light

Il fallait que ça arrive. Serait-ce la bonne cette fois ? On verra… La limite de la vitesse de lumière aurait été franchie par des particules : des neutrinos.

La relativité dit que la vitesse de la lumière dans le vide est une vitesse absolue (ne dépendant pas du référentiel) et que c'est une vitesse maximale. En gros : la vitesse la plus grande possible dans tout l'univers.

Les médias s'emparent de l'affaire. Faut dire qu'il y a de quoi : si ça s'avère vérifié, c'est toute la théorie de la relativité qu'il faut revoir. Donc en gros : une bonne partie de la physique.
Oh, c'est déjà arrivé : la relativité a justement été créée parce que la mécanique « de Newton » ne suffisait plus, et n'expliquait plus certains phénomènes sur les ondes électromagnétiques.

Certains sont alors venus avec des idées et Einstein a construite un modèle complet là dessus. Il se trouve que ça suffisait à expliquer ce que la mécanique classique n'expliquait plus. L'article de 20minutes (lien précédent) se demande si Einstein s'était trompé : c'est là que j'interviens, en disant non.
Non, il ne s'est pas trompé : sa théorie résolvait les problèmes de l'époque, et répondaient ensuite à plein de questions ensuite. Il a juste posé une brique de plus dans la physique, comme l'on fait tant de personnes tant avant qu'après lui.

Si la découvert d'une vitesse supérieure à la vitesse de la lumière pour une particule se confirme, alors il faudra poser de nouvelles briques, construire quelque chose d'encore plus général, englobant la théorie de la relativité (elle même englobant la mécanique classique).

Comme certains disent, la science (et plus particulièrement la physique) sont fait de théories qui représentent l'expérience et qui fonctionnent, jusqu'à ce qu'elle ne suffisent plus…

image de clickykbd

27 commentaires

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Le Hollandais Volant a dit :

Bon, je continue ici, car le billet c'était pour l'info, les commentaires c'est pour le troll le débat.

Perso, je pense que les limites imposées par les théories sont à bannir. Ces modèles marcheront dans un certains domaine (la relativité marche peut-être pour des vitesses inférieures à c (c : vitesse de la lumière), mais c'est à mon humble avis pas pour ça que c'est impossible de dépasser cette limite dans les faits : c'est la théorie qu'il faut changer dans ce cas.
Pensez pas ?

Sur le papier, la vie a besoin d'oxygène et d'eau. Jusqu'à ce que certains découvriront de la vie à base d'autre chose, ce que je persiste à croire, d'ailleurs…

En théorie, on avait dit il y a des siècles que l'atome était la particule la plus élémentaire qui soit. Jusqu'à ce que Rutherford arrive avec un modèle planétaire (noyau + atome). Puis le noyau lui même a été montré comme étant divisible (en nucléons). Puis ces nucléons sont découverts comme formés de quarks, etc.

Pour le dénombrement, c'est pareil : on est arrivé avec des nombres entiers naturels. Puis sont venus les nombres relatifs, puis les nombres décimaux, les rationnels, les réels, les hyper-réels et les imaginaires… Et après ? Ben, quelqu'un trouvera sûrement un truc à faire dont la physique à besoin, comme un log(-5) ou un exponentiel donnant dans les négatifs, j'en sais rien.

Il n'y a pas de limites selon moi. C'est la pensée humaine qui a besoin de disjoindre des cas précis pour se faire une idée… Pour le modèle de la particule élémentaire, je pense qu'on peut creuser longtemps comme ça : je pense réellement qu'il n'y a pas de particule « fondamentale » et « de base ».

Après, j'ai pas de preuves (hé, je suis que moi avec mes idées) mais je pense qu'il faille créer des théories sans aucune limite. C'est tout ce que je dit moi… (oui, facile à dire…).

Je pense que la nature est sans limites… Si les mathématiques expliquent bien des choses dans la nature, expliquez-moi pourquoi on a inventé l'infini si c'est pour l'ignorer en physique ?
Dire que c'est mathématiquement impossible d'aller plus vite que la lumière, c'est pas une réponse. Les mathématiques modélisent la nature et pas l'inverse, si la nature pose des choses non modélisées ce sont les maths qu'il faut revoir et pas la nature.

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Pluggi a dit :

Sauf que le problème avec la vitesse, c'est que plus tu accélères, plus ta masse augmente.
Hors, les photons n'ont pas de masse, c'est pourquoi ils peuvent aller super vite.


