En discutant avec des collégiens, j’en suis arrivé à parler des cours et des programmes, dont évidemment les TP de sciences.
J’ai été littéralement outré de savoir que certains n’en avaient pratiquement plus.

Peut-être imaginez-vous que faire de la science peut se faire avec juste une calculatrice, un crayon et un papier, mais non. Les sciences physiques, comme la peinture, la biologie ou les langues doivent venir avec la pratique.
Vous imaginez, vous, un cours de sport sans faire sport, uniquement avec un prof qui dicte les règles du jeu et les élèves qui copient ? Avec ça ils sont censés devenir des sportifs de haut niveau. Désolé, mais ça ne marche pas comme ça.
Et ben ce qu’ils font en physique, c’est exactement la même chose. La physique est une science expérimentale, et bordel, le programme de collège est pourtant assez simple à porter en TP : loi d’Ohm, réfraction de la lumière, dissection d’une lampe, combustion du charbon, Sérieux ! Je comprend qu’on n’utilise pas des spectroscopes à infra-rouge de 35'000€ au collège, mais le reste… J’ai eu la chance d’avoir pu manipuler le bec bunsen. Actuellement c’est interdit car trop dangereux. Merde, c’est moins dangereux que votre gazinère à la maison.

Je remarque que mon indignation rejoint un peu celle des auteurs de ces vidéos : Problems with High School Physics Open Letter to the President: Physics Education, qui dénoncent une baisse générale des niveaux de sciences et surtout l’arrêt du programme à la physique classique, laissant au passage de côté toute les découvertes faites les 150 dernières années, donc les découvertes qui ont actuellement le plus d’applications…

Fuuuuuuuuuuu.

Pour compléter, je me permet ici de comparer les explications sur l’une des premières relations mathématiques mises sur un problème physique apprise au collège, la Loi d’Ohm.
La première explication est celle donnée par un manuel de physique de collège datant de 2008, la seconde est issue d’un bouquin cent ans plus vieux, sorti en 1908 et à destination des candidats de ce qui deviendra plus tard l’ENSAM (école nationale supérieure des arts et métiers), donc a un niveau bien plus élevé que le collège.

Extrait d’un manuel de Collège actuel :

La loi d’Ohm

Dans un circuit électrique, si l’on modifie la tension du générateur, l’intensité du courant varie aussi. Tension et intensité sont des grandeurs bien distinctes mais clairement liées l’une à l’autre.
Nous savons aussi que la résistance des dipôles régule l’intensité du courant.
Existe-t-il une relation mathématique simple entre tension, résistance et intensité ?

1 Caractéristique d’un dipôle
Observations et interprétation : on réalise le montage (fig1 [ndla : résistor+voltmètre, générateur, ampèremètre en série]) et on fait varier la tension du générateur.
On trace le graphique (fig2 [ndla : on voit une droit passant par l’origine]) en reportant les valeurs de la tension U en ordonnée et celles de l’intensité en abscisses.
Le voltmètre mesure la tension U au bornes du dipôle. L’ampèremètre mesure l’intensité I qui la traverse.

Conclusion : La caractéristique d’un dipôle est le graphique représentant les variations de la tension U entre ses bornes en fonction de l’intensité I du courant qui la traverse.
Dans le cas d’un résistor, la caractéristique est une droite qui passe par l’origine.

2 La loi d’Ohm
Observations et interprétation : on trace les caractéristiques des trois résistors à partir des résultats de mesure (fig3 [ndla : trois tableaux de mesures de U, I et U/I pour trois résistors différents]). Ce sont des droites qui passent par l’origine (fig4 [ndla : les 3 caractéristiques sont tracées]) : les variations de U et de I sont donc proportionnelles.
Dans les trois cas, le quotient U/I est pratiquement constant et égal à la valeur de la résistance.

On peut donc écrire U/I = R ; ou encore U = R × I : c’est la loi d’Ohm.

Conclusion : Énoncé de la loi d’Ohm : la tension U aux bornes d’un dipôle ohmique de résistance R et l’intensité I du courant qui la traverse vérifient la formule U = R × I.
Avec U en volt (V), R en ohm (Ω), I en Ampère (A).


Extrait d’un texte datant d’un siècle :

c. Résistance. — Tous les métaux ne se laissent pas également traverser par le courant électrique ; ainsi, des fils de même section droite, mais de densités différentes, ne laissent pas passer la même quantité d’électricité, dans le même temps, à travers leur section droite : on dit qu’ils sont inégalement conducteurs. ou inégalement résistants au passage du courant. L’unité pratique de résistance est l’ohm (du nom du physicien qui a étudié les résistances des conducteurs) : c’est la résistance opposée au passage du courant par une colonne de mercure de 106 centimètres de long et de 1 millimètre carré de section droire, à la température de 0° ; ou la résistance d’un fil de cuivre rouge électrolytique de 48 mètres de long et de 1 millimètre de diamètre. On la désigne par la lettre R dans les formules.

Formule d’Ohm (Relation entre les constantes du courant [ndla : les constantes du courant sont définies un peu avant, ce sont l’intensité, la force électromotrice et la résistance]). — Le physicien allemand Ohm a trouvé, par l’expérience, la relation qui lie les trois constantes du courant qui circule dans un fil donné. — Elles est exprimée par la formule suivante : I=E/R, dite formule d’Ohm.

Résistance. — La résistance R d’un fil conducteur peut être donnée par la formule R=rl/s ; dans laquelle l est la longueur, s la section droite du fil et r une constante qui dépend de la nature du fil.
Quand : l=1, et s=1, on a r=R : c’est la résistance d’un fil de longueur et de section droite égales à l’unité : on donne à r le nom de résistance spécifique du fil ; l est exprimée généralement en mètres et s en millimètres carrés.
L’expérience montre que la résistance spécifique r varie d’un métal à l’autre ; elle est plus grande pour les alliages que pour les métaux purs.


