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Une nouvelle loi vient d’être adoptée par le Sénat pour qu’une œuvre littéraire qui n’est plus vendue ni éditée (depuis 2001) puisse être partagée librement sur le net.

Bien. J’approuve ce genre d’idée, et je pense qu’il faudrait l’appliquer à l’ensemble des œuvres culturelles (musique, films, livres, jeux vidéos (combien de jeux ne sont plus édités depuis 2001 ?), tableaux…).
Quand les maisons d’édition ont des droits sur une œuvre mais qu’elle se refuse de l’éditer pour une question d’argent, c’est une perte pour la culture ainsi que pour l’artiste.
Il faut arrêter les pertes.

On ne répètera jamais assez que l’Internet est un moyen génial pour partager des informations et des œuvres culturelles. Tout frein à Internet (dont Hadopi et Cie font partie) est un frein à la culture et un mal pour la société.
Si personne ne veut éditer un livre en version papier parce que l’on n’est pas sûr qu’il plaira dans les deux mois qui vont suivre, alors autant le distribuer en ligne gratuitement : s’il plaît, ça se verra tout de suite. Et on pourra décider ensuite si on doit le publier en version papier, et la création de l’auteur ne sera pas perdue.

Si une œuvre numérique a du succès auprès des internautes, alors il est fort à parier que les version papiers en auront aussi. Surtout si l’auteur a la bonne idée d’inclure des planches inédites dans la version en papier.

Si vous voulez des exemples de sites qui ont grandi sur le net, qui ont leurs fans et qui ont depuis créé des versions matérielles (livres ou CD), en voici :
  • Le Geektionnerd, que j’aime beaucoup, mais dont la version papier n’est pas en couleur, un peu dommage.
  • The Oatmeal, très marrant aussi, et le bouquin contient des trucs inédits !
  • XKCD, des BD geek, scientifiques et romantiques.
  • Danstonchat.com, des citations issues des discussions sur le net. Souvent très drôles.
  • Se Coucher Moins Bête, des anecdotes pour en apprendre tous les jours.
  • The Piano Guys, des musiciens qui connaissent un succès fulgurant sur Youtube (plus de 55 millions de vues), et qui font maintenant des CD.

En gros : si vous voulez publier, il n’est pas nécessaire au XXIe siècle de passer par une grosse maison d’édition en premier lieu. Si les internautes aiment ce que vous faites, alors ils seront toujours prêts à dépenser pour en avoir encore plus et pour vous soutenir.
Quitte à publier les 5 premiers chapitres d’un livre ou les premiers épisodes d’une série, ou les 3 premières chansons d’un disque en ligne gratuitement, et de proposer le reste en livre, DVD ou CD.

Si le succès est là, ce sont les éditeurs qui viendront vers vous, car ils verront en vous un marché juteux (certains artistes musicaux – comme Bieber qui avait débuté sur Youtube, même si artistiquement on dira ce qu’on voudra – en sont un exemple).
On en vient toujours au même problème : le système actuel de distribution des œuvres culturelles est dépassé. Il n’est pas adapté à Internet.

(source : http://tanxxx.free.fr/bloug/?p=5614)

image de kreg.steppe

15 commentaires

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julien a dit :

Je citerais le Donjon de Naheulbeuk : L'histoire était disponible librement et gratuitement en mp3. Fort de ce succès, ils l'ont adapté en bd.

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Gloorian a dit :

@Julien: Et même en livres. La suite ne fut éditée qu'en livre, et honnêtement, je les ai achetés et j'ai aimé :)

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Gee a dit :

Tout d'abord, merci pour la citation ;)

Je me permets juste de ramener ma fraise sur ce passage : "Surtout si l’auteur a la bonne idée d’inclure des planches inédites dans la version en papier"

Personnellement je suis plutôt contre ce genre de procédé. À mon sens, cela revient à créer de la rareté et donc à faire monter artificiellement la valeur d'un objet (exactement le genre de chose contre lesquelles je lutte en militant pour la culture libre).