Les neutrinos peuvent aller très vite car ils ont une masse très petite (tellement petite que pendant un moment on a cru qu'il n'en avaient pas)

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flop25 a dit :

Je ne suis pas sûr de comprendre ta digression sur les théories sans limites : les théories sont uniquement limitées par la conception de l'esprit humain qui a donné les mathématiques et autres sciences
On comprend bien la notion des "limites" lorsqu'on étudie la mécanique quantique, newtonienne et relativiste. Tous ont un domaine non pas vraiment d'existence, mais plutôt de prépondérance. Les lois cinétiques du mouvements, les forces électromagnétiques... sont toujours valables que ce soit un électron ou une planète, seulement l'influence n'est pas la même. L'hamiltonien et autres ne sont que des outils pour s'adapter aux contraintes de la natures (incertitude d’Heisenberg...). D'où différent niveau de lecture, différentes échelles... après la théorie du tout (théories des cordes et companies) c'est pour tout mettre sur la même échelle, sur le même niveau d'étude

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flop25 a dit :

"Les mathématiques modélisent la nature et pas l'inverse, si la nature pose des choses non modélisées ce sont les maths qu'il faut revoir et pas la nature." oui tout a fait ! quel séisme que fut la mécanique quantique !

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Le Hollandais Volant a dit :


Je ne suis pas sûr de comprendre ta digression sur les théories sans limites : les théories sont uniquement limitées par la conception de l'esprit humain qui a donné les mathématiques et autres sciences



On a toujours entendu jusqu'alors « la vitesse de la lumière est la vitesse maximale qu'on ne peu dépasser ». Quand on demande « pourquoi », on nous dit « la théorie nous dit ça ».

J'ai jamais compris cette réponse : c'est idiot. Alors autant inventer une théorie sans cette limite « c » pour les vitesses, mais une vitesse plus grande (car ça sera peut-être nécessaire).

Et par généralisation, une théorie sans aucune limite.

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flop25 a dit :

ha je vois !
ce ne sont que les équations actuelles qui donne un tel résultat limite
peut-être que cela fera comme le spectre de l'hydrogène qui jeta les physicien au pied du mur, contraint d'affiner leur modèle avec les prémices de la mécanique quantique... bientôt une nouvelle mécanique relativiste ?
tu sais grâce à l'effet tunnel une particule peut aller plus vite que la lumière !

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qwerty a dit :

Ah, donc le voyage dans le temps serai possible ? Je suis content !

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kruz a dit :

>>Sauf que le problème avec la vitesse, c'est que plus tu accélères, plus ta masse augmente.
est-ce qu'un physicien peut venir remettre de l'ordre ici ?

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Petitkoalak a dit :


Ah, donc le voyage dans le temps serai possible ? Je suis content !



Pourquoi un voyage dans le temps ??




>>Sauf que le problème avec la vitesse, c'est que plus tu accélères, plus ta masse augmente.
est-ce qu'un physicien peut venir remettre de l'ordre ici ?



Je suis pas physicien mais les neutrinos n'ont pas de masse non plus. Les physiciens ce questionne sur ce qui pourrait donner une masse à un objet. Il aurait d'ores et déjà proposé l'existence d'une particule élémentaire appelé "boson de Higgs". ils sont en train de la rechercher notamment avec le LHC et de nouveaux détecteurs (à diamant, à pixel, etc) développé notamment au CNRS de Strasbourg :) (Je pense qu'ailleurs également, mais je n'ai pu en voir que là-bas ^^ )

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qwerty a dit :

Quand tu dépasse la vitesse de la lumière, selon Einstein, tu voyage dans le temps !

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DrWatson a dit :

@ Qwerty

Tu parles de sa théorie du train ? :-)


Sinon moi je ne pense pas que les neutrinos ont dépassé la vitesse de la lumière, peut-être sont-ils dans un autre espace/temps (comme les muons si je ne m'abuse), peut-être se sont ils gourés.

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Nigel Sheldon a dit :


Quand tu dépasse la vitesse de la lumière, selon Einstein, tu voyage dans le temps !



Oui et non. Quand tu te rapproche de la vitesse de la lumière, ton temps ralentit par rapport a quelqu'un qui ne se déplace pas à une vitesse quasi-relativiste. C'est le paradoxe des jumeaux. En suite, si tu veut aller dans le passé, il te faut effectivement aller plus vite que la lumière, mais pour aller plus vite que la lumière, il faut (fallait) ne pas avoir de masse (voir même une masse négative dans certaine théorie) c'est là que le bât blesse :p .