Outre les différences dans les mots employés, je trouve le bouquin actuel trop simplifié. Il est peut-être assorti de graphiques et de tableaux, mais les explications manquent cruellement.
Le bouquin actuel limite la résistance comme un quotient arbitraire de la tension divisé par l’intensité, un truc de math sorti du non-être.
Le vieux livre n’a peut-être pas de tableaux et de graphiques pour cet exemple, mais au moins il explique d’où sort la loi d’Ohm et ce qu’elle représente vraiment : une relation entre des grandeurs, et non pas le résultat d’un calcul.
En plus, je trouvent très clair la définition pratique de la résistance électrique : « Tous les métaux ne se laissent pas également traverser par le courant électrique ; on dit qu’ils sont inégalement résistants au passage du courant »


Et un grand merci à P’tit Louis, pour m’avoir scané et envoyé les pages de son bouquin de physique :-)

50 commentaires

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Pigrou a dit :

trop dangereux, trop cher, pas assez "swag"...

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Louson a dit :

Ça me rappelle un mec, il y a 150 ans, qui pleurait parce qu'on apprenait pas à utiliser un marteau à l'école.

merde.

Comparer un manuel de collège à un livre pour étudiants, c'est un peu comparer un manuel Lego à un livre d'architecture. Dans le manuel, tu apprends à t'amuser, sans comprendre la mécanique.

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Le Hollandais Volant a dit :

@Louson : mais c’est ça le délire : quand le manuel pour étudiants et plus simple que le bouquin collège. Y’a quand même un soucis, non ?

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nucl3arsnake a dit :

Me rappel que j'ai déménager en plein 5eme, mon ancien collège avais les bec bunsen et le nouveau kedal ... ca choque du coup ><

Par contre dans mon BEP j'ai eu la définitio vielle de 100 ans, ca veux dire que mes profs ont jamais actualisé leur cours :o !

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SantaMonica a dit :

Je suis assez nul en physique donc je ne suis pas une référence, mais je trouve le second texte bien plus clair. On comprend de quoi il est question "dans la vraie vie" tandis que le premier texte est trop abstrait, ce n'est qu'une suite de mots compliqués, d'unités et de formules.
Et quand on est nul en physique, les mots compliqués, les unités et les formules on y comprend rien, ça ne veut rien dire ! Alors que quand on lit : "Tous les métaux ne se laissent pas également traverser par le courant électrique ; on dit qu’ils sont inégalement résistants au passage du courant", tout de suite c'est bien plus concret, et on peut ensuite comprendre plus facilement ce que signifient les unités, les formules et les mots compliqués. Le cerveau est préparé, il comprend à quoi il a affaire.

Enfin bref, je crois que j'aurais été meilleur en physique avec des cours ressemblant au second texte...

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jordan a dit :

Je confirme, même si mes années collège sont loin derrière moi, je n'y ai jamais fait de vrais TP (à part la pile et l’ampoule ou bien le cheveu au microscope). Heureusement qu'à l'époque existait encore des émissions TV scientifiques pour les jeunes...
Même en filière technologique par la suite, nous avons beaucoup plus manipulé en TP (Merci aux profs passionnés par leur métier depuis des années (les vieux de la vieille comme on dit !) et qui se foutent de ce que peut dire l'éducation nationale d'aujourd'hui).

A trop se poser des questions sur comment (trop bien ?) faire, on en oublie le fondamental : le contenu.

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sil a dit :

La plupart des hommes politiques américains sont diplômes en droit, en management ou en business. Les dirigeants français sortent de science-po, l'ENA, HEC, ou sont avocats comme N. Sarkozy.

Il est donc normal que les programmes scientifiques a l’école s'appauvrissent.

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TD a dit :

Peut-on avoir les références du livre (auteur, titre, éditeur et année de publication) ?

J'avoue, même avec ma licence de physique, je préfère la deuxième définition. Après la lecture de la première, je n'ai absolument pas compris, alors que l'autre est parfaitement claire. Le seul détail à adapter au enfants serait de remplacer le terme « section droite ».

Par contre, le manuel de collège se rapproche plus de la méthode expérimentale : on fait un montage et on voit ce qui se passe, et ensuite on interprète. Le problème, c'est que c'est adapté aux TP dans le supérieur où on a le temps d'aller faire du tableur et sortir une loi d'évolution mais pas à 12 ans pour retrouver la loi d'Ohm.

Pour Timo : je possède un livre d'électricité (Électricité expérimentale et pratique, de H. Leblond, chez Berger-Levrault, 1889), qui est destiné à l'école des officiers torpilleurs (mais mon exemplaire a été acheté par une université, il y a le tampon). Je pourrais te donner des passages si ça t'intéresse (et que j'arrive à faire reconnaître mon scanner par Archlinux).

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Briced a dit :

essentiellement pour ça que j ai préféré aller en série ES, j'aime bien la svt, les physiques chimie, mais les cours actuellement consistent à bouffer des livres sans réfléchir.

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Briced a dit :

essentiellement pour ça que j ai préféré aller en série ES, j'aime bien la svt, les physiques chimie, mais les cours actuellement consistent à bouffer des livres sans réfléchir.

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stooff a dit :

A croire que l'éducation est au centre de décisions plus grande que nous, décisions qui tendraient à nous mettre à l'écart du savoir et donc de la compréhension ?

Il faut de tout, mais si tout le monde est cultivé et émancipé ... qui voudra se laisser dicter sa politique intérieur ou extérieur, par là même, qui voudra aller faire la guerre contre un peuple au nom d'un acte dont nous n'ignorions rien ?