Je considère qu'il n'y a pas à donner de "carotte" à ses lecteurs : acheter mon bouquin au lieu de le télécharger ne fera pas de vous un privilégié, il n'y aura pas de "petit plus" (autre que le fait d'avoir un bel objet physique, ce qui est déjà de mon point de vue bien plus agréable que de lire sur un écran). Pour moi, on achète un livre si on le veut, si on a envie de lire sur papier et non sur écran et si on veut soutenir l'auteur. Vouloir "forcer" l'achat (le mot est un peu fort mais bon) par un autre procédé, pour moi ça revient à biaiser le principe de la libre diffusion sur Internet.

C'est un peu comme si je disais, "ouais je fais du libre, je mets tout gratos sur Internet, mais si vous achetez pas mon livre, vous êtes pas des vrais fans, il vous manquera un petit bout". Je ne fais pas de différence entre un lecteur 100% en ligne qui ne débourse pas un 1€ pour mes bouquins et un mec qui va s'acheter toute la collec'. Les gens qui achètent justement trouveront peut-être ça injuste (je les remercie de me soutenir, bien entendu), mais pour moi c'est une question de cohérence (avec la défense du partage de musiques, films, etc. sur Internet, par exemple).

Après, j'avoue que ce que je raconte est sans doute beaucoup lié à l'idée d'œuvre et de culture "libres" (et tu n'as pas évoqué la question de "libre/pas-libre" dans ton article, donc je suis un peu hors-sujet ;) ).

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qwerty a dit :

C'est un premier pas vers les films, mais là, il y a peu d'exemple concrèt pour les faire bougé leur tête.

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Patrick a dit :

Tout à fait d'accord avec Gee. Et le système d'aujourd'hui est un frein à la culture. Qui le fait perdurer ? Tout simplement ceux qui font fortune sur le dos de ceux qui produisent des œuvres. Megaupload allait mettre à disposition des artistes une plate-forme leur permettant de mettre leurs travaux directement en ligne, la réaction a alors été en rapport avec les enjeux financiers de certains lobbys. Car dans ce cas on court-circuite beaucoup de monde.

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Baronsed a dit :

Vous oubliez le site du zero ;-)
Bien que leurs livres papiers soient un peu "améliorés", comme l'a souligné Gee.

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TD a dit :

@Baronsed : Les LdZ sont disponibles gratuitement en PDF (je ne parle pas de la version PDF des tutoriels, mais bien du livre). Il suffit de trouver des liens.

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Guenhwyvar a dit :

@TD : Les liens sont pas durs à trouver, normalement ils sont dans la boutique, sur la page dédié au livre en question.

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Le Hollandais Volant a dit :

@Gee : dans un contexte libre évidement, c'est pas top. Mais d'un point de vu commercial, c'est une astuce. Pour l'auteur qui a besoin de gagner sa vie avec par exemple. En dehors du ''tout gratuit'' donc.

Pour ce genre d'artistes, il est aussi possiblle de faire du payant et un peu de gratuit pour la pub.

Après, oui, le concepte libre/pas libre complémentaire au payant/gratuit n'a pas été évoqué, mais tu en parles bien.

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klerk a dit :

Je suis pas sûr que l'on ai compris la même chose de cette loi, moi je trouve que le principe est bien (si l'éditeur ne veux plus édité c'est bien de débloquer le schmilblique) mais pas en s'asseyant totalement sur l'auteur.

Je vous conseil la lecture de cet article : www.nikopik.com/2012/02/la-nouvelle-loi-sur-les-livres-numeriques-suscite-la-colere-des-auteurs.html qui explique en quoi cette loi est un cadeaux aux éditeurs et un gros f**k au auteurs.

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Baronsed a dit :

TD et Guenhwyvar : autant pour moi. Mais ils mettent des liens "extraits" dans le quatrième encart à droite, ce qui m'avait laissé penser que...