Pour la masse du neutrino, elle est tellement faible qu'elle n'était pas mesurable avec les outils actuel, mais normalement, le LHC pourrait mesurer la masse d'un neutrino.

La masse augmente effectivement avec l'approche de la vitesse de la lumière, c'est pour sa que l'on peut atteindre "c" que que l'on a pas de masse (le photon) mais ces dernière mesure change toute la donne...

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Le Hollandais Volant a dit :

Merci ! Et l'interview du porte parole du projet Opera, sur le site du Cern : http://cdsweb.cern.ch/record/1384466

Tain, 60ns, pour une précision de mesure de 1ns, c'est quand même gros comme différence pour que ce ne soient que des problèmes de mesures.


Sinon moi je ne pense pas que les neutrinos ont dépassé la vitesse de la lumière, peut-être sont-ils dans un autre espace/temps (comme les muons si je ne m'abuse), peut-être se sont ils gourés.



Oui, mais la vitesse C est définie dans notre référentiel, et si les neutrinos vont plus vite que C dans notre reférentiel espace/temps, alors ça revient au même. C étant défini comme absolue et infranchissable dans nôtres dimensions…

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NoZ A a dit :

Ne peut-on pas envisager que la vitesse du système solaire a diminué dans l'univers entre le moment ou la vitesse de la lumière à été mesuré et aujourd'hui (de la différence de vitesse avec les neutrinos) : en gros, la mesure de la vitesse de la lumière ne prendrait pas en compte notre vitesse de déplacement dans l'univers.

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Nigel Sheldon a dit :

Non, la vitesse de la lumière (299.792,458 km/s) est une valeur immuable depuis le commencement de l'univers il y a 14 milliards d'années.

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Le Hollandais Volant a dit :


la mesure de la vitesse de la lumière ne prendrait pas en compte notre vitesse de déplacement dans l'univers.


Justement : tu viens de mettre le doigt sur le problème qui a fait que la mécanique classique ne suffisait plus.

Exemples, en mécanique classique dans un train :
- vitesse du train sur la voie : 50 m/s
- vitesse de toi dans le train : 5 m/s
Donc, d'après les lois de la mécanique Newtonniène : vitesse de toi par rapport à la voie : 55 m/s.
Et ça marche.

Si maintenant tu prends la lumière. Dans le train, tu allumes une lampe :
- vitesse du train par rapport à la voie : 50 m/s
- vitesse de la lumière par rapport au train : C
- vitesse de la lumière par rapport à la voie : C + 50m/s

Ceci serait l'application dans la mécanique classique. Or, il n'en est rien : on remarque que :
- vitesse de la lumière dans le train = C
- vitesse de la lumière par rapport à la voie = C.

C'est contre-intuitif non ? Et pourtant c'est ce qui se passe.

Maintenant, au lieu de prendre un train, tu prends la terre en déplacement dans notre galaxie, qui se déplace à quelques 50'000 km / s… (soit 1/6 de C).
On constate encore une fois que la vitesse de la lumière = C et non C+ 50000km/s.
(Expérience de l'interféromètre de Michelson).

Quand tu dis que « la mesure » de la vitesse de la lumière ne prend pas en compte notre déplacement, ça n'a donc pas d'importance : en relativité, on s'en moque, puisque la lumière se déplace toujours à la vitesse C.
Donc dans la question « une sonde spatiale qui se déplace presque à la vitesse de la lumière, et qui allume les phares », on répondra que la lumière s'éloigne de la sonde à la vitesse C et s'éloigne de la terre également à la vitesse C.

En relativité, il n'y a plus qu'une seule constante absolue : C. Le reste est relatif.


@Nigel Sheldon : Et la constante de l'expansion de l'univers (constante de Hubble). Interviendrait-elle ? (j'en sais rien, je demande).
Une autre hypothèse peut-être que ce soit l'univers qui soit la constante : et que la lumière traverse l'univers d'un "bord" à l'autre en un temps fixe. Si l'univers grandit, alors la lumière doit accélérer au fil de l'expansion de l'univers.

Mais cela suppose deux choses : que l'univers n'est pas infini (physiquement c'est dur à croire, mais si on y croit pas, on doit accepter qu'il y a quelque chose autour…) et que l'univers avait à un moment eu une taille nulle (bigbang ?).