C'est un débat largement au centre d'une autre réflexion de société, à savoir le revenu minimum et inconditionnel (non dépendant de son activité mais comme droit universel et inaliénable).

La libération de l'homme et du savoir par la libération de son revenu et donc de ses choix à se cultiver hors de l'élitisme sociétal que nous vivons avec ou sans conscience. A méditer...

J'y vais peut être un peu fort là, je sors.

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calibhaan a dit :

Perso au collège j'étais le pire élève que peux avoir un prof... Assez clown pour faire rire les autres, mais pas assez pour se faire jeter :)
Pourquoi? ben il fallait bien faire quelque chose en cours. Je suis de ceux qui n'apprennent pas, mais qui comprennent. Je n'ai jamais réussi à retenir et appliquer Thalès, car je n'ai jamais compris la logique de ce théorème et surtout on a pas voulu "perdre du temps" à l'expliquer.
Par contre je suis passé par un BAC STI ou on te faisait comprendre pourquoi tu met pas les 2 doigts dans la prise, puis par un BTS ou on t'explique comment créer de l'automatisation et enfin une école d'ingé ou tu met en pratique ce que tu imagine...
Par contre, j'ai passé mon BAC en 2004, une connaissance l'a passé en 2008, même lycée même prof même section. Son BAC était d'un niveau moindre à celui que l'on avait passé, ils n'avaient pas vu certains chapitre d’électrotechnique car ce n’était plus au programme...

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e20100633 a dit :

zOMG! Lire "bec bunsen" dans un billet du Hollandais Volant ! C'est choquant ! Bunsen n'a rien à voir avec ce bec sinon qu'il l'a volé à son assistant en s'attribuant tout le mérite ; et je suis sûr que tu le sais :0 Pourquoi continuer à colporter cette infamie :P ?

Sinon très sympas cette petite comparaison entre un manuel de physique actuel et ancien. Je m'étais déjà fait ce genre de remarque en comparant des exercices trouvés dans des manuels de maths d'il y a 50/60 ans avec des exercices trouvés dans des manuels modernes...

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Le Hollandais Volant a dit :

@TD : le terme "section droite" pourait être remplacée par "diamètre du fil" quand on parle des dimensions du fil « de même section droite » équivaut à « de même diamètre ».

Après, parlant d’une surface, je vois pas comment définir ce terme autrement : il ne faut pas rendre ambigüe la surface du fil (les bords) et la surface "section droite".

Concernant les références :
– Auteur : Hector Pécheux
– titre « Éléments de Physique et de Chimie à l’usage des Candidats aux Écoles Nationnales d’Arts-et-Métiers
– Imprimerie Paul Brodard ; Librairie Ch. Delagrave, Paris.
– publication : 1908.

Il n’y a rien d’autre sinon le prix (5F50 de l’époque). Pas d’ISBN, le livre est trop vieux. Il fait partie d’une collection « Ouvrages à l’usage des Candidats aux Écoles d’A-et-M ».

@stooff : actuellement, le monde tourne autour de la politique, de la guerre et de l’économie. Les sciences et progrès techniques ne sont placés que derrière tout ça, pire : ils sont esclaves de l’économie…
Apprendre à comprendre le fonctionnement de l’univers n’a plus d’intérêts si ça ne génère pas des profits, à court ou à long terme. Suffit de voir comment ils veulent faire des agences de voyages pour les voyages dans l’espace ou sur la Lune…

@calibhaan : un peu idem : les cours à l’univ sont interessants, mais ce n’est plus que du calcul. QUE du calcul : pratiquement pas de TP ni d’applications. J’ai arrêté, ça m’intéresse plus. Les deux années qui m’ont vraiment plus, sont les années à l’IUT : on avait des TP plus de 50% du temps. C’était très bien.

Oh, et pour Thalès : l’idée est de pouvoir dessiner des choses à l’échelle : faire un triangle à l’échelle 1/3 se fait basiquement avec le théorème de Thalès.

@e20100633 : ouais ouais, je sais… Mais c’est le nom de l’appareil, je n’y peut rien… Tout comme les inventions de Tesla, que Thomas Edison à présenté comme les siennes…

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P'tit Louis a dit :

De rien ;)

Autant les manuels, bon...

Mais les TP, j'suis totalement d'accord avec toi ! Le seul moyen de faire des TP dans mon collège, c'est soit : Transformer les heures classique en TP, donc faire environ une demie-heure de cours en moins, c'est qui est normalement interdit (mais la prof de maths là déjà fait) soit que le prof fasse une heure de plus donc il faut à la fois qu'il ai envie et à la fois que ce soit compatible avec nos emploi du temps (ce qui est impossible dans ma classe, vu qu'on fait 8H-17H sans heure de permanence complète) ! Là, on a qu'une demie heure de plus de physique que de musique ou d'art plastique... La physique est légèrement plus intéressant que la musique et l'art plastique ! ;)

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Le Hollandais Volant a dit :

@P'tit Louis : Je constate aussi qu’il y a pas mal d’ateliers musique ou théâtre dans les écoles. J’avais ce genre de truc entre midi et deux heures au collège.
C’était sur la base du volontariat et tout le monde pouvait venir un jour et pas l’autre.

Ça serait pas mal de faire pareil avec l’informatique ou la science… Juste comme ça, pour le fun.

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Pépin Nucléaire a dit :

En première année prépa physique/chimie (PCSI), notre prof de physique donne plutôt les définitions digne du vieux bouquins qui datent de 100 ans !

Résultat : Cours intéressant et divertissant ! Et je pense quand même accessible pour collegiens et lycéens !

Mais avec ce professeur, il nous a montré que du collège et même au lycée, on ne nous a jamais défini la notion de potentiel électrique (même simplement) alors qu'on peut l'utiliser assez souvent !