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Le Hollandais Volant a dit :

@klerk : je ne sais pas comment ça se passe pour les écrivains de livres, mais pour la musique, les auteurs de musique, les Majors leurs demande de renoncer à leurs droit sur ce qu’ils produisent.

Ce gros « f**k » comme tu dis fait donc parti du contrat. C’est à mes yeux une raison de plus de ne pas signer chez un major.

Je pensais avoir parlé de ça dans mon article, mais en fait j’ai supprimé ce passage avant la mise en ligne, mais je vais le faire ici : si j’avais un conseil à donner à tous les artistes qui recherchent une grosse boîte de production, ça serait de ne pas accepter les conditions imposées de ces boîtes, mais d’imposer les leurs (les artistes imposent leurs conditions d’exploitation de la musique aux Majors).
Rares sont les artistes qui ont gardé les droits sur leurs chansons avec les Majors.

Je vois la même chose avec les régies de pub qui commencent à toquer à ma porte via email : certains me demandent mes conditions, mes prix, etc. D’autres proposent les leurs. Je suis désolé, mais si ces conditions ne me plaisent pas, je ne "signe" pas. Ici c’est mon blog, mon site, et j’accèpte ce que je veux. J’ai mes conditions à moi pour la publicité, et je ne dirais pas "oui ok" pour ce qui ne me plait pas. Pour le moment j’ai pas besoin d’argent pour payer les frais d’hébergements et autres.
(Pour le moment, la publicité et le partenariat commercial, c’est non pour moi.)

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divers a dit :

"J’ai mes conditions à moi pour la publicité, et je ne dirais pas "oui ok" pour ce qui ne me plait pas."

Bien dit. Longue vie à ton blog, Timo !

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Paul a dit :

@ Gee / Timo

Pour l'anecdote certains écrivains font le contraire: des contenus publiés seulement sur Internet, leurs textes en travail! ;-)

"si vous achetez pas mon livre, vous êtes pas des vrais fans, il vous manquera un petit bout": quand c'est dans cet esprit, ça m'énerve aussi. Mais proposer quelque chose de différent sur papier / sur le Web, c'est plus intéressant qu'un contenu identique. Je me verrais mal acheter la version papier d'un texte que j'ai déjà lu sur le Web seulement parce que je suis fan, et même pas comme cadeau, puisque je ne connaîtrais pas la qualité de l'édition papier. Si j'aime la version Web, autant faire un don et éviter de gaspiller du papier.

Un contenu Web / imprimé identique, ça se justifie dans certains cas. Mais dans d'autres cas, c'est mieux d'éviter une redondance et d'avoir un contenu adapté à chaque version : des textes peut-être plus courts et reliés par des liens sur le Web, quelque chose de plus long et linéaire sur papier... Enfin, on le remarque pas forcément en regardant les prix mais certains livres sont vendus au prix de la fabrication.

Je suis d'accord avec Timo pour l'idée d'une "astuce" nécessaire, mais à mon avis il n'y a donc pas que ce cas-là (qui est un peu énervant). De toute façon, à moins d'être un auteur de best-seller, difficile de gagner sa vie avec en moyenne 100 CHF par an (quand les maisons d'éditions n'"oublient" pas de payer), que ce soit avec une maison d'édition ou en auto-publication: ça sert plutôt à défrayer un peu...

Petit calcul : un livre tiré à 5000 exemplaires, si tout est vendu (très théorique ça!), 5% pour l'auteur donc 250 CHF. Ou 10% (ce qui est beaucoup): 500 CHF. On peut répéter le calcul pour 50 000 exemplaires, etc. Même la plupart des écrivains connus (à part les best-sellers) dépendent plutôt des soutiens de l'État ou de fondations, maisons d'écrivains... On trouve en général les nombres d'exemplaires / soutiens / métiers annexes des écrivains sur Wikipedia.

Source pour les tarifs : un cours très intéressant sur l'édition dans mon uni ;-)

PS Bravo Timo d'avoir tes conditions.

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