Dans ce cas, rien ne dit que la lumière soit la plus rapide "chose", et rien ne dit qu'elle soit constante dans l'absolue (juste constante par rapport à la taille de l'univers).

En revanche, vu d'une planète (de chez nous), et vu que notre planète elle même serait en expansion, on ne verrais pas la différence : puisque 1m sera parcouru dans le même temps quelque soit le moment (à accepter que la définition du mètre soit toujours liée à celle de la vitesse de la lumière, et donc que le mètre varie en même temps que l'univers).

Heu…

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Whiteshoulders a dit :

La grande force de la relativité restreinte, au dela du fait qu'elle expliquait beaucoup de chose, c'était aussi son "élégance". On arrivait a tout retrouver à partir d'une seule et unique hypothèse : la vitesse de la lumière est constante et indépendante de la lumière.

La notion de vitesse limite n'est pas présente tel quel dans la théorie de la relativité restreinte. En revanche, on s'est aperçu que l'information ne pouvait pas aller plus vite que la lumière (Si le soleil explose, je ne pourrait pas le savoir avant que les derniers photons émis par le soleil ne m'arrivent).

Mais il existe depuis longtemps des phénomènes connus faisant intervenir des vitesses superieur à c. Une onde qui se déplace dans un milieu dispersif peut, dans certaines conditions aller plus vite que la lumière dans le vide. Plus exactement, on aura une porteuse allant plus vite que c, et l'information transportée par la porteuse, elle, allant moins vite que la lumière.

La question que je me pose serait donc : le neutrino peut-il transporter une information plus vite que la lumière ?

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Nigel Sheldon a dit :


Et la constante de l'expansion de l'univers (constante de Hubble). Interviendrait-elle ? (j'en sais rien, je demande).
Une autre hypothèse peut-être que ce soit l'univers qui soit la constante : et que la lumière traverse l'univers d'un "bord" à l'autre en un temps fixe. Si l'univers grandit, alors la lumière doit accélérer au fil de l'expansion de l'univers.



Je ne pense pas, c'est comme pour ce que tu disait un peu plus haut avec l'histoire de la sonde et de ses phares. Et puis, même si tu part de cette hypothèse, une erreurs de 6 km/s alors que la constante de Hubble parle de 73(km/s)/Mgp cela parait peu...


Mais cela suppose deux choses : que l'univers n'est pas infini (physiquement c'est dur à croire, mais si on y croit pas, on doit accepter qu'il y a quelque chose autour…) et que l'univers avait à un moment eu une taille nulle (bigbang ?).



La relativité entière se base et dit que l'univers est quelque chose de fini même si en expansion. Mais le fait est que si il est en expansion, il a effectivement eu une taille nulle. Pour le moment, on en peut pas remonter plus en avant que longueur/temps/constante de Planck.

Je viens aussi de repenser a un autre problème datant d'il y a quelque année remettant lui aussi la relativité en doute: l'Anomalie Pioneer

La question que je me pose serait donc : le neutrino peut-il transporter une information plus vite que la lumière ?

Si il va plus vite que la lumière, rien ne l'en empêche...

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scout123 a dit :

Rectification : la théorie ne sera pas à revoir (tous casser), mais il faudra simplement y rajouter de nombreux autres éléments (Einstein VS neutrino), comme ceci :

Relativité restreinte --> Relativité générale --> Relativité quantique.

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Le Hollandais Volant a dit :

@scout123 : ce que tu dis là (sur ton article), concernant le fait que la vitesse de la lumière n'avait à l'époque pas encore été mesurée aussi précisément, est intéressante.

Si « la vitesse de la lumière » est bien une limite physique (et non pas suelement théorie), et que le neutrino soit effectivement allé plus vite, alors peut-être nous sommes nous trompés dans la vitesse de C (vitesse de la lumière dans le vide).

Peut-être existe-il une matière encore plus vide que « le vide », où la lumière se déplacerait encore plus vite, et qui serait alors la plus grande vitesse.
Après tout : la matière que nous connaissons (hydrogène, oxygène, carbone, or, etc.) constituant de nous, les objets et des étoiles ne représente que 3% de la masse totale de l'univers.
20% du reste est de la matière noire et tout le reste est regroupé sous le nom de « énergie noire » et nous est totalement inconnu.