Ce que je trouve aberrant, d'une part le manque de simplicité, et aussi de démonstrations (bien que le manque de maths se fait sentir au collège/lycée malheureusement !)

--- FUCK YEAH SCIENCE !

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Kleim a dit :

Merci pour les réf, j'ai trouvé le bouquin sur Price Minister et je l'ai acheté du coup ! Je suis fan de ce genre de livres ;)

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P'tit Louis a dit :

Ouais, on a ça aussi, des ateliers musique et théatre, après les cours, mais aussi des ateliers info, entre midi et deux :) Mais pas en physique x) Par contre, faut s'inscrire et y rester etc. Puis comme notre pause fait que 1h30, et que pour aller à ce fameux atelier info, faut manger en prioritaire, et pour manger en prioritaire, prouver qu'on va à ce fameux atelier, et le temps de le prouver, il est déjà 12h30. Et l'atelier commence à 45… Une vraie galère qui manque d'organisation… Mais au moins ça existe ! Mais on est loin des TP…

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Nargas a dit :

Dans mon département l'utilisation de gaz dans les tp depuis qu'une explosion a eu lieu il y a des dizaines d'année dans mon ancien collège, mais j'ai moi même constater que les tp en physique sont plus ou moins poussés en fonction d'un établissement.

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Strahdivarius a dit :

J'ai une fille en première S, la description du programme par sa prof de physique, en parlant de la version publiée au J.O., est : sur 25 pages, 20 pages de philosophie...
Quand je compare mes anciens livres de physique-chimie (fin des années 70, avec le "nouveau" programme de l'époque), et ceux actuels, c'est édifiant.
Je ne m'étonne pas que tout soit repris à zéro après le bac.

Par ailleurs, je me souviens qu'au bac en 81 on avait eu des sujets sur la relativité et les particules élémentaires, dont j'ai retrouvé des versions similaires dans les annales du concours d'entrée de l'X en ... 1929 ;-)

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Le Hollandais Volant a dit :

@Pépin Nucléaire : le potentiel électrique :D
Nous non plus, j’ai du attendre Bac +3 pour avoir un prof qui nous explique ce que c’est.

Dans les pages que je prépare sur la science, j’en parle. C’est la deuxième chose que je traite après la notion d’intensité du courant électrique.

@Nargas : mouais c’est pas une raison pour bloquer l’utilisation du gaz…
des explosions de gaz dans les domiciles y’en a tous les ans… des accidents de voitures aussi… Pourtant le gaz et les voitures ne sont toujours pas interdits que je sache.
Sinon il faudrait également interdire les cours de sport : on peut se blesser…

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Kami a dit :

Ce qui me choque le plus, c'est qu'on fait chier des collégiens avec la notion de caractéristique (pour lesquels ça doit passer très loin au dessus de leur tête), tandis qu'il n'y a aucune explication du phénomène...

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Le Hollandais Volant a dit :

@Kami : voilà !
Une caractéristique de dipôle est un truc de math, c’est pas de la physique…

Surtout qu’on ne donne que le graphique, alors que le concepte réel de caractéristique en physique est plus complexe : pour un dipôle résistif, ça correspond effectivement à la représentation de la relation U=R×I, mais pour une diode c’est totalement différent : elle permet de découvrir la tension de seuil, et d’adapter les composants du circuit en conséquence (charge résistive de protection par exemple)…

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Simon a dit :

Le but des cours de science est de préparer d'éventuels ingénieurs et pas des chercheurs. C'est triste mais c'est beaucoup plus efficace d'apprendre à des gens d'utiliser le système scientifique orthodoxe actuel que de leur enseigner l'essence et l'histoire du 'comment' des choses (ie on enseigne en cours de science des problèmes types/solutions types, c'est creux mais efficace).

Je vois deux gros soucis avec les tp pré université :
- Une grosse partie de la classe n'en a rien à foutre et le matériel est couteux.
- Quand bien même on s'y intéresse la loi étudiée est en général difficile à mettre en évidence (je parle d'expérience : en cours d'électronique j'ai toujours forcé les mesures pour avoir un graph qui colle à ce qu'on attendait - je m'en veut pas trop, Galilée l'a fait aussi avec son plan incliné).

Donc les tp au collège ça ne sert probablement pas à grand chose puisque :
- ceux qui veulent être chercheur en feront de toute manière à l'université.
- ceux qui s'intéressent au comment des choses (càd en dehors du formalisme mathématique) peuvent lire des livres d'histoire des sciences.

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Le Hollandais Volant a dit :

@Simon :


Donc les tp au collège ça ne sert probablement pas à grand chose puisque :
- ceux qui veulent être chercheur en feront de toute manière à l'université.
- ceux qui s'intéressent au comment des choses (càd en dehors du formalisme mathématique) peuvent lire des livres d'histoire des sciences.



À quoi ça sert d’aller à l’école alors ? Si tout est à faire soit soi même, soit une fois qu’on va à l’université ?


Je vois deux gros soucis avec les tp pré université :
- Une grosse partie de la classe n'en a rien à foutre et le matériel est couteux.


+1
Il faut laisser les élèves choisir leurs matières selon moi. Vouloir rendre tout le monde bon à tout est peine perdue.



- Quand bien même on s'y intéresse la loi étudiée est en général difficile à mettre en évidence (je parle d'expérience : en cours d'électronique j'ai toujours forcé les mesures pour avoir un graph qui colle à ce qu'on attendait - je m'en veut pas trop, Galilée l'a fait aussi avec son plan incliné).


Haha, on a tous du faire ça au collège/lycée.
Après j’ai fait une fois l’inverse, pour pourvoir discuter un peu plus sur les résultats que le trop simple « conclusion : la théorie et l’expérimentation concordent. ».

