rien.

Y’a quand même un différence, et c’est la même différence que je veux soulever dans mon article : non un logiciel Libre n’est pas un logiciel avec lequel on peut tout faire, on est pas libre de tout, comme le dit Stallman

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tester a dit :

Sur par exemple le modèle de la GNU GPL, tu élabores ta propres licence en y incluant les clauses de ton choix, tu l'appelles "licence timo" et si ya contestation, c'est le juge qui tranchera...aucune des licences citées n'est universellement reconnues de toutes façons.

ps : ce qui serait drôle c'est que tu fasses attaquer ensuite pour avoir plagié une GNU GPL...

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Le Hollandais Volant a dit :


ps : ce qui serait drôle c'est que tu fasses attaquer ensuite pour avoir plagié une GNU GPL.



Sérieux, c’est possible ça ?

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Sbgodin a dit :

@Le Hollandais Volant : Seulement si on se revendique de la GPL. Si on en fait un dérivé bien clair, ça passe.

D'après Wikipedia :


La FSF autorise la création de nouvelles licences basées sur la GPL, tant que les licences dérivées n'utilisent pas le début de la GPL sans permission.

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tester a dit :

Et le début, il se termine où ? A la fin du paragraphe 17 ? :)

Fais ce que je dis mais surtout pas ce que je fais...

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Sbgodin a dit :

@tester : C'est dans la ligne droite de l'esprit de la GPL : empêcher le renard libre de mordre. Si la GPL était librement copiable, plagiable, imitable, que se passerait-il ? Des margoulins diraient qu'ils utilisent la GPL, mais auraient changé un mot ou deux pour piéger ensuite les utilisateurs.

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tester a dit :

sauf si on la nomme clairement "licence timo, version modifiée de la GNU GPL". Et puis que je sache, tout le monde est censé lire avant d'accepter non ?

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tester a dit :

Et encore, "version modifiée de la GNU GPL" devrait même être facultattif...

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tester a dit :

Je te pose une question : doit-on garder le début, tout ou rien d'un code opensource sous licence GNU GPL par peur qu'un bug, qu'une backdoor peut s'imisser à l'intérieur ?

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Sbgodin a dit :

@tester : Si tu ne gardes que le début d'un code sous GPL, tu risques d'avoir une surprise à l'utilisation ;-) Ensuite, tant qu'on a accès au code source on peut vérifier. Par contre, il faut avoir confiance en ceux qui mettent à disposition les binaires.

Quand à être censé lire les contrats avant d'accepter, ce n'est presque jamais fait en pratique. Les poules libres ne savent pas lire, le renard libre, si. Et puis, va faire un diff du texte de la licence (GPL) après chaque mise à jour.

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sir.chamallow a dit :

C'est d'ailleurs ce qui différencie Linus Torvalds et Richard Stallman. C'est exactement sur ce point timo.

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