Si la lumière peut se déplacer beaucoup plus vite dans une zone où la densité (si on peut par de ça) d'énergie noire est plus faible, voire nulle, alors…

Après quand je dis "revoir" c'est en effet qu'il faut faire des "extensions". Tout comme Lorentz a créer des extensions aux transformations de Galilée (afin que les principes de la physique classiques soient étendues à la physique quantique…). D'où mon expression d'une physique encore plus générale…

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Nigel Sheldon a dit :


Peut-être existe-il une matière encore plus vide que « le vide », où la lumière se déplacerait encore plus vite, et qui serait alors la plus grande vitesse.



Oui, mais les mesures on été faite entre deux détecteurs situer sur Terre. Si ton idée de "vide encore plus vide" est vrai, alors la lumière aussi irait à la vitesse des neutrinos.

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Le Hollandais Volant a dit :

Pas forcément : le fait que les neutrinos peuvent aller à une vitesse X > c, ne signifie pas que toutes les particules (dont les photons) peuvent aller à cette vitesse aussi.

Et dans les matières plus denses, la lumière ralentit, au point de pouvoir se faire doubler par des neutrons par exemple (effet Cerenkov, dans les cuves des centrales nucléaires, par exemple)

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j-c a dit :

À propos des "théories sans aucune limite":
comme déjà dit, la limitation à la vitesse de la lumière est le résultat de la forme des équations qui constituent la relativité générale. On pourrait modifier ces équations par d'autres "non bornées au niveau de la vitesse", mais il serait sans doute possible de reformuler ces équations telles que, sous une autre forme, elles aient également des "contraintes": par exemple, l'absence d'une certaine symétrie (on pourrait poser la même question: pourquoi limiter la théorie à un système qui n'est pas symétrique ? En quoi la vitesse est plus "importante" qu'une symétrie ?).
Bref, si la contrainte sur la vitesse est aussi choquante, c'est surtout parce qu'elle est "concrète" pour le commun des mortels. Mais de telles contraintes sont à mon avis courantes en physique.

Notons également que la mécanique de Newton n'impliquait aucune vitesse limite, mais n'est pas capable d'expliquer ce qu'on observe aujourd'hui (cela ne veut pas dire qu'il faut une limite, mais parfois, la présence d'une limite n'empêche pas de progresser).

Finalement, en physique, une tendance (approche "bottom-up") est de développer des théories effectives. Il s'agit de théories modélisant bien un phénomène dans une région donnée sans pour autant chercher à comprendre le fonctionnement intrinsèque qui est encore inaccessible (car on ne dispose pas encore d'observations pouvant nous mettre sur la voie).
Déjà, il s'agit de l'approche "naturelle" vu qu'on découvre les chose petit à petit (la gravitation de Newton est une théorie effective de la relativité d'Einstein).
Ensuite, c'est à mon avis une approche très cohérente avec ton idée d'absence de limite: il est possible qu'il n'existe pas de particules fondamentales, mais une infinité de constituants de plus en plus petit (après tout, pourquoi imposer une limite sur le nombre de "constituant fondamentaux" alors qu'on est choqué par une limite sur la vitesse ?). Dans ce cas, mieux vaut essayer de dégager les "comportements globaux" avant d'essayer vainement de comprendre les "comportements individuels" qui sont infiniment plus complexe.

On peut aussi se poser la question: un chien est capable de comprendre qu'il doit contourner la vitre pour rentrer dans la pièce, mais est incapable de comprendre la théorie de la relativité d'Einstein. De la même façon, il est tout à fait possible que l'être humain soit capable de comprendre la théorie de la relativité d'Einstein mais pas les phénomènes naturels plus complexes.
Dans ce cas, une théorie effective (c-à-d bornée dans une certaine région où les "effets des trucs complexes qu'on comprend pas" n'interviennent pas) me parait plus judicieuse. Et là, il n'y a alors aucune raison de rejeter les théories "limitées".

C'était mes 2 centimes.

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Le Hollandais Volant a dit :

Les rejeter, non.
Mais c'est pas en pensant qu'il est possible d'aller au delà des lois que ça doit faire de nous des criminels.

En s'imposant dés le départ des limites, c'est (selon moi) comme si on se refusait de voir au delà. C'est ce qui se passe partout dans la vie courante : un parking de 5 places ne peut contenir que 5 voitures. Pourtant, moi si je serres les voitures je pourrais en faire tenir 6.