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tcit a dit :

Personnellement d'après les retours que j'ai quotidiennement, le nombre de travaux pratiques n'a pas vraiment diminué au collège.

EN REVANCHE, ce qui est important et assez alarmant, c'est le travail effectué lors de ces travaux pratiques. Il ne s'agit plus que de l'observation. Les élèves ne comprennent pas ce qu'ils font. Ils sont impressionnés, ils notent l'expérience qu'ils viennent d'effectuer et c'est tout, il n'y a pas de travail après.
Bien sur, il auront déjà pratiqué les expériences qu'ils referont ensuite au lycée et les comprendront alors, mais à quoi ça sert de les faire au collège dans ce cas.
Le collège forme des techniciens...

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Mear a dit :

Même au lycée c'est la même chose, mon prof de Physiques en Terminale, l'année dernière nous a parlé du programme des futur terminales, et il était sidéré : Moins de pratique, moins de niveau, on fait des cours très théoriques sans vraiment comprendre. De toute manière le système scolaire français est défaillant sur plusieurs points mais faudra attendre l'action des politiques (lolz). En Allemagne ou dans d'autres pays, ils bossent pas pareil, mettent l'accent sur les langues et la possibilité de travail à l'étranger, résultat ils ont des ingé compétents, qui parlent minimum 2-3 langues (mon prof de Maths, originaire d'Allemagne, parle Allemand, Anglais, Français..)

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thehunt33r a dit :

Salut Timo !
Perso je suis en TS, et les TP expérimentaux tant en biologie que en physique laissent de plus en plus place à des TP documentaires. Encore cette année j'ai de la chance avec un bon prof pour qui la physique, c'est du cours mais aussi et surtout de la pratique ( le pauvre, il doit aussi assumer la moitié de notre cours de l'année dernière grâce à notre ancien super prof... :( ). Mais en bio par exemple les TP tangibles qu'on a fait depuis le début de l'année se comptent sur les doigts d'une main.

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Le Psychopathe Sociopathe Nolife Fou a dit :

Bonsoir à toutes et à tous,


Je suis professeur de sciences physiques, et j’aimerais apporter quelques précisions.

En collège, le cours magistral en sciences physiques est interdit. Officiellement, à chaque séance, l’élève doit être mis en situation avec des questionnements plus ou moins neuneus (« la démarche d’investigation »), et doit ainsi être amené à trouver en quelques minutes le raisonnement que des chercheurs ont mis des années, voire une vie entière, à trouver.
Les politiques ont voulu faire un prolongement de « la main à la pâte » au collège, ce qui est une absurdité.
Cela conduit à faire croire à l’élève de collège que les sciences physiques sont justes amusantes, qu’il n’y a pas trop à réfléchir vu qu’on n’est pas censé expliquer les phénomènes, mais juste les montrer et survoler un semblant d’explication (comment ? faire réfléchir un élève ? non mais ça ne va pas la tête ? il risquerait d’y prendre gout, et risquerait même de penser par lui-même !!), que ce sont des points facilement acquis (les « compétences » attendues sont très limitées).
Sauf que pour mettre en situation les élèves, il faut du matériel (nos budgets sont très insuffisants, 400 à 500 euros annuels dans mon collège de 400 élèves), et surtout, il faut des moyens humains.
Les agents de labo sont en train de disparaître des collèges, ce qui fait que le prof de physique, s’il veut faire manipuler les élèves, se retrouve à faire également le travail d’un agent de labo en plus de ses cours.
Ce n’est tout simplement pas possible. On ne tient pas le coup.

Pour ce qui est du bec de gaz (qu’on appelle en effet à tort bec Bunsen), cela fait longtemps qu’il est interdit au nom de la sécurité (même pour le prof sur sa paillasse, des fois que le prof ne sache pas l’utiliser correctement).
A la place, en 4ème par exemple, on nous demande de leur faire utiliser … des briquets.

Concernant les programmes, ils sont d’une riche incohérence, infaisable dans les délais avec les horaires donnés, et sont fait pour un prof n’expliquant pas le pourquoi des phénomènes, ayant un gros budget, des agents de labo qui préparent les salles et le matériel, des élèves « infiniment intelligents » qui comprennent tout tout de suite et qui sont tellement sages qu’aucune discipline n’est nécessaire. Tout ce que j'ai tous les jours devant moi :)

Depuis quelques années, il y a une nette volonté de réduire le niveau des sciences en France. La France a même été épinglée par les Olympiades Internationales de la Physique comme étant le pays développé ayant les exigences scientifiques au collège et au lycée les plus faibles au monde.
Au final, en cherchant à tout prix à ne pas dégouter les élèves des sciences et les inciter à se diriger vers ces sections, nous nous retrouvons avec des amphis de sciences vide.
Sacré réussite.

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Le Hollandais Volant a dit :

@tcit :


EN REVANCHE, ce qui est important et assez alarmant, c'est le travail effectué lors de ces travaux pratiques. Il ne s'agit plus que de l'observation.



@Mear :


Moins de pratique, moins de niveau, on fait des cours très théoriques sans vraiment comprendre.



@thehunt33r :


Perso je suis en TS, et les TP expérimentaux tant en biologie que en physique laissent de plus en plus place à des TP documentaires.



C’est sidérant comme vous dites tous les même chose…

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fab@c++ a dit :

Bonsoir,

Je suis en terminale S, et je confirme. Aujourd'hui, en physique en tout cas, ma première question est "à quoi ça sert véritablement ?". D'ailleurs, la semaine dernière, nous avons eu un tp qui pour n'était pas constitué pour moitié d'un étude de document sur l'histoire de la découverte de la chose étudiée. La prof était particulièrement déçue des résultats de la classe. Mais elle ne se rendait pas compte que pour nous, ce TP, c'était 2-3 formules qui ne nous parlaient absolument pas :

"Vous calculer ça, ensuite, vous faîtes ça et vous obtenez ça" (dans cette phrase, chaque "ça" représente une notion qui reste obscure pour nous).

De plus, je ne sais pas si c'est commun à tout le monde, mais les cours, en plus d'être théoriques sont faits carrément par dessus la jambe. On a à peine le temps de faire le chapitre sur la mécanique, loi de newton etc. que le contrôle arrive avec une classe d'élèves qui vont sans doute se ramasser car ils n'ont pas du tout compris le cours.

Nous n'arrivons pas à avoir la démarche scientifique pour un simple raison à mon avis : On nous explique comment arriver aux résultats attendus en nous donnant des formules toussa, mais on ne nous permet pas de comprendre POURQUOI utiliser cette formule puis celle-ci

Personnellement, ce que je vois pour la plupart du temps, ce sont des machines appliquant bêtement des formules en suivant une méthode leur permettant de résoudre 1 type d'exercice plutôt que de réaliser une vraie démarche scientifique; le résultat étant que quand on nous demande une vraie démarche (c'est rare), quasiment personne n'est capable de le faire et finalement, on est dégoûté des sciences.

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la Psychopathe Socipathe Nolife Fou a dit :

@fab@c++ :

Ce que vous devez comprendre, c'est qu'au lycée, vous n'avez pas le recul nécessaire et suffisant pour comprendre l'utilité réelle de ce que vous apprenez.
Mais le problème n'est pas là.
Le vrai problème est que la question: "à quoi ça sert?" est une question de trop.
L'évolution de la société depuis la réforme du bac en 95 est telle que vous avez la fâcheuse volonté que tout vous serve tout de suite.
Dérive de la société de consommation: tout, et tout de suite...

Au lycée, on vous apprend à avoir de l'outillage intellectuel et de la méthodologie qui vous permettront d'apprendre des choses encore plus complexe qui vous permettront de comprendre comment construire un pont qui ne s'effondrera pas à cause du vent dont la fréquence sera celle de résonance du pont(par exemple).
Vous faire croire que vous pouvez réellement comprendre pourquoi vous faites cela n'est que pur fantasme politique.
(vous trouvez que ce que vous faites est abstrait? attendez d'être en Maths Sups ou en licence de maths ou physique. là, vous allez comprendre votre douleur)

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qwerty a dit :

niveau tp je suis gaté 2 fois par semaine : bio et physique chimie. Mais bon, c'est le lycée.

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Le Hollandais Volant a dit :

@la Psychopathe Socipathe Nolife Fou : ouais, les intégrales et dérivée sont un parfait exemple.

ce sont des maths au lycée. Mais en sup, y'a pas une loi physique qui n'en a pas besoin.

Exemple : une dérivée représente un variation.
Ainsi c'est la variation de courant dans la bobine qui produit une tension (u = L *di/dt).

L'intégrale peut être vue comme ma généralisation d'un résultat local à tout l'espace. On part d'un potentiel électrique en un point de l'espace (x,y,z) et on intègre sur tout l'espace : pour x variant de -inf à +inf, idem pour y et z.

Le problème c'est que c'est ce genre de choses qui devrait être dit lors du premier cours sur les dérivées et les intégrales : ça permet de dire et de savoir immédiatement que ce qu'on fait n'est pas juste de la fantaisie mathématique, mais réellement un besoin physique et scientifique.

Idem pour la trigonométrie : non ce nd sont pas juste des fonctions qui oscillent ! Ce sont des fonctions qui une fois dérivées 4 fois retombent sur elle mêmes. C'est évident mais les applications sont par exemple les équations de Maxwell : où un champ magnétique oscillant (en sin) permet l'existence d'un champ magnétique lui aussi oscillant (en cos), car l'un suit les variations de l'autre (variation= dérivés, et cos est la dérivée de sin, tout se rejoint? c'est normal).

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nucl3arsnake a dit :

@la Psychopathe Socipathe Nolife Fou : Après on est aussi en droit de ce demander "est-ce utile de savoir construire un pont qui s'effondre pas quand on va devenir informaticien" .

Rien que dans mon cursus scolaire cours (BEP electronique, BAC PRO telecoms-reseau, BTS IG opt admin) le nombre de fois où j'ai vu des trucs qui me serve pas (et servirons pas) est quand même enorme (style nombre complexe etc...)

Sans être un problème de société de consommation, faut aussi rationalisé le temps passer le cul sur une chaise.

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nucl3arsnake a dit :

Pour citer mon ancien prof de maths de BAC (un mec en or qui m'as fait passer de 2/20 à 2.5/20 , ce qui est enorme pour moi) "dans la vie ce que vosu voyez en maths, ça a quasiment aucune chance de vosu servir pour le quotidien, pour le quotidien l'addition/soustraction/multiplication/division vous suffirons"

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Le Hollandais Volant a dit :

@nucl3arsnake : ouais mais selon moi les nombres complexes en électronique c'est quand même important : les impédances électriques, tout ça.
Peut être pas en pratique mais en théorie, si si, on s'en sert.
Si jamais tu tombes sur une équation complexe au moins tu sera en mesure de l'étudier.

Après dans la vie courante c'est autre chose... Je ne m'en suit encore jamais servi non plus...

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nucl3arsnake a dit :

@Le Hollandais Volant : Ouais ca sert en controle, en examen de fin d'année mais après ...
Savoir que quand o nregle une molette de son ca joue sur une resistance variable etc .. c'est cool, mais de la à ce faire chier à retenir les formules etc.., c'est ça que je trouve "dommage", on voit beaucoup, beaucoup, beaucoup de choses qui en sont au final que très peu exploité ...