C'est pareil ici : la lumière est une limite imposée. Si un jour on découvre quelque chose qui va plus vite, alors il faut l'accepter (sous réserve que c'est bien vrai).
Einstein disait une fois « si la théorie ne concorde pas avec les faits, changez les faits ». Moi je pense exactement l'inverse.


il serait sans doute possible de reformuler ces équations telles que, sous une autre forme, elles aient également des "contraintes": par exemple, l'absence d'une certaine symétrie


Ouais, on remplace une limite par une autre.
Ensuite, il faudrait unifier les deux théories, non pas pour avoir deux limites, mais au contraire : plus aucune limite.
Un peu comme le principe de prolongement par continuité d'une fonction en mathématiques.


parfois, la présence d'une limite n'empêche pas de progresser


Bien sûr que non qu'elle n'empêche pas d'avancer, mais à mon avis, elle nous permet de nous avance jusqu'à cette dite limite. On se retrouvera ensuite bloqué et la limite doit être repoussée.
C'est ce qu'ont fait Lorentz, Einstein et tout ceux qui ont réfléchit à la relativité, repoussant la limite de la mécanique de Newton.

Le coup du « prolongement par continuité » et « l'unification de tout ça » a été mise en place par Einstein ensuite (toute la théorie de relativité)…

Je sais que c'est gonflé de ma part de dire tout ça, mais je dis ce que je pense. C'est aussi à mon avis facile de dire tout ça, mais je me le permet.

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j-c a dit :

Je ne m'oppose pas à ta réflexion, que je trouve intéressante.
J'ai juste voulu ajouter 2 remarques, qui ne sont finalement que mon avis:

1) Toutes théories scientifiques limitent certaines grandeurs. Que ce soit la vitesse, le nombre de particules fondamentales, la charge électrique (actuellement, la plus petite charge électrique non nulle permise est 5.3 10^-20 coulomb), les états d'énergie possibles, les symétries.
Par exemple, la théorie de la gravitation de Newton limite la direction de la force entre deux corps massif: une force perpendiculaire à la direction reliant les 2 objets est _interdite_.
D'un point de vue mathématique, c'est tout aussi choquant que de donner une valeur limite à la vitesse.
Ce que je disais, c'est juste:
- si ça "choque" dans le cas de la vitesse, c'est parce que c'est une notion plus intuitive que, par exemple, un vecteur tridimensionnel, une symétrie, ...
- je ne pense pas qu'il soit possible de faire une théorie qui ne limite rien. Auquel cas, il n'y a aucune raison de préférer une théorie qui limite une grandeur qui a l'air abstraite pour le commun des mortels par rapport à une théorie qui limite une grandeur concrète (d'autant plus que mathématiquement, ces grandeurs jouent le même rôle dans la théorie)

2) Il peut être dangereux d'essayer d'atteindre le "bout du chemin" sans passer par les différentes étapes du chemin. Car il n'est pas évident (au contraire) de croire que le bout du chemin est atteignable. En effet: on a une compréhension limitée (vu qu'on a un nombre de connexions neuronales limité) tandis qu'il n'y a aucune raison que la complexité du monde soit limité (selon le même argument que toi) -> la probabilité que le niveau de complexité corresponde à une valeur accessible par notre compréhension est proche de zéro.
C'est pour ça que les physiciens avancent petit à petit.
Je ne crois pas qu'Einstein ou Lorentz ou autres n'aient jamais pensé "donner la solution finale", ils ont tous voulu "faire un pas en avant". Ce que tu préconises est le cas contraire.
C'est juste faux de croire que les physiciens cherchent "la vérité". On cherche juste à obtenir un modèle le plus prédictif possible (raison officielle: parce que c'est utile à l'humanité qui profite des technologies, raison officieuse: parce que c'est fun)

Finalement, dernière remarque (additionnelle, celle-là):
Ça ne me choque pas qu'il y aie une vitesse limite. Après tout, j'ai un nombre de doigts limites, l'atome d'hydrogène a une valeur d'énergie limite avant qu'il fusionne, la constante de gravitation universelle est une valeur fixée, ...
(et, dans la théorie de la relativité, la vitesse n'est pas "fondamentale". C'est la masse et l'énergie qui sont fondamentales (et non limitée), la vitesse n'est que la variation de l'évolution spacio-temporelle de l'objet en fonction de ces deux grandeurs: v(E,m). Je ne vois pas de problème à ce que cette fonction soit bornée)

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