<hs>je suis un bot, j'ai réussi a foiré la question 6+3 .. honteux </hs>

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Pouet a dit :

Dire que la physique est une science expérimentale c'est un peu comme dire que l'astronomie est la science des télescopes :)
La physique expérimentale est une science expérimentale. Cependant, la physique comprend aussi la physique théorique et la physique mathématique.

On peut donc très bien apprendre la physique sans manipuler, tout comme n'importe quelle science. Il y a simplement des gens qui disposent d'excellentes capacités d'abstraction et peuvent donc très facilement passer de la théorie à la pratique tandis que d'autres sont plus concrets et nécessitent d'effectuer des travaux pratiques.

Je me souviens qu'à l'école, justement, j'ai toujours détesté les exercices et les travaux pratiques. J'ai toujours trouvé stupide le processus consistant à apprendre quelque chose puis à montrer en pratique que ceci est vrai. C'est idiot car, si on en a extrait une théorie, c'est bien, effectivement, parce que le phénomène se comporte ainsi. Non mais vous imaginez si, après avoir vu la loi d'Ohm, le TP montrait que ça ne fonctionne pas ?

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Bredt a dit :

Et oui ... les choses évolues ... pas forcement dans le bon sens ...
Regardez, avant on parlait d'Instruction publique depuis 32 c'est devenu l'Éducation nationale ... ce n'est pas le publique ou le nationale qui me pose un problème, c'est bien sûr Instruction versus Éducation. Quel est le rôle de l'école ? d'éduquer ou d’instruire
A partir des années 60, on a eu le droit aux Mathématiques modernes, où (en caricaturant un peu) on apprenait aux enfants la théorie des ensembles avant de leur apprendre a compter ... Heureusement, les Mathématiques modernes sont (presque) abandonnés.
Dans les années 70, on a commencé a apprendre a lire aux enfants avec la Méthode globale, soit apprendre les mots sans connaitre les lettres ... Même après bien des ravages, cette méthode n'est toujours pas officiellement abandonnée.
En 1968, avec la loi Faure (Edgar Faure), le gouvernement de Maurice Couve de Murville, aboli la sélection à l’entrée des universités.
Puis, 1985, Jean-Pierre Chevènement, à l'époque ministre de l'Éducation nationale décide qu'il faut attendre 80 % d’une classe d’âge au niveau du baccalauréat. Ça y est, les vannes sont ouvertes : tout le monde sera universitaire ou ingénieur ...
Le problème c'est que tout le monde n'est pas fait pour devenir ingénieur ou universitaire, et le bac (à l'époque) était encore difficile a obtenir. Alors la solution a été simple : on baisse le niveau demandé. Derrière, même si il n'y a plus de sélection, les universités ne pouvait pas absorbées tout ces nouveaux bacheliers. La solution la plus simple a été d'ouvrir (ou d'agrandir) des sections "exotiques" (je ne trouve pas d'autre mot), du genre Histoire de l'Art, ou Management du Spectacle Vivant (attention, je ne dis pas que les formations sont bidons, je dis qu'il y a beaucoup plus de personnes formées que d'emplois potentiels). Je suis sur que vous connaissez des formations universitaires de ce genre ...
A vouloir niveler, on nivelle forcément par le bas, le niveau général baisse, et beaucoup d’étudiants se retrouve a faire des "études" bidons par ce que c'est "vraiment trop nul" de faire un CAP, BEP, un Bac Pro, ou encore un BTS, alors que c'est justement ces formations qui sont en connexion avec la réalité ...
Remontons le niveau, rétablissons la sélection, créons de VRAIES orientations (que ça ne soit pas jute un moyen de se débarrasser des éléments indésirables), valorisons les métiers dits "manuels".

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Gilgamesh a dit :

@fab@c++ :
"A quoi ça sert": question qui revient de façon récalcitrante, à laquelle j'aime répondre: [Une chose sert si un but lui est donné. A vous de savoir si vous désirez un jour comprendre les choses, ici la chimie - je suis enseignant de chimie en fac -. Mais si vous n'avez pas envie de comprendre des choses, vous vous êtes trompé, mettez-vous plutôt devant la télé et attendez]

Enfin,la curiosité et le savoir ne servent fondamentalement à rien. Et alors ?

C'est aussi incroyablement con, mais un cours n'est PAS un gavage: il faut bosser à côté car le temps imparti n'est pas suffisant. J'ai beau essayer de pousser les élèves au boulot, je ne laisserais pas passer un élève mauvais, même s'ils le sont tous. Pour "passer" il doivent avoir le niveau, sinon, que dalle.

@Bredt :
Justement, je trouve que c'est les métiers intellectuels qui poussent un pays... Et que ce n'est justement pas ce que permettent des formations plus manuelles. Outre les sciences, des études type "histoire de l'art" peuvent paraître "sans but" voir déconnectées, mais à mon sens, ce sont des personnes qui vont être dedans alors qu'avoir un travail n'est pas une question de réalité.
Je pense comme un scientifique: aucun intérêt à vivre une constante, mieux vaux voir les perspectives (donc la dérivée). Enfin, c'est un problème de société, tout vouloir, vite, maintenant, juste réchauffer, ne pas s'embêter, argent, dépenser, vite, confort, comme les autres, je veux ma télé, je veux ma voiture, le dernier téléphone, m'amuser et puis c'est tout.

Enfin, j'ai hâte de partir de ce pays de mous.

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Le Hollandais Volant a dit :

@Gilgamesh :


Mais si vous n'avez pas envie de comprendre des choses, vous vous êtes trompé, mettez-vous plutôt devant la télé et attendez



Epic.

C’est bien ça le soucis des gens à l’école actuellement : les gens y sont pour les notes.
Je me souviens avoir posé une question au major de ma classe en première, à propos d’un texte de Voltaire qu’on devait étudier : « à quoi ça sert de découvrir que l’auteur a placé une figure de style là et là ? ». Sa réponse « à avoir une bonne note au bac ».

Paradoxalement, le français est la matière où j’ai le plus progressé au lycée (sûrement parce qu’il y avait énormément de marge :'D).

Je rejoint donc ta citation : ça sert à quoi de faire des études qui vous expliquent le monde, si vous ne voulez pas savoir comment le monde fonctionne ? À rien.
Alors, pour éviter que les étudiants finissent à la rue, les personnes qui font les programmes scolaires l’ont transformé : les gens ne vont plus à l’école pour comprendre, mais pour éviter d’être dans la rue ?

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Shill a dit :

@fab@c++ :
Fab, rassure moi, on vous demande encore de démontrer des choses en math ?

Pour le reste, tu n'as pas tord, manque de temps pour couvrir le programme, alors approfondir est une utopie...
Psychopathe Socipathe Nolife Fou dit beaucoup de choses justes également.

Personnellement, j'ai eu la chance d'avoir un prof de physique formidable en terminale, qui m'a réellement passionné. Bon, entre temps j'avais acquis de bonnes bases en demandant à redoubler ma 1ère (je picolais et fumais trop souvent pendant la 1ère 1ère pour avoir autre chose qu'un 10 de moyenne générale, ça ne suffisait pas pour aborder le supérieur sereinement, à mon gout en tout cas, le proviseur m'aurait fait passer, lui, mais c'est encore un autre sujet, proche mais autre ;-)). Bref, ce prof m'a passionné, et aucune des formules et des démonstrations que j'avais rigoureusement noté dans ma calculette ne m'a été utile le jour du bac, car il avait su nous apprendre la démarche scientifique, en 1 an, pile poil. Avec du TP, quand même, et des vrais bec bunsen qui brulent pour de vrai et qu'on coupe du shit avec. Merci à lui, 1000 fois.

Ceci dit, parfois, il faut accepter de ne pas cerner l'utilité des choses, mais de se contenter de comprendre ce qu'il y a à comprendre avec les informations données. On ira plus loin plus tard, que ce soit guidé ou que ce soit par nous même, mais il faut déjà acquérir les bases. Le cerveau est ainsi fait, il lui faut souvent du temps.

Après, l'Education Nationale est une énorme machine à standardiser la population, c'est terrible, mais quelqu'un qui a des "facilités", comme on dit, peut ressortir de la machine à un niveau très moyen, voire sous cultivé, car il s'ennuie. C'est le standard des génies qui s'ignorent, parait-il. De là à se demander si ce nivellement par le bas n'est pas la cause de tous les maux...
A ce sujet, lire également cet article très parlant et qui fait bosser l'anglais : There's no speed limit http://sivers.org/kimo
Les seules limites sont celles que l'on se donne soi-même.

/Shill

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Strahdivarius a dit :

@Le Hollandais Volant :
Il y a 30 ans, quand j'étais au lycée, dérivées et intégrales étaient enseignées d'abord en cours de physique, et seulement quelques mois plus tard en cours de maths ; même chose pour ce qui concernait les nombres complexes.
C'était plus un hasard des programmes qu'une volonté délibérée, mais au moins ainsi on pouvait comprendre les origines de ces concepts mathématiques.
En même temps, on avait plus d'heures de cours que maintenant...

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Le Hollandais Volant a dit :

@Strahdivarius : ça devait pas être mal : les dérivés en math avec un ' (genre f' pour la dérivée de f) est pas intuitive. Les profs de physiques nous rabâchaient sans cesse de se sortir ça de la tête quand on faisait de la physique, car tout le monde était totalement perdu avec la notation « df/dx » en physique, et un cours spécial par le prof de physique était pratiquement obligatoire s’il voulait que son cours soit compris…

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Bredt a dit :

@Gilgamesh :
Et bien ... Je vois que tu n'as pas vraiment lui ce que j'ai écrit :
Je n'ai jamais écrit qu'il ne fallait que des formations plus manuelles, j'ai dit qu'il fallait valoriser les métiers dits "manuels". Tu remarquera que j'ai utilisé "dits" et que j'ai mis manuels entre guillemets, pour bien faire comprendre que ces métiers peuvent avoir une partie manuel mais ne sont pas moins sans réflexions, mais ça je pense que tu ne l'as pas compris ...
Quand je parle de formations exotique, je ne dis pas qu'elles n'ont aucun intérêt, je dis juste que c'est débile d'envoyer un grand nombre d'étudiants dans ces filières au vu du peu de débouché ... logique non ?
Après, croire que un pays n'a besoin de "métiers intellectuels" (faudra me donner ta définition) pour qu'il soit "poussé", c'est un peu naïf ... Regarde la Chine et sa croissance ...
J'avoue que je trouve ton propos est assez décousu, il faudra que tu m'explique ta parabole mathématique ou tu mélange analyse différentielle (dérivé) et géométrie descriptive (perspective) ...

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yan a dit :
Ouaih, enfin Einstein n'a pas fait beaucoup d'expériences non plus...

Le problème c'est quand même que 30 gamins dans une petite classe ca conduit à se simplifier la vie..

Votez pour des candidats qui ramènent les cours à moins de 20 élèves et on verra ce qu'on peut faire.
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Le Hollandais Volant a dit :
@yan :
Votez pour des candidats qui ramènent les cours à moins de 20 élèves et on verra ce qu'on peut faire.


Totalement d’accord.

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